Écorces de Parkia biglobosa
Le Parkia biglobosa, ou Parkia africana, est un bel arbre de 12 à 15 mètres de hauteur, à feuilles deux fois composées et à fleurs rouges, disposées en boules. Les gousses noires, linéaires et un peu en faucille, de 27 à 40 cm. de longueur sur 13 mm. de largeur, sont complètement remplies, dans les intervalles laissés par les graines, par une pulpe d'abord spongieuse et blanche, puis granuleuse et jaune clair. Les graines plongées dans cette pulpe sont elliptiques, comprimées, à épais tégument brun. Cette espèce est largement répartie dans toute la zone tropicale africaine ; on la retrouve dans le Haut-Nil et au Congo. En Afrique Occidentale Française, elle habite les zones soudanienne et guinéenne. C'est le nété et le néré des Bambaras, le oulle des Ouolofs, le houlle et le néri des Soussous, le kombé des Bandas, etc. Il joue un rôle important dans l’alimentation indigène, soit par ses graines, qui, torréfiées et fermentées, donnent une sorte de fromage (sumbara) qu'on conserve en tablettes et qui sert de condiment, soit surtout par la pulpe de ses gousses. Cette pulpe (ou pain d'épice d'Afrique) réduite en farine se présente sous l'aspect d'une poudre jaune d'or, un peu humide au toucher, s’agglomérant facilement par pression, d'odeur douce et de saveur fortement sucrée et mucilagineuse. Elle contient, d'après des analyses de M. Crété, 25 °/, environ de saccharose, 20 °/, de sucre réducteur, 1 à 1,30 °/, de substances grasses, et des matières pectiques correspondant à des pectanes et à des galactanes. La pulpe de nété, qui n’est donc pas amylacée, mais plutôt sucrée et mucilagineuse, à déjà été employée avec succès en Europe pour l'alimentation des jeunes enfants. Les graines plongées dans cette pulpe se composent de 33 °/, environ de tégument et 66 °/, d'amande, et celle-ci renferme près de 25 °/, d'une huile jaune paille
qui a pour indice d'iode 82,8)4, et, pour indice de saponification, 192. Après torréfaction, les graines peuvent servir à préparer une infusion rappelant le café. Les enveloppes des wousses servent au Fouta-Djalon pour intoxiquer le pois son.
(Heckel et Schlagdenhauffen : Du café du Soudan, Parkia biglobosa, au point de vue botanique et chimique. Journal de Pharmacie et de Chimie, 1887, — A. Chevalier : Les Parkia de l'Afrique occidentale. Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle, 1910. — L. Crété : Le nété et quelques autres Parkia de l'Afrique occidentale, Vigot, Paris, 1910.)
107-108. Gousses de Dialium nitidum (Sénégal). — Léqumineuses.