Engler et Prantl. loc. eit
dessous, et aussi, fréquemment, sur les deux faces. La nervure principale est très marquée, elle déprime le limbe en dessus et est assez fortement proéminente à la face inférieure. Il y a, en général, des stipules latérales très caduques. Les dimensions du limbe sont très variables d’un genre à l'autre et même d'une espèce à l’autre.
Inflorescence. — Le plus souvent, les fleurs sont terminales et groupées au moins par deux. Nous n'avons, en effet, jamais vu de fleurs isolées, comme l'indique Schumann. On rencontre surtout des cymes bipares ou corymbiformes, parfois des grappes simples ou des panicules. Le réceptacle floral est convexe.
Involucre. — Les fleurs, tantôt grandes et fort belles, de couleur vive (rose ou rouge), très ornementales, tantôt, au contraire, très réduites et blanches, sont toujours protégées par un organe caractéristique de la famille : linvolucre. Baillon l'a justement décrit ‘ une sorte de sac, enveloppant les parties florales, qui persiste et s'épaissit autour du fruit”. Il a la forme d'une coupe, plus ou moins évasée, dontd'ouverture est découpée et dentée. Mais on ne peut pas toujours dire avec Baillon que le sac est plus ou moins charnu. Ce caractère ne parait pas, en effet, marqué dans les diverses espèces du genre Sarcochlæna, de mème qu'il n'est pas possible de donner comme caractère général le nombre de 5 ou 6 dents à l’involucre, puisqu'on en compte, comme nous le verrons, jusqu à 20, dans certains Xerochlamys. Celinvolucre est de couleur verte plus ou moins foncée ; il est toujours poilu en dedans, très souvent en dehors. Il protège, le plus souvent, une seule fleur, quelquefois deux (Rhodochlæna et Schizochlæna.
Calice. — Il est presque toujours réduit, formé de trois sépales, sauf dans deux genres (Xylochlæna et Eremochlæna), qui en ont cinq. Et encore certains auteurs n'ont-ils considéré les deux sépales supplémentaires que comme des bractées. Van Tieghem, notamment, dit que 3 pièces sépaloïdes seulement se développent normalement, les 2 autres avor-
tant. Baillon, lui-même, était assez indécis sur la valeur morphologique à attribuer aux pièces surnuméraires des deux genres qu'il créa en 1884. Pour l'un d'eux, il était hésitant au point d'envisager comme possible la suppression de la famille. Nous en reparlerons à propos du genre Xylochlæna. Pour nous, il faut maintenant admettre 5 genres à 3 sépales et 2 genres à 5 sépales. Nous donnerons plus loin les raisons de notre interprétation.
Les sépales .sont toujours verts el souvent poilus, généralement imbriqués et recouvrants de droite à gauche.
Corolle. -— La corolle compte toujours 5 pièces ; et, ici, tous les auteurs sont d'accord. Les pétales sont beaucoup plus grands, en général 3 fois, que les pièces du calice. Ils sont égaux. À l'état frais, blancs ou vivement colorés (roses ou rouges), toujours blancs à sec. Dans le bouton, ils sont tordus ; à la floraison, ils s'étalent largement et sont très
fragiles.
Disque. — Entre la corolle et l'androcée existe un organe
aussi caractéristique de la famille que linvolucre et peutêtre encore plus constant que lui. C'est, dit Baïillon, ‘‘ une sorte de tube court à peu près membraneux, à bord supérieur coupé droit, dentelé ou crénelé, et que l'on a coutume d'appeler disque ”
Van Tieghem donne aussi comme caractère primordial ‘ ce disque tubuleux entourant landrocée”, Schumann lindique également, ajoutant qu'il est haut, en forme de gobelet, coupé ou denté et quelquelois avec 9 dents.
De l'examen de nos nombreux échantillons nous pouvons conclure que ce disque existe toujours, en effet, Il a bien Îa forme d'un anneau, mais en général assez bas : il n'est vraiment haut que dans les genres Sarcochlæna et Xerochlamys : il n'est guère découpé que chez le Sarcochlæna mulliflora.
Van Tieghem prétend que ce disque serait produit aux dépens du pédicelle, ce qui est bien possible, Il est aussi vraisemblable qu'il puisse servir à la séparation du mucilage, comme la indiqué Schumann. Mais il n'est pas du
tout constant, comme l'ont écrit ces auteurs, qu'il enveloppe les filets staminaux dans la moitié de leur longueur. C'est là encore une erreur de Van Tieghem : car, même dans le Sarcochlæna multiflora, où il est, comme nous l'avons dit, relativement très haut (3 ”/"), il n'atteint que le tiers de la longueur des filets staminaux, qui mesurent près de 1 ‘/". Nous avons vérifié la même proportion, Comme on le verra plus loin, pour des espèces nouvelles des genres Sarcochlæna et Xerochlamys dont le disque est encore plus haut (4 et 9 "/%), sans cependant jamais atteindre la moitié de la hauteur des élamines.
Ce disque est presque toujours glabre, il donne insertion, par sa face interne, aux étamines dont nous allons donner maintenant les caractères.
Androcée. — On compte quelquefois 10 étamines (Leplochlæna), qui sont rangées en deux verticilles, lun opposé aux sépales, l’autre aux pétales. Mais le plus souvent, elles sont en nombre indéfini, et alors sans disposition régulière. Les filets, généralement grêles et longs, sont souvent inégaux, loujours libres. Ils sont terminés par des anthères subglobuleuses, biloculaires, dorsifixes et s'ouvrant par deux fentes longitudinales, fréquemment confluentes par leur sommet. Le connectif plat est souvent noirâtre. Quelquelois la déhiscence parait extrorse, mais les filets sont tordus et les anthères, alors, seulement déjetées en dehors.
Pistil. — Le pistil est libre et supère, à ovaire triloculaire. Les trois loges alternent avec les sépales. Il est poilu, ainsi que le style, dans sa partie inférieure. Celui-ci, épais et creux, se dilate à son extrémité en une tête stigmatifère plus ou moins nettement trilobée. Il v a, dans chaque loge ovarienne, deux ou un plus grand nombre d'ovules, suivant les senres. Ces ovules sont insérés, soit au fond de lPovaire, soit dans les angles des loges. Ils sont, la plupart du temps, descendants : leur micropyle est dirigé en haut et en dehors.
Fruit. — Le fruit, généralement sec et indéhiscent, est tantôt une capsule loculicide triloculaire, tantôt une noix.
Mais ce dernier cas est plus rare et on voit alors une seule graine se développer. Quand il s'agit d'une capsale, elle s'ouvre par trois fentes longitudinales plus ou moins complètes et régulières. L'involucre accru accompagne toujours ce fruit, qu'entourent parfois le calice et l’androcée desséchés.
Les graines ont un embryon droit, des cotylédons arqués et foliacés, et un albumen charnu, résistant ou coriace. De forme ovale cordée, ces semences sont plus ou moins aplaties, et cela surtout quand elles sont nombreuses. Une pression réciproque les rend ainsi : en général, plates ou concaves du côté du hile, qui occupe à peu près le milieu de la hauteur de cette face concave.
Tels sont les caractères généraux de Ja famille,
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