Caractères d’affinités avec les familles voisines
De Candolle, puis Baiïillon avaient bien marqué Îles analogies des Chlænacées avec les Malvacées d'une part, et celles, également très nettes par certains caractères, de ces mêmes Chlænacées avec les Tiliacées, les Ternstræmiacées ! et les Diptérocarpacées, d'autre part. |
À part les Tiliacées, qui ont une préfloraison valvaire, les ressemblances étaient surtout marquées dans le calice imbriqué et l'androcée diplostémone, et aussi dans tous Îles organes que nous allons passer en revue successivement.
a) Galice. — Non seulement l'imbrication des sépales rapproche les Chlænacées des Diptérocarpacées, des Malvacées et des Ternstræmiacées, mais le calice s'accroît quelquefois après la floraison dans certaines Diptérocarpacées dont le fruit est dépourvu d'ailes. Tel est le cas du Pachynocarpus. Par contre, dans les Ternstræmiacées, ce calice s'accroît très rarement : on ne rencontre probablement qu'une, peut-être deux espèces de cette famille à Madagascar. Et encore, pour l'une d'elles, ne peut-il s'agir, d’ailleurs,
1. Bull. Soc. Lin. Paris, n° 70, 1886, p. 455. ‘‘ Types nouveaux de la flore malgache ”
que du Rhodochlæna altivola, rangé, sous un autre nom, jusqu'en 1885, dans les Ternstræmiacées.
b) Androcée. — Cette confusion était due précisément à ce que les Tiliacées ont leurs étamines soudées à la base en une sorte de tube annulaire, Mais il y a bien une différence marquée, puisque le disque des Chlænacées est absolument indépendant de l'androcée, comme on l'a vu au cours de notre étude. |
Par contre, il y a une certaine ressemblance entre le genre Leptochlæna et certaines Diptérocarpacées, dont les élamines définies sont également insérées à la base du disque et en 2 verticilles alternants de 5 étamines : l'un dans lequel celles-ci sont oppositipétales, l'autre dans lequel elles sont oppositisépales.
De même encore les anthères des Chlænacées, plus particulièrement dans les genres Sarcochlæna et Xerochlamys, rappellent par leur forme celles de certaines Malvacées. Les Hermanniées, notamment, constituent une tribu de cette dernière famille, à anthères biloculaires, déhiscentes de haut en bas par deux fentes longitudinales, de longueur variable. Certaines Hermanniées sont de Madagascar, et les Chlænacées, elles aussi, ont bien deux fentes de déhiscence longitudinales, qui se réunissent toutefois souvent en une seule fente vers le sommet de l'anthère.
c) Fruit. — Le fruit tricoque, mais non déhiscent, des Aylochlæna rappellerait un peu le fruit de certaines Euphorbiacées.
d) Viscosité de l’involucre. — Comme nous l'avons indiqué à propos d'une nouvelle espèce (Schizochlæna viscosa), la curieuse particularité de l'enveloppe involuerale, considérablement accrue, qui préserve les graines contre la sécheresse, fait penser à certaines Rosacées. EE la matière agglutinante qui permet aux semences de germer remplirait, à notre «vis, vis-à-vis d'elles, un oflice analogue à celui de
la pulpe des certaines de ces Rosacées.
g) Anatomie de la tige. — La structure interne de la tige des Chlænacées, par la moelle et l'écorce, rappelle aussi deux des familles déjà citées plus haut. L'écorce, notamment présente des analogies avec celle des Diptérocarpacées, tandis que la moelle, par ses cellules à gomme ou à mucilage, ressemble beaucoup à celle de certaines Malvacées.