‹ Annales du Muse colonial de MarseilleChapitre 328 sur 363 · DD · texte numérisé non relu

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Des Raphia analogues, provenant de la région de la Bari, ont donné, à Sapin, en poids :

1e régime 1 kilos 66 kilos

PARA DM — 33 —

GT 46 — 61 — 156 — 160 —

Le rendement en huile paraît peu considérable : pour un Raphia, peut-être différent du À. Sese, A. Sapin cite 2 k. 500

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d'huile pour 397 kilos de fruits. Il est naturellement question d'extraction par l'indigène, à l’aide d'une méthode toute primitive, laissant beaucoup d'huile dans le tourteau. Il faut noter que, dans l'expérience de Sapin, les régimes avaient été coupés avant maturité complète, et placés, pour maturation, dans une fosse.

Des expériences de M. Bonnard à Eala concluent à un rendement d'environ un litre d'huile pour 120 à 150 kilos de fruits.

Les indigènes opèrent, en général, comme suit, pour l’extraction de l'huile : Les fruits sont considérés comme mürs au moment où les écailles se séparent d’elles-mêmes. On enlève alors la pulpe, qu'on met à fermenter sous légère pression pendant quelques jours ; puis la masse est mise au soleil et grossièrement pulvérisée. La poudre est mélangée à une petite quantité d'eau, et placée sur le feu dans un récipient indigène. Quand la masse est très chaude, on la presse dans un panier à mailles serrées, comme cela se pratique pour la pulpe du palmier à huile.

Dans d'autres cas, l’indigène, au lieu de faire subir à la pulpe ce passage à la chaleur presque sèche, la fait bouillir dans de l’eau et écume l'huile surnageante. Cette-méthode semble fournir une huile plus pure, et parfois moins colorée. :

Quant à la teneur en huile du noyau, elle ne semble pas avoir été examinée au Congo. Ce noyau est, on le sait, relativement très dur.

Les indigènes tirent également des fibres des feuilles de divers Raphia ; les fibres extraites des jeunes feuilles, servent, dans certains cas, à la confection de tissus relativement fins, travaillés sur métier. Ce serait avec ces fibres que seraient fabriqués les tissus indigènes si remarquables de certaines régions du Kasai.

Tous les palmiers africains, même les Ælaeis, au sujet desquels les renseignements deviennent plus nombreux, sont très mal connus ; rarement les botanistes descripteurs ont eu entre les mains des matériaux d'étude complets. Ils ont été forcés de décrire les espèces sur le vu de fragments de feuilles et de fleurs, ou de fleurs et fruits, et parfois même de fruits séparés.

ñ SUR QUELQUES PALMIERS CONGOLAIS 7

Rien d'étonnant donc qu'il y ait, dans les descriptions, tant de lacunes et qu'il soit si difficile d'établir une concordance entre les matériaux venant du Congo.

Les feuilles des palmiers, en particulier celles des plants plus ou moins grimpants, sont très variables, et elles nous semblent présenter des caractères différents, non seulement suivant leur âge, mais suivant celui du sujet et encore suivant leur position, sur le pied, à une plus ou moins grande distance du bourgeon florifère.

Il y a peut-être, dans le mode d'insertion des feuilles, dans la nature et la forme des fibrilles basilaires du rachis, dans la forme de ce dernier, d'aspect différent à la base, vers le milieu ou au sommet, dans la gaine stipulaire présente ou absente, garnie ou non de replis transversaux, des caractères de grande valeur spécifique, et qui devraient être étudiés d'une manière détaillée. Mais on ne peut actuellement insister, car nous manquons de pièces de comparaison.

Certains indigènes prétendent rapporter divers palmiers d'aspect différent, et en particulier des Æaphia, si répandus dans les marécages du Congo, à un type unique. Les variations, qu'ils remarquent très bien, et qu'ils ont désignées même parfois sous des noms appropriés, sont dues d'après eux, simplement, à l’âge de la plante ; celle-ci produirait, suivant son état et son développement, des fruits de grandeur et d'aspect divers.

Sur la demande que nous avons faite, par l'intermédiaire du Ministère des Colonies de Belgique, de renseignements à ce sujet, un rapport a été envoyé à Bruxelles, et nous avons pu y relever les données suivantes, qui paraissent toutes dues aux recherches du chef de culture Bonnaert.

« Le Bolilo et le Sese ne sont qu'une seule et même plante, qui porterait un troisième nom, Bejenjenge. Nous étant rendus dans la forêt, nous avons pu constater que le fait est réel. Les jeunes plantes dont les feuilles ne sont pas encore bien garnies, et dont les noirs emploient le pétiole pour faire des « wake », portent le nom de Bejenjenge. Quand la plante est plus âgée et les feuilles plus fournies, elle porte le nom de Sese. C'est

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-en ce moment qu'on emploie les feuilles pour couvrir les maïsons. Quand le aphia forme un tronc et prépare une fructification, 1l porte le nom de Bolilo. Il faudrait donc conclure que le À. Gentiliana et le À. Sese sont une seule et même espèce. »

L'auteur de ces notes ajoute, au sujet de cette plante, les caractères suivants : « La plante peut former un tronc de 5 à T1 m., et donne un régime unique terminal. Les fruits mürissent, tombent, et l’arbre meurt. L'espèce se reproduit sur place. Elle se trouve en plein marais, dans lequel les hommes allant à la cueillette du Sese, ont de l’eau jusqu'au cou en saison des pluies. Le peuplement est très dense sur une grande étendue, aux environs d’'Eala et de Bamamia. »

Diverses de ces assertions ne sont probablement pas totalement exactes, mais elles doivent être prises en considération par les observateurs consciencieux qui auront à les vérifier.

Il est donc nécessaire, pour la connaissance des ÆRaphia africains, que les collecteurs recueillent des échantillons très complets, prennent, au sujet de leurs récoltes, des notes plus détaillées et des photographies documentairés. Eux seuls peuvent trancher définitivement la question de la variabilité des fruits suivant l’âge de la plante ; eux seuls peuvent nous dire s1 le caractère tiré du nombre de rangées d’écailles de beaucoup de fruits de palmiers a de la valeur, car, seuls, ils ont la possibilité d'examiner sur place, dans des conditions variées, un assez grand nombre de pieds pour établir des statistiques indiscutables.

En septembre 1914, dans le « Bulletin agricole du Congo Belge » (vol. V,n°3, p.545), fut publiée une note de M. Reygaert sur les Raphia de la région d'Isambi ; nous tenons à rappeler que, dans cette notice, l'auteur rapporte le fait, signalé plus haut, de la mort du pied après fructfication. Malgré cette seconde assertion, nous demandons encore confirmation de cette affirmation douteuse.

L'auteur de cette notice donne en annexe une carte de la distribution du Raphia, dénommé Pekwa chez les Barumbu comme chez les Mongo, mais ce serait non seulement dans

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