I. A VÉGÉTATION MALGACHE
Un Stereospcrmurn est plus intéressant encore. C'est d'abord un petit arbre à feuilles toutes larges, puis un arbuste à feuilles polymorphes, celles de la base, situées près du sol, étant larges, et les supérieures de plus en plus étroites, et enfin un arbrisseau chétif à feuilles toutes étroites et linéaires *.
Au point de vue botanique, les différences entre les deux régions ne sont guère plus nettes. Sans doute, une famille entière, les Didiéréacées, quelques genres, tels que Geayia, Megistotegium , Jatropha , Mahafalia -, etc., et de nombreuses espèces, y sont exclusivement localisées, mais ces formes caractéristiques n’apparaissent en nombre que dans l’Extrême- Sud, et quelques-unes d’entre elles remontent en suivant les dunes de la côte jusqu'au cap Saint-André.
Les sols sont loin d’être aussi variés que dans la région occidentale. On y voit bien des terrains métamorphiques des plateaux calcaires et des collines arénacées, mais les premiers sont riches en cipolins et les dernières sont presque toujours situées au voisinage des calcaires. Par suite de ces circonstances, la flore, dans son ensemble, est plutôt calcicole, sauf de rares exceptions. D’ailleurs, les différences dues à la constitution du sous-sol s'atténuent dans les endroits secs. Elles sont plus accentuées dans les stats plus humides, et la végétation se confond alors avec les Formations que nous avons distinguées dans la région occidentale. C’est ainsi que l’on peut observer sur les plateaux Bara et Mahafaly des bois en tout semblables à ceux des plateaux calcaires de l’Ambongo et du Ménabé,et même, çà et là, au bord des rivières permanentes, de grands arbres à feuilles persistantes ( Euge -
1. On observe souvent à Madagascar des plantes se modifiant suivant les différents climats de l'Ile. A chaque climat correspond une forme cai une espèce différente. De là provient sans doute le grand nombre d'espèces de certains types génériques malgaches. Dans le Sud, ces modifications sont plus faciles à suivre, à cause des modifications insensibles du climat et du grand nombre des formes de passage qui en résultent.
2. 11. Jumelle et II. Perrier de la Bàthie : Les Asclépiadacées aphyllcs de l'Ouest de Madagascar (Revue générale de Botanique, 1911).
3. Dans la région Sud-Ouest, les terrains cristallins ne se décomposent plus en argiles latéritiques.
LA REGION MÉRIDIONALE
nia, Ceplialanthus, Protorhus, etc.) qui rappellent tout à fait la forêt des sols alluvionnaires.
Mais, pour éviter des redites, nous ne nous occuperons pas ici des restes des Formations occidentales que l’on retrouve dans le Sud-Ouest. Il ne sera question que de la végétation xérophile, à laquelle se rattache d’ailleurs presque toute la végétation autochtone actuelle de la région, celle des stats plus humides ayant été presque toujours modifiée par les feux et remplacée par la prairie. Comme le climat, cette végétation des lieux secs subit des modifications graduelles du Nord au Sud ; nous n'y distinguerons néanmoins qu'une Formation, celle à Euphorbe et Diclierea, qui ne se montre vraiment avec tous ses caractères qu’aux environs du cap Sainte-Marie.