Adansonia, loc. cit. 1873, X
forment donc une cupule de 1‘/"de diamètre et de hauteur. À la partie moyenne, il y a une sorte de bourrelet, généralement couvert de poils qui sont groupés en petites touffes serrées, tronconiques. Puis, au dessus, l’involucre se rétrécit, comme le décrit minutieusement Baïllon, ‘‘ en une collerette frangée formée de petites baguettes rigides dressées en nombre indéfini, chargées de nombreux poils qui en font autant de faisceaux d'abord dressés ”. Tout ceci dans le bouton.
Mais, dès que la floraison est terminée, toute la collerette se rabat intérieurement sur l'orifice de l'involucre qui se trouve obstrué. ‘On ny voit plus alors, ajoute Baillon, qu'une ouverture centrale répondant au sommet du gynécée. Tout le reste de la fleur, calice, corolle, androcée, est alors comme séparé et chassé par cette collerette et se détache en une seule masse du réceptacle floral”.
Nous verrons un peu plus loin la forme définitive de cet involucre à la fructification.
Le calice est constitué par 9 pétales complètement enroulés dans le bouton. Ils sont inégaux ; les deux externes obovales (plus petits) ont 18 "/" de hauteur et 14 m/m de largeur à la base ; la lame est charnue et couverte de poils courts et soyeux. Les 3 internes, plus grands, ont leur bord gauche recouvrant et mesurent 2 °/" 3 de longueur, 3 ‘/" à la base : ils sont moins charnus que les deux extérieurs.
La corolle a 5 pétales alternants avec les pièces du calice, de couleur blanc-rosée ; ils sont très chiffonnés et recouvrants en sens inverse des sépales. La lame est ovale et mesure 3 ‘/" de longueur et 2 t/" de largeur moyenne.
Le disque nest plus, ici, à bords crénelés ou en forme d'anneau ou de gobelet uni comme dans la plupart des autres Chlænacées, mais il est constitué par 5 grandes écailles alternisépales. Son diamètre est de 5 à 7 M/m, sa hauteur de 4 »/®, Il porte des soies longues de 8 à 10 "/".
L'androcée est formé de nombreuses étamines disposées en o grands faisceaux, insérés à la face interne de ce disque, au fond de l'ovaire. Ces étamines, à anthères introrses, réfléchies, sont longues (2°/" 2).
Le pistil a une longueur totale de 2°/" 7. Il est constitué par un ovaire triloculaire que surmonte un :style creux, à trois cloisons longitudinales incomplètes, correspondant à celles de l'ovaire. Dans chaque loge ovarienne, il y a 15 à 20 ovules anatropes, descendants. Le style est long, le stigmate peu dilaté.
Le fruit est très bien décrit par Baïllon et représenté dans l'Atlas de Grandidier '. Nous citons, ci-après, les caractères qui en sont donnés : ‘* C'est un sac de la grosseur d'un petit œuf de poule, à paroi épaisse et comme ligneuse, avec une ouverture supérieure d'environ 1 ‘/* de diamètre. Cet objet ressemble tout d’abord à un péricarpe, du sommet duquel se serait détaché un petit opercule rappelant le fruit de certains Lecythis. Quelquefois la forme est sphérique ou même plus large que haute, mais toujours avec ouverture circulaire supérieure. Pas de graine ; la plus grande partie de la cavité est vide, mais, quand on fend le sac suivant sa longueur, on aperçoit un fruit sessile, globuleux, de la taille d'un gros pois couvert d'un duvet velouté, brunâtre, parcouru en dehors par 3 sillons longitudinaux peu profonds qui séparent, les uns des autres, 3 lobes peu proéminents et surmontés d'un reste de style persistant. Dans une coupe transversale, on voit trois loges qui renferment chacune un certain nombre de graines, insérées dans leur angle interne (8 le plus souvent dans chaque loge).
Ce sac n'est autre chose que linvolucre, accru, durci, lignifié. Les graines sont incomplètement anatropes et concaves convexes. Le micropyle répond à une sorte de bec court que porte le bord de la semence au sommet, tandis que le hile est à peu près au centre de leur face concave.
L'embrvon est à radicule arquée ; 2 cotylédons, ovales, membraneux, s'appliquent dans la concavité lun de lautre.
L'albumen, périphérique, charnu, est assez abondant.
1. Atlas de Grandidier : Plantes de Madagascar, pl. 106 et 107.