L'’ÉLEVAGE À MADAGASCAR
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quantité et en qualité, dans l’avenir. Il faut donc faciliter linstallation et l’organisation des affaires d’élevage en mettant à la disposition des Européens les terres nécessaires.
Les méthodes pratiquées par ces affaires devront s'inspirer de ce qui a été fait dans les pays similaires, mais également des coutumes du pays, de la mentalité des habitants. A ce’ point de vue, la collaboration de l’Administration leur sera nécessaire. |
L'Élevage et le Commerce des Viandes
dans nos Colonies et quelques autres Pays
Quelque hésitation que nous éprouvions encore en France pour la consommation des viandes frigorifiées, il est indubitable que, dans les années qui suivront la conclusion de la paix, et pendant une période plus ou moins longue, le commerce de ces viandes, que toutes les tentatives d’avant-guerre n'avaient pu réussir à nous faire accepter, sera une nécessité. La démonstration en a été nettement faite dès juin 1915 dans le rapport que M. Maurice Quentin présentait à cette époque (Journal Officiel du 5 juin 1915) au Ministre de l'Agriculture, au nom de la Commission des Viandes frigorifiées.
Cette nécessité résultera :
19 De la perte du bétail des régions envahies, perte qui, pour les seuls bovins, est estimée à 759.000 têtes (1) ;
20 De la consommation supplémentaire de viande, résultant des besoins de la guerre, ce dépassement annuel ayant été estimé en 1915 par M. Quentin à 170.000 tonnes (550,000 têtes) pour les bovins et 325.000 tonnes pour l’ensemble des viandes ;
39 Du ralentissement de l'élevage ;
(1) Ce chiffre est celui donné par M. L. Dumont (La reconstitution du cheptel des régions envahies, dans la Vie agricole du 17 février 1917). Sur 759.140 têtes, on admet 3.500 taureaux flamands, 4.000 hollandais, 3.000 montbéliards et 5.600 ardennais, 80.000 vaches flamandes, 40.000 hollandaises, 50.000 montbéliardes et 270.000 ardennaises, 40.000 élèves et veaux flamands, 25,000 hollandais, 30.000 montbéliards et 160,000 ardennais,
40 Des habitudes nouvelles d'alimentation acquises par une partie de la population qui jadis consommait peu de viande.
Avant la guerre, on abattait annuellement en France — en plus d’une exportation de 100.000 têtes — 1.900.000 bovins, soit 700.000 bœufs d’un poids net moyen de 350 kilogrammes, 100.000 taureaux d’une moyenne de 400 kilogrammes et 1.100.000 vaches de 275 kilogrammes. Ce chiffre approximatif de 590.000 tonnes sera certainement dépassé à l’avenir, et lorsque précisément notre cheptel aura considérablement diminué.
Notre troupeau bovin, qui était de 14.807. 383 animaux en 1913, était tombé à 12.723.946 au 1€ juillet 1916 (1).
Notre troupeau ovin, qui était de 16.131.340 têtes en 1913, n’était plus que de 12.079.211 à cette même date de 1916 (2).
Plus forte encore est la diminution en porcins, dont nous possédions 7.035.850 têtes en 1913 et 4.448.366 seulement en juillet 1916.
La diminution ne suivra pas heureusement, dans l’avenir, même pendant la durée de la guerre, une marche descendante
progressive. Après le désarroi des premiers temps, l'élevage
reprend peu à peu, et déjà, pour l'espèce bovine, le chiffre
de 12.723.946 de 1916 est supérieur à celui de 12.286.849 de
juillet 1915.
Un temps assez long sera cependant nécessaire (3) avant que nous remontions aux chiffres de 1913 — d'autant plus qu'il nous faudra aider à la reconstitution des troupeaux belges
(1) Ces chiffres sont donnés par M. Massé, dans « Le Troupeau français après deux années de guerre », C. R. des Séances de l’ Académie d'A griculture de France, 19 juillet 1916.
(2) Il y a, au reste, longtemps que notre troupeau ovin français n’est
plus ce qu’il a été autrefois, puisqu'il était de plus de 33 millions de têtes en 1852. Le troupeau bovin, au contraire, qui était de 9.160.632 têtes en 1830, et de 12.811.589 en 1862, s’est toujours accru, abstraction faite de la pénurie de 1870 à 1882.
(3) M. Hitier, dans les Annales de Géographie du 15 mars 1916, rappelle qu’il nous fallut dix ans, après 1870, pour reconstituer notre troupeau bovin; et en 1882 l'effectif obtenu (12.997.054 têtes) n’était guère supérieur à celui de 1862.
— et nous répétons que, d'autre part, les besoins de l’alimen-
tation seront plus élevés qu’autrefois.
C’est dans ces conditions que, bon gré, mal gré, il nous fau-
dra bien recourir, au moins momentanément, à ces viandes
réfrigérées ou congelées (1) qui sont, de longue date déjà, si largement consommées en Grande-Bretagne.
Nos voisins et alliés recevaient, par exemple, en 1914:
BEI COnSole 725 EL LL 200.875 tonnes OO POIT ES ELLE TE da à a ie ei See 241.090 — Moutons et agneaux congelés .......... 252.500 —
et, en outre pour :
RUN LR PRES QUE 18.225.560 Liv. st.
LS FT ASE M LATE TE 3.063.078 — PORC PAIE Et Alan sondes 2.307.108 —
S OS AR ass... ie 302.477 — ÉOrCCRNSPIG. CAL A MT Di En, 93.614 — MON PTS 5 nr re u 20 396.240 — Lapins gelés dans leurs peaux (2) .... 663.783 —
Nous n’aurons jamais les mêmes raisons que la Grande- Bretagne pour faire, et surtout de façon régulière et permanente, d'aussi forts emprunts aux cheptels extérieurs ; mais, puisque néanmoins nous devrons, au moins pendant quelque temps, mettre ces cheptels à contribution, dans la mesure où
ces apports du dehors ne porteront point préjudice à nos éle-
veurs et n'auront d'autre effet que d’assurer un approvisionnement indispensable et de régulariser les prix du marché, voyons quelles sont les ressources que peuvent et pourront nous offrir, en premier lieu nos colonies, en second lieu quelques pays étrangers.
Comme pour notre étude précédente sur la culture du cotonnier (3), nous n’avons pas d’ailleurs l'intention d’entre-
(1) M. Quentin admet qu’un minimum annuel de 150.000 tonnes de
ces viandes sera nécessaire.
(2) Sur ces 663.783 livres sterling, il est venu 539.064 livres de l’Australie et 124,892 de Nouvelle-Zélande.
(3) H. Jumelle : « Quelques données sur l’état actuel de la Culture du
Cotonnier ». Annales du Musée Colonial de Marseille, 1917, 2° fascicule.
prendre une histoire complète de l'élevage et du commerce des viandes dans les pays producteurs, mais seulement de réunir quelques renseignements sur un certain nombre de ces pays, d’après des données récentes (2). Et tout d’abord quelques généralités sur la répartition du bétail dans le monde et sur la consommation et le commerce des viandes ne seront peut-être pas sans intérêt.
LE TROUPEAU MONDIAL x Consommation et Commerce des Viandes Dans les années qui ont précédé la guerre, les pays où le
bétail est soumis au recensement possédaient au total, à peu près :
Bovins.s 7 Nes Denis PE cie T dé SN 435 millions OFIRS SE RL RME AUS res EDS 615 — PORCINS ER 5 ere de Ne dat 165 =
Sur les 435 millions de bovins, on comptait, à peu près :
BA OpE ET EC SN Ne 130 millions Dans les possessions britanniques... ....... 124 —— AUX HAS UNIS: RES RE 64 — En-Anpleterre LEE are mio a 31 — AU Br EC L R ve STLU CRT IR — Dansles possessions françaises............ 16 —
Sur les 130 millions d'Europe il y avait :
En RSC EuTOPe LS 1 LP. Un 37 millions En Allemagne .............. BE AE ENS 20 — En Aniriche-Hongne see 5 nr 15 — Ed FAN EE RER, 117 Ie 15 — En Grande-Bretagne ......... Re PSS s a.
En ronde re RME SEX RSR 6] ——
(2) Quoique cette étude se rapporte essentiellement au commerce des viandes, nous donnerons à l’occasion, à propos du bétail ovin, quelques indications sur le commerce des laines.
Sur les 124 millions des possessions britanniques, on admettait”: 7"
Dans l’Inde britannique ................ 84 millions PH AMOR nn, ET TR 11 —- ARC ANAMR EE DT L ANS ur or EU #6 — Dans l’Union Sud-Africaine ............. 5 — En Nouvelle-Zélande .,.#..........,.... ——
Sur les 615 millions d’ovins, il y avait :
RMI OBEN ARE LAS END E ee do de 193 millions Dansles possessions britanniques... ....... 189 —- PR ATSPRLMTO LR N a re vo psc Ne nsc c 81 — Aura En iSE Eee ES... 4 93 — D PM OMRAN. er Din ee à ee get 39 — Dans les possessions françaises............ 1% —
Sur les 193 millions d'Europe, les recensements indiquaient :
En Russié d'Europe: 7.25... 43 millions (1) PET ERP RTE AO OT OUR EN D re PE ET TE 27 — En Grande-Bretagne ..:......:........., 24 — Ewpautuche-Hongrie.i:54 227 Msn 10 —- DOI ETS CPR PORN DIT TT 3 — DO MOCE AT L Rer U AA AUTRES Del 16 — Er Bspagne 52... 4. .2 4 PORTE 16 — LU AA OR NT DRE ARE RE 2 14 — En Bulgarie .....- RTE POLE, PERS POELE PE Sd 8 — PL ATlemagte: 2 RE UNE EE, Listes 6 —-
Sur les 189 millions des possessions britanniques, il y avait :
OO RES ESS RE EE D 85 millions Dans l’Union Sud-Africaine ............. 36 — En Nouvelle-Zélande ....:.:............. 24 — Dans l’Inde Britannique ................ 23 — En Afrique Orientale Anglaise ........... 6 —— PNR tite Ce TERRA RATE ET SLENPEEN EEE PERL CRETE 2 —
Sur les 165 millions du troupeau porcin mondial, on relevait :
UT SOU ER NES EPS EN NREBEET AU 77 millions Dans les possessions britanniques... ..,..... ÿ — OR RELAIS SR ed. 5 à dome dus 60 — RÉ NT à à UE à 20 6 dde À : 18 — Dans les possessions françaises............ h —
(1) Y compris les caprins.
Sur les 77 millions du troupeau d'Europe, il y avait :
En Allemagne; AT Le ee a. 22 millions En-Auiriché-Honegerie "2.2.4 6430 13 — En-Russie Bur0pe 2. 42 tliiss rte 12 — ER ETANCES EE ss ds Dar rue Pi 7 EE En Espagne 52 niet ele ton) ne 3 — En MAN 72 arr 1ri stories 3 — En Grande-Bretagne. sr 2 — En Irlande 22e ir ST re 1 —
Sur les 5 millions de porcins des possessions britanniques, plus de 3 millions et demi appartiennent au Canada ; et sur
les 4 millions des possessions françaises, plus de 2 millions
et demi appartiennent à l’Indochine.
Le pays le plus grand importateur de viandes (1) est le Royaume-Uni, qui tire de l'exportation 40 p. 100 deses besoins. Au second rang, avant 1914, se plaçait l’Allemagne, où la consommation totale de viande était à peu près de 3.400.000 tonnes.
. Le troisième rang est occupé par la Hollande. - On estime enfin que la production totale annuelle de viande
abattue, dans les pays pour lesquels des statistiques sont éta-
blies, est de 21 à 23 millions de tonnes ; ce qui, pour 500 millions d'habitants qui font usage de cette viande, représente une moyenne générale annuelle de consommation de 42 à AG kilogrammes par habitant. |
En dehors de l’Europe, cette moyenne est d’ailleurs dépassée, en Australie (119 kilogrammes), en Nouvelle-Zélande (96 kilogrammes) et aux Etats-Unis (70 kilogrammes). En Europe, elle l’est aussi en Grande-Bretagne (58 kilogrammes) et en Allemagne (49 kilogrammes) ; elle n’est pas atteinteen
France, puisque la consommation moyenne individuelle était,
avant la guerre, de 35 kilogrammes. Elle ne l’est pas non plus en Suisse (39 kgr. 500), ni en Danemark (38 kilogrammes).
Parmi les pays exportateurs, ceux qui produisent des quan-
tités plus ou moins supérieures à leurs besoins sont surtout Argentine, l'Australie, le Canada, le Danemark, le Mexique,
(1) Holmes, dans « United States Department of Agriculture, Office of the Secretary » Report 109. Washington 1916 (d’après le Bulletin International d'Agriculture de Rome).
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la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis et l’'Uruguay ; et, en 1912.
sur les exportations des neuf principaux pays exportateurs, exportations s’élevant à 1.649.000 tonnes, et représentant 7 à
8 p. 100 de la production mondiale, 226.500 tonnes étaient de la viande de mouton ; le reste était réparti entre les viandes
de bœuf et de porc, à raison de 32 p. 100 pour les premières et 48 p. 100 pour les secondes.
Les trois cinquièmes du commerce d'exportation de la viande de bœuf étaient dus en 1912 à l'Argentine, et le reste surtout à l’Australasie et aux Etats-Unis.
Les trois quarts des exportations de viande de mouton provenaient de l’Australasie et le reste de l'Argentine.
Les trois quarts des exportations de viande de porc provenaient des Etats-Unis, et le reste surtout du Danemark et du
Canada. Pour la Grande-Bretagne seule, nous avons vu plus
haut quelles ont été en 1914 les quantités totales de bœufs et de moutons frigorifiés importés. Ajoutons, pour indiquer les origines de ces importations, que : sur 2.923.125 quartiers de bœuf 1.236.466 sont venus d'Australie, 321.784 de Nouvelle- Zélande, 852.612 d'Argentine, 456.256 de l’Uruguay et du Vénézuela, 55.307 des Etats-Unis, 700 de l'Afrique du Sud; sur 6.746.801 moutons, 2.088.222 sont venus d'Australie, 2.616.650 de Nouvelle-Zélande, 1.489.812 d'Argentine, 552.117 d’Uruguay et de Patagonie, et il y a eu aussi quelques exportations du Chili; sur 6.042.038 agneaux, il a été reçu 1.634.608 d'Australie, 3.564.434 de Nouvelle-Zélande, 599.044 d’Argentine, 243.852 d’'Uruguay et de Patagonie. Le porc congelé est principalement provenu des Etats-Unis et un peu de Chine.