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III. — DES ENCOURAGEMENTS À DONNER A L’EÊLEVAGE

Il faut donc chercher à utiliser le mieux possible cette richesse que constitue actuellement le troupeau malgache; il faut intensifier la production des indigènes, créer la production

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par l’Européen. Nous pouvons par suite classer en trois sortes les mesures qu'il conviendrait de prendre pour la meilleure utilisation du cheptel malgache.

lo Utilisation du bétail existant. — Actuellement, le bétail est acheté un peu partout sur les Hauts-Plateaux, soit par les commissionnaires des usines, soit par des intermédiaires qui l’amènent aux usiniers. Qu'importe-t-il dans ces transactions pour que le but ie nous cherchons actuellement soit atteint ?

D'une part quele producteur indigène reçoive une juste rétribution de la marchandise qu'il cède ; d’autre part, que le bétail, acheté par ou pour l’usine, effectue le trajet du lieu d’achat (généralement les Hauts-Plateaux) au lieu d'utilisation (les usines de la côte) dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire en évitant les pertes et la diminution de poids pour les animaux vivants ; enfin que l’usinier reçoive le plus grand nombre de bêtes et le plus régulièrement possible.

Ces conditions pourraient être réalisées par l’action combinée de l'administration et des industriels, et elle pourraient se résumer æinsl :

Achat aux indigènes producteurs (soit parl Administration, soit par des commissionnaires) et concentration des bêtes achetées dans des pâturages d'élevage spécialement choisis. Dans ces pâturages aménagés à cet effet, les troupeaux attendront l’époque où les transports peuvent s’effectuer dans des conditions convenables. On sait, en effet, que le voyage par terre, pour des bêtes en état, ne peut être effectué que du mois de mars à juin, parsuite de l’état des rivières en saison des pluies et des pâturages en saison sèche.

Les bêtes seront, pour une part, envoyées directement à l’usine ; les autres séjourneront dans des domaines côtiers et y attendront l’époque où les usines pourront les sacrifier. Ces domaines côtiers seront choisis aussi près que possible des usines, mais en tenant compte toutefois qu'il est toujours possible, en quelques heures, d’amener un chargement de bœufs, d'un point quelconque de la côte à l’un des deux ports (Ma-

VTT?

junga ou Diego) où se trouvent les plus importants centres de consommation.

Ces domaines seront choisis surtout dans certaines vallées de la côte Ouest inondées en saison des pluies, et quisecouvrent d’un herbage abondant aussitôt que les eaux se retirent. Ces pâturages restent verts pendant toute la saison sèche, surtout s’ils sont broutés. |

L'entretien du troupeau dans ces domaines, le transport des animaux par certaines voies, spécialement aménagées en ré- ‘serves de fourrage principalement, incomberont à l’administration. Celle-ci rendra ainsi un très important service aux industriels, puisque ceux-c1 trouveront désormais à leur portée le moyen d'alimenter régulièrement leurs usines.

Ce projet n’est indiqué que dans ses grandes lignes ; il pourra

être modifié par tout ce que pourra suggérer sa mise en pra-

tique.

20 Encouragement a l'élevage indigène. — Le meilleur encouragement, le plus sûr, le plus efficace, sera donné parl’augmentation du prix d’achat du bétail, par la sécurité dans les transactions, qui sont naturellement faussées par lestrop nombreux intermédiaires qui se sont introduits dans ce commerce, et enfin par la suppression des pertes et dépréciation du bétail résultant des transports.

Toutes les mesures qui tendront à donner à l’indigène de meilleures habitudes, relativement aux soins à donner au bétail, à l'amélioration de la race par la sélection des animaux, la castration des jeunes, seront du meilleur effet.

Ces mesures seront l’œuvre des vétérinaires, chefs de circonscription, au cours des tournées de démonstration et de vulgarisation qu’ils entreprennent dans les régions d'élevage.

30 Encouragement à l'élevage européen. — La conclusion des observations précédentes tend à montrer que les affaires d’élevage sont, par suite du bas prix du bétail, des affaires peu lucratives pour les Européens. Cependant les colons seuls pourront assurer aux usiniers une production constante, en

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