II. — Famille des Euphorbiacées
Soixante et onze genres vont être cités ci-dessous :
Euphorbia [L,. — Régions tempérées et tropicales ; 65 esp. = 1 :A.,:52 5 Ch OPEN:
En Indochine on compte 25 espèces, ou plus exactement 23 si on exclut les espèces cultivées. Parmi ces 23 espèces, 5 existent en Birmanie, 8 dans les Indes anglaises, 5 en Chine, 1 au Japon 2 aux Philippines, 4 aux Indes bataves. Les affinités avec les Indes anglaises ne sont pas douteuses. Si l’Indochine possède en comparaison un nombre si minime d’espèces, c’est qu'il lui manque bon nombre d’espèces tempérées de l'Himalaya. Et, en effet, le genre Euphorbia comporte deux contingents importants d’espèces ; les unes de nature tempérée, les autres à tempérament tropical.
Les espèces récentes, donc endémiques, sont au nombre des.
Groton |... — Régions tropicales des deux Mondes ; 350 esp. 07 OC. 7 Ne
40 espèces sont indochinoises, parmi lesquelles 5 sont birmanes, 6 indiennes, 3 chinoises, 1 japonaise, 4 des Philippines, 3 des îles Malaises. L’affinité est évidente avec les Indes anglaises et la Birmanie. Ce genre est plutôt tropical ; aussi la Chine ne compte-t elle que 7 espèces et le Tonkin 8, tandis que le Cambodge et la Cochinchine ensemble, bien que de surface à peine égale au Tonkin, en comptent 18, c’est-à-dire plus du double.
Le Croton tomentosus qui était cité à Hong-Kong et. au Kouy-tchéou, se trouve, en Indochine, beaucoup plus au Sud, en 9 localités, plusieurs à 1.400 kilomètres de distance. Le
age lt Et Ci aie Mit ons dard à
C. Tiglium présenterait un cas analogue; mais il est cultivé au Japon et dans la Chine du Nord, et la comparaison n’est plus possible. Il semble, au contraire, bien spontané dans notre colonie.
24 nouvelles espèces de Croton ont été récemment décrites en Indochine, qui est ainsi en plein dans l’aire de distribution du genre et même dans son aire de création.
Aleurites L. — Asie et iles du Pacifique ; 4 esp. — I. A.,1 ; (CAIRN
L’Indochine compte 4 Aleurites, mais 2 sont souvent cultivés, dont il ne faut pas tenir compte. Il reste l’ AZ. Fordü, du Yunnan, du Su-tchuen, etc., que l’on connaît maintenant, grâce à notre Flore, dans le N. Annam, à 600 kilomètres plus au Sud, et l'A. Vernicia Hassk., jusqu'ici confondu avec lAl. japonica de la Chine et du Japon.
Dimorphocalyx Thw. — Indes anglaises et Malaisie ; Srespi lt Abe C0h CENT O:
Genre tropical, toutes les espèces étant du Sud des deux presqu'iles indoues. L'espèce indochinoise, D. Poilanei, est pareillement du Sud ; elle est la plus orientale du genre. De plus, elle est nouvelle et est jusqu'ici endémique.
Deutzianthus Gagnep. — Genre endémique, récent, représenté par une seule espèce du Tonkin, le D. tonkinensis.
Thyrsanthera Pierre, Gagnep. — Genre récent, done endémique quant à présent, représenté par une seule espèce, du Sud de notre domaine, le T. suborbicularts.
Tritaxis H. Bn. — Asie, Malaisie; 3-4 esp. — [. A., 1 ; Ch.,0.
Une seule espèce existe en Indochine, le 7. Gaudichaudu, récemment publiée, donc endémique, originaire de la chaine annamitique. C’est la plus orientale de toutes, et elle reporte loin vers l'Est la limite de distribution du genre.
Prosartema Gagnep. — Genre récent, endémique, représenté par 3 espèces du Nord, du Centre et de l'Est de notre domaine.
Poilaniella Gagnep. — Genre endémique, récent, comprenant une seule espèce du Sud del’Annam, le P. fraguilus.
30 F. GAGNEPAIN
Trigonostemon BI. — Indes orientales et Archipel malais ; 10 esp. déjà connues, actuellement 27 ; — I. À., 9 ; Ch., 0; Fat:
18 espèces sont indochinoises, dont 17 sont nouvelles. Toutes sont plutôt tropicales, une seule étant du Tonkin. Voilà un genre qui a son aire et même son centre de création en Indochine. :
Ostodes B].— Indes orientales et archipel malais ; 6 esp. — LAS 5 ECRSOSTINETE
En Indochine, nous n’avons qu’une seule espèce : c’est l'O. paniculata, qui est commun aux Indes anglaises et bataves et remonte dans notre domaine jusqu’au Tonkin.
Nephrostylus Gagnep. — Genre endémique, représenté par une espèce de l’Annam méridional, le N. Poilanei.
Homonoia Lour. — Indes orientales et Archipel malais ; 9 esp. — LAS 2ECRE ES AND
Sur 2 espèces indochinoises, l’une, /7. riparia, est certainement indigène. Elle est répandue dans toutes les régions tropicales, à cause desa préférence pour les rives, ce qui lui assure, quel que soit le climat, des conditions plus égales. ù
Acalypha L,. — Toutes les régions chaudes ; 220 espèces. — ERA NO CRE GR EANSENS
11 nie Du De dont 3 sont indiennes, 4 chinoises, Î{ japonaise, 3 des Philippines, 4 indo-bataves. Dans notre domaine, ce genre ne remonte pas beaucoup plus loin que le centre, 2 espèces seulement existant au Tonkin. Sur ces 11 espèces, 5 sont endémiques.
Trewia L.— Indes orientales et malaises ; 2 esp. — I. A. DCRAOECE N:14:
En Indochine se trouve une seule espèce, le T. nudiflora, qui est abondant un peu partout ici (19 localités) comme dans les régions avoisinantes.
Dalechampia PI. — Toutes les régions chaudes ; 88 espèces, surtout américaines. — I. A., 3 ; Ch., 0 ; I. N., 1.
Deux espèces indochinoises endémiques, du moins quant à présent ; elles sont plutôt du Sud.
ÉTUDE GÉO-BOTANIQUE DE L'INDOCHINE à
Melanolepis Rchb. et Züll. — Genre indo-malais comprenant seulement 2 espèces.
L’unique espèce indochinoise est le A. vitifolia, espèce méridionale, qui doit être séparée du A1. moluccana. Elle est endémique.
Mercurialis 1. — Europe, Asie orientale ; 8 esp. — I. A. CEE IE IN. 0;
L’Indochine ne comprend qu’une seule Mercuriale, A7. leiocarpa, qui se trouve également au Japon, en Chine, en Corée. C’est une espèce du Nord qui a consenti à vivre au Siam. Sans doute la trouvera-t-on en des points intermédiaires, tels que la Birmanie, le Haut Laos, le Tonkin.
Mallotus Lour. — Toutes régions tropicales ; 80 esp. — RAA Ch TEA ONE TLS,
15 espèces sont indochinoises, dont 7 des Indes anglaises, 11 de Chine, 6 des Philippines, 4 des Indes bataves. On voit par cette énumération : 1° que le genre est semi-tempéré ; 29 que les affinités de nos espèces sont surtout avec la Chine. Sur ces 15 espèces, 9 se trouvent en même temps en Cochinchine et au Tonkin, ce qui dénote un certain accommodement au climat Est-ce cet accommodement qui fait que 6 espèces indochinoises se trouvent aussi aux Philippines ? Alors quel procédé de dispersion possède donc ce genre pour que ses espèces se trouvent sur des terres si éloignées et séparées par la mér ?
Un cas remarquable : le M. Furetianus que l’on ne connaissait pendant longtemps que dans la province de Quang-tunpg; puis à Haïnan, est signalé maintenant sur toute la chaine annamitique, dans les montagnes du Cambodge et en Cochinchine orientale. Peut-être même existe-t-il à Sumatra et aux Philippines. Il semblerait que cette espèce, bien loin d'être, à Hong-kong, vers le centre de son aire, s’y trouve au contraire sur sa limite septentrionale. Bien qu’à un degré moindre, il en est de même des #. Apelta, cochinchinensis, Hookerianus contubernalis. Ainsi la connaissance plus précise d’un vaste territoire modifie d'importance les conclusions géo-botaniques.
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Le M. microcurpus Pax, connu naguère en une seule localité, est cité en d’autres.
La densité géographiquedes H/allotus paraît propre à ce genre. Certaines espèces sont connues dans tant de localités qu'il est impossible de les citer toutes. Trois espèces sont endémiques, à ce Jour.
Cælodiscus H. Bn. — Plusieurs botanistes ne distinguent pas ce genre du précédent, par exemple Pax et K. Hoffmann, les monographes de la famille dans le Pflanzenreich. En Indochine, il comprend 10 espèces, parmi lesquelles 7 ont été décrites récemment et sont endémiques à ce jour. Les 3 autres, qui étaient connues comme /allotus, ont une large distribution dans la colonie. Parmi elles le C. muricatus se rencontre abondant dans les Indes anglaises et bataves, en Chine, aux Philippines. Les C. glabriuscul s et montanus n'étaient connus qu’en Birmanie. Ainsi l’aire de distribution du genre Cælodiscus serait presque exclusivement indochinoise ; et le centre de cette aire se placerait vers le Cambodge et le bas Laos.
Alchornea Sw. — Toutes les régions chaudes ; 46 esp. — T'AS GE Ch: TE:
o espèces en Indochine, dont 2 communes aux Indes anglaises, 1 aux Indes bataves et 1 aux Philippines. La plus commune est l’A. rugosa (22 localités en Indochine). En dehors elle existe en Chine, dans la Péninsule malaise, à Java, à Sumatra et aux Philippines.
+ Cnesmone B]. — [,a seule espèce connue (iles de la Sonde, Presqu'ile malaise), se trouve en Indochine méridionale. C’est C. Javanica.
Cenesmon Gagnep. — Genre récent, endémique, comprenant 6 espèces, la plupart de l’Indochine moyenne.
Tragia L.— Toutes les régions chaudes ; 125 esp., surtout américaines, 4 seulement asiatiques. — I. A., 3; Ch., 1; LIN RE ME
Une seule espèce indochinoise, et de plus endémique, le C. Delpyana.
Sapium P. Br. — Régions tropicales des Deux-Mondes ; 95 esp., dont 9 à 10 asiatiques. — I. A., 6 ; Ch., 3.
Pour l’Indochine 7 espèces sont énumérées, dont 2 sont birmanes, 4 indiennes, 3 chinoises, 1 indobatave. Le S. sebiferum est plutôt cultivé. Le S. bicolor, qui, pendant longtemps, ne fut connu qu'à Hong-kong, puis à Haïnan, se rencontre en 16 localités de l’Indochine, depuis le Tonkin jusqu'à la Cochinchine. Le S. rotundifolium, que l’on ne connaissait qu’au Chan-tung, se trouve en 3 localités du Tonkin.
Glyphostylus Gagnep.— Genre endémique, représenté par une espèce du Laos, le G. laoticus.
Excœæcaria L. — Asie, Afrique tropicale ; 26 esp., dont 18 asiat. et océaniennes. — I. A., 8 ; Ch., 2. ; I. N., 5.
En Indochine, nous comptons 4 espèces, un peu moins que dans les Indes bataves, mais plus qu'en Chine, ce qui prouve uu genre à préférences tropicales. Parmi les 4 espèces de notre domaine, 2 sont en commun avec les Indes anglaises, { avec la Chine, 2 avec les Indes bataves, { avec les Philippines. Une espèce endémique vit au Sud-Annami, les 3 autres en de mulüples localités.
Strophioblachia Bœrl. — Indes et Malaisie ; 1-2 esp.
L’unique espèce indochinoise est le S. slandulosa, qui était à peine connu en Indochine et qui y compte maintenant 17 localités.
Blachia H. Bn. — Indes et Malaisie ; 8 esp. — I. A., 5; GRO TN: 0.
En Indo-Chine, on compte 7 esp., dont 2 des Indes anglaises et 1 de Chine. Sur ces 7 espèces, 5 ont été récemment publiées et sont endémiques pour la colonie. Toutes, saut 1, sont de l’Indochine moyenne.
Thelypetalum Gagnep. — Genre récent, endémique, et monotype, avec l’espèce 7. Pierrei.
Sumbaviopsis J. J. Sm. — Une seule espèce, javanaise,
le S. albicans, que l’on trouve dans le Sud de la colonie, ainsi que sa var. disperma.
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Claoxylon Juss. — Régions tropicales, 57 espèces ; — I. A. BECRSAET ON. &
L’Indochine ne possède que 3 espèces, dont 1 birmane, 2 indiennes, 2 chinoises, 2 indobataves, 2 des Philippines. Une espèce remarquable est le €. hainanense, que l’on ne connaissait qu'à Haïnan et qui compte maintenant 4 localités dans l’Annam.
Gelonium Roxb. — Asie tropicale ; 19 esp. — I. À., 6; Cha SAT ANEET
4 espèces de ce genre sont indochinoises, dont 2 sont birmanes, 2 indiennes, 1 chinoise, { batave et 1 des Philippines. Une espèce est à signaler, qui est nouvelle et compte 22 locahtés indochinoises.
Baliospermum BI. — Indes anglaises, Malaisie ; 6 esp. — AA 0: CPAM EMNESRE
En Indochine existent 4 espèces, dont 1 birmane, 3 1indiennes et 1 indobatave. |
A signaler une espèce endémique du Tonkin.
Macaranga Petit-Th. — Asie, Afrique ; 160-170 esp. — ESA :24 ChF ASIE NS MI0
En Indochine, on a décrit 15 espèces, dont 1 est birmane, 5 indo-anglaises, 4 chinoises, 1 des Philippines, 4 indo-bataves. Les espèces nouvelles sont au nombre de 5 et sont endémiques. Le M. denticulata est la mieux représentée (15 localités) en Indochine. Il est remarquable que le M. Tanarius qui se trouve aux Indes anglaises, en Chine, aux Philippines, aux Indes bataves, n’ait dans notre colonie qu’une seule localité.
Gleidion B]. — Asie, Afrique, Amérique ; 15 esp. — I. A., 2 SECHE LAN 2 MT:
Une seule espèce ancienne est indochinoise, le C. javanicum ; deux, en plus, sont nouvelles, dont une seule est endémique, le C. bracteosum.
Le C. brevipetiolatum n'était connu qu’en une localité chinoise et au Tonkin ; grâce à la Flore générale, huit autres sont signalées, dont 2 sont chinoises (province de Kouy-
d'onde siéserhinsa dés…. |
tchéou). Il est infiniment probable que cette espèce sera trouvée au Yunnan.
Endospermum Benth. — Chine mérid., Archipel malais ; 10*esp, = 1A/,3:Ch; L;: TN: 0.
Notre domaine ne compte qu’une espèce : l’Æ. chinense, du Sud de la Chine. Pendant longtemps on ne la connaissait qu’à Hong-kong ; on la découvrit ensuite à Haïnan. Elle compte maintenant 3 localités au Tonkin et 1 en Annam, dans la province de Quang-tri. Une aire qui s’étend d'importance.
Sebastiania Spr. — Toutes les régions chaudes ; 75 esp. — PA SACR TEL EN
Une seule espèce également dans notre domaine, le S. Chamælea, qui est aussi indo-anglaise, chinoise, indo-batave. Elle tigure dans 17 localités indochinoises.
Galearia Zoll. et M. — Indes orientales et malaises ; 12 esp. — LA; 10.:;:Ch:,0 ; L:N.: 0.
Trois espèces sont de notre domaine, dont 2 sont des Indes anglaises et des Indes bataves ; la troisième est nouvelle. Les 3 espèces sont peu représentées en Indochine (1 localité seulement chacune).
Microdesmis PI. — Asie et Afrique tropicales ; 2 esp. — PA TACRTST ENT
Le M. caseariæfolia est la seule espèce indochinoise. En revanche, cette espèce compte dans notre domaine 12 localités. |
Erismanthus Wall. — Indes anglaises, Chine ; 2 esp. — LE CEA EE TON
L’Indo-Chine compte 3 espèces, donc une nouvelle est à ajouter ; elle s’étend sur tout l’Annam (5 localités) et sur la Cochinchine (9 localités). L’Æ. sinensis, qui se rencontre à Haïnan, sera très probablement trouvé au Tonkin ou en Annam ; c’est pourquoi il figure dans la «Flore » sans aucune localité désignée.
Agrostistachys Dalz. — Indes orientales, Afrique tropicale 6 esp: 1 A :6:Ch,0:T N.; 0.
Trois espèces sont indochinoises, qui sont birmanes (1),
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indo-anglaises (3), des Philippines (1). Toutes les 3 sont représentées chacune en une localité unique.
Oligoceras Gagnep. — Genre nouveau, connu en une seule localité, non loin de Hué, et représenté par une seule espèce, l'O. Eberharditir.
Pantadenia Gagnep.— Genre également nouveau et monotype (?. adenanthera) représenté en 9 localités du Laos, du Cambodge et de la Cochinchine.
Chætocarpus Thw. — Indes orientales, Archipel malais, Amérique; 7 .68p:.- 2 LA CIC RESRE TAN
Notre unique espèce est le C. castanocarpus, qui est signalé en Birmanie, aux Indes anglaises et bataves. Elle compte dans notre domaine plus de 20 localités réparties sur toute sa surface.
Epiprinus Griff. — Indes Anglaises et Malaisie ; 3 esp. — RAS
L’Indochine ne compte que 2 espèces, qui sont nouvelles, lune du Tonkin (4 loc.), l’autre de FAnnam (1 loc.). Ce genre a une distribution qui s’étend à la fois largement vers le Nord et vers l’Est ; il semble que le centre de création se trouve quelque part en Birmanie ou au Siam.
Symphyllia H. Bn. — Une seule espèce connue, S. sihetiana, qui à sa patrie au Sud-Est de l'Himalaya, en Birmanie et même en Cochinchine (1 localité connue).
Cladogynos Zipp. — Iles Malaises ; 1 esp. — I. A., 0; CHMORALENT EI.
L’unique espèce, C. orientalis, existe à Java, à Timor, aux Philippines, et dans 14 localités indochinoises. Son aire d’extension s'étend et se précise singulièrement.
Godefroya Gagnep. — Genre nouveau, monotype (G. rotundata), sorti du genre Cleistanthus et représenté dans 3 localités du Cambodge.
Cleistanthus Hook. — Asie, Afrique, Australie ; 103 esp. — I. A., 27; Ch., 0 ; (chiffres des auteurs).
Ce genre, trop compréhensif, a été démembré en Godefroya et Paracleisthus, ce qui fait que la statistique ci-dessus est un
peu exagérée. En Indochine, nous ne comptons que 3 Cletstanthus vrais : le C. myrianthus et 2 espèces nouvelles. Le C. myrianthus se trouve également en Birmanie, aux Indes anglaises et bataves, aux Philippines.
Bridelia Willd. — Asie, Afrique, Australie ; 56 esp. — I. A., SEC OTEPTEN 20;
11 espèces sont de notre domaine, dont 4 sont birmanes, 4indo-anglaises, 2 chinoises, 2 des Philippines, 4 indo-bataves. Sur ces 11 espèces, 4 sont nouvelles, particulières à la colonie. Les plus répandues en Indochine, parmi les anciennes espèces, sont B. minutiflora (13 localités), B. stipularis (17) et B. tomentosa (24), cette dernière largement répandue dans les terres circon voisines.
Paracleisthus Gagnep. — (Genre établi aux dépens du genre Cleistanthus et comprenant 5 espèces indo-chinoises, endémiques, sauf P. subgracilis, que l’on a découvert récemment à Haïnan.
Antidesma L. — Régions chaudes de l'Ancien Monde ; SDS DIE AS ICRA SEEN 18:
Ce genre compte en Indochine 32 espèces, parmi lesquelles o sont birmanes, 9 indo-anglaises, 11 chinoises, 1 japonaise, 2 des Philippines, 6 indo-bataves. Ainsi ce genre tropical a des tendances vers les régions semi-tempérées. Comme contrepartie, le plus septentrional des Antidesma, A. japonicum, ne craint pas Le climat du Tonkin, de l’Annam oûilse rencontre en 17 localités. La chaîne annamitique a dû favoriser puissamment son expansion vers le Sud.
L’A. hainanense Merrill, espèce toute récente (1922), quine comptait à cette époque qu'une seule localité (Haïnan), en compte 17 autres, du Tonkin, de l’Annam et du Laos.
L°A. Henryi, connu seulement en Chine méridionale, compte 9 localités au Tonkin et en Annam. Enfin une autre espèce, l’A. yunnanense, qui, en 1922, dans le Pflanzenreich, ne comptait que 2 localités au Tonkin en possède 2 autres, 5 en Annam et 1 au Laos. De toutes les espèces, la plus répandue dans les régions voisines de notre domaine, l’A. PBunius, est rencontrée
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dans toute l’Indochine où elle compte 17 localités. De même l'A. montanum (Birmanie, Indes anglaises, Chine, Philippines, Indes bataves) est rencontré dans 21 localités, éparses dans toute l’Indochine.
19 espèces nouvelles dans le genre Antidesma attestent éloquemment que notre colonie est en plein dans Paire de distribution de ce genre.
Fluggea Willd. — Asie, Afrique et Australie tropicales ; Gresp, — [: À, 3: Ch.-250 NS
Ce genre est représenté en Indochine par 2 espèces, dont une est en même temps indienne, chinoise, japonaise et des Philippines. Représentée en Indochine dans 19 localités, l’autre espèce est nouvelle et par conséquent endémique quant à présent.
Actephila BI. — Indes orientales, Malaisie, Australie; 22 esp: = "1 A2; Ch DS ANR
En Indochine nous connaissons 10 espèces, dont 1 Dbirmane, 2 indiennes et 1 indobatave. 9 espèces sont nouvelles et 8 endémiques. Cette proportion énorme de nouveautés prouve que l’Indochine se trouve en plein dans Paire de distribution et même de création du genre.
Andrachne |,. — Europe, Asie tropicale, Chine ; 10 esp. — LAS TS Che EAN
Deux espèces sont indochinoïses, dont une est commune
aux Indes anglaises, aux îles de la Sonde ; l’autre est nou-
velle, endémique.
Gatnaia Gagnep. — Genre endémique et monotype des
environs de Hué, le G. annamica.
Bischofia Bl. — Indes orientales et archipel malais ; 1 esp. A ENS CR A RENTANSAE
En Indochine, l’unique espèce, Bisch. javanica, a été rencontrée en.16 localités.
Hymenocardia Wall. — Indes orientales et archip. malais ; DNESpa TL ASE CRODEN NE
Deux espèces existent en Indochine, dont une est birmane, indienne et indo-batave. L'autre espèce, du Laos moyen, est endémique.
Baccaurea Lour. — Indes orientales, Arch. malais, Afrique tropicale : 60 esp. — FE: À:, 29: Ch., 1 ; I. N., 0.
L’Indochine possède 4 espèces, sur 7 assez bien connues, les 3 autres l’étant insuffisamment. Le B. sapida est indien et chinois. À signaler 3 espèces nouvelles, endémiques, originaires de l’Annam et du Laos.
Aporosa Bl.— Indes orientales, Archipel malais ; 62 esp. — PA 8uCR.,2 °TEN.; 1:
11 espèces se trouvent en Indochine, dont 6 sont birmanes, 6 indiennes, 2 chinoises. Trois espèces sont nouvelles et endémiques. 1,/A. microcalyx, très largement répandu ailleurs, compte 24 localités en Indochine. 1,4. ficifolia, qui n’était connu qu’en un point, est connu aujourd’hui dans 9 localités indochinoises. De même pour A. tetrapleura exactement.
Drypetes Vahl (Cyclostemon et Hemicyclia inclus). — Régions tropicales ; 140 esp., dont 65 pour l’Asie et l'Océanie. — Be 0e Cm ON: 3.
L’Indochine compte 9 espèces, dont une est indienne. Les autres 8, sont nouvelles et endémiques, témoignant que la colonie est dans l’aire de création du genre.
Phyllanthus L.— Toutes les régions chaudes ; 500 esp. — 0 Cho TN: 7:
41 espèces se trouvent en Indochine, dont 4 sont birmanes, 8 indo-anglaises, 6 chinoises, 2 japonaises, 3 philippines, 6 indobataves. Les affinités de notre Flore, pour ce genre, sont avec les Indes anglaises, la Birmanie et la Chine ; ce qui dénote la large dispersion du genre.
Sur ces 4{ espèces, 29 sont nouvelles, ce qui prouve à quel degré la colonie se trouve dans l’aire de création du genre. Les P. reticulatus (32 localités), Niruri (12), simplex (19), Emblica (21), Urinaria (19) sont aussi largement représentés dans notre domaine floristique que dans les voisins.
Glochidion Forst. — Régions tropicales, surtout asiatiques ; plus de 120 esp. — I. A., 59 ; Ch., 12 ; [. N., 20.
Pour l’Indochine, 25 espèces furent décrites, dont 9 sont birmanes, 12 indiennes, 3 chinoises et 3 indobataves. Sur
40 F. GAGNEPAIN
ces 25 espèces, 5 sont nouvelles et endémiques ; et il semble que le centre de distribution de ce genre soit assez éloigné de l’Indochine, dans la direction de l'Ouest ; car les affinités de la flore indochinoise se précisent nettement vers la Birmanie et les Indes anglaises. Les G. littorale (10 loc.), glaucifolium (6), rubrum (13), velutinum (12) sont parmi les mieux représentés géographiquement. L'indice de densité des espèces serait donc, dans notre domaine, bien inférieur à celui des Phyllanthus, d'autant qu’il n’y a pas de raison pour que les collecteurs préfèrent dans leurs récoltes un genre à l’autre, tellement tous deux sont semblables d'aspect.
Breyniopsis Beille. — Genre nouveau, endémique par conséquent, représenté par une seule espèce, le B. Pierreu.
Breynia Forst. — Asie, Afrique et Océanie tropicales ; plus de 12 espèces.-T1A 16; Ch 6e TANr:0;
On a trouvé en Indochine 14 espèces, parmi lesquelles 2 sont birmanes, 3 indiennes, 1 chinoise, 2 indo-bataves, 2 des Philippines. Sur ces 14 espèces, 9 sont nouvelles, endémiques.
Les Breynia fruticosa (43 localités), rhamnoides (10), angustifolia (5), espèces de longtemps connues, ont une densité qui correspond à ces chiffres.
Agyneia L. — Indes, Mascareignes ; 1 esp. — I. A., 1 ; Chaleur: N28)(20)
La seule espèce indochinoise est l’A. bacciformïs, qui fut récolté en 9 localités.
Sauropus BI. — Indes et Malaisie ; plus de 42 esp. — I. A., HEC 2 EI. Ne
Le nombre des espèces indochinoises est inattendu par son importance, 22. Sur ces 22 espèces, 3 sont birmanes, 7 indiennes, 2 chinoises, { indobatave, 1 des Philippines. 13 sont nouvelles, endémiques, provenant de l’Est de notre domaine. La plus répandue des espèces est le S. androgynns (26 localités). Fait remarquable : le $. spectabilis, que l’on ne connaissait qu'aux Indes bataves, se rencontre au Sud de l’'Annam. Une espèce de Ceylan, S. assimulis, qui n'existait quelà, figure au Nord de notre domaine. Le S. grandifolius Pax, connu seule-
ment au Yunnan, existe au Tonkin, au Cambodge, en Cochinchine, en 4 localités nouvelles. Connu à Ceylan, le S. retroversus est à Nhatrang (Annam mérid.). Le S. brevipes arrive de Birmanie au Siam. Bien plus aventureux sont le S. quadrangularis, qui, connu dans la péninsule occidentale des Indes, se trouve au Cambodge, et le S. bicolor qui, de la Birmanie occidentale, se retrouve au Laos, au Cambodge (9 localités). Le 5. orbicularis du Siam s’avance jusqu’en Chine, tandis que le S. compressus voit son aire s'étendre à 8 localités indochinoises, bien loin du Nepaul, du Bhotan et de la Birmanie.
Putranjiva Wall. — Indes anglaises ; 2 esp. — I. A., 2; CAPOTE AN, 0:
En Indochine, le P. Roxburghit est la seule espèce représentée. Loin de l'Himalaya et de la Birmanie, elle gagne de proche en proche le Siam, le Laos, et même les montagnes du Cambodge.
Buxus L. — Europe, Asie tempérée ou tropicale, 18 esp., dont 7 asiatiques. — I. A., 1 ; Ch., 2.
En Indochine, 4 espèces sont indigènes, dont une est indienne, 2 chinoises. Sur ces 4 espèces, 3 ont été décrites récemment, et 2 sont spéciales à la colonie.
Sarcococca Lindl. — Asie orientale; 7 esp. (qu'il faudrait nédure de t)1 À. 4; Ch, 1::1..N.:1:
Notre flore compte 2 espèces, dont 1 indienne et l’autre chinoise. Ces 2 espèces préfèrent les montagnes.
Daphuiphyllum BI. — Indes orientales, Archipel malais, Afrique tropicale ; 7 espèces, asiatiques ou malaises. — I. A., AC ES UT N 4:
Parmi les 9 espèces indochinoises, 1 est birmane, 1 indienne, 1 chinoise, 1 japonaise, 1 indobatave. 3 sont récentes et 5 sont spéciales à la colonie. Le D. calycinum, connu seulement au Kouang-toung, a consenti à vivre au Tonkin. Le D. laurinum, malais, devient siamois ; l’espèce birmane, D. Beddomer, devient également siamoise : le D. Roxburghü, qui était à son point le plus méridional aux îles Lioukiou, est connu au Laos central et au Cambodge.
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Conclusions relatives aux Euphorbiacées.
I. Cette famille, riche de plus de 220 genres et de 3.200 espèces, s’étend sur toutes les régions tropicales, avec incursions timides vers les régions tempérées, où elle est représentée par un petit nombre de genres. Sur ces 220 genres, 79 sont indochinois, comprenant 559 espèces, soit environ 36 p. 100 des genres et 17 p. 100 des espèces.
Si ces rapports sont plus considérables que pour les Composées, c’est que nous avons affaire ici à une famille tropicale que nous étudions dans la zone torride. Ainsi les genres, étant égaux en nombre dans les deux familles, sont pour les Euphorbiacées plus de cinq fois plus riches en espèces.
IT. Localités nombreuses. De même que pour les Composées, les espèces les plus répandues sont signalées dans de nombreuses localités. Citons : Sapium discolor (16 localités), Strophioblachia glandulosa (17), Trewia nudiflora (19) ; Phyllanthus Emblica (21), Gelonium sp. (22); Phyllanthus reticulatus (32).
III. Genres et espèces endémiques. Les genres nouvellement décrits sont abondants dans cette famille : Deutzianthus, Thyrsanthera, Prosartema, Poilaniella, Nephrostylus, Cenesmon, Glyphostylus, Thelypetalum, Oligoceras, Pantadenia, Godefroya, Paracleisthus, Gatnaia, par Gagnepain ; Breyniopsis. par Beille. Au total 14 genres comprenant 25 espèces.
Les espèces nouvelles appartenant à des genres déjà connus sont au nombre de 183 et appartiennent aux 34 genres suivants : Æuphorbia (5), Croton (24), Dimorphocalix (1), Tritaxis (1), Trigonostemon (17), Acalypha (5), Dalechampia (2), Melanolepis (1), Mallotus (3), Cœlodiscus (7), Excæcaria (1), Blachia (5), Gelonwum (1), Baliospermum (1), Macaranga (5), Cleidion (1), Galearia (1), Erismanthus (1), Epiprinus (2), Cleistanthus (2), Bridelia (4), Antidesma (15), Fluggea (1),
Re Le
Hymenocardia (1), Baccaurea (3), Aporosa (3), Drypetes (8), Phyllanthus (29), Glochidion (5), Breynia (9), Saurepus (13), Buxus (3), Sarcococca (2), Daphniphyllum (3).
Ainsi tous ces genres et ces nombreuses espèces affirment jusqu’à quel point notre domaine indochinois est compris dans leur aire de distribution et près de leur centre de création. Le nombre des espèces nouvelles est, au total, de 208, sur un nombre global de 559, soit environ de 1 sur 3, nombre voisin de celui donné par l’ensemble des familles.
IV. Affinités de la végétation. — Si l’on se borne aux quatre genres les plus riches en espèces de cette famille des Euphorbiacées, quant aux affinités de notre domaine avec les territoires les plus proches, on peut établir le petit tableau suivant, dans lequel sont figurées, par des nombres, les espèces communes avec lesdits territoires et l’Indochine :
Indes anglaises Chine Indes bataves COUGINAESRENERR EE NNE SE 6 3 3 AMHAESMA RE NE 9 11 6 PRYHARNRUS EESTI. 8 6 6 Cid ee eee 12 3 3
Ainsi les espèces communes avec notre domaine sont plus
nombreuses pour les genres Croton, Phyllanthus et Glochidion
dans les Indes anglaises, pour Antidesma dans la Chine. Les affinités de notre flore avec celle de ces contrées sont dans la même proportion. Pour avoir une idée plus juste de ces affimités on peut faire le même tableau, non plus pour quelques genres, mais pour tous les genres de notre Flore. On obtient alors, respectivement aux mêmes contrées, les nombres :
Quant aux Euphorbiacées, les affinités de la végétation indochinoïse sont près de 1,5 fois plus grandes avec les Indes anglaises qu'avec la Chine et les Indes bataves. Pour rendre
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ces nombres comparables aux nombres homologues fournis par les Composées, on peut les diviser tous par un même nombre qui fasse que le nombre correspondant aux Indes anglaises soit le même. On obtient alors :
Composées ..,...:..... 11 9 5 Euphorbiacées ........ 11 5 6,2
Les différences dans ces nombres montrent nettement que pour cette dernière famille il y a moins d’affinités avec la Chine, qui est au Nord ; il y en a sensiblement plus avec les Indes bataves, qui sont au Sud. Ces différences disent la différence de tempérament des deux familles : les Composées à tendance tempérée, les Euphorbiacées plus nettement tropicales par leur nature même. Cependant les Composées se disséminent plus facilement de l’Indochine à la Chine, ou en sens inverse, à cause de la limite commune et des akènes aigrettés. Entre les Indes bataves et l’Indochine, il y a de sérieux empéchements d'échanges parce qu’une mer large sépare les deux domaines floristiques et que les Euphorbiacées ont des graines lourdes qui échappent à l’action des vents.
V. Aires de dispersion des espèces. —" Lies Euphorbiacées nous révéleront-elles, au point de vue des aires de dispersion, une extension aussi considérable que celles véritablement surprenantes fournies par les Composées ? Déjà .l’énumération des genres nous permet de répondre affirmativement, avec beaucoup d'exemples à l’appui. Ces exemples sont fournis principalement par les genres *Croton, *Aleurites (2 espèces indigènes), Tritaxis, * Mercurialis, * Mallotus, *Sapium, Sumbaviopsis, *Claorylon, *Cleidion, *Endospermum, Epiprinus, Cladogynos, *Antidesma, Sauropus, *Buxus, *Sarcococca, Daphniphyllum.
Mais, pour cette famille des Euphorbiacées, les extensions ne se feront pas aussi exclusivement du Nord au Sud. Elles se feront aussi de l'Ouest à l'Est et, fait plus intéressant, du Sud
au Nord, précisément à cause des préférences climatiques et tropicales de la plupart de ses genres.
Parmi les genres précédemment cités, j'ai distingué par un * ceux qui ont une tendance marquée à s'étendre vers le Sud ; en caractères gras, ceux qui paraissent se disperser du Sud au Nord, au moins pour quelques espèces.
Enfin les genres ÆEpiprinus, Sauropus, Sarcococca, Daphniphyllum paraissent, au moins en partie, porter leur dispersion vers l'Est.
La famille des Composées a poussé l’expansion de certaines de ses espèces à des distances énormes ; jusqu’à 1.400 kilomètres des points précédemment connus.C’estle cas également de Croton tomentosus, de Mallotus Furetianus, Sapium bicolor, Putranjiwa Roxburehu, Daphkniphyllum Roxburghii, qui s’avancent très loin vers le Sud.
D’autres espèces paraissent moins hardies pour gagner le Sud. Ce sont : Aleurites Fordui, Mercurralis lerocarpa, Mallotus Apelta, M. Hookerianus, M. contubernalis, Sapium rotundifolium, Claoxylon haïnanense, Endospernum chinense, Antidesma hainanense, A. yunnanense, A. Henryt, Sauropus grandifolius, ete. Des espèces ont une aire qui s'étend d'importance du Sud au Nord. Citons Sumbaviopsis albicans, Epiprinus (2 esp.), Cladogynos ortentalis, que l’on ne connaissait pas encore sur le continent.
D’autres voient leur distribution s'étendre très loin vers l'Est. Ce sont, par exemple : Truaxis Gaudichaudu, Sauropus spectabilis, S. assimulis, S. retroversus, S. brevipes, S. quadrangularis, S. bicolor. Pour la plupart de ces espèces, la chaîne birmano-malaise n’a pas entravé leur marche vers l'Orient ; d’autres ont même franchi la mer du Bengale, ce qui est un record.
Conclusions générales.
Des comparaisons destinées à montrer les analogies qui réunissent les Euphorbiacées aux Composées ou les différences qui les séparent, peuvent être faites par chacun. Elles n’au-
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raient d’ailleurs qu’une faible portée au point de vue général. Je n’en parle donc que pour mémoire. Il est évidemment prétérable de tirer, des conclusions particulières aux deux familles, d’autres conclusions pouvant intéresser la plupart des autres familles de la Flore.
N'oublions pas que ces deux familles importantes sont de tempérament très divers quant au climat : Les Composées plutôt propres aux régions tempérées, les Euphorbiacées plutôt tropicales dans l’ensemble. Les premières sont à akènes légers. aigrettés ou accrochants ; les secondes sont à graines plus volumineuses, n’offrant aucune prise au vent. Il est possible, il est même infiniment probable que les autres familles de la Flore seront, à ces divers points de vue, ou plus assimilables aux Euphorbiacées, ou plus comparables aux Composées.
I. Ainsi la proportion des genres indochinoiïs au total de la famille sera probablement, pour l’une d’elles quelconque, comprise entre8 p. 100 et 36 p. 100 ; la proportion des espèces, de même, pourra varier entre 2 p. 100 et 17 p. 100, chifires obtenus pour les deux familles considérées.
IT. Les espèces les plus communes dans la colonie atteignant actuellement 30 et 32 localités où elles sont rencontrées, on pourra établir, assez exactement, la fréquence relative des espèces des diverses familles. Cette fréquence sera cotée entre 30 (très commun) et 1 (très rare). Déjà le nombre 30 des localités où on rencontre une espèce permet de tracer, en gros, les limites de sa distribution dans la colonie ; ce qui est déjà beau- Coup pour une aussi vaste surface. Si les localités sont éloignées de plusieurs centaines de kilomètres, on pourra en conclure que l’espèce existe en des points intermédiaires où se trouve réalisée la station qu’elle préfère.
Insistons sur l’importance particulière de ce fait, au point de vue pratique, quand il s’agit d’une espèce utile dont on peut ensuite tracer en détail l’aire de distribution en vue d’une exploitation possible.
III. Très souvent la proportion des espèces nouvelles aux espèces étudiées est de 1 sur 3 ; et cette proportion peut être plus grande encore. Ainsi le genre Trigonostemon compte, dans la «Flore générale d’Indochine », 17 espèces nouvelles sur 18, proportion qui n’a jamais été dépassée et qui sera rarement atteinte. Aux 12.000 espèces environ déjà prévues 1.400 sans doute viendront s’ajouter lorsque le travail en cours sera terminé.
Les genres nouveaux, surtout dans les Euphorbiacées, constituent une proportion remarquable. Dans les deux familles ils font un total de 20 sur 157 genres décrits, soit une proportion de 13 p. 100.
IV. Nous avons vu que les affinités de notre Flore avec les végétations voisines peuvent se résumer dans un petit tableau dans lequel les affinités sont en fonction des nombres portés au-dessous des domaines floristiques voisins. Voici ce tableau :
Indes anglaises Chine Indes bataves COMPOSÉES Lt de ii 9 6] Euphorbiacées ........ 11 7 6,2
Or, nous le savons, les Composées sont plutôt de climat tempéré, les Euphorbiacées de préférence tropicale. La moyenne
conviendra à la moyenne des familles de la Flore, les unes se rapprochant sans doute plus des Composées et les autres des Euphorbiacées suivant leur tempérament propre. Dans tous les cas, pour notre domaine entier, les affinités de la végétation sont davantage avec les Indes anglaises (Birmanie et Presqu’ile Malaise comprises) qu'avec la Chine et les Indes bataves, davantage également avec la Chine qu'avec les Iles de la Sonde. L’éloignement de ces dernières, séparées de plus par la mer, expliquent suffisamment les affinités moindres.
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V. Extension des aires de distribution. — Au Nord, au Sud, à l'Ouest de la large tache qu'était pour la géobotanique en Asie, il y a quarante ans, l’Indochine, s’arrêtaient les renseignements de géographie botanique. Des espèces connues à Hong-kong avaient-elles là une limite à leur aire ? S’avançaient-elles beaucoup plus loin ? Nul ne le savait. Et il en était de même pour la Birmanie, la Péninsule malaise et plus loin les Indes anglaises. Par la revision des 2 familles ici étudiées, nous savons aujourd’hui en toute certitude, que 15 espèces au moins de la Chine orientale se trouvent maintenant
à 1.000 et 1.400 kilomètres plus au Sud que la province du -
Chan-toung, que 29 autres, dans le même cas, sont trouvées vers le Sud à 200 et même 800 kilomètres de leur point d’origine, favorisées par la chaîne annamitique. Nous n'ignorons plus que 4 espèces au moins, dont la patrie est les Indes bataves, ont cependant contribué à enrichir l’Indochine en des points fort éloignés de cette patrie. Nous savons que 7 espèces de la Péninsule occidentale, de Ceylan, des îles du golfe de Bengale et de la Péninsule orientale, dans sa partie littorale, se portent vers l’Est et parfois jusqu’à la chaîne annamitique, malgré les entraves qu'apportent la chaîne birmano-malaise aux plantes tropicales et les plaines tropicales aux espèces tempérées. Et ces conclusions, pour limitées qu’elles soient à cause de l’étroitesse du sujet traité, n’en sont pas moins très intéressantes parce qu'elles ouvrent la porte à des conclusions plus solides, plus nombreuses, qui n’ont pu être envisagées encore.
Le sujet est seulement ébauché, puisqu'il ne porte ici que sur deux familles, importantes il est vrai. Mais aujourd’hui que 115 familles ont été étudiées, sur 173 que comporte la Flore de l’Indochine, il neserait peut-être ni prématuré, ni imprudent de l’étendre à toutes les familles actuellement bien connues.