‹ Annales du Musée colonial de MarseilleChapitre 2 sur 140 · D'APRÈS LEURS · texte numérisé non relu

D'APRÈS LEURS

par A. JAUFFRET

INTRODUCTION

Les auteurs qui se sont jusqu’alors occupés de la diaguose des bois ont eu surtout recours à l'examen de la structure anatomique, et l’étude des réactions colorées que ces bois peuvent présenter au point de vue systématique semble avoir été plus ou moins complètement délaissée. Or c’est précisément fe bm que nous poursuivons ici : examiner les réactions et les propriétés spectrales des matières colorantes des bois, voir dans quelles limites les caractères observés sont constants pour une espèce donnée et jusqu’à quel point ils peuvent dépendre des conditions de l’expérience, puis, ces règles établies, les utiliser pour des essais d’identification des espèces que nous avons eues à notre disposition.

On voit tout de suite l’intérêt que peut offrir ce genre d’étude, intérêt double, car il est à la fois scientifique et pratique.

Pratiquement, il peut nous amener à reconnaître l’utilisation possible de certains colorants végétaux autres que ceux toujours cités et employés. Et, en effet, il est à remarquer que, malgré le nombre et la variété des couleurs fabriquées par l’Industrie chimique, aucun colorant artificiel n’a pu jusqu’ici rivaliser avec le Bois de Campêche, qui conserve encore aujourd'hui l’importance d’autrefois, notamment dans la teinture de la soie en noir. P)

Dans le domaine purement scientifique, la connaissance de ces réactions colorées doit servir à l’identification des bois qui bien souvent sont importés sous des noms indigènes vagues ou inconnus, et cela sans être accompagnés d’échantillon de la plante productrice. Nos Collections de Laboratoire, nos Musées,

(I) E. Noelting, La synthèse des Colorants. Moniteur Scientifique de Ques-

neville. série V, t. IV, p. 585-595.

INTRODUCTION

nos Expositions mêmes sont riches en ces bois dont nous ignorons l’origine botanique. Si, au contraire, il nous était possible de trouver des caractères constants, au point de vue où nous nous plaçons ici, nous arriverions peu à peu, avec les bois qui nous sont bien connus, à établir une classification qui serait précieuse pour les reconnaissances ultérieures. D’ailleurs, dans ce travail, profitant des matériaux que nous avions à notre disposition, nous n'avons pas seulement fait porter nos recherches sur des bois bien identifiés, nous avons aussi examiné quelques bois seulement étiquetés sous leur nom indigène, et peut-être que. dans la suite, d'autres investigations analogues permettront de rattacher certains de ces échantillons è des espèces parfaitement connues.

Par cette méthode il sera donc possible à la fois de reconnaître l'espèce productrice et d’identifier les divers boiscolorés.

.Vous diviserons notre Mémoire en six chapitres :

Dans le premier nous relaterons les principaux travaux qui se rapportent à notre sujet.

Les détails de notre technique sont décrits dans le deuxième chapitre. Le troisième est consacré à l’étude de quelques bois de l'Inde. Nos recherches sur les bois de Madagascar font l’objet du quatrième. Un cinquième chapitre comprend les bois de la Guyane Française et du Tonkin.

Enfin, dans la sixième partie, qui termine notre travail, nous avons tenté d’établir une classification en nous servant des différences constatées dans la coloration des extraits aqueux ou alcooliques ainsi que des déterminations fournies par le spectre d'absorption.

I ous les échantillons de bois qui nous ont servi proviennent e la ( ollection du Musée Colonial de Marseille-

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