Smilax sp. ; salsepareille du Laos. — Laos
Gros rhizomes très aplatis, provenant de Saravane.
405. Ophiopogon japonicus ; rhizomes. — //émodoracées. — Importé.
C’est le mai tung des Chinois, le terme de mai rappelant la ressemblance des rhizomes, allongés et étroitement ovoides, avec des grains d’orge, abstraction faite, d’ailleurs, des dimensions. L'espèce est de Chine, de Corée et du Japon. On la cultive près de Pékin et dans le Tche-kiang ; et de cette dernière province les rhizomes sont exportés par Ning-
po. Ils sont considérés comme toniques, et aussi aphrodisiaques, à la façon du ginseng.
406. Juncus sp. ; moelle en mèches. Joncacées. — Cochinchine.
Moelle vendue par paquets de petits cylindres de 10 centimètres environ de longueur et 4 millimètres de diamètre, et servant aux Annamites comme mèches de lampes, mais utilisée aussi par les Chinois, d’après Hooper, comme antilithique et pectorale et aussi pour maintenir ouvertes les fistules: Hooper et d’autres auteurs rapportent cette moelle au Juncus effusus ; et cette détermination concorde bien avec une note qui, dans l’Herbier du Muséum de Paris, accompagne un spécimen de Juncus effusus rapporté du Tonkin par Balansa, car, d’après cette note, la plante, au Tonkin, est cultivée en lignes dans les terres à riz, et, lorsque la récolte des tiges a été faite, en avril, «la moelle sert de mèche dans les lampes annamites ».
Que la moelle de Juncus effusus puisse être ainsi employée, ce n’a rien d’invraisemblable, puisque, dans cette espèce, comme dans le Juncus conglomeratus, la moelle est continue ; à remarquer toutefois, pour notre échantillon, que la moelle y présente toujours, vers le centre, deux ou, plus souvert, trois faisceaux libéro-ligneux, disposés en ligne, qui paraissent faire constamment défaut dans la moelle du Juncus effusus.
La moelle en collection est indiquée comme le tin den des Annamites ; la moelle du Juncus effusus est le teng (lampe) hsin (mèche) hua (fleur) des Chinois.
Hooper dit qu’on prépare cette moelle en exposant les tiges à la vapeur pour faciliter l’enlèvement des parties externes (écorce et cercle périphérique des faisceaux libéroligneux).
Elle sert encore à faire des nattes.
Les exportations chinoises ont surtout lieu du Se-tchouen.
50 H. JUMELLE 407. Hypoxis aurea ; racines. — Amaryllidacées. — Importé.
Le hsien mao des Chinois. Ces racines (Brahminical ginseng, d’après Stuart) auraient les propriétés du ginseng.
L'espèce est du Nord de l'Inde, de l’Indochine, de la Chine, du Japon et de Java.
En Chine, elle est surtout du Hou-pe, du Fo-kien et du Kouang-toung ; et c’est de cette dernière province que provient l’échantillon en collection.
408. Belamcanda punctata ; rhizomes. — [ridacées. — Importé. DT
Ou Belamcanda + re ou Pardanthus chinensis. Es- . pèce du Nord de l’Inde, de l’Indochine, de Chine (jusqu’en Mandchourie), de Corée et du Japon.
Le she kan des Chinois, très cultivé dans la région de Pékin et au Ho-nan; et les rhizomes sont exportés d’Amoy et d'Han-keou. Ils seraient expectorants et carminatifs. Au Malabar, d’après Rheede, ils sont considérés comme un . contre-poison contre les morsures du cobra ou pour les animaux qui ont mangé des plantes vénéneuses.
409. Alpinia officinarum ; rhizomes. — Zingibéracées. — Importé.
Les rhizomes de cet A/pinia, qni sont le liang chiang des
.. Chinois, sont le petit galanga, où galanga de Chine, ou vrai
galanga officinal, supérieur au grand galaga, ou galanga de
l'Inde, ou galanga de Java, donné par l’Alpinia Galanga de Malaisie.
D’odeur agréable, de saveur chaude et épicée, rappelant le poivre et le gingembre, le petit galanga sert comme épice, entre dans la fabrication de certaines liqueurs, est employé
en parfumerie, et, au point de vue médicinal, est dit stimulant, stomachique et carminatif. ;
La plante est de Hai-nan, et les exportations ont lieu de Hong-kong.
INDOCHINE 51 A0. Alpinia Galanga ; fruits. — 7 ingibéracées. — Importé.
Le grand galanga serait originaire de Malaisie, mais depuis longtemps introduit et devenu subspontané dans l’Inde, en Péninsule malaise, en Indochine, dans le Sud de la Chine et à Formose. En tous ces pays, 1l est cultivé, et sa culture a donné naissance à des variétés dont les rhizomes sont de qualités diverses.
En plus de ces rhizomes, employés en médecine comme les précédents, mais beaucoup moins couramment, ear ils sont inférieurs, les fruits, à trois graines allongées, de saveur piquante, sont utilisés contre les coliques, les diarrhées et les vomissements. |
C’est le hung tou kou (ou «muscade rouge») des Chinois : c’est aussi le cardamome rouge ou le cardamome galanga.