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VII. — PLANTES MÉDICINALES (Cryptogames à A pétales

309. Laminaria sp. ; thalles desséchés.— Algues brunes. — Cochinchine.

Diverses Laminaires (Laminaria saccharina, Laminaria

japonica, etc.) entrent couramment, en Extrême-Orient,

dans l’alimentation. Au Japon notamment, de nombreuses usines préparent pour la consommation locale, et aussi pour l'exportation vers la Chine, l’Inde, San Francisco, les Hawaï, des préparations variées ayant pour base les thalles fragmentés de ces algues brunes et désignées sous le nom général de kombu (kuro kombu, saimatou kombu, 1boro kombu, etc.). Ces kombus sont mangés en soupe, ou avec des légumes, de la viande, du poisson, ou bouillis dans le shoyu, etc.).

En fait, les Laminaires, qu’on avait songé à utiliser en France, pendant la guerre, pour la nourriture des chevaux, contiennent, à certaines époques de l’année — car il y a de grandes variations saisonnières — une assez forte proportion de substances pouvant être nutritives : de la mannite, de la laminarine (qui serait une réunion de dextrines), de l’algine (mélange mal défini de pentosanes et de xylanes à l’état d’alginate de calcium.)

Ces Laminaires, en outre, sont riches en iode et renferment aussi de l’arsenic. On s’explique donc que, en raison surtout de la teneur en iode, les Chinois les emploient en médecine locale contre les affections dans lesquelles liode peut avoir une efficacité, notamment dans les affections pulmonaires. Les anciens auteurs chinois les preserivaient contre le goitre.

Les Laminaires sont les hat tai des Chinois. L’échantillon en collection est étiqueté rau cau ; ce terme est cependant plutôt ordinairement appliqué par les Annamites au Gractlaria lichenoides (1).

(C. Sauvageau : Utilisation des Algues marines. Encyclopédie scientifique ; Doin, Paris, 1920. — V. Vincent : Les Algues marines et leurs em-

(1) C’est, du moins, au Gracilaria lichenoides que Sauvageau à rarporté un rau-cau qui lui fut envoyé d’Indochine ; mais il est, en réalité diverses sortes de rau cau (rau cau chung vit, rau Cau æ04 æo04, recu rou cau quang, rau cau cat) qui correspondent à autant d’espét è Gracilaria, Gelidium, Gelidiopsis.

plois agricoles, alimentaires, industriels. Baïllière et fils, Paris, 1920. — M. Deschiens : Les Utilisations des Algues marines. Chimie et Industrie, mai 4926. — Gloess : Les Plantes marines, 1d., mars 1920.)

360. Porphyra suborbiculata ; thalles desséchés. — Algues rouges. — Cochinchine.

Echantillon donné au Musée par M. Sauvageau, qui la reçu de l’Institut Scientifique de Saïgon.

C’est le muc des Annamites, le chi tho des Chinois.

Ces thalles sont alimentaires et ne paraissent pas employés en médecine. Les Annamites, pour les consommer, les coupent en morceaux qui sont jetés dans le bouillon, où ils se gonflent immédiatement ; ou bien le muc est bouilli dans l’eau et mangé après avoir été sucré.

D’après Sauvageau, les Porphyra constitueraient une nourriture probablement plus azotée que toutes les autres Algues rouges. En tout cas, Oshima et Tollens ont extrait du Porphyra laciniata divers saccharides : fucose, glucose, mannose, galactose, pentoses.

(C. Sauvageau : Sur la Gélose de quelques Algues Floridées. Bulletin de la Société biologique d’Arcachon, 1921).

361. Pachyma Cocos; sclérotes. — Champignons-Basidiomycètes. — Importé.

Pachyma et Mylitta sont des noms génériques sous lesquels ont été tout d’abord désignés des sclérotes, c’est-à-dire des masses tubéroïdes souterraines, souvent volumineuses, de certains Champignons (Agaricacées ou Polyporacées) dont la forme parfaite restait inconnue.

La plupart de ces sclérotes semblent aujourd’hui déterminés. On sait notamment que les anciens Pachyma Woermanni, Pachyma malaccense, Mylitta australis (ou «pain indigène» en Australie), Mylitta lapidescens sont respectivement les sclérotes du Lentinus Tuber-regium (Lentinus Woermanni), du Polystictus sacer, du Polyporus Mylittae et de l’'Omphalia lapidescens.

Le Pachyma Cocos serait le sclérote du Poria (Polyporus) focos, qui serait une espèce largement répartie, puisque le Pachyma Cocos est connu en Caroline (où c’est le « pain des Indiens » et le tuckahoe), en Chine centrale et occidentale et aussi en Suisse, en France (à Saint-Palais, en Charente-Inférieure) ; et 1l est tout à fait vraisemblable que, en toutes ces régions ou localités, c’est bien le même Champignon, car le sclérote a été trouvé dans les mêmes conditions, sur les racines âgées de pins (et aussi, en Chine, sur les racines de Cunninghamia), en sols sablonneux.

D’après Keller, le sclérote de Pachyma Cocos contient, pour 100 :

THEN eee PE one One I ET ee 10,70 CIUCOSC RE A Sn ate de ct eee nues 0,87 (COMME SP ee en L'an nas 2,98 ADUMINOI ES rs sde ce ere 0,78 BÉCLOSE RE ee na ete JJE27 CelUlOSe RE RE M ET RE A Re 3070 en dre ee ne DRE A A At PS LM 3,6%

C'est le fu ling des Chinois, qui le considèrent comme laxatif et diurétique et l’utilisent notamment contre la goutte. On le vend sous trois formes : le sclérote entier (fu ling) ; ce sclérote débarrassé de sa pellicule noirâtre superficielle, et alors de teinte blanche (chih fu ling) ; et les fragments de pellicule noire provenant de cet épluchage (fu ling pt).

(Heyne : De nuttige Planten van nederlandsch Indie. Buitenzorg, 1927. — D. Hooper : Loc. cit. — G. Weber : The fruiting Stage of the Tuckahoe found attached to orange tree root. Phytopatology, 1924.)

361 bis. Pachyma Hoelen; sclérotes. — Champignons- Basidiomycètes. — Importé.

Cet autre sclérote est le chu ling des Chinois, qui le considéreraient donc comme différent du précédent ; et, en effet, sa forme, dans nos échantillons, qui ressemblent bien aux figures données jadis par Currey et Hanbury, comparativ®ment à celles de Pachyma Cocos et de Mylitta lapidesters,

est bien différente de la forme du Paehyma Cocos. Ce sont

des selérotes plus petits, plus allongés et beaucoup plus trré-

guliers. On dit, d'autre part, qu’ils sont récoltés en Chine sur les racines du Liquidambar formosana, et non plus sur celles de Conifères.

Cependant Heyne, ainsi que, antérieurement, Cohn et Schrôüter, semblent admettre que ce sont encore des sclérotes de Pachyma Cocos, e’est-à-dire, pour Heyne, de Poria Cocos.

(Currey et D. Hambury : Remarks on Sclerotium stipitatum, Pachyma Cocos andsome similars productions. The Transactions of the Finnean Society of London ; 1860. — Cohn et Schrôter : Untersuchungen über Pachyma und Mylitta. Abhandlungen aus dem Gebiete der Naturwissenchaften ; Hambourg, 1891.)

362. Mylitta lapidescens ; sclérotes. — Champignons. — Importé.

Ces sclérotes, qui sont ceux de l’Omphalia lapidescens et sont le little man’s bread des Anglais, les lei wan (ou « boules de tonnerre») des Chinois, parce que ce serait le tônnerre qui aurait métamorphosé l «esprit» des plantes sur les racines desquelles on les trouve, sont beaucoup plus petits (du poids seulement de quelques grammes) que les Pachyma précédents et sont irrégulièrement arrondis, ou ovoides, gris noirâtre. |

De saveur presque nulle, ils sont employés contre les affections nerveuses des enfants et pour détruire les parasites de la peau. Ils proviennent du Se-tehouen, du Hou-pe et du Chan-si.

(D. Hooper : Loc. cit.)

363. Cordyceps sinensis ; périthèces et chenilles parasitées. — Champignons-Pyrénomycètes. — Tmporté. C'est le caterpillar fungus des Anglais, le tung (hiver) chung (insecte) ksia (été) tsao (herbe) des Chinois, le trung thao des Annamites.

Ce mycelium de champignon, comme ceux des autres espèces du genre, envahit le corps des chenilles (des Æepialus, semble-t-il, dans le cas présent) ; et, lorsque ces chenilles sont tuées, le périthèce composé (appareil reproducteur) du Cordyceps se développe, sous forme d’une longue colonnette dressée, à l’extrémité de la chenille, La drogue est vendue en petits paquets d’une vingtaine de petites « baguettes», dont chacune est formée de la chenille desséchée et du périthèce qui a été rabattu dans son prolongement. La longueur moyenne de la chenille est de 3 centimètres, et celle du périthèce 4 centimètres.

Ces chenilles parasitées sont nombreuses dans le Sud du Thibet et dans les provinces de Se-tchouen, Hou-pe et Ho-nan ; il en vient surtout de Kiatsing-fou, au Se-tchouen. En région montagneuses, on les trouve jusqu’à 4 000 à 5 000 mètres d'altitude.

Cette drogue relativement rare est vendue très cher, comme tonique et comme aphrodisiaque ; elle passe encore, en médecine indigène, comme efficace dans la phtisie, la jaunisse, etc.

Les Chinois s’en servent également à la façon des truffes, pour farcir et parfumer les volailles.

(D. Hooper : Loc. cit. — Perrot et Hurrier : Matière médicale et Pharmacopée sino-annamites. Paris, 1907.)

364. Adiantum Capillus-Veneris ; tiges feuillées. — Fougères. — Importé de Chine.

La capillaire de Montpellier est une Fougère largement cosmopolite, puisqu'on la trouve aussi bien dans la zone tropicale, surtout, il est vrai, à partir d’une certaine altitude, que dans la zone subtropicale et encore dans la zone tempérée, où elle remonte, en Europe, jusque dans le Jura suiss et en Irlande. Elle est toutefois beaucoup plus rare dan: Nouveau-Monde que dans l’Ancien.

Les propriétés expectorantes de ses tiges feuillées sont bien connues.

L'échantillon exposé porte, comme nom annamite, celui de hac comang qui paraît plutôt désigner ordinairement une autre Fougère également cosmopolite, au moins dans les zones tropicale et subtropicale, le Gleichenia dichotoma (ou G. linearis). La capillai e de Montpellier est plus souvent le tich hsien tsao des Chinois et le thiet tuyen thao des Annamites.

365. Woodvardia radicans ; tronc. -— }'ougères. — Importé du Kouang-toung.

Cette Fougère-Polypodiacée à tronc dressé, court mais épais, est subcosmopolite dans les endroits humides des pays chauds de l’hémisphère nord des Deux-Mondes depuis l'Océanie jusqu’au Sud de l'Italie et au Portugal, dans l'Ancien Monde ; depuis le Guatémala jusqu’au 470 de latitude N., en Amérique.

En même temps, d’ailleurs, que les rhizomes d’autres Fougères, c’est le khuan cung des Annamites.

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