‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 4)Chapitre 38 sur 63 · AN · texte numérisé non relu

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IT. — Le genre Louvelia.

Nous avons indiqué plus haut les caractères qui nous semblent séparer ce genre du précédent, et nous avons dit que, tel que nous le caractérisons, nous y plaçons actuellement deux espèces, que nous pouvons distinguer par la carène qui surmonte le rachis foliaire.

Cette carène est à sommet plan dans le Louvelia madagascartensis et est excavée en gouttière dans le Louvelia Lakatra.

Louvelia madagascariensis Jum. et Perr.

Louvelia madagascariensis Jum. et Perr. de la Bâthie; Palmiers de Madagascar, in Ann. du Mus. Col. de Marseille, OS ED 58 pl EXT.

Ce Louvelia madagascariensis, qui est, à Analamazaotra, le lakamarefo des indigènes, est dioïque, puisque c’est encore un caractère du genre.

Son tronc, qui est à bois dur, comme celui de la plupart des anivos, n'a que 2 à 3 mètres de hauteur, mais atteint jusqu'à 90 centimètres de diamètre. Il est recouvert par les restes des gaines foliaires.

Les feuilles ont 2 m. 50 à 3 mètres de longueur.

Leur gaine, d’au moins 60 centimètres, large de 3 centimètres, est recouverte extérieurement d’un mince duvet de couleur cuir, sur les échantillons desséchés. Elle présente en avant une languette oppositipétiole de 5 à 6 centimètres de hauteur, arrondie au sommet.

Le pétiole, long de 70 centimètres, est légèrement convexe en dessous, d’abord un peu en gouttière, puis plan en dessus, piqueté sur les deux faces de nombreuses squamules brunätres.

Le rachis, parsemé des mêmes squamules, est à section trapézoïdale dans la région médiane, car la carène, qui est

forte, s’amincit seulement un peu vers le sommet, qui est plan et a 6 millimètres de largeur, au lieu d’être mince plus

bas et de s’élargir au sommet, comme chez tous les ARavenea

que nous avons décrits.

Les segments sont espacés de 2 centimètres environ, alternes ou presque opposés suivant les niveaux. Les segments basilaires ont 50 centimètres de longueur sur { centimètre de largeur. Les segments médians ont 70 centimètres sur 3 em. 5. Les segments voisins du sommet ont 50 centimètres sur 1 cm. 1. La plupart — sauf les terminaux — portent de nombreuses petites squamules sur toute la longueur de la nervure médiane, sur la face inférieure. MP

Il y a ordinairement deux inflorescences par pied. Ces inflorescences sont dressées, mais dépassent peu les spathes. L'inflorescence mâle seule est exserte dans sa partie florifère ; l’in-

florescence femelle reste plus ou moins cachée par la dernière

spathe.

Les inflorescences des deux sortes ont quatre spathes (à moins qu'une spathe basilaire ne soit tombée dans nos échantillons).

La première des quatre spathes est toujours fendue latéralement, même dans les spadices très Jeunes ; les autres se fendent tardivement.

Le spadice mâle, de forme générale pyramidale, est long de 40 à 50 centimètres ; ses spathes sont couvertes des mêmes squamules brunes que celles de la face supérieure du rachis. La première spathe a environ 10 centimètres de longueur ; la seconde a 13 centimètres ; la troisième en a 17 ; la quatrième et dernière en a 25. Le pédoncule du spadice a 25 à 30 centimètres ; la partie florifère est une seule fois ramifiée. A la base du premier rameau est, comme chez les Ravenea, une bractée triangulaire très aiguë, longue de 3 centimètres et large, à la base, de 6 millimètres. Les épis sont grêles, longs de 10 centimètres au plus.

Le calice de la fleur mâle est rédüit à trois petites dents triangulaires, écartées, et paraissant, au plus, réunies à la

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base par un léger bourrelet. Les trois pétales, étroits, lancéolés, aigus, de 7 millimètres à peu près de longueur, sont soudés sur 2 millimètres environ. Ils dépassent longuement les anthères (alors que pétales et étamines semblent ordinairement à peu près de même longueur chez les Ravenea). Les filets des étamines épisépales semblent soudés aux bords des pétales voisins.

Sur les spadices femelles, la seconde spathe, fendue jusqu’à la moitié à peu près, a 10 centimètres de longueur ; la troisième a 16 centimètres ; la quatrième en a 21. La longueur totale du spadice est de 40 centimètres, le pédoncule ayant environ 12 centimètres. Les rameaux sont simples.

Nous n’avons pu voir de fleur femelle complète et nous ignorons si les pétales sont soudés basilairement, comme dans la fleur mâle. Sur les fleurs que nous avons pu examiner, et dont la corolle était tombée, les trois sépales étaient très faiblement soudés. L’ovaire, vaguement trigone, plutôt un peu plus large que haut, et à stigmates terminaux, est à trois loges uniovulées.

Lorsque le régime est arrivé à maturité, 1l se dégage des spathes qui enveloppaient complètement jusqu'alors linflores- -cence. La partie fertile de ce régime a 20 centimètres de lon- -gueur, sur 45 centimètres de largeur maxima.

Les fruits, qui sont jaunâtres à maturité, ont 20 centimètres environ de diamètre. Ils sont normalement globuleux ; mais, très nombreux sur chaque rameau, ils se trouvent plus ou moins déprimés par dépression réciproque. Les stigmates restent apicaux.

Secs, ces fruits sont à surface ferme et brillante, piquetée de légères lenticelles. Ce sont des drupes, à l’intérieur desquelles sont ordinairement trois noyaux bien distincts, contenant chacun une graine à albumen non ruminé. Lorsque, par avortement, le fruit n’est qu’à une ou deux loges, les stigmates restent apicaux.

Ce Palmier est à bois d’un brun noirâtre uniforme.

Est : Bois d’Analamazaotra, vers 800 mètres d'altitude, à la limite de la région centrale. (Perrier de la Bâthie, 12.021.)

Louvelia Lakatra Jum.

Cet autre Palmier de l’Analamazaotra, où M. Perrier de la Bâthie l’a trouvé vers 700 mètres d’altitude, à Anevoka, est. le lakatra des indigènes.

Son port, dit M. Perrier de la Bâthie, est celui du Ravenea robustior, äont on ne le distingue, à première vue, que par les cicatrices foliaires beaucoup plus profondes qui persistent sur son tronc — comme chez le L. madagascariensis — ju qu’à la base de ce tronc.

La gaine foliaire est celle de ce Louvelia ; elle est revêtue extérieurement d’un duvet assez épais, blanchâtre, puis brunâtre, et présente en avant une languette oppositipétiole arrondie au sommet, haute de 4 centimètres et large, à la base, de 8 centimètres.

Le pétiole a environ 50 centimètres de longueur ; il est faiblement convexe en dessous, recouvert d’un tomentum brun court ou de petites squamules espacées.

Le rachis, fort (25 millimètres de largeur), est surmonté, dans sa région médiane, d’une forte carène très profondément creusée en gouttière, la profondeur de cette gouttière étant de Î centimètre environ, et ses bords dressés étant très tranchants. Les segments basilaires ont 60 centimètres de longueur environ sur 8 à 10 millimètres de largeur. Les segments médians ont À mètre sur 3 centimètres à 3 cm. 5. Les segments voisins du sommet ont 38 à 40 centimètres sur 17 à 24 millimètres. Ces derniers segment sont sans squamules ; les médians et les basilaires n’en possèdent que quelques-unes, çà et là, sur la nervure médiane, à la face inférieure.

Nous ne connaissons pas les inflorescences, et nous n’avons vu qu'un régime, dont l’aspect est tout à fait celui du régime du lakamarefo.

Le pédoncule de ce régime a 4 em. 5 d’épaisseur. Les épis

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fructifères, forts et sinueux, sont longs de 35 à 40 centimètres.

Les fruits, globuléux, et de même teinte que les précédents, lorsqu'ils sont secs, ont 18 millimètres de diamètre. Ceux que nous avons vus n'étaient pas complètement mûrs, car la graine n’était représentée à l’intérieur que par une pulpe molle, mais ils semblaient avoir atteint leur grosseur normale. Ils sont tous uniloculaires, mais à stigmates terminaux. À l’intérieur du péricarpe est une zone scléreuse que ne présentent pas les fruits de ÆRavenea, et qui correspond aux noyaux bien nets du Z. madagascartensis.

Au-dessous du fruit, le périanthe de la fleur femelle est encore représenté par trois sépales triangulaires ou ovales, acuminés, soudés sur à peine un tiers de la hauteur, et quelquefois, en outre, par trois pétales non soudés, de 9 à 10 millimètres, trois fois plus longs environ que les sépales.

On voit combien il est regrettable que nous ne puissions dès maintenant établir, d’après l’examen d’inflorescences et de fleurs mâles, une comparaison plus étroite avec le L. madagascariensis, ce qui nous permettrait de mieux définir le genre Louvelia, presque uniquement caractérisé actuellement, en définitive, par ses fruits drupacés et à stigmates terminaux, puisque nous ne sommes pas fixés sur la valeur générique réelle de la gamopétalie des fleurs mâles. Nous ne savons pas, non plus, s’il est constant que les inflorescences mâles soient isolées et qu’il n’y ait que quatre spathes à l’inflorescence.

Est : Bois de l’Analamazaotra, à Anevoka, vers 700 mètres d’altitude (Perrier de la Bâthie, 12.022).

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