DE L'EST DE MADAGASCAR
quels il pousse, et même — ce qui est rare pour une espèce indigène — au régime des feux de brousse.
Une des plus grande variations que nous ayons constatée, et qui pourrait être quelque peu troublante, c’est celle des formes des lagunes, dont le latex, dans les jeunes rameaux, au lieu d’être blanc, est hyalin et incolore. Maïs à Sambava l’un de nous a pu encore constater que ce caractère, s’il est très
fréquent, n’est pas absolument constant. Sur la limite de la
mangrove, et sur ! mètre carré environ de superficie, étaient cinq Mascarenhasia jeunes, mais déjà recépés, et dont les pousses ne dépassaient pas { mètre de hauteur ; trois étaient à feuilles obtuses et deux à feuilles acuminées. Or les deux pieds
à feuilles acuminées et un des pieds à feuilles obtuses étaient
bien à latex hyalin, mais les deux autres individus étaient, dans toutes leurs parties, à latex blanc et caoutchoutifère.
Il n’y a donc pas lieu encore d’attacher uneimportance particulière à ce caractère, qui serait dû à une influence de milieu (influence saline sans doute) s’exerçant plus ou moins régulièrement.
Et la faible valeur de toutes ces petites variations d’ordres divers se manifeste surtout bien quand on compare ces mi-
nimes différences à celles, beaucoup plus nettes, que pré-
sentent entre eux les Mascarenhasia qui sont réellement d’autres espèces. F
Si ces nombreuses formes que nous réunissons sous le nom de Mascarenhasia arborescens ne nous offrent, sous leurs multiples changements, aucun caractère qui, par sa constance, puisse nous permettre de les bien séparer, nous n'avons plus la même impression dès que nous considérons un autre Mascarenhasia tel, par exemple, quele Mascarenhasia mangorensis. Ni les feuilles ni les fleurs ne nous laissent ici longtemps hésiter. On est tout de suite bien convaincu qu'il s’agit d’une autre espèce.
De même, nous pensions tout de suite, dans notre précédente note, que le « Mascarenhasia à grandes feuilles de Mahazoarivo », dont les fleurs nous étaient cependant inconnues, était vraisemblablement, malgré l’atténuation fréquente de la base du limbe vers le pétiole, comme dans le Mascarenhasia
arborescens, une tout autre espèce. Aujourd'hui que les fleurs nous en sont connues, notre opinion se trouve justifiée, et nous pouvons donner une description complète de cet autre herotrahazo. | SES
C’est, comme nous l’avons déjà indiqué, un grand arbre de 15 à 25 mètres de hauteur. Le-tronc, très droit et lisse, est à écorce d’un rouge cannelle. La souche ne paraît pas émettre de rejets. | |
Quoique les feuilles, très coriaces, soient souvent un peu atténuées vers le pétiole, la forme générale est plus régulièrement ovale ou elliptique que dansle Mascarenhasia arborescens. Parfois, d’ailleurs, elles sont plus larges dans la moitié supérieure. Le pétiole est court et épais (5 à 10 millimètres). Le limbe, glabre, peut avoir 17 centimètres de longueur sur 8 de largeur, ou 20 à 22 sur 7 à 9. Le sommet en est arrondi et échancré ou, au contraire, brusquement acuminé ; mais il peut être aussi un peu anguleux, légèrement acuminé ou non. Les bords sont un peu repliés sur la face inférieure. Les nervures secondaires, au nombre de 8 à 10 de chaque côté, sont très espacées et un peu arquées vers le haut; les nervuresttertiaires ne sont pas apparentes.
Les fleurs sont par 3 à 5, en inflorescences terminales ou sur de très courts rameaux axillaires. Elles sont pédicellées (25 millimètres), grandes (5 à 6 centimètres en bouton). Non encore ouvertes, elles sont d’un rouge vif, sauf à la base du tube, qui est verdâtre. Epanouies, elles sont d’un blanc légèrement rosé ; la teinte rouge ne persiste que sur les parties qui étaient extérieures dans le bouton, ainsi que dans les deux tiers supérieur du tube. Les sépales sont rougeâtres.
Ces sépales sont épais, lancéolés (13 millimètres sur 4), aigus ; ils sont glabres sur les deux faces, et leur nervure médiane est saillante sur la face inférieure.
Le tube de la corolle, épais, glabre extérieurement, est composé d’une partie inférieure étroite, longue de 12 à 13 millimètres, et d’une partie supérieure brusquement élargie, longue de 30 millimètres environ, assez régulièrement cylindrique et ne s’évasant que dans les cinq derniers millimètres. Les lobes,