‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 48 sur 285 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Découverte du Cocotier de Mer aux Seychelles. — Histoire et descriptions diverses par les navigateurs et les voyageurs. — Lazare Picault découvre en 1744 l'île de la Palme, depuis l'ile Praslin. — Barré la visite, en rapporte des Cocos de Mer, 1768. — Poivre les reconnait pour des Cocos de Mer. — Duchemin en porte le premier chargement dans l'Inde, 1768. — L'abbé Rochon rapporte un coco et une palme à Paris, 1770, — Sonnerat, 1776. — Degrandpré, 1789-1790. — Bory de Saint-Vincent, 1801-1802. — Quéau de Quincy, 1803.— J.Prior, 1810-1811.— Leidenfrost, 1811.— Frappas, 1818. — D'Unienville, Dumont-d'Urville, 1825-1829. — Laplace et Päris, 1830-1832. — Harrison, 1837. — Pike,

Le capitaine de la Compagnie des Indes Lazare Picault ayant, en 1742, découvert la plus grande île du groupe des Seychelles (l’île d'Abondance, aujourd'hui Mahé) fut renvoyé dans ces îles en 1744, pour en prendre une connaissance plus approfondie. Ce fut alors qu'il découvrit une seconde île presque aussi importante, qu'il nomma sur sa carte manuscrite Ile de Palme. Ce nom très suggestif nous porte à croire qu'il y avait remarqué les superbes cocotiers de mer qui y formaient alors de véritables forêts et dont les palmes plus grandes que celles de tous les autres palmiers durent le frapper d’admiration. Autrement il aurait sans doute donné ce nom à la première île sur les rivages de. laquelle son plan cavalier, dressé le 21 novembre 1742, montre quantité de cocotiers. Comme les magnifiques Cocotiers de Mer ne poussent que dans la dernière île (sauf quelques-uns dans sa voisine, l'Ile Curieuse) il eût été juste de lui conserver le nom imposé par Picault. Malheureusement pour la science et l’histoire, Nicolas de Morphey, chargé en 1756 de prendre régulièrement

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Ile de la Palme de Lazare Picault (I, Praslin), 1

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possession des Seychelles au nom du Roi de France, sacrilia à la politique du jour, en rebaptisant l’île d'Abondance : île Mahé de la Bourdonnais, et l'ile de Palme : île Praslin, en l'honneur, pour la première, du gouverneur des Iles de France et de Bourbon, et, pour la seconde, du ministre de la Marine à cette époque.

En tout cas, si, comme nous en sommes persuadé, par la lecture de son journal de bord, Lazare Picault a eu le premier l'heureuse chance de contempler, sur le seul lieu du monde où ils croissent, les merveilleux cocotiers de mer, il ne semble pas s'être rendu compte qu'il venait de faire une découverte botanique importante. Il ne parait pas avoir poussé la curiosité jusqu'à ouvrir les gros fruits en forme de cœur qu'il vit sur la cime de ces arbres. L’eût-il fait que son instruction scientifique, probablement incomplète, ne lui eût pas sans doute permis de reconnaître dans la noix géminée, cachée sous l'enveloppe fibreusé, le fameux et très précieux coco des Maldives. Voici tout ce que nous avons pu trouver à ce sujet dans son journal de bord !:

« 12 et 13 juin 1744. Visité l'isle de Palme et l'ile Rouge.

« L'Isle de Palme ainsi nommée parce qu'elle porte beau- « coup de palmistes et lataniers portant coton. » Ces derniers sont évidemment les cocotiers de mer que les naturalistes ont longtemps classés parmi les lataniers. Le coton en question est la bourre abondante que l’on trouve à la base des feuilles et dont on remplit des coussins.

S'il faut en croire Alexis Rochon, c’est l'ingénieur Barré qui aurait le premier découvert le cocotier de mer, alors qu'accompagnant une mission d'exploration des Seychelles sous les ordres de Marion Dufresne il dressait le plan de ces iles en 1768?.

4. Extrait d'un journal d'un voyage de l'Isle de France aux Amirantes par le sieur Lazare Picot (Picault) dans la tartanne de la Compagnie des Indes de France l’Elisabeth. — Manuscrit de 17 pages, Archives du dépôt hydrographique de la marine, Paris.

2. Il s'y serait rendu sur la frégate la Curieuse commandée par M. Lampérière d'où le nom de l'ile Curieuse donné à l'ile voisine et

« Il trouva à l'ile de Palme, sur les bords du rivage, un « fruit qu'il prit d’abord pour un coco de mer. Il le cacha « soigneusement, mais s'étant enfoncé dans le bois il vit avec « peine que la terre était couverte de ces fruits et des arbres « qui les portaient. Ces arbres s'élèvent à la hauteur de cin- « quante pieds, leur tête est couronnée de dix à douze palmes « de vingt pieds de longueur en forme d'éventail ; chacune de « ces grandes palmes est portée sur un pédicule de six pieds « de longueur et ce pédicule est échancré dans son contour. « De l’aisselle des feuilles sort un panicule raméfié dont les « rameaux sont terminés par des fleurs femelles ; le pistil des « fleurs donne, en mürissant, un fruit qui, avec son brou, peut « peser cinquante livres.

En examinant attentivement cette forêt, Barré se per- « suada que le coco de cette île ne pouvait être le vrai coco « de mer. Il se borna à recueillir, par pure curiosité, une « trentaine de noix que le célèbre Poivre déclara formelle- « ment être ce fruit si recherché aux Indes et dans toute « l'Asie; et dès lors il accéléra notre départ dans la vue d'ob- « tenir à ce sujet de prompts renseignements. »

Nous supposons que ce Barré est le même que celui dont nous avons trouvé le nom, orthographié Baré, signant comme témoin au bas du procès-verbal de la prise de possession des iles Seychelles exécutée le 1° novembre 1751 au nom du Roi par Nicolas de Morphey capitaine de la frégate de la Compagnie des Indes le Cerf et qui était officier de la marine.

L'abbé Rochon qui résida un mois aux Seychelles en 1769 (13 juin au 14 juillet), et visita l'île de Palme, dit en parlant de notre cocotier :

Cette île est couverte d’une espèce de latanier qui porte un

fruit fort recherché des Indiens, connu sous le nom de Coco « de mer ; c'est un gros coco, d’une forme bizarre, l'enveloppe du fruit est épaisse et fibreuse, l’intérieur de la noix est «rempli d'une substance laiteuse d'un goût amer. Les

sur laquelle poussent aussi les Cocotiers de Mer. C'est sans doute l’île Rouge de Lazare Picault.

Indiens attribuent à l’'amande de grandes vertus médicinales. Ces cocos étaient d'un prix excessif avant l'année 1769, époque où l'ingénieur Brayer reconnut ce fruit dans les forêts qui couvrent l'ile de Palme.On divisait alors l’amande en petits morceaux et on les vendait au poids de l'or dans les marchés de l'Inde et de la Chine. (Ce fait est connu de tous les voyageurs.) « L'intendant Poivre, ravi de la découverte du lieu où croissait actuellement ce fruit si renommé, nous chargea de visiter l'ile de Palme et de rapporter de jeunes plants de cette espèce de latanier afin de les transplanter à l'île de France. Nous remplimes avec zèle cette commission ; nous fimes plus, nous apportâmes pour le Cabinet d'Histoire naturelle de Paris une grande palme de 20 pieds de long et divers renseignement qui sont été accueillis avec intérêt. J'apportai à mon retour en Europe à l'académicien Le Monnier, le médecin, un beau coco de mer (car c'est ainsi qu'on le nomme) qui avait germé dans ma malle par la chaleur de la calle (sic). Le germe fut sans doute altéré, car 1l cessa sa germination malgré les soins que ce savant botaniste prit pour le faire réussir. La forme de ce fruit et de son germe représentait des objets que la pudeur oblige à voiler, et cette singularité n'a peut-être pas peu contribué à la célébrité de cette noix désignée par les botanistes sous la dénomination de Nur Medica. Les Indiens le regardent non seulement comme un puissant contrepoison mais encore comme unexcellent remède pour les maladies vénériennes, On aurait pu tirer un parti avantageux de cette découverte, mais les Anglais ont sceu seuls profiter de cette nouvelle branche de richesse. ....

« En quittant l'ile de Palme, j'observai que les courants doivent se diriger sur les Maldives; en effet les noix dont nous venons de parler sont encore connues sous la dénomination de Cocos des Maldives, parce qu'on en trouve fréquemment dans ces parages!. »

1. Alexis Rochon.., Voyages à Madagascar, à Maroc et aux Indes

Orientales..... 3 vol. in-8°, Paris, an X de la République (1802), vol, f. Di scours préliminaire, p. xuiv et xzv, et vol. E, p. 146.

Nous avons cité tout au long ces passages du livre d’A. Rochon parce qu'il fut le premier à décrire sommairement l'arbre et le fruit et à nous renseigner sur leur découverte in suu.

En novembre 1769, le sieur Du Chemin {ou Duchemin), parti du Bengale sur la palle l'Heureuse Marie, alla à l’île Praslin prendre un chargement de cocos de mér qu'il porta dans l'Inde. Il en ruina par ce fait le commerce. En 1771, une corvette anglaise l’Aigle, expédiée de Bombay, fut mouillée à Praslin pour y prendre des cocos de mer et mit le feu sur l’île Curieuse !, ce qui fit périr un grand nombre de ces précieux palmiers. C’est sans doute à cause de ces deux faits que Rochon disait, en 1802, que les Anglais avaient seuls su tirer parti de ce commerce.

La première description du grand palmier de l’île Praslin, vulgairement appelé Cocotier de Mer, lue à l’Académie le 13 décembre 1773, parut sous ce titre en 1776 dans le Voyage à la Nouvelle-Guinée par le botaniste Sonnerat. On la trouvera au chapitre suivant. Notons seulement ce passage, au point de vue historique que nous traitons plus spécialement 1c1: « Parmi les îles de cet archipel, il y en a une que M. de la « Bourdonnais désigna sous le nom d'Isle des Palmiers lorsquilen fit la découverte en 1743 ou 1744. » Nous avons vu qu'elle avait été découverte en 1744 par Lazare Picault et appelée par lui isle de Palme ou de la Palme : « Cette isle, « examinée de plus près en 1767, a été nommée L'Isle Praslin, « nom que l'usage qui prévaut en tout a changé depuis en « celui d’Isle des Palmiers (pour reprendre peu après celui « du ministre de la Marine de Louis XV). C'est sur cette isle « qu'on trouve le palmier qui produit ce fruit si recherché « qu'on n'avait connu jusqu'alors que sous le nom de Coco de « mer, Coco de Salomon (c’est la première fois que nous trou- « vons ce nom), Coco des Maldives. L'Isle Praslin ou l'Isle des « Palmiers est jusqu’à présent le seul endroit où l’on ait trouvé

1. Mémoire sur les Iles Seychelles, par M. M. Maillard et Ternay, administrateurs des Iles de France et de Bourbon, 1775, Manuscrits; Carton des Seychelles, Bibliothèque du Ministère des Colonies, Paris.

« l'arbre qui produit ce coco. »1Il explique comment les cocotiers s'élevant en beaucoup d’endroits de l'ile sur le rivage de la mer, la plus grande partie de leurs fruits tombant dans les eaux et flottant à la surface étaient poussés par le vent et les courants vers Ll'Est-Nord-Est jusque sur les rivages des Maldives, seule partie du monde où l'on avait trouvé ce fruit avant la découverte de l'Ile Praslin, et qu'il y était appelé Travarcarne (sic), ce qui veut dire trésor. « I] futappelé ensuite « Coco de Salomon pour lui donner apparemment un nom « qui répondit au merveilleux qu'on attachait à son origine. « Les grands seigneurs de l'Indostan achètent encore ce « fruit à très haut prix, ils font faire de sa coque des tasses « qu'ils enrichissent d'or et de diamans: ils ne boivent « Jamais que dans ces tasses, persuadés que le poison qu'ils « craignent beaucoup, parce qu'ils s’en servent trop eux- « mêmes, ne saurait leur nuire quelqu'actif qu'il soit, quand « leur boisson a été versée et purifiée dans ces coques saluealres. L'ie » Il continue sur ce ton, racontant ce que nous savons déjà de l'usage qu'en faisaient les gens des Maldives.

Il se demande comment il se fait qu'on n'a trouvé le cocotier de mer Jusqu'ici que dans la seule île Praslin. Comment ne croît-il pas dans les îles voisines? Il semble donc qu'à cette époque on ne l'avait pas encore trouvé à l’île Curieuse et à l’île Ronde où on le mentionna depuis.

Après avoir donné une description de l'arbre et du fruit, 1l ajoute : « I serait à souhaiter qn'on pût savoir, par différens « essais, si l'opinion des Indiens sur les propriétés de cette « noix est fondée!, »

Quelques années plus tard, nous trouvons dans le Voyage de L. Degrandpré dans l'Inde et au Bengale, une nouvelle désignation pour notre coco : « Ces iles (Seychelles) pro- « duisent une espèce de cocotier qui leur est particulier, c'est « ce qu'on appelle le Coco de Mer ou Coco Jumeau : ce fruit

1. Voyage à la Nouvelle-Guinée, par M. Sonnerat, in-4° enrichi de 125 figures en taille-douce. Paris, MDCCLXXVI (1776), chap. I, p. 1-2.

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3° série, 3° vol. 1915. Li

« représente parfaitement les parties postérieures humaines ; « on le recherche dans toute l'Asie à cause de sa rareté !. »

Les Anglais essayèrent sans doute de bonne heure d’acclimater dans l'Inde un arbre aussi précieux. La frégate l’Aigle, que nous avons vue partir de Bombay en 1771 pour l'Ile Praslin, leur en rapporta des noix fraîches, sinon de Jeunes plants. C’est peut-être aussi pour imiter les Hollandais qu'ils détruisirent par le feu les forêts de l'Ile Curieuse afin de rendre ces fruits plus rares.

On sait, en effet, qu'aux Moluques les Hollandais détruisaient les arbres à girofle, canelle et muscade, partout où ils ne pouvaient en surveiller la récolte. Toujours est-il que Thunberg, allant au Japon, en 1777, eut l’occasion d'admirer, dans le jardin du gouverneur de l’île Ceylan à Pass, un Cocotier de Mer dont il parle ainsi :

«Il y avait aussi un palmier maritime dont on avait « apporté l’amande des Maldives (?). Elle ne produisit sa « première feuille qu'après être restée huit mois sous terre « et n'avait que trois feuilles la troisième année ?. »

Il est plus que certain que cette noix avait été rapportée des Seychelles par les Anglais ou même les Français commerçant avec Bombay. En effet, les noix flottées qu'on trouvait aux Maldives devaient avoir perdu toutes leurs facultés germinatives par un long séjour dans l’eau salée. Autrement elles auraient sans doute poussé sur les rivages où elles étaient Jetées. Or, on n’a Jusqu'à ce jour jamais trouvé un Cocotier de Mer poussé spontanément ailleurs qu'aux Seychelles. La citation suivante, que nous trouvons dans le Glossaire de Yule, après celle de Thunberg, ne peut donc s'appliquer à des noix fraiches : « Cocoa-nuts from the Maldive Islands, or

1. Voyage dans l'Inde et au Bengale fait dans les années 1789- 1790, contenant la description des Séchelles.... par L. Degrandpré, officier de la Marine française, avec de belles gravures... A Paris, chez Dentu, an IX (1801), 2 vol. in-8, p. 2.

2. Voyages de C. P. Thunberg au Japon. Paris an IV (1796), 2 vol. in 4°, — Vol. Il, p. #13. — Description des arbres et plantes du jardin du gouverneur de Ceylan...

« as they are called Zee Calappus are said to be annually « brought hither (Colombo) by certain messengers and pre- « sented among other things to the governor. The kernel « of the fruit.... is looked upon here as a very efficacious « antidote..... they call it Tavarcare !, »

Bory de Saint-Vincent, qui, de 1801 à 1802, fit par ordre du gouvernement un voyage dans les quatre principales îles des mers d'Afrique, ne put aller aux Seychelles, mais il n'oublie pas dans la relation de ce voyage, parue en 1804, de parler du « Cocotier géant dont le fruit est improprement « nommé Coco des Maldives ». Comme tant d’autres il se pose la question suivante :

« Ces cocos venus des Séchelles, enveloppés d’une coque « si impénétrable à l’eau et abordés sur les plages de l'Inde « ou de ses archipels y ont-ils jamais produit un cocotier de « mer? Et l'arbre qui donne ces fruits errants connus par « tout le monde a-t-il jamais cru ailleurs qu'à Praslin ?? » Il laisse malheureusement la question sans réponse. Nous savons déjà cependant, par le voyage de Duchemin sur la Dique, accompagné du capitaine Lempérière sur la Curieuse, que l’on trouvait aussi des cocotiers de mer sur l'île, voisine de Praslin, qu'il baptisa du nom de son navire : Ile Curieuse, en 1768.

À peu près à la même époque que le voyage de Bory de Saint-Vincent (vers 1802), un ancien capitaine d'artillerie de marine français, attaché à l'état-major du Lieutenant-Général Decaen, gouverneur des Iles de France et de Bourbon (récemment renommées Maurice et La Réunion), et qui resta à Maurice jusqu'en 1826, occupait ses loisirs à mouler en cire

1. Yule, Glossary of Indian words and Phrases, citant l'édition anglaise de Travels of Charles Peter Thunberg M. D. (ET.) IV, 209, au mot Coco de Mer.

2. Bory de Saint-Vincent, Voyage dans les quatre principales iles des mers d'Afrique fait par ordre du gouvernement pendant les années 9 et 10 de la République (1801-1802),.... par J.-B.-G.-M. Bory de Saint- Vincent, officier d'état-major, naturaliste en chef sur la corvette le Naturaliste, dans l'expédition commandée par le Capitaine Baudin. Paris, an XIII (4804), 3 vol. in-8°; vol. III, p. 156-157 el 245.

coloriée d'après nature tous les fruits tropicaux cultivés dans l'ile. 11 n'eut garde d'oublier cette merveille végétale qui a nom Coco de Mer et il en exécuta une série d'une dizaine de moulages qui furent acquis il y a quelques années, de ses héritiers, par le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Nous en donnerons la description à la. partie technique. Cette collection, réunie sous le nom de Carporama, avait, après la mort de son auteur, fait, pendant plusieurs années, le fond d'un musée d'histoire naturelle que l’on montrait au public, 2, rue Grange-Batelière, à Paris. Un catalogue raisonné donnait les noms et la description des objets et se vendait 0 fr. 50 centimes.

Le Commandant administrateur civil aux îles Seychelles, Quéau de Quincy, était tout désigné pour donner aux savants et aux amateurs d'histoire naturelle des renseignements de visu sur l'arbre extraordinaire qui poussait dans ses îles. Ce fut sans doute à l’instigation de Sonnerat qu'il écrivit en 1801 ce qu'il savait de l'histoire et de la nature de ce qu’il appelle l'arbre cocotier de mer des îles Seychelles, et c'est sans doute ce mémoire qui forma la base d'une communication lue par Labillardière à l’Académie des Sciences le 14 octobre 1801.

Il est probable qu'il en avait écrit un autre antérieurement et quil servit à une première communication faite à l'Académie des Sciences sur ce sujet le 13 décembre 1773, ainsi qu'il résulte de la note suivante que nous avons trouvée à la page Î du Voyage à la Nouvelle-Guinée, de Sonnerat (édition 17176), parlant de l’île Praslin : « La description de ce palmier « (de l’isle des Palmiers) a été lue à la séance de l’Académie « le 13 décembre 1773. » Peut-être avait-elle été transmise par Commerson, qui se trouvait à cette époque à l’île de France et y étudia le cocotier de mer ainsi qu'en témoignent ses manuscrits et les dessins qui les accompagnent. Nous en reparlerons,

Ayant relevé dans une collection bibliographique récente l’annonce de la publication d'une « Monographie sur l’arbre cocotier de mer des Isles Seychelles », publiée à l’île Maurice en 1905 par Quincy, nous résolûmes de nous procurer à tout

prix ce travail et nous fümes extrêmement surpris, en le recevant, de constater que ce n’est autre chose qu'une réimpression du mémoire de 1801 de Quéau de Quincy lui-même, qui avait sacrilié à la politique démocratique de l'époque en se contentant de le signer Quéau Quincy. Dans la copie que nous possédons, datée cette fois de 1803, la signature est réduite à Quincy tout court, ce qui, sur le vu de la fiche bibliographique du Jusfs Botanischer Jahreshericht, nous fit croire tout d’abord à un travail nouveau écrit par un descendant du dernier commandant français des Iles Seychelles et habitant Maurice, bien qu'aux Seychelles même nous n’ayons pu réussir à trouver aucune personne portant encore ce nom. En le comparant avec le mémoire annexé à la communication de Labillardière nous pûmes nous convaincre que nous possédions là le document original dont le savant académicien a retranché quelques passages qu'il n’a sans doute pas trouvés assez scientifiques. N'ayant pu retrouver au Muséum le manuscrit original, nous donnerons le travail de Quincy in exætenso dans le chapitre suivant.

Dans le récit du voyage dans les mers de l'Inde sur la frégate anglaise le MNisus, l'officier de la marine royale britannique James Prior donne une longue description des Iles Seychelles, où il arriva le # avril 1811. Il ne manque pas de nous décrire le Coco de Mer: «a curious production « unknown in any other part of the habitable globe; the « shape is somewhat oval.... If you can conceive two, three, « or four enormous eggs united in a circular manner, by « having the surface of union slighthly flattened some idea « may be formed of the Coco de Mer. The Indians value it « highly from being supposed to stimulate the worship of « the Paphian Goddess.... The cabbage, which though more « bitter than that of the common palm, forms an excellent

-« pickle. À hundred leaves make a good house f, »

1. James Prior, Narrative of a Voyage in the Indian seas in the Nisus frigate to the Cape of Good Hope, Isles of Bourbon, France and Seychelles,.,. during the years 1810-1811, by James Prior Esq. R. N.,

in-8°, London, 1812, p. 55.

À. Rochon avait le premier mentionné les vertus antisyphilitiques de l’amande, ce dont nous n'avions trouvé aucune mention dans les auteurs antérieurement cités. Prior nous apprend pour la première fois qu'elle était également aphrodisiaque et que le cœur (bourgeon terminal) peut se manger comme le chou palmiste. Cet ouvrage de Prior a été trouvé assez intéressant pour être traduit en allemand quelques années plus tard (1819) par Leidenfrost.

Un enseigne de vaisseau de la marine française, qui passa quelque temps aux Seychelles en 1818-1819, M. Frappas, publia en 1820, dans les Annales Maritimes et Coloniales, un récit très détaillé de son voyage. On y trouve plusieurs pages consacrées au Lodoicea, le nouveau nom du Cocotier de Mer, qu'il dit «avoir été assez mal décrit par les botanistes « Linscot, Garzias, Acosta, Clusius, Gaspard Baubhin, ete.., « par Valmont de Bomare même, qui ensuite a le plus appro- « ché de la vérité, mais n’est pas exempt de grandes erreurs ».

Aussi se donne-t-il la peine d'en faire une description assez longue et minutieuse qui ne nous apprend guère plus que celles de Jussieu, Commerson, Sonnerat, Thunberg et Lamarck, Labillardière, Quéau de Quincy, toutes antérieures à celles de Frappas qui semble n’en pas avoir eu connaissance ou à négligé, on ne sait pourquoi, de les citer, se con tentant de critiquer Valmont-Bomare, qui d'ailleurs n'a fait que résumer les travaux de plusieurs de ces savants. Il nous apprend cependant que le chaton mâle s'appelle baba, terme que nous n'avions pas trouvé encore dans les auteurs consultés.

Dans sa notice sur l'état présent de toutes les dépendances de l’île Maurice, parue en 1818, le Baron d'Unienville, parlant de l'île Praslin dont les montagnes pleines de roches et presque impraticables sont en grande partie couvertes de Cocotiers de Mer, dit qu'aucune plante ne pousse à leur

1. C. FT. Leidenfrost, Beschreibung einer Reise in das Indische meer...und den Seychellen in 1810-1841,,,.. Berlin (?), 1819.

ombre !. C'est la première et la dernière fois que nous aurons à relever cette particularité (d'ailleurs eroyons-nous inexacte) et qui n'a été mentionnée depuis par aucun autre observateur ou écrivain. Il ajoute que les Cocos de Mer se trouvent aussi sur l'île Curieuse qui n’a qu'une lieue de long sur une demilieue de large et 5 à 600 arpents cultivés.

Lorsque la Corvette la Favorite, sous les ordres de Laplace, visita les Seychelles en 1830-1832, ses officiers, dont était le Capitaine Paris (depuis Amural), qui illustra de son crayon le récit de ce voyage, trouvèrent que le Cocotier de Mer avait donné naissance à une industrie nouvelle.

« Un commerce tout récent a été trouvé par les dames de « Mahé. C'est le tissage des feuilles de cet arbre singulier « que l’on nomme le Cocotier des Seychelles, ou Cocotier de « Mer (Lodoicea Sechellarum). Elles font avec ses feuilles, « larges et pointues, fortes et lisses, des ouvrages gracieux et « délicats, des éventails et des chapeaux qui imitent ceux de « paille d'Italie. Le Cocotier dit des Seychelles n'a été « trouvé jusqu'ici indigène qu'à Praslin.... Sonnerat l’a trans- « porté depuis à l'Ile de France, les Anglais l'ont aussi natu- « ralisé dans l'Inde; mais nulle part il ne s’est reproduit « aussi beau que dans le sol originaire..... Lee

« .. Le cocotier des Seychelles est plus petit que le cocotier ordinaire. (Ceci, soit dit en passant, est une erreur) … »

L'auteur de ce récit, consigné aussi dans le livre de Dumontd'Urville? résumant le voyage de la Favorite, n'est pas

1. Laplace (Le Capitaine de frégate), Voyage autour du monde, par les mers de l'Inde et de la Chine exécuté par la Corvette d'Etat La Favorite pendant les années 1830-1832. 5 vol. grand in-8° et Atlas. Paris, 1835, vol. I, p. 134-138 et 155 (article par le Capitaine Paris).

2. Dumont-d'Urville, Voyage pittoresque autour du monde. Résumé général des voyages de découvertes de Magellan, Tasman, Dampier, Laplace, etc... Publié sous la direction de Dumont-d'Urville, capitaine de vaisseau, avec cartes et gravures par Sainson. 2? vol. in-#°,2 col. Paris, 1834-1835, vol. 1, p. 83-85. L'archipel des Seychelles, pl. X, fig. #, cocotier des Seychelles. Cette figure est mauvaise car elle donne à l'arbre les feuilles du cocotier ordinaire, les cocos entiers et ouverts sont empruntés de Sonnerat,

EMEA

nommé. On voit, seulement par la suite, qu'il était sur le brick anglais le Victory, capitaine Lewis, et qu'il fut reçu par le gouverneur Harrison. Comme celui-ci administrait les Seychelles en 1826 cela donne la date de cette visite.

Le grand navigateur anglais Owen!, dans le récit de ses voyages exécutés de 1820 à 1826 sur les côtes d'Afrique, d'Arabie et de Madagascar, n'oublie pas les Seychelles et leur merveilleux coco appelé Coco do mar par les Portugais, et qu'il fait pousser dans les interstices des rochers des iles Praslin et Curieuse. I se trompe en donnant l'année 1789 comme date de la découverte de l'archipel seychellois. Il dit que tout les efforts faits pour cultiver le Cocotier de Mer sur les autres îles du groupe sont restés vains. On sait que, par la suite, les gouverneurs réussirent à en transplanter ou même à en faire pousser de semence sur l’île Mahé ainsi qu'à Maurice et à La Réunion. Il dit que l'écorce du fruit fournit une fibre ressemblant à celle du coco et avec laquelle on fait des cordages. Il ne parle pas de l'industrie des pailles du Cocotier de Mer qui y battait alors son plein, ayant été introduite dans l'île Mahé en 1815 par un soldat des armées de la République nommé Antoine Benezet. Né à Bordeaux en 1789, fait prisonnier par les Anglais, il resta pendant bien des années sur les pontons de Plymouth. Il y apprit à travailler la paille et à la teindre. Il arriva aux Seychelles en 1815 après les traités, y devint clerc de notaire, puis greffier du tribunal de paix en 1829 et mourut en 1842 après avoir doté le pays de l’industrie des pailles dites des Seychelles.

Nous avons eu la bonne fortune de retrouver cette histoire dans la Revue historique et littéraire de l'Ile Maurice en 1890. A la petite notice biographique ci-dessus était jointe la lettre suivante :

1. Narrative of Voyages to the shores of Arabia and Madagascar, performed in H. M. Ships Leven and Barraconta, 1820-1826, under the direction of Captain W. F. W. Owen R N... 2 vol. New-York, MDCCCXXXIL (1832); vol. IT, chap. XV, p. 96 à 102 et 110 à 112,

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« Port-Louis (Ile Maurice), 5 décembre 1889.

« Cher Monsieur Pitot,

« Depuis plus de 80 ans, l'île Mahé (Port Victoria depuis 1842) est en possession de nous munir des pailles dites des Seychelles : ce sont des chapeaux frais et légers à tresses plates ou pointues, quelquefois à jour ; ces corbeilles de la mariée garnies de houppes et de pompons ; ces éventails à double ou triple évolutions ; ces étuis en mosaique pour lunettes, ces petits paniers en mousse et en zigs (sic). Enfants gâtés par l'habitude, à peine faisons-nous cas de ces petites merveilles : à peine les voit-on dans les salons et encore faut-il que la dame soit des Seychelles, ou quelque dilettante. Et pourtant je les ai retrouvés dans le musée botanique du jardin de Kew près de Londres, où on les apprécie, et à Paris le faubourg Saint-Germain, Je le sais, n'en fait pas peu de cas.

« C’est assez dire le prix que les connaisseurs y attachent, non pas seulement comme objets de l'art exotique, mais aussi comme produits d'une curiosité naturelle. En effet, les formes gracieuses dont ces palmes sont revêtues surpassent en teint, en moelleux, en fraicheur, toutes les beautés de leurs concurrentes connues ; et elles ont de plus, comme vous le savez, l’avantage de provenir des jeunes palmes du plus noble des palmiers : du Zodoicea Sechellarum, de ce cocotier de mer si merveilleux parmi les végétaux de la mer des Indes et que naguère encore le vainqueur des Taïpings, l'infortuné général Gordon, exaltait dans ses élucubrations bibliques, comme l'arbre du paradis terrestre, à l'exclusion de l'arbre à pain qu'il abandonna.

« Oui, cher Monsieur, depuis plus de 80 ans, cette charmante industrie est exclusive aux Seychelles ; elle y est des plus récréatives ; les machines modernes n'y ont que faire, Aux Seychelles, les dames, les jeunes demoiselles, les jeunes gens, presque tout le monde, on peut laffirmer, sait

plus ou moins tresser la paille et la transformer en surprises.

« Pendant l'inertie, en 1838, alors que les terres étaient privées de bras pour la culture, que les propriétaires lançaient sur Maurice des cargaisons de laboureurs africains, sur des navires de quelques centaines de tonnes, dans l'espérance d'être mieux payés en indemnité, que le commerce du tabac, de l'huile de coco, de la caouenne (écaille de tortue de mer) qui avait relevé l'ancien commerce du coton, languissait ; seuls les ouvrages en paille de Coco de Mer prirent de l'extension et bien des familles appauvries vécurent de cette industrie. Au point que, vers 1841, un règlement administratif fut mis en vigueur pour protéger les palmiers de coco-de-mer ; de pauvres gens les abattaient pour en recueillir et vendre les jeunes palmes.

« Enfin depuis ces cinq dernières années, l’année 1889 non comprise, et d'après un relevé de la douane, que je dois à l'obligeance de M. Lavers, et des recherches de M. Méyépa, le commerce de cette industrie se chiffre comme suit, à l'article Hats and Straws, sans compter les corbeilles, les éventails qui sont mêlés à l’Haberdashery :

Hats and Straws. |

Année. Valeur. Année. Valeur.

1883 22.45 Roupies! 1886 20.00 Roupies 1884 3,258» 1887 64.50 »

« Les trois dernières années (1886-1888), droits et changes non compris. Voilà, me direz-vous, une industrie qui court sûrement à son centenaire. Oui, j'en suis persuadé. Vous me demanderez sans doute quel est l’heureux mortel qui introduisit cette précieuse ressource à Mahé. »

Il raconte qu'on la doit à Antoine Benezet, fils d'un Jardi-

4. La valeur de la Roupie à cette époque était d'environ 2 francs. En

1906 elle ne vaut plus que 1 fr. 66.

nier des environs de Bordeaux, devenu soldat de la République, prisonnier des pontons anglais, qui arriva à Mahé en 1815, âgé de 29 ans, ayant pour toute ressource le talent de travailler et teindre la paille. Il fut accueilli par M. Jean Remy d'Argent, ancien chouan de l’armée de Charette, devenu notaire à cause de sa belle écriture, et en devint le jeune clerc ; mais pendant les heures de récréation, Benezet et ses élèves travaillaient la paille: «Je ne vous dirai pas « avec quelle joie il prit dans ses bras la première palme du « cocotier de mer qu'il vit ; ce fut une exultation, d'après ce « quil disait lui-même. Il fit le passage en bateau de Mahé « à Praslin, lieu originaire du cocotier de mer, pour y « prendre des fleurs mâles et féconder un palmier de ce « genre qui se trouvait stérile chez son hôte. Et c’est, dit-on, « le premier qui réussit ainsi dans l’île. »

Cette citation fixe donc à peu près l'époque (pas avant 1815) où l'on put obtenir à Mahé les premiers fruits d’un Cocotier de Mer qui devait être âgé d'une trentaine d'années au moins, d'après ce que nous verrons plus loin, dans la description scientifique de cet arbre. Son introduction sur l'île Mahé devait donc remonter au plus tôt à 1795! et était due sans doute au Commandant lui-même, M. Quéau de Quincy.

Celui-ci mourut en 1828, après avoir conservé sous le gouvernement anglais la direction de la colonie, puis en être devenu juge et greffier. Sa succession officieile se partagea alors entre MM. G. A. A. Fressange, attaché au service du greffe à Maurice, qui accepta de venir présider le tribunal des Seychelles et on prit sur les lieux le clerc de notaire A. Benezet pour en faire le greffier. Il resta garçon et mourut le 15 décembre 1842 dans les bras de M. R. Young, percepteur, qui l'avait recueilli. Il avait 56 ans, dont 27 passés à Mahé. La reconnaissance publique donna son nom

1. D'après Hooker, Quéau de Quincy en planta un chez lui en 1787; voir chap. III, article de J. Hooker dans le Curtis Bolanical magazine de 1827,

à une ruelle de Port-Victoria dans laquelle se trouvait sa maison !,

Quoi qu'en aient dit plusieurs des auteurs déjà cités, on ne paraissait pas encore absolument certain, en 1832, que le Cocotier de Mer ne poussait qu'aux Seychelles. En effet, le navigateur anglais Owen, qui était pourtant aussi un naturalhiste, parlant des îles Maldives dans un mémoire lu par lui devant la Aoyal Geographical Society de Londres le 9 avril 1832, disait en citant J. de Barros : « Their productions he « also enumerates minutely especially the Cocoa nut both of « the ordinary kind and of that called «Coco de Mer », « almost peculiar to the Seychelles, the seed of which « appears to have been borne thence to the Maldives, by the « currents of the ocean, thus showing them to flow princi- « pally from west to east as T found them. » Cela ne prouve pas, loin de là, que ces fruits aient pu germer et y pousser avant d'y avoir été apportés à l’état frais, après la découverte de leur pays d’origine, c'est-à-dire postérieurement à 1744.

C'est ce passage d'Owen qui beaucoup plus tard a induit E. Reclus en erreur quand il dit :

« D'après Owen, la flore des Maldives comprendrait aussi « le Lodoicea des Seychelles, le palmier qui donne les cocos « de mer à double noix qui se conservent si longtemps sur « les flots et qui dans l'Inde, où les apportent les courants, « sont tenus pour des fruits sacrés guérissant toutes les « maladies, »

Or, cinq ans seulement après la communication d'Owen, M. G. Harrison, Gouverneur des Seychelles, indiquant au capitaine Barrow, du navire de Sa Majesté Britannique Rose, en visite dans l'archipel, les productions du pays, citait les Cocos de Mer et ajoutait qu'ils ne poussaient que là au monde *,

1. Revue historique et littéraire de l'Ile Maurice, 3° année, janvier 1890, n° 31, pp. 338 à 340, l'Industrie des pailles de Lodoïcea aux Seychelles, par Fressanges (Docteur).

2. The Nautical Magazine and naval chronicle for 1839, 2° sér. S., 1839, The Seychelles communicated by G. Harrison Esq. to the Commander of H. M. S. Rose on his visits to these islands in March 1837, p. 443-446.

Depuis cette époque, un certain nombre de voyageurs, ou simplement d'écrivains, ont mentionné le Cocotier de Mer dans leurs travaux, se contentant, la plupart du temps, de rapporter sans le vérifier ce qu'en ont dit les auteurs déjà cités et analysés. Ce sont entre autres : Charlier et E. de Froberville en 1848 ; Pridham en 1849; le colonel Pelly en 1865. On trouvera dans le prochain chapitre ce qu'ils ont pu dire d'intéressant et de nouveau en ce qui concerne la description de l'arbre et du fruit.

Le seul auteur que nous puissions encore citer au point de vue historique et commercial est H. C. Ball, qui, dans un rapport sur les îles Maldives, nous apprend qu'en 1882 on expédiait encore dans les Indes des noix de Cocotier de Mer. On voit par sa note que les courants marins porteraient encore de nos jours les noix de coco de mer aux Maldives où elles s'appellent encore du même nom que nous ont révélé les plus anciens auteurs, entre autres Pyrard de Laval; à savoir: Tavakarhi pour l’ancienne transposition Tavarcaré.

Le a.

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