‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 4)Chapitre 33 sur 63 · OR 2, 2 D · texte numérisé non relu

OR 2, 2 D

MT 7 de

C’est un Palmier de l’Analamazaotra, et également producteur de piassava, comme le Vonitra Thouarsiana ; mais les deux espèces sont, à première vue, bien distinctes.

Le tronc du V. utilis est plus élevé (atteignant 10 à 15 mèetres, au lieu de 4 à 8 mètres), plus robuste et plus épais (33 à 3» centimètres de diamètre, au lieu de 10 à 20 centimètres) que celui du V. Thouarsiana. Ses jeunes feuilles sont vertes et non rouges, et ses inflorescences sont beaucoup plus grandes et à épis beaucoup plus longs que dans cette autre espèce.

Le trone, qui est à rejets, est plusieurs fois bifurqué, annelé, grisâtre, assez tendre, et surmonté de feuilles de 5 à 6 mètres de longueur.

La gaine est longue de 70 centimètres à À mètre, avec une longue languette oppositipétiole de 40 à 60 centimètres, qui est triangulaire et se dissocie finalement en longs filaments bruns, comme dans le V. Thouarsiana. Le pétiole, de 40 à 90 centimètres, est obtusément anguleux et vaguement caréné en dessous, concave en dessus sur toute sa longueur, à bords tranchants ; sa largeur est de 4 centimètres.

Le rachis est convexe en dessous, aplati en dessus dès le niveau des premiers segments, puis présente une carène large et basse, à sommet plan dans la région médiane du limbe ; la partie terminale est triangulaire. Les très nombreux segments, isolés et rédupliqués, sont d’abord étroits et rapprochés, puis plus espacés et plus larges, atteignant vers le milieu du limbe 80 centimètres à 1 mètre de longueur, sur 3 centimètres de largeur; cinq à sept fortes nervures, dont une médiane et quatre à six latérales, sont accompagnées de nervures intermédiaires qui forment sur la face supérieure une striation moins régulière, moins fine et moins nette que dans le V. Thouarsiana.

Les inflorescences, aux aisselles des feuilles tombées, sont à épis pendants, d’un rouge vif lorsqu'ils sont encore dans la spathe, noirâtres à l’air. Le spadice non encore épanoui est long de 2 m. 40 à 2 m. 50. Le pédoncule a { mètre à 1 m. 50 de

longueur environ ; il est peu aplati (6 centimètres sur 4 ou 5 centimètres), à base large et un peu arquée ; la partie florifère, deux ou trois fois ramifiée, est longue de 50 à 60 centimètres, d'aspect un peu flexueux. À la base de l’axe, une première spathe, non caduque, a 70 à 85 centimètres de lonœueur sur 40 centimètres de largeur et est fendue au sommet ; puis, 10 centimètres plus haut est une seconde spathe caduque, longue de 2 m. 30 à 2 m. 40, se fendant latéralement jusqu’au voisinage du sommet, qui se termine par un aeumen de 25 centimètres de longueur, la largeur de la spathe, au voisinage de ce sommet, quand elle est ouverte, étant de 10 à 12 centimètres ;: plus haut sont 4 à 6 écailles. Les rameaux de premier ordre sont au nombre de 10 à 12 et sont aplatis, un peu arqués à la base, où il y a seulement, sur la face supérieure, des épaisissements en bourrelet, crevassés, qu’on retrouve aux bases des ramifications d’ordres suivants. Dans la partie inférieure des rameaux de premier ordre sont des rameaux de second ordre anguleux et courts, se terminant par deux très longs épis floraux flexueux ; plus haut s’insèrent directement des épis floraux isolés. Tous ces épis sont pendants, à axe presque cylindrique, au nombre de six à dix par rameau de premier ordre et ont de 50 à 60 centimètres de longueur et 5 millimètres d'épaisseur. Dans chaque glomérule, normalement triflore, et logé dans une dépression de l’axe de l’épi, la fleur femelle se développe avant les fleurs mâles.

Le bouton femelle, de 4 millimètres de hauteur, est ovoïde, arrondi ou un peu conique au sommet ; les boutons mâles sont à peu près de même forme, les pétales dépassant peu les sépales.

Dans la fleur mâle, les 3 sépales sont carénés, avec épe-

ron obtus: les 3 pétales sont concaves, et les 6 étamines, à

filets courts et larges, sont à anthères basifixes, avec loges subglobuleuses, s’écartant un peu à la base ; il y a un rudiment d’ovaire légèrement conique, trisulqué, avec un petit élargissement stigmatique terminal.

fe at NS AS a EL CNRS

oi

FL Aer ER QE 2

LES VONITRA, PALMIERS DE MADAGASCAR in

Dans la fleur femelle, les trois sépales sont inégaux ; l’extérieur est petit, anguleux, avec fente médiane au sommet : le médian, plus grand, est arrondi dorsalement, plus large que haut ; l’intérieur est très grand, replié, beaucoup plus large que haut, fendu au sommet, et entoure presque entierement les parties plus internes de la fleur en bouton. Les 3 pétales sont orbiculaires. L’ovaire est presque globuleux, un peu gibbeux, surmonté par un très petit cône correspondant aux trois stigmates.

Le fruit frais est presque globuleux, de 25 à 26 millimètres sur 24 à 25 millimètres et est à stigmates basilaires ; le péricarpe est épais de 6 millimètres, fibreux intérieurement. Le fruit sec est un peu ovoïde, de 25 millimètres sur 20 millimètres. La graine est profondément ruminée.

Le Vonitra utilis est, comme le Vonitra Thouarsiana, un Palmier à crin végétal de la côte Est de Madagascar, et peutêtre même, d’après M. Perrier de la Bâthie, celui qui donne le meilleur produit, quoiqu'il le donne, semble-t- il, en moindre abondance que le V. Thouarsiana.

Le bois de son tronc est plus blanc que celui du V. Thouarsiana. Le bourgeon terminal est comestible ; le fruit, à pulpe sucrée, l’est aussi.

Le Vonitra utilis est le vonitrandrano, ou «vonitra d’eau », des indigènes : et, en effet, tout en croissant souvent auprès du V. Thouarsiana, il est plus fréquemment sur le bord de Peau que cet autre vonitra.

Est : Bois humides d’Analamazaotra (Perrier de la Bâthie, déc. 1914, 12.005).

RAVENEA ET LOUVELIA PALMIERS DE MADAGASCAR

PAR

Nous avons déjà, dans des mémoires antérieurs, fait l'étude de ces Palmiers malgaches que sont les genres Phloga, Dypsis (1), Neodypsis (2), Neophloga (3), Chrysalidocarpus (4), Beccariophænix (5) et Vonitra (6).

Les deux autres genres que nous étudions ici maintenant sont bien distincts, par plusieurs caractères, de tous les genres précédents :

10 Les inflorescences sont toujours dioiques ;

(4) H. JumeLze et H. PERRIER DE LA BATHIE : Palmiers de Madagascar (Annales du Musée colonial de Marseille, 1913). — H. JUMELLE : Les Dypsis de Madagascar (Annales du Musée colonial de Marseille, 1918). — In., Les Dypsis, Palmiers de Madagascar (Bulletin de l’Académie malgache, nouv. série, tome VI ; 1922-1923).

(2) H. Jumuezce : Les Neodypsis, Palmiers de Madagascar (Annales du Musée colonial de Marseille, 1924).

(3) H. JumeLrze : Les Neophloga, Palmiers de Madagascar (C. A. Acad. des Sciences, 13 février 1922).

(4) H. Jumezze : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Madagascar (Annales du Musée colonial de Marseille, 1922).

(5) H. Jumezze et H. PERRIER DE LA BATHIE : Nouvelles notes biologiques sur la flore malgache (Annales de la Fac. des Sciences de Marseille, nov. 1915).

(6) H. JumELLE : ce même fascicule, 1927.

20 Les fleurs, sur l’épi, sont isolées, et non plus par glomérules de trois:

30 Les inflorescences femelles sont ordinairement isolées, alors que, au contraire, le plus souvent —- mais non constamment —- les inflorescences mâles sont fasciculées ;

40 Mâles ou femelles, ces inflorescences sont accompagnées de cinq, ou beaucoup plus rarement, six spathes (quatre peut-être chez les Louvelia) :

59 Dans les fascicules d’inflorescences mâles, l’une des spathes, celle qui est basilaire, est commune à tout le groupe, et chaque inflorescence n’a que quatre ou cinq spathes propres ;

6° Gaine, pétiole et rachis, ainsi que les spathes, sont généralement recouverts extérieurement d’un duvet, ou même d’un épais tomentum, blanc argenté ou brunâtre :

7° Le bois est, non pas toujours, mais très souvent, très dur, noir, moucheté en coupe transversale, ou strié en coupe longitudinale, par de nombreux faisceaux libéro-ligneux piongés dans un conjonctif ordinairement selérifié.

Comme bois faisant exception, citons dès maintenant celui du Ravenea robustior.

Les indigènes, qui connaissent bien et utilisent ces bois durs, désignent, en diverses localités, les Ravenea sous le nom général d’anivo.

Entre les Ravenea et les Louvelia les affinités sont certainement très grandes ; cependant les deux Zouvelia que nous connaissons, et tout particulièrement le Zouvelia madagascartensisS que nous connaissons le mieux, offrent quelques particularités assez nettes qui nous ont paru justifier la création d’un genre nouveau.

Chez le Louvelia madagascariensis, en effet :

1° Les trois pétales de la fleur mâle sont très nettement soudés à la base, tandis qu'ils sont séparés dans les Ravenea ;

20 Les stigmates restent terminaux dans le fruit, même lorsque ce fruit est uniloculaire, tandis que, chez les Ravenea, les fruits uniloculaires sont à stigmates latéraux, ces

à pee MN rer à

Page 1