‹ Annales du Muse colonial de MarseilleChapitre 257 sur 363 · Leptochlæna pauciflora Bak · texte numérisé non relu

Leptochlæna pauciflora Bak

C'est en 1862 que Meller, le premier, récolta cette espèce dans les régions de Tamatave et de Tananarive. Baker ne la décrivit que beaucoup plus tard’. Baron * la retrouva encore dans les forêts de l’Imerina, au Centre de l'ile. Elle est très différente du L. multiflora, parce qu'elle a comparativement peu de fleurs et que ses feuilles sont obtuses. Nous avons eu plusieurs échantillons de cette espèce. M. Perrier l'a, en effet, déjà retrouvée en septembre 1911, vers 2000 mètres d'altitude, sur des collines sèches et gneissiques du Centre ; et l'échantillon 3004, portant des fruits, provient des brousses éricoïdes du massif d'Andringitra. Puis, en janvier 1912, M. Perrier retrouvait la plante en fleurs dans des bois à tapia, aux environs d’'Ambatofanandarana, dans la province d'Ambositra, vers 1400 mètres d'altitude ; ce spécimen porte le n° 3007.

Du Centre encore proviennent les échantillons 9337, recueillis, en novembre 1913, à Antrazobé, toujours à 1900 mètres d'altitude ; puis, en février 1914, notre collecteur rencontrait sur les rocailles plus élevées du mont Ibity (2 à 3009 mètres), au Sud d’'Antsirabé, la même plante (n° 5341). Elle fut recueillie, enfin, plus récemment, en juillet 1914, sur les dunes littorales des environs de Tamatave, où l'avait, pour la première fois, récoltée Meller, il y a plus de 50 ans. Ce dernier échantillon porte le n° 5342 de l'herbier Perrier.

L'abondance des échantillons de cette plante, à divers

1. Journ.:.of Lond, :Lin.: Soc:, loc. cit.:XX,:96. 2. Journ. of Lond. Lin. Soc., loc. cit, XXV, 254.

degrés de développement, nous permet d'en donner une description complète.

C'est un arbre très rameux et feuillu, de 4 à 12 mètres. L'écorce en est plus ou moins rugueuse, suivant qu'on considère les vieux rameaux ou les jeunes pousses. Celles-ci portent des poils courts assez nombreux, tandis que ceux-là sont glabres.

Les feuilles sont, en général, petites, mais extrêmement nombreuses et serrées : elles sont obtuses ou ovales-arrondies aux deux extrémités, surtout à la base. Quelques-unes sont obcordées.

Elles sont coriaces, généralement glabres. On ne voit de poils, en effet, qu'en dessous des feuilles jeunes, et encore presque exclusivement sur les nervures. Le limbe est entier, vert-brunâtre, plus foncé en dessous. La longueur varie de 10 à 12 "/”, sa largeur de 6 à 10 "/". Le pétiole est court Qi m/maàa1"/"1/2). Les bords sont légèrement enroulés en dessous, et la nervure principale, très marquée, est proéminente des deux côtés.

Les fleurs sont blanches, petites et peu nombreuses, soliaires ou par deux à l'extrémité des rameaux, rarement axillaires. Les pédicelles (2 "/" de long) sont très poilus.

L'involucre est en forme de coupe, plus haute (5 à 6 "") que large (4 */" 1/2). Il est très tomenteux, en dehors comme en dedans, où les poils sont encore plus nombreux. Il v a 6 ou 8 petites dents triangulaires de 1 "/" environ de côté.

Le calice compte 3 sépales poilus, et cela surtout dans la partie supérieure de la lame, qui a 3 m/m de largeur. La longueur est de 4 à 5 "/", Les pièces du calice sont jaunàtres ; on y voit, en dedans, des tâches noirâtres punctiformes.

La corolle a 5 pétales spatulés, longs de 2 ‘/", avec un onglet de 1 m/m 1/2 de long et 2 m/m de large.

L'androcée est typique, avec 10 étamines à filets très grèles en deux verticilles. Ces étamines, qui ont respectivement 7 "/" et » m/m de longueur, sont insérées sur

le bord interne du disque et ont des anthères toutes petites et introrses.

Le disque est très poilu ; il a 3 m/m de hauteur et ses poils sont très soyeux, de longueur inégale.

Le pistil mesure 9 à 10 "/" de longueur totale ; l'ovaire est bas et est surmonté par un style grêle portant 3 sillons longitudinaux. Un stigmate trilobé le termine.

Le fruit est un akène dont le diamètre mesure 4 "/" 1/2. Il est littéralement enfoui dans l'involucre, qui est tapissé de poils à sa face interne. I est d’ailleurs fortement accru, puisque sa hauteur est maintenant de 7 m/m, sa largeur de Gare

Cette enveloppe involucrale est très riche en tannin et très acerbe.

Baron ‘a signalé, à propos de cet arbre, un phénomène curieux : sur le tronc et toutes les branches, il y a, à une certaine époque de l’année, un écoulement d'eau continu qui est suffisant pour tenir le sol entièrement humide. Ceci est causé par un grand nombre d'hémiptères groupés dans un liquide gluant. :

On peut en fournir une explication analogue à celle du phénomène du ‘ tami caspis ”, ou ‘‘ arbre à pluie”, des Andes Péruviennes orientales.

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