CHAPITRE TROISIÈME
Ce Chapitre traitera de l'anatomie des Chlænacées.
Les observations qui ont été antérieurement publiées sur la morphologie interne des Chlænacées sont peu nombreuses et incomplètes ; et, si l’on met à part l'étude de Solereder ‘ , les autres sont sans importance. Nous les avons reprises et complétées sur les points que nous allons indiquer. Ceci surtout dans le but d'apporter, à l’étude de morphologie externe qui a fait l'objet du Chapitre If, une confirmation nécessaire à l'établissement d’une classification rationnelle.
Nous donnerors tout d’abord les caractères généraux communs à la famille, puis nous exposerons, dans une deuxième partie, les données de morphologie interne pour chaque genre séparément.
[. — Caractères anatomiques généraux Tige. — Une section transversale de la tige montre une
écorce faite d'assises de cellules concentriques. Dans l'écorce primaire, on trouve des cellules à mucilage, assez nombreuses dans certains genres ; comme nous Île verrons, elles sont plus rares dans d’autres et disparaissent, en tous cas, dans les plantes âgées.
On rencontre quelquefois des cellules pierreuses ; c'est le cas du Sarcochlæna multiflora.
L'écorce secondaire présente des bandes de fibres parfois unies entre elles par des rayons de parenchyme selérilié.
1. Systemakèsche anat. der Dikotyledonen, 4, 15, 146 (trad, angl.) Chlænacées.
À noter que Schumann a écrit à tort qu'il n'y a pas de sclérites dans les tiges des Chlænacées.
Cependant V. Tieghem est d'accord avec Solereder ‘ sur l'existence de cellules à gomme, que l’on rencontre fréquemment en effet.
Il y a toujours des cristaux d’oxalate de chaux, ainsi que nous l'avons constaté.
Le péricycle contient souvent, ainsi que l'écorce secondaire, des groupes isolés de fibres. D'après Van Tieghem, le liber secondaire est fortement stratifié et nous avons vérifié le fait dans plusieurs espèces.
Le bois montre des vaisseaux peu nombreux et isolés, à lumière plutôt étroite. Les parois sont toujours épaisses ; et les cavités bordantes sont caractéristiques. Le développement du parenchyme ne se fait d’ailleurs absolument que par places.
Les parois des cellules de ce parenchyme ligneux sont aussi assez épaisses.
La moelle ne comprend que 1 à 2 rangées de rayons
médullaires, avec de grandes cavités elliptiques “qui les séparent des vaisseaux. Il y a quelquefois des cellules scléreuses, plus ou moins abondantes. On trouve toujours des cellules mucilagineuses à tanin. |
Pédiceiles fructifères. — La culicule est très épaisse.
Les cellules épidermiques se prolongent par des poils plus
ou moins longs, dont la membrane est toujours très cutinisée.
L’écorce est épaisse ; on voit, par endroits, des cristaux ou des mâcles d'oxalate de chaux. Une sécrétion mucilagineuse assez abondante, et confinée dans les espaces intercellulaires, est très caractéristique de l'écorce des Chlænacées .
Le péricycle est hétérogène, et contient des massifs fibreux séparés par des ilôts de parenchyme. Il y a aussi parfois des faisceaux qui se transforment en un anneau continu.
1. Systematische anat. der Dikotyledonen, loc. cit. p. 145 et 146.