Écorces de Cola nitida
Les noix de kola que consomment les indigènes de l'Afrique occidentale, et dont l'emploi est aujourd'hui courant dans la thérapeutique européenne, sont les graines de plusieurs espèces de Cola, dont la meilleure est le Cola nitida. Les graines de ce Cola nitida seront toujours distinguées de celles des autres espèces par ce caractère qu’elles sont à deux cotylédons, tandis qu'il y a plus de deux de ces cotylédons dans les autres espèces, et notamment dans le Cola acuminata, le Cola verticillata et le Cola Ballayi.
Le Cola nitida est spontané dans la forêt vierge de Ïla Côte d'Ivoire et du Libéria, mais ses diverses races sont aujourd'hui cultivées en grand en Afrique occidentale à partir de la Guinée Française. Il est bien reconnu en thérapeutique que les graines fraiches sont, comme l'ont toujours admis les Noirs, bien supérieures aux graines sèches. Ces graines fraîches n'agissent pas seulement par la caféine, mais encore par des catéchines, la kolatine et la kolatéine, qui solubilisent la caféine ; et, au cours de la dessiccation, ces catéchines, sous l'influence de diastases, telles que le kolooxydase, subissent des transformations, parmi lesquelles la plus importante est la mise en liberté de la caféine. Les effets de la noix sont ainsi considérablement atténués.
(E. Heckel : Les kolas africains. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1893. — Chevalier et Perrot : Les kolatiers et les noix de kola.
28 Hi. JUMELLE
Les Végétaux utiles de l'Afrique tropicale française, 1911. — Goris el Arnould : Conservation et stérilisation des noix de kola fraîches. Bulletin 1 des Sciences pharmacologiques, 1907.)
1 35. Cacao de la Côte d'Ivoire. — Sferculiacées.
La culture du cacaoyer s'est considérablement développée en ces dernières années à la Côte d'Ivoire. Les exportations de cacaos, qui n'étaient que de 7 tonnes en 1910, se sont élevées à 300 tonnes en 1916. En décembre 1915 on comptait 2.398 plantations indigènes, avec plus de 1.675.000 arbres, et 13 exploitations européennes. Ces plantations se trouvent surtout dans les cercles du Bas-Cavally, d'Assimie, de l’Agneby, de l'Indénié et des Lagunes. La qualité de ces cacaos de la Côte d'Ivoire a déjà été appréciée sur nos marchés. Les cacaos exposés appartiennent à une variété amelonado du groupe des forasteros. Is ont été récoltés et préparés à la Station de Bingerville. La durée de la fermentation a été de 6 jours, avec brassage et changement de cuve tous les jours à partir du deuxième. Le séchage à l'air libre nécessite 10 à 15 jours, suivant la saison. En décembre
1916, ces cacaos étaient vendus, pris en magasin, À fr. 72 le kilo.
(Développement de la culture du cacaoyer au 31 décembre 1391, à la Côte d'Ivoire, Bingerville, 1916.)