‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 4)Chapitre 22 sur 63 · SEE IE · texte numérisé non relu

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Launæa Cass. — Europe et Asie ; env. 25 esp. — I. A. mt ER:;3;

L’Indochine ne compte que 2 espèces : le Z. pinnatifida, qui paraît préférer la chaine orientale, et le Z. asplenifolia, qui est confiné au Laos. Toutes deux sont également indiennes ; la première seule est chinoise.

Lactuca L. — Hémisphère boréal ; 65 esp. — I. A., 22; Ch AS TUN:S:

Ce genre est représenté par 9 espèces en Indochine. De ces 9 espèces, 3 se trouvent dans l’Inde, 4 en Chine, 3 au Japon, 1 aux Philippines, 1 aux Indes bataves. Les Z. sororia, Raddeana, indica, gracilis, denticulata ne s’aventurent guère en dehors du Tonkin et dela région semi-tempérée. Le L. lævigata, qui est plutôt tropical, s’est établi au Sud de la chaîne annami-

tique. Peut-être arrive-t-il de Sumatra ou de Java ? Gerbera Gronov. — Asie, Afrique australe et tropicale ; 21 esp. ; dont 10 asiatiques. — I. A., 5 ; Ch., 7.

La seule espèce indochinoise est le G. piloselloides, qui est fréquent au Tonkin, sur le plateau laotien, jusqu’au Langbian, à Dran et Dalat, à l’extrême-Sud de la chaîne annamitique. La distribution de l’espèce est poussée d'importance vers le Sud, alors qu’elle n’était citée qu'à Hong-Kong, à 1.400 kilomètres plus au Nord.

Leucomeris Don. — Himalaya ; 1 esp. — I. A., 2 ; Ch., O.

Le L. decora n’était connu que dans le massif himalayen, en Birmanie et au Siam. Nous le connaissons maintenant au Sud de la chaîne annamitique, en 3 localités. Ainsi cette chaine, qui favorise la progression des espèces de la Chine vers le Sud, contribue encore à fixer les espèces émigrantes de l'Ouest.

Pertya Sch. Bip. — Asie ; 5 esp. — Ch., 2 ; Japon, 1 Afghanistan, 1.

Une seule espèce indochinoise, le P. Hossei, du Siam.

Ainsliæa DC. — Indes orientales, 4 esp. ; Chine, 20.

L’A. pteropoda se trouve en Indochine et également en Chine et aux Indes anglaises. Il figure au Sud de la chaîne annamitique, à Dalat, et au Siam.

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Conclusions particulières aux Composées.

I. — La grande famille des Composées, qui s’étend sur presque tout le globe, comprend au total plus de 900 genres et environ 10.200 espèces. Sur ces 900 genres, 78 se trouvent dans notre colonie, comprenant 208 espèces, soit 8,6 p. 100 des genres, et 2 p. 100 environ des espèces.

Si les rapports sont si bas, c’est que l’Indochine est presque entièrement tropicale.

Deux listes de genres indochinois pourraient être établies ; l’une comprenant les genres de préférence tempérés ; l’autre formée de genres à tendance tropicale. Les premiers, plus nombreux, sont plus riches en espèces et préfèrent les montagnes de la Chine et de l’Inde, Les seconds, en petit nombre, peu riches en espèces, ont généralement une distribution large entre les tropiques. Ce fait éclaire d’un jour lumineux les rapports minimes qui viennent d’être donnés.

IT. Abondance des localités. — L'’abondance des individus ne peut être précisée comme dans les contrées depuis longtemps étudiées et explorées. Pratiquement on ne peut avoir de notions que par le nombre des localités relevées pour chaque espèce. Les collecteurs n’ont souvent aucune prédilection pour une espèce ou une autre, se bornant à récolter ce qui leur paraît déterminable. Ainsi l'abondance d’une espèce sera le plus souvent rendue par le nombre des localités où elle a été récoltée ; d'autant que, comme on l’a vu, les collecteurs en Indochine sont nombreux et ont exploré depuis longtemps la colonie. Quelques exemples suffiront à montrer cette abondance relative des espèces : Eclipta alba, 30 localités ; Spilanthes Acmella, 28; Microglossa volubilis, 25 ; Wedelia biflora, 21 ; Sregesbeckia orientalis, 18, ete.

III. Genres et espèces endémiques. — Des genres originaires d’Indochine ont été décrits pour la première fois tout récem-

ment. Ils peuvent être considérés, du moins quant à présent, comme spéciaux à la colonie, c’est-à-dire endémiques. Ce sont : Iodocephalus, 2 espèces ; Thorelia, 1 ; Camchaya, 1 ; Ætheocephalus, 1 ; Poilania, 1 ; Colobogyne, 1. Soit done 6 genres comptant 7 espèces.

Nombreuses sont les espèces qui, appartenant à des genres connus, ont été décrites comme nouvelles et venant d’Indochine. Elles sont, jusqu’à ce jour tout au moins, particulières à la colonie. Elles appartiennent aux genres Suivants : V'ernonia, 14 espèces ; Elephantopus, 1 ; Gynura, 2 ; Emulia, 1 ; Blumea, 8 ; Laggera, 1 ; Thespis, 2 ; Glossogyne, 2 ;: Conyza, 1 ; Calotis, 1 ; Senecio, 1 ; Crepis, 3 ; Pertya, 1. Soit donc 13 genres, comprenant 38 espèces.

Une conclusion s'impose : ces genres ne peuvent être que naturels à l’Indochine ; et son territoire est compris dans leur aire de dispersion. De plus il est probable que ces espèces se sont différenciées sur place par évolution naturelle ; et ainsi ce territoire a des chances de faire partie de l’aire de création non seulement de ces espèces, mais encore des genres.

Au total, en genres et espèces endémiques, la Flore compte 45 espèces nouvelles sur 205. Le rapport est de près de 22 p. 100 ; il est nettement inférieur à ceux que donnent la plupart des familles qui comptent environ 1 espèce nouvelle sur 3, soit 33 p. 1C0. Ce faible rapport est dû à plusieurs faits :

a) Certaines espèces sont répandues dans toutes Les régions avoisinantes et même éloignées. Elles ont donc eu des chances d’être publiées dans les travaux sur l’Inde, la Chine, etc.

b) Plusieurs genres se trouvent en Indochine à la limite de leur aire d'extension, et les espèces ont eu des chances d’être connues depuis quelque temps.

c) Les Composées, par leurs aigrettes, se disséminent plus facilement que beaucoup d’autres familles.

IV. Affinités de la végétation indochinoise. — Quand les genres sont abondants en espèces, on saisit facilement et plus sûrement les affinités de la végétation avec les flores voi-

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sines. Ainsi le genre Vernonia, avec ses 29 espèces, indique plus d’analogie avec la Birmanie (11 espèces communes aux 2 con- -trées) qu'avec la Chine (8 espèces) ou les Indes bataves (3). De même Plumea, avec ses 31 espèces, signale plus d’analogie de la végétation indochinoise avec celle de l’Inde anglaise (18) qu'avec la Chine (13) et surtout les Indes bataves (10). En se bornant à ces seuls exemples, on peut admettre, en les comparant, que l’Indochine a reçu plus de Blumea des Indes bataves qu'elle n’en a reçu de Vernonia.

On a vu pour chaque genre le nombre d’espèces indochinoises communes aux Indes anglaises, à la Chine, aux Indes bataves. Si on fait la somme, pour tous les genres, des espèces communes à ces 3 flores, on aura ainsi 3 totaux qui indiqueront assez exactement les affinités de la végétation indochinoise respectivement avec les 3 flores sus-indiquées.

Ces totaux sont : I. A., 110 ; Ch., 90 ; I. N., 51. Ils sont entre eux sensiblement comme les nombres 11, 9 et 5.

Telles sont numériquement exprimées les affinités de la flore indochinoise avec les Indes anglaises, la Chine et les Indes bataves.

Comme la végétation de la Chine est tempérée, alors que celle des Indes anglaises ne l’est qu’en partie et que celle des Indes bataves est tropicale, on voit que la proportion des plan-

tes tropicales (moins de 11 + 5 — moins de 16) n’est pas très

supérieure à celle des plantes tempérées, 9.

Et ici intervient l'influence de la configuration orographique, qui favorise singulièrement l'introduction et la dissémination des plantes tempérées dans une région tropicale sur presque toute sa surface. Les deux chaînes, birmano-malaise et annamitique, jouent ici un rôle prépondérant.

V. Aires de dispersion des espèces. — I] est bon de répéter encore (car c’est le fait géo-botanique le plus saillant qui découle de la publication de la Flore générale de l’Indo-Chine) que les limites des aires de distribution des espèces sont reportées à de grandes distances. Entre la Chine, la Birmamie, la

Péninsule malaise et l'Océan Pacifique une tache noire existait sur laquelle on ne possédait que des données limitées, incomplètes, presque inexistantes, concernant la géographie botanique d’une région de 1.000.000 de kilomètres carrés. Comment se comportait, au regard de cette terre ténébreuse, les végétations indienne et chinoise ? Quel était le rôle, à peine entrevu, des deux chaînes de montagnes à direction Nord-Sud, naissant d’un massif septentrional étendu ?

Résumons 1c1 les faits particuliers aperçus précédemment.

a) Les espèces chinoises et indiennes, tempérées ou semitempérées ne redoutent pas de s’aventurer vers le Sud et PEst au moyen des montagnes à direction Nord-Sud. Des exemples répétés, frappants, ont été donnés par les genres Vernonia, Tricholepis, Hemistepta, Elephantopus, Eupatorium Gynura, Pluchea, Blumea, Leontopodium, Gnaphalium, Sphæromorphæa, Artemisia, Anisopappus, Lagenophora, Inula, Senecio, Crepis, Lactuca, Gerbera, Leucomeris, Ainsliæa.

b) Parmi leurs espèces, certaines ne s’aventurent guère vers le Sud. Elles se contentent prudemment d’un timide regard dans la direction du Sud enflammé (Saussurea, Hemistepta, Gynura, Pluchea, Leontopodinm, Gnaphalium, Senecio.

c) D’autres espèces, appartenant parfois aux mêmes genres, sont plus aventureuses ; elles profitent des montagnes de lAnnam pour s’avancer à 1.000 et même 1.400 kilomètres plus au Sud que le point qui, naguère, marquait leur limite méridionale (Cricus chinensis, Elephantopus Bodinieri, Eupatorixm nodiflorum, Blumea Cavaleriei, B. sagittata, B. Martiniana, Anisopanpus chinensis, Crepis japonica, Gerbera piloselloïdes, Ainsliæa pteropoda).

d) Il n’y a pas de raison, semble-t-il, pour que ce qui se produit dans la chaîne annamitique ne se produise pas dans la chaîne birmano-malaise, mais celle-ci est beaucoup moins explorée que la première En sorte que la conclusion sera ici beaucoup moins catégorique, parce que manquant de bases suffisantes.

e) À propos d’une famille des climats plutôt tempérés, il est

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assez ditficile de donner des exemples de l’aifinité floristique de l’Indochine avec les iles de la Sonde, plus tropicales, et d’ailleurs séparées par un large intervalle marin. Pourtant le Calotis Gaudichaudii est le seul représentant asiatique d’un genre abondant en Australie, au delà par conséquent des îles de la Sonde.

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