‹ Annales du Muse colonial de MarseilleChapitre 327 sur 363 · JUL · texte numérisé non relu

JUL

2 &. DE WILDEMAN

n° 316. — Nom indigène : Malende, Asande) ;: Gumbari, 1906 (F. Seret, n° 473) ; environs de Luluabang, 1913 (Sparano, n° 49); entre Kimpuki et Dilolo, 1908 (A. Sapin) ; .Moanda, avril 1913 (H. Vanderyst, n° 59.— Commun au bord de la mer; fruits comestibles ; nom indigène : Dizongiwa) ; Maiela, 1913 (R. Verschueren, n° 719 ; sol sablonneux, sec ou humide du

bord des criques ; nom indigène : Bisonguwa).

RAPHIA Pal. Beauv.

Le genre Aaphia paraît être fort bien représenté dans la flore congolaise ; malheureusement, si les agents de l'État, agronomes et forestiers, ont fréquemment indiqué sa présence dans diverses zones congolaises, en lui appliquant même des dénominations spéciales, 1ls ont bien rarement fourni des documents capables de permettre une définition rigoureuse.

On connaît les usages nombreux des diverses parties des Raphia. Nous avons, dans nos « Notes sur des plantes utiles ou intéressantes du Congo », attiré l'attention sur plusieurs d’entre eux ; et dans un chapitre de la « Mission‘permanente de la Cie du Kasai » !, nous avons fait ressortir la valeur des fibres enlevées aux épidermes des folioles, et qui servent à confectionner des tissus vraiment remarquables. M. le D' Beccari à, d’ailleurs, dans l’ « Agricoltura coloniale » de Florence, fait un résumé très précis de l’état des connaissances relatives sur l’utilisation des Raphia.

M. Pieraerts, du Musée du Congo, à Tervueren, a, dans la « Revue Congolaise » de 1912, publié quelques notes sur des fruits de Raphia, qu'il rapporte, d'après l'expéditeur M. Bonnard., au À. Laurenti et au À. vinifera.

Comme nous n'avons pas eu les échantillons entre les mains, nous n'oserions certifier l'exactitude de ces déterminations, d'autant plus que, nous le verrons, plus loin, 1l règne

4. Loc. cit., p. 228; quelques erreurs de plume sont restées dans ce travail, dont les épreuves n’ont pu être corrigées avec suffisamment de soin, le volume devant paraître pour l’ouverture de l'Exposition Coloniale de 1910.

des doutes sur les assertions de M. Bonnard quant à la valeur des diverses espèces de Raphia.

Il reste, dans la connaissance des représentants de ce genre, de très nombreuses lacunes à remplir.

Nous relèverons ici certaines données d'ordres divers : elles feront voir des opinions qui demandent vérification.

Dans des notes d'un de nos élèves et ami, A. Sapin, décédé en 1914, se trouvent, au sujet de la dispersion, au Congo, des Raphia, quelques renseignements qu'il n'est pas sans intérêt, croyons-nous, de reproduire 1c1.

Ce serait après avoir dépassé l'embouchure de la Lubefu qu'apparaitraient, sur la rive droite, vis-à-vis d'Idana (Cie du Kasai), des forêts de Raphia plus ou moins compactes.

Ces massifs de Raphia seraient souvent cachés au voyageur qui circule sur l’eau par des rideaux d'autres arbres ; et ils sont toujours localisés dans les terrains bas, inondés même aux eaux moyennes de la rivière, et toujours encore très humides aux eaux basses.

A une distance de 25 à 100 mètres du bord de la rivière, la forêt de Sese est compacte ; les plants s’y rencontrent, au maximum, à une distance de 3 mètres, et souvent à 30 ou 50 centimètres l’un de l’autre,

N'ayant pas examiné d'échantillons provenant de ces localités, nous ne pouvons certifier qu'il s’agit bien du véritable R. Sese, qui, d'après les notes, se reconnaîtrait de loin par ses feuilles de couleur vert-grisätre, par une couronne grêle et une tige (?) mince. Dans la région du Sarkuru, les forêts ne renfermeraient pas de 50 à 150 ARaphia par hectare, mais bien de 2.000 à 3.000 (?) : et, dans ces forêts compactes, le Raphia se développerait bien mieux que l'Elaeis.

Chez ce Raphia (Sese ?), fleurs femelles et fleurs mâles se développeraient sur des pieds différents. Cela est une assertion sujette à caution. Les plantes mâles seraient moins nombreuses que les plantes femelles. À la maturité des fruits, ceuxci tomberaient d'eux-mêmes, et les plantes dépériraient après fructification.

4 É. DE WILDEMAN

Entre l'embouchure de la Lubefu et Beni-Bendi, 1l existerait également quelques grandes forêts à Sese, de même qu’en aval de Basongo ; mais ces dernières seraient moins importantes. On prétend que, dans le Congo, de nombreuses îles sont en partie couvertes de Sese, depuis Lukolela jusqu’à Stanleyville. Les forêts à Sese sont surtout importantes entre Nouvelle-Anvers et Bumba ; elles seraient particulièrement remarquables aux environs de l'embouchure de la Mongala.

Un autre centre très important existerait sur la Mongala. Un agent aurait exploré, en 1893, cette rivière depuis ses sources jusqu à Mobeka. Dans toute la partie en amont de Monveda, sur environ 160 kilomètres, on trouve, presque sans interruption, le long des rives, le Sese, qui occupe toute la partie marécageuse de la région.

Dans la Fini, la Lukenie et la région du lac Léopold IT, les Raphia Sese (?) seraient également très nombreux, de même que le long de la Giri et dans le très grand marécage qui se trouve entre Musa et Nouvelle-Anvers.

Des documents photographiques laissés par'Sapin nous montrent la richesse indiscutable de ces régions, où, d'après ce voyageur, et comme nous l'avons fait observer ailleurs, les Raphia sortraient les premiers des eaux pour constituer petit à petit une terre ferme permettant le développement de l'Elaeis.

Dans la Bari-Lua, A. Sapin prétend avoir vu une forêt d'au moins 6.000 hectares dans laquelle 1l a estimé les Raphia qui avaient un tronc développé au nombre d'au moins 1.800.

Il serait fort intéressant de posséder des matériaux d'étude de ces diverses provenances, afin de pouvoir déterminer la nature des espèces qui constituent ces forêts naturelles.

D'après divers renseignements de source congolaise, dont l'auteur nous est inconnu, un pied de Raphia (espèce indéterminée) porte de 1 à 5 régimes, en moyenne 3 ; dans la région située en aval de Lubefu, cet auteur put peser des régimes (A. Sese ?) dont les poids étaient :

Tes sr PES 16 kilos PRE IN OR LL T1 — A DEEE AU AEUES DS ERNEI PER EEE 80 —

Soit, au total, pour un pied, 227 kilos, fournissant 168 kilos de fruits séparés.

Pour un Raphia du type & Raphia bambou », serapportant peut-être au Z. Laurenfi, À. Sapin nous fournit ces données : 630 beaux fruits pèsent 59 kilos 200, soit environ 96 grammes par fruit.

En 1912, À. Sapin a fait des essais sur le rendement de fruits d'un Raphia qu'il a désigné sous le nom de Bambou, et pour lequel nous n'avons pas eu, malheureusement, entre les mains, de documents d’études :

. Régimes à gros fruits :

86 kilos de fruits attachés sur le régime ont produit 59 kilos de fruits, ou 630 fruits, soit donc, pour le régime, 68 °/, de fruits, et 94 grammes en moyenne par fruit.

Constitution des fruits de 4 grosseurs différentes :

Ecailles , ... 26 gr. 14 gr. 15 or. L4 gr.

Pulpe. ee 17 ») 14 ») 13 )) 12 )) Noyau. EN he 59 ») 91 » D. )) 28 ))

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