CHAPITRE DEUXIÈME
Ce chapitre comprendra deux parties. Dans la première nous étudierons les Chlænacées à 3 sépales, qui comprennent les.genres Sarcochlæna, Xerochlamys, Leplochlæna. Rhodochlæna et Srhizochlæna ; les deux genres à » sépales. Eremochlæna et Xylochlæna, feront l’objet de la deuxième partie.
L — Genre Sarcochlæna
Ce genre est l’ancien Tantalus Noronh, l'ancien Æriocarpus J. I fut créé, en 1806, par Dupetit Thouars pour trois espèces : Sarcochlæna eriophora, grandiflora et multiflora. Baillon y ajouta en 1882 : S. Bojeriana, diospyroidea, et Grandidieri. Nous ralliant à l'opinion de Baker, nous ne maintiendrons pas ici ces espèces dans le genre. EL nous exposerons, lors de leur étude, pourquoi nous les rattachons au genre Xerochlamys. Nous ajouterons aux espèces anciennes de Thouars le S. cordonochlamys de Baker (1893) et le S. oblongifolia, qui est une de nos espèces nouvelles.
Mais indiquons tout d'abord les caractères génériques des Sarcochlæn«.
Ce sont des arbres de 10 mètres, environ, très rameux, d'après M. Perrier de la Bâthie. Cette indication étant très soigneusement donnée, il faut rectifier lerreur commise par Schumann, lorsqu'il attribue aux représentants de ce genre l'importance de simples buissons.
Les feuilles sont grandes, entières, persistantes, allernes, ovales-allongées, coriaces, toujours glabres en dessus, partois légèrement velues en dessous (sauf dans le S. eriophora qui a ses feuilles velues de toutes parts). La nervure principale,
en général bien marquée, déprime fortement la Lace
supérieure. De chaque côté, on voit nettement deux ou trois sillons longitudinaux très caractéristiques, qui se réunissent à la base et au sommet de la feuille. L'inflorescence, qui varie avec les espèces, est cependant le plus souvent une cyme terminale. On rencontre quelquefois des fleurs isolées, mais alors elles sont encore à l'extrémité des rameaux, et rarement axillaires. L'involucre, organe très particulier, et, comme on l'a vu, caractéristique de la famille, a la forme d'une coupe. Il est sénéralement fermé avant la floraison, et le reste presque toujours complètement, ne continuant à se développer que très faiblement. Il a une consistance charnue et il porte, dans sa partie supérieure, au-dessus d'un bourrelet, ou renflement circulaire nettement marqué (du moins dans certaines espèces), trois ou cinq dents inégales. Il n'y en a jamais d'avantage, et ce nombre fixe de dents à l'involucre parait constituer un caractère très spécial du genre Sarcochlæna. Ces dents sont d'ailleurs formées chacune d'un nombre parfois considérable de bractées spatulées très condensées, que l’on peut dissocier, quoique avec difficulté, pour l'étude. Baïillon', signale des soies pressées garnissant toute la surface intérieure de la coupe involucrale dans toutes les espèces. Ceci a bien été vérifié par les auteurs et nous l'avons vu nous-même. Mais lorsque Baillon ajoute qu'il a vu ces soies sur la surface extérieure d'une seule espèce (S. eriophora), il fait erreur. Nous avons, en effet, constaté chez tous les représentants du genre Sarcochlæna des poils non-seulement en dedans de la coupe, mais aussi en dehors. Et il semble donc qu'on doive dire que tout l’involucre est en général fortement poilu. ; Une étroite ouverture, dans le haut de la coupe, laisse dépasser les pétales, tandis que les pièces du calice sont toutes petites et au nombre de trois. Ces sépales sont tournés à droite et recouvrants. Les 9 pièces de la corolle alternent avec eux, elles sont beaucoup plus grandes, atteignant des