Graines d'Erythrophloeum guineense
L'Erythrophloeum quineense est un très grand et bel arbre de la Sénégambie, de la Guinée Française, de Sierra- Leone et de la Côte d'Ivoire, où il est reconnaissable à la couleur sombre de son feuillage et à ses larges gousses noires, dont les valves, en saison sèche, restent seulement adhérentes près de la base. C’est le féli ou fali des Ouolofs. Chez les Diolas, et surtout chez les Balantes, dès qu'un individu est soupçonné d’être sorcier, il doit absorber plusieurs Calebasses (de 25 centilitres) de la décoction d’'écorce de tali, dite « eau rouge ». Il commence souvent à vomir avant d’avoir tout bu, mais il doit continuer jusqu’à ce qu'il ait rendu, sur des feuilles de bananier, tout le riz ou toute la kola qu’on lui a fait manger antérieurement. S'il ne vomit pas et s’il est purgé, 1l est immédiatement déclaré coupable. S'il vomit, il peut se retirer, mais encore il n'est déclaré innocent que si, dans les 24 heures qui suivent, il
n a pas eu d’autres vomissements. Le maximum de calebasses absorbées est de seize ; certains patients meurent parfois après la quatrième calebasse. On a évalué à un quart des buveurs le nombre des victimes de cette coutume. Le principe actif est un alcaloïde, l'érythrophléine, qui détermine l’arrêt du cœur en systole ; il annihilerait les effets de la strychine. L’écorce de l’Acacia Sieberiana est considérée comme contrepoison du fali, mais n'a sans doute pour action, d'après le D" Lasnet, que de provoquer des vomissements et l'évacuation du poison.
(Heckel et Schlagdenhauffen : Du téli, poison d'épreuve de Sénégambie. Les Nouveaux remèdes. Paris, 1885. — Lasnet : loc. cit. — Perrot et Vogt: loc. cit.)
220-221. Fruits comestibles de Detarium senegalense (Sénégal). — Léqumineuses.