Atlas des plantes de Madagascar, pi
couchés et courts, sur toute sa surface extérieure. Les plis verticaux et étroits que Baker dit très évidents sont en dessous de la coupe involucrale, sur le réceptacle floral. Car la partie convexe de l'organe charnu est constituée par l'assemblage curieux de bractées deltoïdes, extrêmement nombreuses. Celles-ci, très condensées, sont, en effet, imbriquées à la facon des tuiles d'un toit.
La face interne de la coupe porte des poils aussi, mais ils sont soyveux et longs, plus nombreux qu'en dehors. Fermé avant la floraison, cet involucre a un diamètre de 1 /m 2 et une hauteur de 5 m/m, [| porte 3 dents. À sa partie supérieure et au centre émergent très peu les 3 pièces du calice, qui restent d'ailleurs enroulées complètement dans le bouton. À Ja floraison, la coupe est juste assez ouverte pour laisser un passage étroit aux 9 pièces de la corolle, beaucoup plus grandes: que les sépales, et ‘d'un beau blanc. Les sépales, verts, petits, sont triangulaires (5 m/m Jarge, 6 m/m haut) ; les pétales sont spatulés, et leur longueur atteint jusqu'à 2 c/m 7, leur largeur, au tiers supérieur, 1 €/m 7.
Le disque est réduit à un anneau uni et assez bas (2°/m 1/2),
L'androcée est constitué par 90 étamines à filets grèles et longs (2 c/m 4) ; les anthères sont petites (1 m/m de diamètre).
La longueur totale du pistil est de 2 t/m 4, L'ovaire, très réduit, porte un stvle de 2/1, surmonté d'un stigmate plus large (4 m/m) que haut (3 mn) capité et entier. Le fruit n'a jamais été vu.
+. — Sarcochlæna codonochlamys Bak.
Cette espèce fut décrite par Baker, en 1893, pour une
plante que Baron avait récoltée dans le Nord. & Les fleurs, écrivait alors le botaniste anglais, sont aussi grandes que celles du $S. grandiflora, mais linvolucre est en forme de clochette, au lieu d'être enroulé, et il ne présente pas les nombreux plis étroits et verticaux qui sont si évidents
1. — Keiw Bulletin, 1893, p. Il, CCXCII Decades Kewensis - Decus IV.
dans ce dernier. » Une courte description précédait cette remarque. |
M, Perrier de la Bâthie a recueilli trois plantes que nous avons identifiées avec cette même espèce. Comme elles ont été récoltées à des époques différentes, donc à des degrés variés de développement, nous avons pu en faire une étude très complète.
L'échantillon n° 3053 provient d'un arbre de 8 à 10 mètres, déjà rencontré, en septembre 1908, par M. Perrier sur les sables crétacés des environs d'Ambalobé (Grande Terre). Les rameaux, Comme toutes Îles parties de la plante, d'aiileurs, sauf cependant la face supérieure des feuilles, sont très velus. Les fleurs sont complètement épanouies à cette époque de l'année.
Le deuxième spécimen (n° 3022) fut trouvé, en mars 1909, sur la côte Nord-Ouest, et probablement dans la même région où Baron l'avait lui-même signalé pour la première fois, seize ans auparavant. Et le collecteur note à nouveau l'aspect curieux de cet arbre, velu de toutes parts, sauf toujours en dessus des feuilles. Les collines sèches des environs d'Andranosama, dans la province d'Analaïava, en sont couvertes. En mars, la plante est en boulons.
Enfin, en juin 1909, la même espèce est retrouvée à moins de 900 mètres d'altitude, sur des grès liasiques dans les vallées du Sambirano et du Zangoa, c'est-à-dire toujours dans la partie septentrionale de l’île. Cet échantillon (n° 5026) provient d'un arbre de 19 à 15 mètres, qui, associé à une autre espèce, ou seul, forme là de très vastes massifs. Le botaniste est encore frappé par la quantité énorme de poils qui couvrent surtout les jeunes rameaux. Sur le vieux bois, plus ou mois glabre, l'écorce est grisàtre, crevassée, et le bois blanc jaunâtre est très dur.
Les feuilles du S. codonochlamys sont entières, alternes, persistantes et coriaces. Elles sont oblongues ou ovalesallongées. Baker indique qu'elles sont courtement pétiolées ; cependant nous avons rencontré fréquemment des pétioles de 1 ‘/" de long. L'échantillon-type de Baron ne porte
pas de date de récolte ; aussi avons-nous tout lieu de supposer que Baker ne s'est pas trouvé en présence de la plante arrivée à son complet développement. Les dimensions qu'il indique pour le limbe (6 ‘/" 1/2 long, 3 ‘/" 1/2 large) sont, en effet, inférieures à celles de nos échantillons, dans lesquels la longueur atteint 10 à 13 ‘/" et la largeur, 3 à 4 °j".
Un de nos spécimens, le n° 3033, présente d'ailleurs un curieux caractère de dimorphisme foliaire qui n'a pas, semblet-il, été signalé jusqu'alors, dans la famille des Chlnacées. Les feuilles, oblongues ou légèrement lancéolées, à base atténuée et sommet plus ou moins acuminé sont bien en majorité. Mais il existe aussi d'autres feuilles, moins nombreuses, elliptiques, à base arrondie, et dont le sommet est souvent légèrement mucroné. Les dimensions du limbe sont alors réduites à 8 ‘" de long et 3 ‘/" de largeur.
Comme nous l'avons dit, les feuilles portent, en dessous, des poils nombreux, mous et couchés. La nervure principale et les deux sillons de chaque côté sont bien marqués. Les bords du limbe sont légèrement enroulés en dessous.
Les fleurs sont groupées, comme l'avait bien dit Baker, en cvmes corvmbiformes. Ces inflorescences sont terminales, ce que n'indique pas l'auteur, et condensées.. Dans léchantillon 3022, en boutons, il v a des panicules axillaires de 2 à 3 fleurs. Le bouton est curieux par la présence de deux longues bractées vertes, imbriquées et très velues (2 °/" de longueur, 4 "/" de diamètre) qui protègent plusieurs fleurs. Ces bractées, que lon ne retrouve pas sur la plante en fleurs, sont très caduques. Le pédoncule floral est très velu ; il atteint 7 à 8 "/" de longueur.
La coupe involucrale à un diamètre de 8 "/" 1/2, une hauteur généralement égale, mais qui peut cependant alteindre parfois 1 ‘/"05. Cet involucre est comme hérissé de poils dressés, courts, raides et serrés. La grande épaisseur de l'organe est à noter dans cette espèce (2%). La lorme générale rappelle bien celle d'un grelot, justifiant partaitement le nom donné, La face interne de la coupe porte égale-
ment des poils, mais ils sont plus longs et plus soveux qu'en dehors. Les cinq dents de cet involucre sont deltoïdes; elles mesurent 3 " "et sont dirigées obliquement en dedans: Elles contribuent ainsi à tenir en partie l'organe fermé ; de fait, l'orifice supérieur a un diamètre réduit à 3 ”/* 1/2 à peine. Le calice est constitué par trois sépales ovales, très petits, presque aussi longs que larges (5 "/" x 4 m/m),
La corolle a cinq pétales, d'un blanc très pur, dont le bord droit est recouvrant. [ls sont spatulés, avec un onglet de 3 "/" très net ; la lame, qui porte de fines nervures; mesure 2 ‘/" de longueur et 1 ‘/" 3 à 1 ‘/" 4 de largeur au tiers supérieur.
Le disque, en forme de coupe basse (1 ”/") très évasée, a 9 "/" de diamètre. Il v a cinquante élamines à filets inégaux, Les moins suivant les échantillons ; nous avons noté a lonoueurs variant de 1/"8à2°"5., Les anthères, à connectif étroit, sont globuleuses ; leur longueur (1 ”/*) ne dépasse ouère leur diamètre (0 ”/" 8). La déhiscence est introrse, mais les filets sont tordus et les anthères déjetées en dehors, aractère très particulier, on Fa vu, aux Chlænatées. Le pislil a une longueur totale de 2‘/" 1/2; l'ovaire est petit, piriforme, de hauteur double (3 "/”), de son diaméètre (1 "/" 1/2). Cet ovaire est surmonté d'un long style creux, portant trois sillons longitudinaux, qui correspondent aux trois lobes du stigmate étoilé. Le diamètre de ce stigmate (3 "/" 1/2) dépasse beaucoup sa hauteur (1 ”/" 1/2).
Nos échantillons ne portaient pas de fruits ; ceux-ci n'ont Jamais été vus auparavant.
». — Sarcochlæna oblongifolia nov. sp.
Arbor, foliis oblongis, 1 €/n 1/2 —2 cjw 1/2 latis, 4 tu — 7 t/ longis, Flores bini terminales, involucro subtus piloso, 5 — dentato ; sepalis 3,
ovalibus, 4 m/m atis, 6 M/m Jongis ; staminibus 50 æqualibus : stigmato trilobato .
Nous avons appelé ainsi une plante que M. Perrier de la Bâthie a trouvée vers 1.400 mètres d'altitude, dans le Centre
PI. EL — SARCOCHLÆNA OBLONGIFOLIA nov. sp.
de l’île. L'échantillon porte le n° 3006 dans lherbier !, Il provient d'un arbre de 8 à 12 mètres qui croit sur les quartzites, dans les bois à tapia de la province d’Ambositra, entre Ambatomintra et [tremo. Par son port, d'ailleurs, cette espèce ressemble bien, d'après M. Perrier, à un tapia. Son écorce pubescente, de couleur grise-argentée, porte de nombreux plis et des stries longitudinales ; elle est très rugueuse.
La plante nous avait d'abord paru se rapprocher un peu, par ses fleurs, du S. grandiflora, mais elle en diffère nettement, non seulement dans ses parties florales, mais aussi par ses feuilles. Celles-ci sont entières, alternes, persistantes, ovalesallongées et lancéolées, à sommet aigu. La face supérieure est brillante, glabre, vert foncé, tandis que la face inférieure est blanchâtre, grisàtre ; on voit en dessous, en effet, par places, des poils blancs très courts. [est probable qu'ils sont normalement bien plus nombreux qu'il est possible de le constater sur un échantillon desséché.
Avec ses bords légèrement enroulés en dessous, le limbe mesure encore 4 à 7 ‘/" de long et 1‘/" 1/2 à 2‘</" 1/2 de
ni Im
largeur. À Ja base du pétiole, long de 4 à » . sont deux
stipules étroites, longues de 4 à 5 "/", très caduques. La nervure principale déprime surtout la moitié supérieure de la feuille, en dessus ; les sillons latéraux existent toujours, et nous altachons une certaine importance à ce caractère, qui, joint à d'autres, nous a fait classer sans hésitalion cette
plante nouvelle dans le genre Sarcochlæna.
Fous ces détails et ceux qui seront indiqués plus loin sont bien visibles sur la planche FE
Les fleurs sont groupées par deux ou trois, landis que celles du S. grandiflora sont en eymes corvmbiformes. Le pédoncule commun atteint 1°" à 11/2 de long, alors que chaque pédicelle floral ne dépasse pas O0 Fa 0 TS.
È Un autre échantillon, rapporté plus récemment par M. Perrier de la Bâthie, d'Antsirabé, et portant le n° 5339, décembre 1913, a été identifié pa
nous avec celle espèce nouvelle,
L'involucre est très développé ; il a, dans presque toute sa hauteur, un diamètre uniforme de 1 ‘/* 1/2; il porte cinq dents triangulaires et son épaisseur a 2 à 3 "/", On voit nettement à la loupe, malgré un duvet assez marqué de poils courts, sa surface ridée. I diffère donc beaucoup, par tous ces points, de l'involucre du S. grandiflora. La face interne de la coupe involucrale porte des poils nombreux, serrés, plus longs que ceux du dehors.
Le calice est formé de trois sépales ovales, de 6 m/m de long et 4 m/m de large, donc assez réduits, et de couleur verte.
La corolle à cinq pétales, tordus dans le bouton, beaucoup plus grands que les pièces du calice. Leur lame, d'un beau blanc, mesure 2 €/" 3 de longueur, et 1 t/1 3 de largeur au tiers supérieur, mais elle se rétrécit très brusquement en un onglet de 7 à 8 m/m de Tong, qui tranche nettement par sa couleur jaunâtre.
Le disque, intermédiaire à la corolle et l'androcée, forme un anneau finement denté, de 4 m/m de hauteur,*Cest dire qu'il est haut, puisque seul le disque de S. grandiflora l'est presque autant (3 m/m),.
L'androcée compte cinquante étamines aussi longues que les pétales, égales, et insérées sur l'ovaire, Les filets mesurent, suivant le degré de développement des fleurs, 1 t/m 8 à 2 c/m de longueur ; les anthères petites, subglobuleuses et introrses, sont cependant tournées en dehors par suite de la torsion des filets.
Le pistil est long (2 t/"n 6), L'ovaire, piriforme, triloculaire, est entouré d'une véritable collerette de poils, longs de 4 m/m, Le style libre qui le surmonte est terminé par un stigmate composé, trilobé. Ce sligmate ressemble beaucoup à celui du S. eriophora, mais notre espèce. diffère nettement de ce dernier par ses autres caractères foliaires et floraux. Nous n'avons pas vu le fruit.
Il. — Genre Xerochlamys
Baker, créant ce genre en 1882 pour le Xerochlamys pilosa, y faisait entrer peu après, comme nous l'avons dit, trois Sarcochlæna de Baillon. Il y ajoutait encore, mais beaucoup plus tard, le X. pubescens.
Pour des raisons d'ordre morphologique que nous allons exposer, nous nous sommes rallié, à propos de ce genre, à l'opinion du botaniste anglais. D'autres raisons d'ordre anatomique, que nous indiquerons dans un chapitre spécial, nous ont confirmé pleinement dans cette décision.
Comme on la vu dans le paragraphe précédent, Îles Sarcochlæna sont des arbres de 8 à 15 mètres. Au contraire, les Xerochlamys connus avant notre étude sont, on le verra plus loin, des arbustes ne dépassant pas 1 ou 2 mètres. Il y a d’ailleurs les mêmes différences marquées dans les feuilles, les fleurs et l'involucre. Si les feuilles des Sarcochlæna sont, en effet, glabres en dessus, ovales-aigues, allongées ou oblongues, avec leur nervure principale bien marquée et des sillons longitudinaux caractéristiques, celles des Xerochlamuys sont très velues, petites, obovales et sans sillons latéraux. Les fleurs des Sarcochlæna sont grandes, celles des Xerochlamys sont petites. L'involucre des premiers est volumineux et charnu, celui des seconds est réduit et très sec.
Il y a encore d'autres raisons qui justifient bien la séparalion des deux genres.
C'est ainsi que Baker! dit fort justement que Dupetit Thouars avait réuni à tort les Xerochlamys aux Leptochlæna, puisqu'ils en diffèrent par linvolucre sec, les étamines en nombre indéfini (nous verrons que les Leptochlæna n'ont que 10 étamines), l'ovaire avec de nombreux ovules par loge (les Leplochlæna n’en ont que 2 dans chaque loge). À cela nous pouvons ajouter que le fruit diffère aussi, notablement, dans les deux genres.