‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 4)Chapitre 37 sur 63 · Très légèrement excavé · texte numérisé non relu

Très légèrement excavé

Segments foliaires médians de 2 centimètres au plus de IArpeUr.- 7, ren PERRET R. amara.

2. Nettement excavé en gouttière anguleuse. Segments foliaires médians de 5 centimètres de largeur:.":4 7. .+ R. latisecta.

b. Carène presque aussi large que le rachis dans la région médiane de la feuille; d’où apparence de deux GoUtLErES SIA LÉTAleS TES RP EE R. rivularis. B. — Une languette oppositipétiole ...... R. robustior.

Nous suivrons, pour la description de ces sept espèces, l’ordre de ce tableau.

Ravenea glauca Jum. et Perr.

Ravenea glauca Jum. et Perr. de la Bâthie; Palmiers de Madagascar, in Annales du Musée Colonial de Marseille, 1913, De HG CENTS,

Le Ravenea glauca, qui croit dans les deux massifs de l’Andringitra et de l’Isalo, dans l'Ouest de l'ile, est, au point de vue floral, par ses pétales rubanés, une espèce nettement dis- : tincte de tous les autres Ravenea que nous connaissons Jjusqu'ici.

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C’est un Palmier à tronc isolé, droit et grêle, lisse, de 4 à à 8 mètres de hauteur et 6 à 10 centimètres de diamètre, que surmonte un bouquet de 12 à 15 feuilles, longues de 2 à 3 mèetres et gracieusement infléchies.

Gaine et pétiole sont extérieurement revêtus d’un épais tomentum blanchâtre qui se détache facilement sous les doigts. Plusieurs gaines superposées sont parfois comme plongées dans cette sorte de toison.

La gaine, glabre et lisse en dedans, est courte (38 centimètres) ; son ouverture, échancrée en avant, est très oblique, et le bord se prolonge assez longuement, en se rétrécissant, le long du pétiole.

Celui-ci, de longueur très variable (5 à 8 centimètres sur un exemplaire de l’Andringitra, 35 centimètres sur un autre exemplaire provenant de l’Isalo), est plan en-dessus, très bombé en dessous, assez large (2 centimètres).

Le rachis, d’abord nettement convexe, puis presque plan ‘en dessous, où il est tomenteux comme le pétiole, a 10 à 15 millimètres de largeur dans sa région médiane, où il porte supérieurement une mince carène peu saillante dont le sommet est aplati (5 millimètres de largeur) et très légèrement excavé. Vers le sommet de la feuille, cette carène devient très rapidement tranchante.

Les segments, le long du rachis, sont espacés de 2 centimètres environ. Frais, ils sont recouverts, surtout sur les individus croissant en localités peu humides, d’un enduit cireux blanchâtre qui leur donne une teinte glauque. Sur la nervure médiane, à la face inférieure de tous les segments, et sur toute la longueur, sont, çà et là, des squamules brunàtres, qui toutefois peuvent manquer.

Les segments basilaires ont 40 à 60 centimètres de longueur, sur 7 à 9 millimètres de largeur.

Les segments médians ont 50 à 70 centimètres sur 12 à 25 millimètres.

Les segments voisins du sommet ont 27 à 35 millimètres sur 9 à 12 millimètres.

Les spadices mâles sont ordinairement fasciculés par deux ou trois ; les spadices femelles sont isolés.

Chaque spadice mâle est muni de quatre spathes, en plus d’une spathe basilaire commune à tout le fascicule.

Sur un individu de l’Andringitra, l’inflorescence mâle — qui, dans ce cas, parait isolée —- a 74 à 80 centimètres de longueur totale, avec un pédoncule de 25 centimètres, muni d’une bractée linéaire lancéolée aiguë, longue de 12 à 14 centimètres. La seconde des cinq spathes, qui présente extérieurement des restes de duvet, a 17 centimètres de longueur, la troisième a 27 centimètres, et les deux dernières ont 70 à 80 centimètres, sur 6 centimètres quand elles sont ouvertes. Le spadice est deux fois ramifié.

Nous avons pu voir encore un autre spadice mâle de la même région, mais jeune, de 30 centimètres environ de longueur, et à spathes encore fermées. La première de ces spathes, échancrée au sommet, cotonneuse, ouverte, est longue de 5 centimètres: la seconde, également duveteuse, fermée comme la suivante, a 8 centimètres ; la troisième a 10 centimètres : les deux dernières ont 30 centimètres.

Sur un exemplaire de l’Isalo, où les spadices mâles sont groupés par trois, la spathe commune est très courte; la première des quatre spathes propres a 5 à 7 centimètres de longueur, la seconde a 13 à 16 centimètres, et les deux autres, qui sont étroites (2 centimètres à peu près quand elles sont ouvertes) et veloutées extérieurement, ont environ 40 centimètres.

Les trois spadices, grêles, de 45 à 50 centimètres de longueur totale, ont des parties florifères qui ont respectivement 30, 35 et 25 centimètres de longueur, sur 60, 50 et 45 centimètres de largeur. Ils sont une seule fois ramifiés, et les épis ont 7 à 8 centimètres.

Les fleurs mâles sont à calice presque imperceptible, de 1 millimètre environ de longueur, à sépales soudés sur le quart à peu près. Les pétales, étroits, rubanés, indépendants, ont 8 à 10 millimètres sur 3 millimètres. Les étamines sont beaucoup plus courtes (deux fois environ) que les pétales.

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Les spadices femelles, au nombre de trois ou quatre par pied, sont isolés, roides et dressés. Il peut y en avoir deux à l’aisselle d’une même feuille, l’inférieur étant parfois plus petit.

Ces spadices sont à ramification simple. L’axe, comprimé, laineux, blanchâtre, a 40 à 50 centimètres de longueur ; les épis, dans la partie florifère, ont de 25 à 30 centimètres.

Les cinq spathes portent extérieurement le même tomentum blanchâtre que les pédoncules ; ce tomentum est encore caduc, tout en persistant un peu plus sur les spathes inférieures que sur les spathes supérieures.

La première de ces spathes est longue de 15 centimètres environ ; la seconde, tubuleuse, se fendant au sommet, a 20 à 25 centimètres ; la troisième, fendue latéralement, la dépasse de 12 à 20 centimètres ; les deux dernières, fendues de même, et dont les sommets sont au même niveau, ont respectivement 90 centimètres et 50 centimètres, dépassant les précédentes d’au moins 50 centimètres dans les inflorescences bien développées (50 centimètres seulement dans une inflorescence plus jeune).

Les fleurs femelles ont un calice analogue à celui des fleurs mâles ; leurs pétales sont aussi les mêmes, mais moins longs (5 millimètres seulement) ; l'ovaire, de 4 millimètres de hauteur, est ovoide, arrondi à la base, conique au sommet, à stiomate terminal. Il y a cinq staminodes.

Les fruits, à une seule graine, sont un peu déprimés, plus larges (18 millimètres) que hauts (13 millimètres), à stigmates subbasilaires.

Dans le massif de l’Andringitra, le Æavenea glauca forme, entre 1.200 et 2.000 mètres, de vastes forêts, à l'exclusion de toute autre plante. Il résiste assez longtemps aux feux de brousse.

Centre et Ouest : Massif de l’Andringitra (Perrier de la Bàthie, 12.061 et 13.649). —- Massif de l’Isalo (/d., 16.550).

Ravenea madagascariensis Becc.

Ravenea madagascariensis Beccari: Palmarum madagascariensium Synopsis, in Engler's Beiblatt zu den Botanischen Jahrbüchern, 1906, p. 46.—- 1d., Palme del Madagascar, 1913, p. 51, fig. 42, pl. XLVIII. —- H. Jumelle et Perrier de la Bâthie, Palmiers de Madagascar, in Ann. du Musée Col. de Marseille, 1913, p. 46, pl. XXV et XXVI.

Le type de l'espèce est un Palmier de l’Analamazaotra, de hauteur moyenne, dont le tronc a ordinairement de 5 à 8 mètres et dépasse rarement 25 centimètres de diamètre. Ce tronc est grisâätre, peu annelé et est surmonté de 8 à 10 grandes feuilles.

La gaine, de 50 centimètres environ de longueur, est couverte, en dessous, d’un mince tomentum brunâtre ; son ouverture est oblique, arrondie en avant, sans languette oppositipétiole.

Le pétiole, long de 40 à 50 centimètres, est large (5 centimètres) et aplati (2 à 3 centimètres d'épaisseur), arrondi sur la face intérieure, qui est recouverte d’un léger velouté blanchâtre qu'on retrouve sur le rachis.

Celui-ci, légèrement convexe en dessous, est d’abord plan en dessus, ou avec, au plus, une fine caroncule médiane qui disparaît vite ; puis il présente plus haut une carène basse, dont le sommet, aplati sur une certaine longueur, puis parfois brièvement excavé, devient enfin tranchant.

Les segments basilaires ont 30 à 40 centimètres sur 15 millimètres. È

Les segments de la région médiane ont 60 centimètres sur 33 millimètres.

Les segments voisins du sommet ont 30 à 40 centimètres sur 15 à 25 millimètres.

Tous portent souvent — mais non toujours — des squamules le long de la nervure médiane, sur la face inférieure.

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Ravenea madagascariensis.

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Leur -espacement, le long du rachis, varie, suivant le niveau, de 2 à 3 centimètres.

Les inflorescences mâles sont fasciculées par deux à six, aux aisselles des feuilles inférieures. Chaque groupe est muni, à la base, d’une spathe commune ; et chaque inflorescence, de 4 mètre à 1 m. 20 de longueur, y compris le pédoncule, qui a à peu près 60 centimètres, est accompagnée de quatre spathes, revêtues extérieurement d’un duvet blanc brillant. La première, courte et large, a 20 centimètres de longueur environ ; la seconde a 40 centimètres ; la troisième, étroite et allongée, a 1 m. 25, la quatrième a 1 m. 15. Sur le pédoncule, un peu au-dessous de la première ramification, est une bractée étroite, longue de 10 centimètres environ.

L’inflorescence est deux fois ramifiée ; les épis ont 15 à 18 centimètres.

Le calice de la fleur mâle, tripartit, soudé sur le tiers à peu près de la hauteur, est à dents triangulaires aiguës, longues de 2 millimètres à 2 mm. 5. Les pétales sont deux fois à deux fois et demie plus longs que les sépales, largement ovales, acuminés. Les étamines sont presque aussi longues que ces pétales. L’ovaire, rudimentaire, est surmonté de trois stigmates très nets.

Les spadices femelles sont isolés, longs de 90 centimètres à 1 mètre, une seule fois ramifiés. Le pédoncule a 40 à 50 centimètres ; il est accompagné de cinq spathes et porte, en outre, a une certaine distance du premier rameau, une bractée analogue à celle du spadice mâle. Les épis ont de 20 à 30 centimètres.

Le calice de la fleur femelle est tripartit, mais plus longuement soudé (sur la moitié au moins de sa hauteur) que celui de la fleur mâle. Les pétales le dépassent brièvement (de { millimètre environ) et sont ovales, à sommet triangulaire acuminé. L’ovaire est légèrement ovoide trigone, à stigmates terminaux quand il est jeune, mais devenant rapidement latéraux.

Dans l’Analamazaotra, ce Palmier croit vers 800 mètres

- d'altitude. Son bourgeon terminal n’est pas comestible. Son tronc, à la fois dur et flexible, est très employé par les indigènes pour la fabrication de planchettes, de cannes, de bois d’arc, etc. Cette large utilisation tend singulièrement à raréfier l’espèce, qui semble, d’ailleurs, heureusement avoir dans l’île une assez large extension, si, malgré quelques légères variations, on peut y rapporter quelques autres Palmiers d’autres régions.

Tel serait, par exemple, un Palmier des environs de Mabhanoro dont les spadices mâles sont groupés par deux à six aux aisselles des feuilles, tandis que les spadices femelles sont isolés, toutes ces inflorescences, du reste, étant à cinq spathes, dont une commune à tout le groupe dans les inflorescences mâles. Les dimensions et l’aspect des segments foliaires sont sensiblement les mêmes que dans la plante de PAnalamazaotra.

Serait à rattacher à la même espèce un pied femelle dont les spécimens ont été récoltés en mai 1924 par M. Perrier de la Bâthie dans les bois Rene près des lagunes, au sud de Tamatave.

Des hauteurs de lAnalamazaotra, l’espèce redescendrait ainsi jusque vers la côte.

Nous restons, par contre, plus hésitants pour un Palmier qui, d’autre part, croit vers 1.600 mètres dans les bois des pentes occidentales, entre l'Ikopa et la Betsiboka, à Manerinerina, sur le Tampoketsa (Perrier de la Bâthie, décembre 1924, n° 16.834).

Ce Palmier a bien le port du Ravenea madagascariensis ; son tronc, très droit, a les mêmes dimensions et est à bois dur, puis la gaine, le pétiole et.le rachis ont les mêmes caractères, mais tous les segments foliaires sont plus étroits et les segments basilaires sont nettement plus longs (70 centimètres au lieu de 30 à 40 centimètres), que chez l'espèce type. Et cette longueur des segments basilaires est d'autant plus à noter que, dans cet individu de Manerinerina, les autres segments (milieu et voisinage du sommet du limbe) ont à peu

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près la même longueur (60 centimètres et 30 centimètres) que ceux de l’anivo de lAnalamazaotra.

En outre, les spadices femelles, ordinairement isolés, sont ici fasciculés par trois, avec une spathe commune au groupe et quatre spathes propres.

Nous n’avons malheureusement pas vu de fleurs que nous puissions comparer avec celles du type ; et, inversement, nous connaissons bien les fruits mürs (13 millimètres de diamètre, rouges et à stigmates un peu latéraux) du Palmier de Manerinerina, mais nous n’avons pas encore vu les fruits mürs du Ravenea madagascariensis. Une comparaison complète nous est donc actuellement impossible, et nous signalons ce n° 16.483 de l’Herbier Perrier de la Bâthie sans oser l’identifier nettement, pour le moment, avec le Ravenea madagascariensis, dont il est peut-être une variété des grandes altitudes.

Sous les mêmes réserves, nous mentionnons un Palmier (n° 17.473 de l’Herbier Perrier de la Bâthie) de la forêt orientale de Belompona, près d’Ambodiriana, à lPouest de Tamatave. Les fruits sont à stigmates latéraux bien saillants.

Est : Analamazaotra, vers 800 mètres (Perrier de la Bâthie, 11.960 et 12.011). Bois sablonneux près des lagunes, au sud de Tamatave (/d., 15.991). —- Environs de Mahanoro (/d., 1921, 14.183).

Ravenea sambiranensis Jum. et Perr.

Ravenea sambiranensis Jum. et Perr.: Palmiers de Madagascar, in. Ann. Mus. Col. de Marseille, 1913, p. 59, fig. 11 et 12, pl. XXVIII.

Cet anivo, qui croit dans les bois secs du Manongarivo, audessus de 600 mètres, et qui, de là, remonte jusqu’à Diego, est voisin du À. madagascariensis, dont il se distingue cependant notamment par son ovaire oblong, plutôt qu'ovoïde.

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Le tronc, épais à la base, de 6 à 15 mètres de hauteur, avec un diamètre de 6 à 20 centimètres, est brunâtre, lisse, mais marqué de cicatrices assez visibles. Le cœur est dur et noir comme celui de l'espèce précédente. La base, tubérisée, reste toutefois très tendre, surtout vers l'extérieur. Les feuilles, au nombre de 20 à 25, forment un bouquet terminal dressé.

La gaine foliaire, pubérulente, blanchâtre extérieurement, comme le pétiole et le rachis, longue de 30 centimètres environ, est bordée de filaments durs et roides.

Le pétiole, qui a de 30 à 35 centimètres de longueur, est un peu convexe en dessous, plan ou plus ou moins concave en dessus.

Le rachis est long de 2 mètres à 2 m. 50, large de 10 à 12 millimètres, un peu bombé en dessous ; il présente en dessus, très rapidement, dès le troisième ou quatrième segment, une carène basse, à sommet aplati, large de 4 millimètres, mais qui très vite aussi, dès le niveau du dixième segment environ, devient anguleuse et tranchante. Les segments sont roides, obliques, le limbe ayant 1 mètre et plus de largeur. Les segments basilaires ont 40 centimètres environ de longueur et 8 millimètres de largeur. Ceux de la région médiane ont 60 à 80 centimètres sur 13 millimètres. Ceux voisins du sommet ont 25 centimètres sur 10 millimètres. Tous ces segments seraient donc bien plus étroits que ceux du À. madagascariensis. Leur nervure médiane, sur la face inférieure, porte, surtout vers la base, d’assez nombreuses squamules.

Les inflorescences femelles -— les seules que nous ayons vues — ont 80 à 90 centimètres de longueur, y compris le pédonceule, qui a 50 à 60 centimètres, et sont une seule fois ramifiées. Il y en a 6 à 8 par pied.

Les cinq spathes sont couvertes extérieurement d’une vestiture d’abord blanche, puis brunâtre. La première de ces spathes est courte (8 à 10 centimètre), arrondie et fendue au sommet. La seconde, de 15 à 25 centimètres, est plus large et plus aiguë. La troisième a de 65 à 80 centimètres. La quatrième a de 65 à 80 centimètres. La quatrième a de 65 à

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. 80 centimètres. La cinquième a de 80 centimètres à 1 mètre. Au dessus de la première ramification est une petite bractée.

Il y a par inflorescence 40 à 50 épis disposés sur un axe très flexueux.

Le calice, tripartit, est soudé sur la moitié à peu près de sa hauteur, et est à dents triangulaires acuminées. Les pétales, presque deux fois plus longs, sont ovales, à sommet également triangulaire et acuminé. L’ovaire est oblong.

Les fruits, d’un rouge corail, oblongs, arrondis au sommet, à stigmates latéraux, ont 12 millimètres environ de longueur.

Sambirano : Bois secs du Manongarivo, au-dessus de 600 mètres (Perrier de la Bâthie, 12.041). —- Forêts sèches des grès de l’Ankaizina, vers 800 mètres (/d., 11.954).

Ravenea amara Jumelle.

Ce grand Palmier, qui est le mnafekely des indigènes, croit sur le Tsaratanana, vers 2.000 mètres, dans la silve à lichens.

Son tronc, isolé, peut atteindre 20 mètres de hauteur, avec un diamètre de 15 centimètres.

La gaine foliaire est veloutée extérieurement, blanchâtre, puis brunâtre, à orifice oblique, dont le bord, très arrondi en avant, où 1l n’y a pas de languette oppositipétiole, remonte en arrière, en s’atténuant, vers la base du pétiole.

Celui-ci, assez grêle (1 centimètre environ), comprimé latéralement, velouté extérieurement, comme la gaine, est long d’au moins 35 centimètres.

Le rachis, qui a de 12 à 14 millimètres de largeur au plus, est d’abord de même forme que le pétiole, puis il présente sur sa face supérieure, en s’aplatissant, une carène qui est à sommet élargi, très faiblement excavé, dans la région médiane du limbe, pour devenir, comme toujours, tranchant dans la partie terminale. Les premiers segments ont 35 à 45 centimètres de longueur sur 1 centimètre de largeur. Les segments mé-

dians ont 45 centimètres sur 13 à 15 millimètres. Les segments .

voisins du sommet, très espacés (2 cm. 5 à 3 centimètres), ont 30 à 35 centimètres sur 18 millimètres, les deux avant-derniers ayant 20 centimètres sur 10 millimètres. Ces segments portent inférieurement, et surtout vers la base, le long de la nervure médiane, de petites squamules brunâtres.

Les spadices mâles sont par groupes de trois, avec une spathe commune, chacune étant munie de cinq spathes propres. Le spadice que nous avons vu a 50 centimètres de longueur, dont 25 centimètres correspondent à sa partie florifère. Il est deux fois ramifié. La spathe commune n’est ni embrassante, ni engainante, même lorsqu'elle est jeune. La première spathe propre a 20 centimètres de longueur ; la seconde a 60 centimètres ; la troisième, la quatrième et la cinquième ont 80 à 90 centimètres. [1 y a, en outre, une petite bractée étroite, linéaire, de 10 à 20 centimètres. Toutes ces spathes sont revêtues du même velouté brunâtre que celui de la gaine, du pétiole et du rachis. Les épis floraux sont longs de 6 à 10 centimètres, à axe nu, à la base, sur environ 2 centimètres, dans les épis les plus longs.

La fleur mâle est à calice tripartit, soudé jusque vers la moitié ; les pétales, environ trois fois plus longs, sont ovales et acuminés. L’androcée est un peu plus court que la corolle.

Les spadices femelles sont isolés. Celui que nous avons vu a 70 centimètres de longueur totale, dont 27 centimètres de partie florifère, qui est une seule fois ramifiée. Ces spadices sont à cinq spathes, sans compter une bractée linéaire courte (6 à 7 centimètres) sur le pédoncule floral. Les deux dernières spathes sont longues de 60 centimètres. Les épis fertiles ont 13 à 19 centimètres, avec une partie inférieure nue de 2 centimètres environ.

La fleur femelle est à sépales soudés sur à peu près la moitié de la longueur, à pétales largement ovales, acuminés, à peine deux fois plus longs que les sépales, et dépassant donc moins le calice que dans la fleur mâle. L’ovaire, sensiblement

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de même longueur que la corolle, entouré de 6 staminodes courts, est à stigmate terminal.

Nous ne connaissons pas les fruits.

Le bourgeon terminal de ce Palmier est amer : d’où le nom indigène de mafekely, qui signifie «petit amer ».

Centre : Silve à Lichens du TFsaratanana, vers 2.000, metres. (Perrier de la Bâthie, 16.070.)

Ravenea latisecta Jum.

Ce Ravenea de l'Analamazaotra a le port du À. madagascartensis de la même région ; il en diffère toutefois bien :

10 Par le plus petit nombre de ses feuilles (six au plus), d’un tiers à un quart plus courtes que celles de ce ARavenea, et, par contre, à segments beaucoup plus larges ; |

20 Par ses spadices, qui ne paraissent Jamais fasciculés :

30 Par la briéveté de l’axe de la partie fructifère, qui est plus court que les épis, tandis qu'il est plus long chez le R. madagascartensis :

49 Par la longueur de l’épi terminal du régime, qui est toujours plus long et plus épais que le plus long des épis latéraux ; alors qu’il est plus court que Pépi latéral le plus court chez le À. madagascartiensis.

Les faisceaux libéro-ligneux du bois sont, en outre, plus nombreux et plus gros ici que dans l’autre espèce.

Enfin les fruits, à maturité, sont plus gros et plus alloncés que ceux du }?. madagascariensis, et ils sont jaunâtres, au lieu d’être rouges.

La gaine foliaire du Æ. latisecta est à orifice arrondi en avant ; elle est glabre intérieurement et abondamment piquetée extérieurement par de petites touffes de poils noirs dont l'ensemble est toutefois —- dans les spécimens que nous avons vus — interrompu par de longues lignes sinueuses obliques, glabres, correspondant aux nervures, qui sont fortement saillantes, à sec, sur la face interne.

Le pétiole a au moins 40 à 50 centimètres de longueur ; 1l est tacheté de noir sur le dos, comme la gaine.

Le rachis, large de 2 centimètres, est presque plan sur le dos, où il porte un mince tomentum brunâtre ; la carène de sa face supérieure est épaisse, à sommet un peu élargi (9 millimètres), nettement excavé en petite gouttière à section triangulaire. Les segments foliaires sont remarquables par leur largeur. Les segments de la base ont 1 mètre de longueur sur 2 em. 5 à 3 em. 5 de largeur : ceux de la région médiane ont 80 centimètres sur 5 à 6 centimètres ; ceux qui sont voisins du sommet sont larges de 1 em. 5 à 2 cm. 5.

Les inflorescences mâles, que nous avons dites solitaires, sont pendantes ; les épis ont 15 à 20 centimètres de longueur et sont grêles. Il y a cinq spathes, la dernière étant insérée à la place de la longue écaille stérile du R. madagascariensis.

Le’ pédoncule de l’inflorescence femelle est long de 60 millimètres, robuste, comprimé, large de 3 centimètres, épais de 15 millimètres. Les cinq spathes sont étroites et obtuses. La première a 20 centimètres de longueur ; la seconde, située 5 centimètres au-dessus, a 90 centimètres ; la quatrième est à 10 à 15 centimètres de la base : et la cinquième, à 7 à 10 centimètres au-dessous du premier épi, a 70 centimètres. L’axe de la partie florifère, que nous savons encore très court, et qui ne dépasse pas 15 centimètres, porte une cinquantaine d’épis simples, très rapprochés, à axe épais (6 à 10 millimètres à la base) et non sinueux, pouvant avoir de 35 à 45 centimètres de longueur.

Les fleurs femelles que nous avons vues sont déjà assez avancées, car elles ne sont plus représentées que par des ovaires assez gros, à la base desquels reste seulement un calice très petit, tripartit, soudé sur un peu moins de la moitié de sa longueur et à dents triangulaires, accompagné de pétales marcescents, noirs, ovales, de 3 mm. 6 environ, à base large, et s’atténuant assez brusquement en un assez long acumen. L'ovaire est oblong, à stigmates rejetés latéralement.

Les fruits, assez longuement pédicellés, sont ovales ou ellip-

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tiques (10 millimètres sur 7 millimètres), à stigmates situés vers le milieu de la hauteur. Frais, ils sont d’abord jaune orange, puis rouges.

Centre : Forêt de l’Analamazaotra, vers 900 mètres (Perrier de la Bâthie, 12.008).

Ravenea rivularis Jum. et Perr.

Ravenea rivularis Jumelle et Perrier de la Bâthie ; Palmiers de Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille, 1915, p. 54, pl. XXIX, XXX et XXXI.

Ce beau Palmier, qui se plait en sols humides, sur les bords des cours d’eau et des marais, est une espèce à la fois du versant occidental et du versant oriental de l'ile.

Sur le versant occidental, où c’est une des espèces caractéristiques de tout le bassin géologique de l'Ouest, on le trouve dans le Sud, dans les bassins de l’Onilahy et du Fiherenana. M. Perrier de la Bâthie l’a vu sur les grès et les gneiss, au pied de lPIsalo, au confluent de l’Imalato et du Béna, où c’est le gora des Sakalaves, sur les grès de Manera, vers 400 mètres, sur les bords du Fiheranana, où c’est le bakaly des Bara, sur les grès du Makay, dans le bassin du Mangoky.

Sur le versant oriental, il croit jusqu’au voisinage de la mer, dans le bassin du Matitana, où c’est l’akoraka des Tanala.

Partout, il est très reconnaissable à son tronc blanc et à ses inflorescences dressées.

Le stipe, qui peut atteindre une hauteur de 30 mètres, est lisse, à peine annelé, presque cylindrique ou un peu renflé ; son diamètre ne dépasse pas 40 centimètres à la base. Au sommet sont 20 à 25 feuilles de 1 m. 20 à 1 m. 50 de longueur, à segments distants de 2 centimètres environ.

La gaine est glabre en dedans, cotonneuse et blanche en

dehors ; son ouverture, presque perpendiculaire au pétiole, est large de 4 à 5 centimètres et à bords découpés en lobes irréguliers et anguleux. Le pétiole, de 10 à 20 centimètres de longueur, est également blanc et cotonneux sur la face inférieure.

Le rachis, de 10 à 12 millimètres de largeur vers la région médiane, a même aspect sur cette face inférieure, qui est presque plane ou très légèrement convexe. Sur la face supérieure, la carène est à sommet très aplati, presque aussi large (8 à 9 millimètres) que le rachis lui-même ; les segments paraissent donc logés, à leurs insertions, dans deux gouttieres latérales.

Les segments basilaires ont 45 à 55 centimètres de longueur sur 7 à 9 millimètres de largeur. Les segments médians ont 55 à 60 centimètres sur 18 nullimètres. Les segments voisins du sommet (le cinquième, par exemple, en deçà du sommet) ont 40 centimètres sur 10 millimètres. Tous portent, au moins dans certains exemplaires, le long de la nervure médiane, sur la face inférieure, d’assez grosses squamules brunâtres ; en outre, et dans tous les cas, sur les deux faces, quoique surtout encore sur l’inférieure, sont, sur toutes les nervures, d’autres squamules minuscules qui forment à la surface du limbe un petit pointillé blanc, plus ou moins clairsemé.

Il y à, par pied, quatre ou cinq inflorescences dressées, roides, longues de 90 centimètres à 1 m. 40.

L’inflorescence mâle que nous avons vue, et qui est deux fois ramifiée, est plus petite que l’inflorescence femelle, qui est à ramifications simples.

L’une et l’autre sont munies de cinq spathes duveteuses, blanchâtres extérieurement.

Les spadices femelles sont isolés ; le spadice mâle que nous avons vu l’est également, mais nous ignorons si le fait est constant.

L’axe de ce spadice mâle, qui est long de 90 centimètres, est aplati et porte, en plus de ses cinq spathes, qui sont ana-

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logues à celles du spadice femelle, et à 30 centimètres environ de la base, une longue bractée étroite, longuement aiguë, de 35 centimètres sur 2 centimètres. A 15 centimètres audessus de l’insertion de cette bractée est la première ramification, à la base de laquelle se trouve ‘une seconde bractée, filiforme, de 6 centimètres sur 2 millimètres.

Le calice de la fleur mâle est tripartit, soudé sur la moitié de sa hauteur environ, à dents triangulaires aiguës. Les pétales, un peu plus de deux fois plus longs, sont ovales, avec acumen triangulaire. Les six étamines sont à peu près de même hauteur que ces pétales et entourent un ovaire très rudimentaire.

L’axe du spadice femelle est aplati. Le pédoncule est long de 40 à 50 centimètres ; la partie florifère a 70 à 80 centimètres, et les épis floraux, un peu sinueux, ont-20 à 25 centimètres. Des cinq spathes, la première a 25 centimètres de longueur sur 6 centimètres de largeur ; la seconde à 35 centimètres sur 7 centimètres ; la troisième a 65 centimètres sur 6 centimètres ; la quatrième a 1 m. 30 sur 5 centimètres : la dernière à 1 m. 50 sur 4 em. 5.

Le calice de la fleur femelle, tripartit, est à très larges . dents triangulaires, avec assez long acumen étroit ; les pétales, deux fois plus longs que les dents du calice, au-dessus de la partie soudée de ce calice, sont aussi triangulaires très aigus. Il y à 6 staminodes courts, à anthères bien formées, mais vides. L’ovaire, ovoide, brièvement conique en haut, est un peu plus court que la corolle.

Les fruits, rouge-orangé vif et à pulpe amère quand ils sont mûrs, sont globuleux, à stigmates latéraux, un peu plus rapprochés cependant du sommet que de la base. Frais, ces fruits ont 8 millimètres de diamètre ; desséchés et ridés, 1ls ont 6 à 7 millimètres. La graine, à albumen corné très dur, est aussi sphérique, de 6 millimètres environ de diamètre.

Ouest : Grès et gneiss de l’Onilahy ; bords des rivières Bena et Imalato, près de leur confluent. (Perrier de la Bâthie,

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11.958.) — Sur les grès, près de l’eau, à 400 mètres, dans les environs de Manera, sur le Fiheranana (/d., oct. 1924, 16.580).

Ravenea robustior Jum. et Perr.

Ravenea robustior Jum. et Perr. de la Bâthie: Palmiers de Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille, 1913, p. 549, pl XXVII.

L’espèce type est le loharanga d’Analamazaotra.

Le tronc, droit, bien cylindrique et peu distinctement annelé, est haut de 15 à 30 mètres, avec un diamètre de 30 à 50 centimètres. Il est surmonté d’une douzaine de feuilles deux fois plus longues et plus larges que celles du Ravenea madagascariensis, puis aussi moins étalées et à segments plus mous que chez ce Ravenea.

La gaine, assez longue, est à ouverture presque droite, mais avec un bord prolongé en avant en une grande languette oppositipétiole triangulaire, à sommet aigu, de 20 centimètres environ de hauteur et 15 centimètres de largeur basilaire. Cette gaine est glabre intérieurement, mais couverte extérieurement d'un tomentum épais, d’abord blanchâtre, puis brun, formant velours et composé d’un mélange de poils simples et incolores, qui lui donnent l'aspect blanchâtre, et de poils écailleux bruns, finement et abondamment laciniés. Les bords de l’orifice de la gaine et surtout de la languette sont d’abord irrégulièrement frangés, puis, plus tard, se dissocient en gros flaments fibreux.

Le pétiole a 6 à 10 centimètres de longueur et 5 à 6 centimètres de largeur ; il est un peu convexe en dessous, plan et à peine incurvé en gouttière en dessus. Il porte inférieurement le même court tomentum, d’abord blanc, puis brun, que le dos de la gaine.

Le rachis, long de 3 à 4 mètres, et large de 3 centimètres à 3 cm. 5, dans la région médiane, est, comme le pétiole, un peu convexe et tomenteux en dessous ; sa face supérieure, d’abord

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Ravenea robustior.

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plane, se soulève ensuite en une carène qui est à sommet aplati vers le milieu, puis devient tranchant dans le tiers supérieur de la longueur du limbe. Le sommet, dans la partie où cette earène est aplatie, est très large (2 centimètres à 2 em. 5), de sorte que, comme chez les Ravenea rivularis, les segments, dans cette partie de la feuille, semblent partir de deux gouttières latérales.

Le premier segment, à la base, a 65 à 70 centimètres sur 1 em. 5. Les segments médians ont 1 mètre et plus de longueur, sur 3 à 4 centimètres de largeur. Les segments voisins du sommet ont 50 centimètres sur 1 em. 4. Tous ces segments présentent, sur la face inférieure, le long de la nervure médiane et des autres nervures principales, des squamules brunâtres.

Les inflorescences mâles seraient isolées, —ce qui est exceptionnel pour le genre —- tout comme les inflorescences femelles. Les premières, axillaires, au nombre de 2 ou 5 par pied, sont deux fois ramifiées, pendantes, un peu plus courtes que les inflorescences femelles, qui sont dressées, pouvant atteindre 2 mètres de longueur, et sont une seule fois ramiliées.

L’inflorescence mâle est à cinq spathes, couvertes du même tomentum brunâtre que celui des feuilles. La première de ces spathes, large, mais courte, a 25 centimètres de longueur à peu près ; la seconde, plus large, a 20 centimètres lorsqu'elle est ouverte ; la troisième, plus étroite, a 40 à 65 centimètres : les deux dernières ont de 80 centimètres à 1 mètre. Les épis mâles, groupés par 5 ou 6 sur de courts rameaux plats qui ne dépassent pas 5 à 6 centimètres de longueur, sont larges de 3» centimètres environ.

Le calice de la fleur mâle, long de 2 à 3 millimètres, est hautement soudé, tripartit, la partie soudée formant, surtout dans la fleur non encore épanouie, un court tube que surmontent trois dents triangulaires. Les pétales de la fleur ouverte, deux fois plus longs environ que les sépales, sont largement ovales, acuminés. Les étamines, à filet étroit, ont à peu près même longueur que ces pétales.

Sur le spadice femelle, les épis ont environ 60 centimètres de longueur. Le calice de la fleur femelle, — tel, du moins, que nous avons pu le voir à la base de tout Jeunes fruits —- est semblable à celui de la fleur mâle, peut-être seulement un peu moins nettement tubuleux à la base. L’ovaire, après la fécon-

dation, est oblong ou peu obovoïde, arrondi au sommet, à :

stigmates latéraux.

Les fruits sont ordinairement uniloculaires et à une graine; ils sont alors à peu près globuleux, de 15 millimètres environ de diamètre, à stigmates rejetés latéralement dans la moitié inférieure. La pulpe a 1 millimètre environ d'épaisseur.

Plus rarement, on trouve des fruits à deux graines, et alors

bilobés (2 centimètres de largeur, 1 cm. 5 de hauteur), avec stigmates terminaux, ou encore des fruits à trois graines, et alors trilobés (2 centimètres de largeur, 1 centimètre de hauteur), avec stigmates terminaux logés dans la dépression apicale que forment les trois lobes correspondant aux trois loges. |

Dans-les bois humides de l’Analamazaotra, le Ravenea robustior croit vers 800 mètres.

Avec les cendres de son trone, les indigènes préparent du sel. Avec ses jeunes segments foliaires, ils confectionnent des chapeaux, d’ailleurs de mauvaise qualité. Le bourgeon terminal est comestible.

A l'encontre des troncs de la plupart des anivos, qui sont très durs au centre, le tronc de loharanga est très tendre ; on l’écrase facilement sur le sol, lorsqu'il est abattu. Et il est, en effet, surtout constitué intérieurement par un abondant tissu conjonctif qui reste mou, parcouru seulement par de nombreux faisceaux libéro-ligneux, plus espacés au centre qu'à la périphérie. Les cellules de cette moelle sont remplies de très petits grains d’amidon lenticulaires ou elliptiques, de 9 à 12 millièmes de millimètre de diamètre, simples ou, plus rarement, géminés. C’est donc une sorte de «sagou », dont les éléments sont d’ailleurs bien différents, comme forme et comme dimensions, de ceux du véritable sagou de MWetroxy-

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Fig. 2. — Régime de Ravenea robustior.

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lon, et de ceux aussi de la moelle du Wedemia nobilis, le satranabé de l'Ouest de Madagascar, qui, de formes diverses, elliptiques, triangulaires, coniques ou piriformes, peuvent avoir 60 millièmes de millimètre de plus grande longueur.

Variété Kouna. —- Nous considérons comme une simple variété du ARavenea robustior de l'Analamazaotra un grand Palmier qui croit vers 2.000 mètres d’altitude dans les forêts à sous-bois herbacé du Tsaratanana, où c’est le kona des Sakalaves.

Le tronc du kona, isolé, est cylindrique, grisàtre, d’une vingtaine de mètres de hauteur et de 50 centimètres de diamètre.

La gaine, lécèrement veloutée extérieurement, est, 1c1 encore, munie, en avant, d’une forte languette triangulaire, haute environ de 6 centimètres et large, à la base, de 8 centimètres.

Sur le rachis, qui a 20 à 22 millimètres de largeur dans sa région médiane, la carène, en cette région, est à sommet très aplati, de 18 millimètres de largeur à peu près, les segments semblant donc bien encore partir de deux gouttières latérales. Ces segments ont des dimensions qui sont sensiblement celles des segments du loharanga.

Les spadices mâles sont isolés. Leurs fleurs sont à calice soudé sur un tiers environ de sa hauteur ; les pétales sont larsement ovales, brièvement acuminés, nettement plus longs que le calice ; les étamines sont à peu près de même longueur que la corolle.

A côté de ces caractères communs aux deux Palmiers, nous relevons cependant les différences suivantes :

Le tomentum du kona est bien moins abondant sur les feuilles et sur les inflorescences que celui du loharanga.

La languette oppositipétiole, dans l’exemplaire du Tsaratanana que nous avons vu, est plus courte que celle du type,

puis arrondie au sommet, au lieu d’être anguleuse ; enfin sa nervation est un peu différente.

Dans la plante, en effet, de lAnalamazaotra, tous les faisceaux de la languette sont droits et viennent se terminer presque parallèlement, et sans se recourber, sur les bords de la languette. Dans la plante du Tsaratanana, ces faisceaux sent sinueux, et, au lieu de se terminer aux bords de la languette, contournent en arceaux ces bords et le sommet.

Dans la fleur mâle, les pétales sont deux fois plus longs que le calice chez le R. robustior type et près de trois fois chez le kona.

Ce sont ces quelques différences qui nous empêchent de réunir complètement au À. robustior le kona, pendant que les nombreuses ressemblances également signalées semblent nous interdire tout autant une absolue séparation. Nous aboutissons bien, dans ces conditions, à ne voir dans le Palmier du Tsaratanana qu’une variété de celui de l'Analamazaotra.

L’inflorescence mâle du kona a 1 mètre au moins de longueur totale ; le pédoncule est long de 40 centimètres et la partie florifère a à peu près 60 centimètres de longueur sur 40 centimètres de largeur. Les deux dernières spathes ont 1 m.20 de longueur. La partie florifère est deux ou trois fois ramifiée ; les épis ont 10 à 20 centimètres.

Sur les spadices femelles, une seuie fois ramifiés, les épis sont longs de 30 centimètres environ. Le calice de la fleur femelle est à dents largement ovales, acuminées ; les pétales sont plus fortement striés extérieurement et sont moins largement ovales que ceux de la fleur mâle, mais encore acuminés, et ils dépassent un peu moins longuement le calice que dans cette fleur mâle. L’ovaire jeune, mais émergeant déjà de la corolle, est ovoïde, à stigmates terminaux.

Le fruit — le seul que nous ayons vu —- est presque globuleux, très légèrement déprimé, de 12 à 14 millimètres de diamètre quand il est sec. La graine a 10 millimètres environ.

Centre : Bois de lPAnalamazaotra, à la limite de la région orientale (Perrier de la Bâthie, 11.795 ; espèce type). — Tsaratanana, vers 2.000 mètres (/d., 16.069 ; var. Aouna).

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