‹ Annales du Muse colonial de MarseilleChapitre 143 sur 363 · STONE · texte numérisé non relu

STONE

odeur de violette lorsqu'on le travaille, Saveur insipide. Solution aqueuse incolore à l’eau froide. Il brule assez bien en exhalant une faible odeur caractéristique.

Caractères de l'écorce. — Je n'ai jamais eu l’occasion de voir, comme écorce, qu un échantillon du Musée Colonial de Marseille, n° 250, Antilles, étiqueté Andira racemosa. Cette écorce a l’épiderme Jaune blanchâtre, se détachant en plaques minces, qui laissent des empreintes peu profondes, comme . celles des Platanes. Couche interne brun grisâtre. La surface intérieure présente (particularité spéciale) un effet moiré, produit par les rayons, qui est à peine visible.

Structure du Fi — Aubier bien délimité du cœur (voir pl. IT et IV). Blanc jaunâtre, d’après Aublet.

Moelle. — Diamètre de 7 mm. environ, brune, ayant 5 lobes.

Section transversale. — Je trouve que les détails sont bien plus visibles sur une section polie au papier de verre que sur une coupe faite au rabot. Couches bien délimitées ; les zones de bois presque dépourvues de vaisseaux en sont les limites. Les couches suivent le contour de la moelle pendant de longues années et finissent par produire des côtes et des excavations qu'on appelle « arcabas » à la Guyane et « sacopembas » au Brésil (voir 1896). Da Gama dit que l’Angelimpedra a cinq lobes, comme l’un de nos échantillons ; cependant la planche n° #4 n'en montre que 3 ou 4

Vaisseaux très apparents, larges, diminuant beaucoup sur le bord externe de la couche, distribués régulièrement en lignes obliques très visibles, qui semblent former des festons.

Note. — Près de la moelle, les vaisseaux sont ailés et isolés ; ce nest que lorsque le bois devient plus âgé qu'ils s'unissent entre eux, sauf ceux du bord externe de chaque couche, qui restent toujours isolés pour la plupart.

Rayons visibles à la loupe, fins, uniformes, réguliers, moins denses que les fibres, écartés les uns des autres d’une distance égale environ au diamètre d'un gros vaisseau, et ne s’écartant pas au niveau de ces vaisseaux.

Parenchyme très apparent a, entourant les vaisseaux sous forme de larges bords qui s'étendent en ailes et souvent en

lignes,

BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 5l

Section radiale. — Couches assez bien délimitées, mais difficiles à suivre. Les vaisseaux, avec leur parenchyme, se présentent en lignes brunes ou blanchâtres, visibles d'une manière frappante, sauf dans les variétés où le parenchyme est de couleur foncée (voir pl. IT).

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les couches formées en lignes et en lacets frangés sont un peu plus faciles à suivre.

Emplois. — Bon pour constructions, palissades, cases de nègres, meubles, mortiers, pilons. Il se conserve assez bien (Aublet). |

Bon pour architecture navale, charpente, poutres, traverses de chemins de fer (Silva).

Beau bois se travaillant bien malgré sa dureté.

Éch. types : Musée Colonial de Marseille, n°° 29, 48, 102 et 107 de la Guyane. Musée de Lyon, série IT, n° 301, Guyane. Bureau des Renseignements du Brésil, n° 1.

No 1851 E.

Variété ou espèce très voisine de la précédente, différente en apparence. Le parenchyme peut être comparé aux extrémités des poils d’une fourrure noire, pointillée de brun.

Musée Colonial de Marseille, échantillon n° 6 de la Guyane.

Le Partridge-wood des Anglais, n° 1851 F.

Noms vulgaires : Pheasant-wood; Brown, Black ou Sweet Partridge-wood, Angelin, Rebhuhnerholz.

C'est probablement le bois de Rousselet et le Acapu-rajada du Para de Miers et de Wiesner (cité comme Andira Aubletii B. et L.; synonyme : Vouacapoua americana Aubl.), mais ce n'est pas le bois de Guibourt, qui a une écorce fibreuse, et encore moins un Wacapou.

Caractères généraux. — Bois lourd et dur, d’une couleur brun foncé, qui fait ressortir souvent un joli dessin en dentelle sur la coupe tangentielle. Grain gros. La surface est luisante et unie, car les pores sont remplis de résine. Il ne fonce que légèrement à l'air, au contraire des Wacapous ;

mais 1l est possible que ce bois, avant d’arriver à destination, ait déjà pris sa teinte foncée.

Caractères physiques. — Densité, 0 ,900 à 1,230. Extrémement dur. Odeur, à sec, nulle. Saveur légère de noisette ; solution aqueuse de couleur brun rougeûtre foncé. Il est très difficile à allumer et brüle très mal.

Caractères de l'écorce. — Écorce très mince, ressemblant à une couche de laque brun foncé; de 1 mm. d'épaisseur environ. Elle est fortement adhérente et cassante.

Mince, très dure et coriace, se fendant longitudinalement (Miers, pour Acapu-rajada).

Structure du bois. — L'aubier a une épaisseur de 6 à 20 mm., brun clair ou brun blanchâtre ; 1l est bien délimité du cœur, qui est d’un contour irrégulièrement ondulé {(probablement un cas des « arcabas »).

Section transversale. — Couches en apparence très bien délimitées, mais, en réalité, douteuses, car les lignes du parenchyme ne sont pas concentriques.

Vaisseaux bien apparents, à cause de leur grandeur et de leurs bords clairs. Ils ont 0 mm. 18 de diamètre; peu variables ; irrégulièrement distribués, avec tendance à se disposer en zones. Les plus grands sont simples ; les petits sont subdivisés en groupes radiaux ou irréguliers, de 2 à T vaisseaux. Îls sont de forme ovale, assez nombreux, de 14 à 90 par mmq.; ils contiennent de la gomme brune.

Rayons visibles à la loupe, très fins, uniformes, écartés les uns des autres à une distance un peu moindre que le diamètre d'un gros vaisseau, et s’écartant au niveau de ces vaisseaux ; 9 à 12 par mm. Ils sont de couleur blanchâtre ; mais, vus en section transparente, ils paraissent plus foncés que les fibres ligneuses ; composés de petites cellules.

Parenchyme très abondant a, entourant incomplètement les vaisseaux et s'étendant en fines lignes concentriques blanchâtres, qui s'anastomosent, sont de 5 à 8 par mm. et sont de largeur variable et souvent interrompues ; contour plutôt irrégulier.

Section radiale. — Vaisseaux bien visibles ; mais, étant

remplis ordinairement de gomme noire, ils ne sont pas très apparents. Rayons très petits, luisants. Parenchyme à très apparent le long des bords des vaisseaux, et b visible à la loupe en fines lignes, comme des hâchures.

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons sont encore moins visibles, et le parenchyme est très variable ; parfois il apparaît en franges en zigzag ; d’autres fois il est à peine visible.

No 1851 G.

Cette variété a la structure des Wacapous ; mais, comme le parenchyme et les fibres ligneuses sont à peu près de la même couleur brun clair uni, elle perd toute ressemblance avec les bois de Palmiers. Les vaisseaux sont gros et se présentent comme des sillons qui deviennent noirs sur une surface vernie. La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus claire que celle des autres sections. Sa densité est de 0,600 environ. Le parenchyme est abondant et compose la moitié du bois.

Éch. type : Musée Colonial de Marseille, n° 25, Guyane,

Ce bois est semblable au précédent sous tous les rapports, sauf le parenchyme, qui est très réduit et qui se montre très peu sur la coupe tangentielle, où il est plutôt visible par reflet. Lorsque le bois est sec, la nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections, à cause de la prédominance des fibres ligneuses foncées. Le parenchyme forme à peine la sixième partie du bois, Densité

de 0,600 environ.

Éch. type : Musée Colonial de Marseille, n° 26, Guyane.

No 1851 I.

Le Wacapou de Dumonteil (peut-être une des variétés précédentes).

Dumonteil, p. 154 : Densité, 0,900 ; force, 304; élasticité, 182; p. 160. Classe 2, celle du Chêne,

Bois Saint-Martin ou Saint-Martin rouge, no 1851 I.

Les bois désignés sous ce nom sont tellement nombreux et différents que Je suis forcé de conclure que, dans le commerce, le nom Saint-Martin est d’une application générale à tout bois non connu. Outre les deux échantillons que je vais décrire, j'ai vu au Musée Colonial de Marseille trois échantillons de la Guyane ; les n° 102 et 107 sont certainement des Wacapous, et le n° 108 est de couleur rouge foncé. Au Jardin Botanique de Marseille, j ai vu un quatrième échantillon, n° 23, de couleur rouge vermeil. Le nom Saint-Martin se rapporte à l'Ébène verte, au Bois de Campêche, au Bois amer, au Panacoco, à un Lonchocarpus, à un Dalberqia et à deux espèces de

Copaifera. (Voir Table des Matières.)

Dumonteil, p. 152, Saint-Martin : Densité, 0,912; force, 229 ; élasti- CHE IE

La Commission de Brest, p. 162 : Saint-Martin rouge. Densité, 0,870 à 0,922 ; force, 1130 à 1140 ou 1,70 si le Chêne — 1 ; élasticité, 25 à 30; p. 163. Il fait entendre des craquements longtemps avant de se rompre. Le même, p. 467 : 7/10 plus fort que le Chêne, 1/5 plus pesant, mais moins élastique ; rouge pâle agréable ; grain assez fin, mais'les canaux sinueux sont aussi gros que dans le Chêne. 41 pourrait être assez avantageusement employé en varangues, genoux, quilles, ete. Dans l’eau, il a paru se conserver aussi bien que dans un magasin; ne convient pas aux ouvrages de tour. Le même, p. 197 : Classe 1, celle du Chêne. Le même, p. 184 (essais sur des échantillons, sans doute ceux de Dumonteil). Conservé à couvert : force, 800 à 1260 ou 1,58 si le Chène — 1 ; élasticité, 10 à 25; à découvert : force, 1010 à 1410 ou 1,49 si le Chêne — À ; élasticité, 20 à 25.

Si c'est le même bois que celui de l'échantillon de Marseille n° 188, il pourrait servir pour crosses de fusils.

Saint-Martin blanc. — N° 1851 K.

Commission de Brest, p. 162 : Deusité, 0,880 à 910; force, 1020 à 1120 ou 1,58 si le Chêne — 1 ; élasticité, 20 à 25. Le même, p. 163: Avant de se rompre, il produit déjà beaucoup d’éclats et de fentes longitudinales ; cassures bien fibreuses. Le même, p. 171 : de couleur roux pâle. Densité, 0,830 à 0,910 ; moitié plus fort que le Chêne, 1/5 plus lourd, mais beaucoup moins élastique ; très rigide ; grain assez fin; pourrait

être utilement employé comme bois courbant. Le même, p.197; Classe Ic, celle du Chêne.

Saint-Martin ou Saint-Martin gris, n° 1851 L.

Description d'après les échantillons : N° 130, série 11, Lyon (Saint-Martin), et n° 2, Guyane, Marseille (Saint-Martin gris).

Caractères généraur. — Bois dur et lourd, rayé de lignes étroites brun clair et noires, ressemblant au Wacapou ou au bois des Palmiers. La surface est plutôt mate. En coupe transversale, ce bois présente le parenchyme en taches plus grandes qu'elles ne le sont sur les autres bois: et, en conséquence, la nuance de la coupe transversale est aussi claire, même plus claire que celle des autres sections.

Structure du bois. — Section transversale. Couches mal délimitées.

Vaisseaux visibles comme des piqüres ; très grands, diamètre de 0 mm. 25 ; très rares, 1 à 5 par mm. q. Ils sont fortement isolés, simples, quelquefois par paires, vides ou remplis de résine jaune,

Rayons visibles à la loupe, fins comme de la soie, uniformes, irréguliers ; 4 à 5 par mm. ; écartés les uns des autres à une distance égale environ au diamètre d'un gros vaisseau et s'écartant au niveau de ces vaisseaux ; incolores.

Parenchyme visible d’une manière frappante, a, entourant les vaisseaux en grosses taches irrégulières, obliques ou concentriques, souvent anastomosées. Il occupe le tiers oula moitié de la surface; brun clair.

Section radiale. — Vaisseaux très gros, rares et peu apparents. Rayons bruns, visibles à la loupe. Pa occupe la moitié de la surface en grosses lignes claires.

Section tangentielle. —- Comme la radiale, mais les rayons sont beaucoup plus petits et visibles à la loupe dans les lignes noirâtres des fibres ligneuses seulement. Ils sont invisibles dans le Pa qui est, sur cette section, encore plus gros, plus

abondant et irrégulier.

Clef pour tous les n° 1851.

A. Bois insuflisamment décrits ou de couleur rouge et même blanche, 1851 LI &K,

A A he FEVER

B. Bois de couleur brun foncé ou noirâtres, rayés ou non, de couleurs plus claires.

d- Non rayé. Parenchyme de couleur foncée se montrant à peine. Les Wacapous 1851 G & H.

2. Rayé. Parenchyme de couleur pain bis, très apparent en lignes claires sur la coupe longitudinale.

JL En coupe transversale, le parenchyme est unien lignes concentriques qui se rétrécissent entre les Valsseaux.

2.1.1. Parenchyme réduit en fines lignes. Vaisseaux de 14 à 50 par mmdq., avec tendance à se disposer en zones. Partridge 1S51F.

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