Xylochlæna Perrieri nov. sp
Arbor ramulis junioribus pilosis, foliis multis, subtus luteis, supra viridibus, venis alternis, obliquis, lHimbo margine subtus implicato. Involucrum biflorum, multis bracteis carnosis imbricatis ; sepalis 5, quorum 2 minores, petalis 5, purpureis, 2 €/m 1/2 latis, 3 C/m longis ; disco integro, longe setoso; staminibus multis. Fructus turbinatus, ruber, pilosus, 2 ©/m 1/2 diam., 2 €/m 1/2 - 2 c/m 8 altus.
Nous avons créé cette espèce nouvelle pour une plante, encore plus ornementale que la précédente, que M. Perrier a récoltée en novembre 1909, au Nord-Est, donc à l'opposé de l'habitat signalé jusqu'alors pour le X. Richardi.
L'échantillon (n° 3018) de lherbier Perrier provient d'un
arbre de #4 à 10 mètres, plus grand donc que le précédent, qui pousse dans les bois secs et granitiques du bassin de la Loky. L'écorce est rugeuse, grisàâtre, crevassée en long sur les ‘ameaux âgés. Les jeunes rameaux sont verts, plus bruns et très poilus. Ces poils sont aigus, dressés, très longs, puisqu'il arrive que, pour des rameaux très grêles de 3 n/" de diamètre, les poils qui les recouvrent atteignent 2 "/" de long. * Les feuilles, nombreuses, grandes et très décoratives, sont entières, alternes, persistantes, ovales-arrondies. Le limbe est verlen dessus, jaunâtre en dessous ; ses bords entiers sont régulièrement enroulés, formant une étroite bordure. Ainsi réduites, ces feuilles mesurent encore 5 à 6 t/" de long et 3 c/m 1/2 à 4 c/m 1/2 de largeur. Le pétiole est fortement poilu et court (7 à 8 m/m). Les mêmes poils blancs dressés se retrouvent sur les feuilles et sont surtout nombreux en dessous. La nervure principale et les nervures secondaires sont dressées, très saillantes en dessous, et dépriment fortement le limbe en dessus. Les nervures secondaires sont curieusement disposées, obliques et alternes, parfois opposées, souvent divisées ; elles dessinent un réseau Caractéristique sur les deux faces, mais plus particulièrement visible en dessus.
La planche XI montre bien ces détails, ainsi que les caractères floraux que nous donnons maintenant ci-contre.
PI, XI. — XYLOCHLÆNA PERRIERI nov. sp.
Les fleurs sont terminales, et par deux dans le même involucre, qui ressemble beaucoup à celui du X. Richardi, décrit en détail au paragraphe précédent. Nous donnerons cependant les caractères spéciaux à cet organe dans notre espèce nouvelle, ils varient ici encore avec son développement.
Dans le bouton, cet involucre est comparable au précédent ; il est petit, et seulement plus ou moins ovale, au
lieu d’être cylindrique.
Mais, à la floraison, il s'est déjà accru considérablement, et la coupe mesure alors 1 "8 dans le plus grand diamètre, 1 «/m 4 dans la largeur. La partie inférieure est noirâtre et réduite, et n'est pas beaucoup plus large que le diamètre du pédoncule floral. Mais une collerette annulaire, jaune-verdàtre, de 1 "/" 1/2 à 2 "/" d'épaisseur, occupe la partie moyenne ; cette collerette est constituée par un assemblage curieux de très nombreuses petites bractées, charnues et velues. Ces bractées mesurent en moyenne, 2 "/" de hauteur et une largeur de 1 m/m à la base. Elles sont imbriquées sur 5 rangées, et de bas en haut, à la facon des tuiles d'un toit.
À l'intérieur de la coupe involucrale ainsi constituée sont les deux fleurs, souvent inégales, mais l'une et l'autre très brillantes et décoratives.
Le calice a 5 sépales imbriqués et enroulés dans le bouton. Ils sont libres, très inégaux, obovales ; les 3 plus grands mesurent, quand la fleur est épanouie, 3 ‘/" de hauteur et 2 /% 1/2 de largeur ; les 2 petits extérieurs n’atteignent pas plus de 7 à 8 m/m de hauteur et 4 m/m de largeur.
Si les sépales intérieurs paraissent doubler de grandeur du bouton à la floraison, il n'en est pas de même des deux petits sépales extérieurs, qui n'ont pas augmenté sensiblement de dimensions à ces deux stades différents.
La corolle comprend 5 pétales de couleur pourpre, également enroulés et tordus dans le bouton, très chiffonnés et agrandis à la floraison. Leur longueur est alors double (5 ‘/*) de leur largeur (2 ‘/" 1/2). La lame est très fine,
délicate, veloutée,
Le disque est un anneau régulier, non découpé ; il ne porte pas les longs faisceaux de poils signalés dans le Xyl. Richardi.
L'androcée comprend de très nombreuses étamines, inégales, groupées en faisceaux de 15 à 20, mesurant 2 à 3 m/m de longueur.
Le pistil dépasse largement, par sa tête stigmatifère, les plus grandes étamines ; l'ovaire est réduit, et, dans chaque loge ovarienne il y a de nombreux ovules anatropes, descendants.
Le fruit diffère nettement de celui du X. Richardi. Au lieu d'être ovoïde, glabre, brun-noirâtre, il est constitué par un sac ligneux turbiné, de la même teinte pourpre vif que les pétales. Mais cette coloration est masquée par un très fin duvet de poils soyeux très serrés et dressés. (Voir la planche XIT ci-contre, qui représente les 2 fruits si différents des 2 Aylochlæna).
Il n'y a plus d'involucre enveloppant ; le fruit est nu. Il a la forme d'un cône irrégulier, renversé, dont le sommet serait porté par le pédoncule. La longueur de ce fruit est de 2 t/m 1/2 à 2c/m 8 ; le diamètre de la partie supérieure tronquée atteint 2 ‘/" à 2(/m 1/2. Les bords en sont légèrement relevés, dessinant une coupe très étalée, au centre de laquelle le sommet de l'ovaire fait saillie.
Cet arbre diffère notablement de l'espèce précédente ; nous l'avons nommé Perrieri, en l'honneur du botaniste qui en a le premier récolté des échantillons à Madagascar.
PRENET:
Fruits de
XYLOCHLÆNA RICHARDI et XYLOCHLÆNA PERRIERI
(a gauche) à droite