‹ Annales du Musée colonial de MarseilleChapitre 29 sur 140 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

FAMILLE CL. MYRISTICACÉES

Myristica surinamensis Roi. n° 6151 A.

Synonymes: Virola surinamensis Roi.? (N’est pas dans l'Index Kew.)

Myristica fatua Sw. (non Houtt, ni Blume).

Deux autres synonymes cités par Martin-Lavigne, le Myristica anyustifolia Lamk. et M. scbifera var. lonyifolia ne sont pas cités non plus dans l lndex Kew.

Préfontaine (v. espèce suivante) : Ouarouchi ou arbre à suif. Probablement notre espèce.

Sagot, p. 919 : Guingamadou, arbre à suif ; ’Bali ou Dan, Myristica surinamensis ; bois mou, rougeâtre et sans valeur. On peut s'en servir pour caisses et barriques.

Lanessan, p. 133 : Guingamadou de montagne, arbre à suif, M. surinamensis Roi. ; bois peu résistant, mou, rougeâtre et légèrement odorant.

Harrisson et Bancroft, p. 230 : M. surinamensis, Dalli (v. 3489 A .

Martin-La vigne, p. 61 : Virola sebifera, Baboenhout, Baboenhoedoe, Baboentrie, Moschatboon (Schwartz), Babun hudu (Surinam ; Wullschlagel), Jea oujeamadou (Richard), Guingamadou de montagne (Guyane, Créoles ; Bâillon) ; Ucuiba (Prov. Para ; Martens) ; Muscade du Para, Cova longa (Esp. Leblond), Stone et Fr., p. 19 ; Dalli, non déterminé. Sagot, p. 917 : Babœn, non déterminé ; pour fondations en terres basses.

Huber p. 173. Ucuiba branca (Amazones).

Bremer, p. 204 Baboun houdou ; Myristica fatua (Surinam).

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 8e vol. 1920.

H. STOIXE

Myristica sebifera Sw., n° 6151 B.

Synonyme : Virola sebifera Seem = Myristica panamcnsis Hemsl.

Virola sebifera Aubl. (N’est pas dans l'Index Kew.)

Je n’ai pas de preuves suffisantes, mais je suis porté à croire que le bois décrit par Martin-Lavigne est l’espèce précédente et que le Dalli de Bell est l’espèce présente.

Préfontaine, p. 174 : Les Indiens prétendent que le Gaijamadou est différent de l’Arbre à suif et de l'Ouarouchi.

Aublet, p. 904: Virola sebifera , Yoirouchi (Oyapoc) ; Jea-jeaamadou (Créoles) ; Davapa, Virola (Galibis) ; écorce épaisse, gercée et ridée ; bois blanchâtre, peu compact.

Dumonteil, p. 158 : Guingamadou ; densité, 0,364; force, 73; élast., 98 ; flexib., 3,97. Le même p. 163 : Classe 6, de faible valeur. (Est-ce cette espèce ?)

Sagot, p. 919: Myristica sebifera Aubl. Yayamadou, Muscadier à suif, Guingamadou, Ouarouchi aux fleurs mâles odorantes.

Lanessan, p. 362 : Virola sebifera Aubl. Toutes les parties de l’arbre sont aromatiques ; l’écorce laisse exsuder par incision un suc rougeâtre, âcre et gluant, qui devient résineux à l'air.

Iluber, p. 173. Ucuiba vermelha (Amazones).

Dalli (Bell), n° 6151 G.

Caractères généraux. — Bois mou et léger, de couleur gris rougeâtre ou blanc sale ; brillant sur une surface fendue. La nuance de la coupe transversale est à peine plus foncée que celle des autres sections.

Caractères physiques. — Densité, 0,465 ; dureté, celle du Pin. Odeur nulle, saveur insipide.

Travaillé au rabot sur la coupe radiale, le bois se déchire en petits fragments qui présentent des mailles très particulières. Se fend très facilement.

Structure du bois. — La structure concorde assez bien avec la description de Martin-Lavigne sur Virola se.bifera , n° 6151 A.

L'aubier est à peine différent du cœur.

Section transversale. — Couches non délimitées.

Vaisseaux à peine visibles, plutôt grands, peu variables, sauf dans les groupes ; simples ou par paires subdivisées. Ils

BOIS UTILES DÊ LA GUYANE FRANÇAISE

sont peu nombreux, distribués également et fortement isolés ; remplis parfois d’une matière noire.

Rayons visibles à la loupe, luisants, petits, uniformes, équidistants, à intervalles d’une distance un peu moindre que le diamètre d'un gros vaisseau et s’écartant légèrement au niveau de ces vaisseaux.

Parenchyme nul ou du moins tout invisible au microscope sur la surface du bois.

Section radiale. — Vaisseaux très apparents, un peu plus foncés que le fond. Rayons se présentant en stries qui, à l’œil nu, ressemblent aux vaisseaux. Les fibres du fond sont exceptionnellement brillantes.

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais plus terne, quoique légèrement micacée. Rayons visibles à la loupe, très petits, de 1 mm. environ de hauteur; vus au microscope, ils paraissent être remplis d’une matière brune.

Emplois. — Bon pour charpente ordinaire, cercueils et boîtes d’allumettes (Bell). Se travaille facilement à la scie mais ne convient ni pour le rabot, ni pour le tour.

Ech. types : 19,2675 Bell; 3034, Aiken.

Références : Bell, p. 2 ; Aiken, ms. ; Stone et Fr., p. 19.

Myristica Mouchico (non dans l’Index Kew.), n°6151 D.

Dumonteil, p. 136 : Mouchigo ; densité, 0,730 ; force, 178 ; élast., 166. Le même p. 163 : Classe 5. (Est-ce cette espèce ?) Lanessan, p. 139 : Moussigo, Mouchigo rouge.

Cat. Exp. Univ. 1867, p. 43: Salie de Surinam.

Description des échantillons nos 132 et 133 ? Guyane (Mus. Col. Mars.), Mouchigot.

Caractères généraux. — Bois d’un poids moyen et d'une dureté moyenne, grain plutôt gros et non à rebours. Couleur brun clair légèrement rose, striée de blanc. Mailles petites mais bien évidentes. Surface mate. La section transversale est plus foncée que celle des autres sections.

Caractères physiques. — Densité : 0,787 ; dureté, celle du Hêtre. Sans odeur ni saveur.

H. STON li

Caractères de l' écorce. — Couleur rouge brun. Surface lisse quoique un peu rugueuse. Epaisseur de 2 à 5 mm. La section présente deux couches : l'interne, finement stratifiée de petites sclérites alternant avec de minces feuilles rouges qui se séparent facilement en fibres plates et libreuses ; l'externe consiste en minces écailles se détachant plus ou moins irrégulièrement. Surface intérieure jaune ou brune striée. Flexible, cassure grossièrement fibreuse. Faiblement adhérente ; inodore, sans saveur.

Structure du bois. — Aubier plus clair que le cœur, mais non brusquement délimité.

Section transversale . — Couches en apparence bien distinctes. (Voir P b.)

Vaisseaux petits mais bien visibles, peu de variations, disposés sans ordre bien apparent, en lignes obliques ou en arcs ; peu nombreux, simples ou par groupes radiaux de 2 ou 3.

Rayons visibles à la loupe, très fins, à peu près réguliers en largeur et à intervalles d’une distance égale au diamètre d'un gros vaisseau, tout en ne s’écartant pas au niveau de ces vaisseaux ; bruns.

Parenchyme a peu abondant près des vaisseaux ; de couleur blanchâtre ; b visible à l’œil nu, en très minces lignes continues légèrement ondulées, variant en largeur de 1 à 5 fois celle des rayons, aux intervalles irréguliers. Ces lignes paraissent être les limites des couches, mais elles sont souvent très rapprochées, étant de 2 à 5 par mm. Couleur jaune.

Section radiale. — Couches non délimitées. Vaisseaux très apparents en sillons d'un brun foncé. Rayons bien marqués malgré leur transparence. P h à peine visible à la loupe.

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais lescouches sont bien indiquées. Les rayons sont en très minces lignes d'une hauteur jusqu'à 1 mm., présentant, dans les bois plus foncés, des cellules jaunes et noires.

Emplois. — Bois d'une utilité générale, facile à débiter.

BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE

FAMILLE CLI. MON1MIACÉES TRIBU II. ATHEROSPERMÉES Siparuna guianensis Aubl., n° 6168.

Aublet, p. 865 : Petit arbre à écorce verte, lisse ; bois blanc, cassant. Sagot, p. 921 : Cilrosoma sp., Baume.

D'après l'Index Kew. : Siparuna est synonyme de Citrosoma.

FAMILLE CLII. LAURACÉES

TRIBU I. PERSÉACÉES

Cryptocarya moschata Nees., n° 617o.

Niederlein, p. 3 : Sassafras (terme gén.).

Aiouea guianensis Aubl. (non Xees, ni Griseb), n° 6184.

Synonyme : Ajouea, d'après Durand.

Aublet, p. 31 1 : Aiouve (Galibis ; écorce verte, ridée, sillonnée ; bois blanc, compact.

Ce n’est pas l’Aiaoua de Sagot (v. loTl F).

Acrodiclidium chrysophyllum Meisn., n° 6190.

Sagot, p. 232 : Bois cannelle, odeur vive. Plus dur que le Sassafras bois excellent. (Voir 6200 A.)

Dumonteil, p. 154 : Bois cannelle; densité, o. 801 ; force, 184; élast. 146 ; p. 160. Classe 3, celle du Pin. (Est-ce cette espèce?).

Ginnaraomum zeylanicura Xees, n°6193 A.

Svnonvme : Laurus Cinnamomum Lin. ; Cinnamomum verum I. S. Presl.

Aublet, p. 362 : Laurier cannelier, bois de cannelle. Le bois sert pour lambris, planches, meubles et menuiseries. Lorsqu’on l’emploie, il exhale une odeur forte, désagréable. Il a beaucoup de rapport, par sa couleur, avec le noyer.

Gæbele, p. 99 : Cannelier; Cinnamon angl.\ Karmva 'tamoul).

H. STONE

D’après un échantillon n° 133, série II, Lvon.

Caractères généraux. — Bois mou et léger, de couleur brun foncé ; grain fin, pores très apparents et fibres « à rebours ». Surface brillante et soyeuse, fonçant légèrement à l'air. La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections.

Caractères physiques. — Densité, 0,550 environ (l’échantillon était en partie de l’aubier) ; dureté, celle du Cèdre à crayons. Odeur, à sec, nulle ; humectée, très légèrement aromatique. Saveur astringente.

Structure du bois. — Aubier brun clair, nettement délimité du cœur.

Section transversale. — Couches délimitées à cause du changement dans l’orientation des lignes obliques de vaisseaux .

Vaisseaux bien apparents par suite des bords clairs du parenchyme ; moyens, de 0 mm. 15 de diamètre ; la plupart simples et fortement isolés. Ils sont remplis de thylles qui proéminent lorsque le bois est humecté, mais se rétractent immédiatement ensuite. Cette particularité est très répandue parmi les Lauracées, mais dans la plupart, une fois l’eau absorbée, les thylles restent saillants, et, de ce fait, la surface devient rude au toucher comme celle d’une lime.

Rayons irréguliers en apparence à la loupe, mais sur la surface humectée, vue au microscope, ils sont réguliers, car on voit les plus petits. Ils sont très nombreux ; 15 par mm. et 3 au moins, même 4, dans un intervalle égal au diamètre d’un gros vaisseau, mais ils ne s’écartent pas, étant coupés par les vaisseaux. Rayons de couleur brun clair. Leur apparition, pendant les quelques secondes que dure l’absorption de l’eau, est un caractère très spécial, et de même que les thylles, ils proéminent légèrement à la surface pour se rétrécir ensuite.

Parenchyme a clair, abondant et entourant les vaisseaux.

Section radiale. — Vaisseaux en sillons remplis de thylles et de perles de gomme foncée. Rayons très obscurs, d’une couleur laiteuse; leur hauteur est de 0 mm. 5 environ.

Section tangentielle . — Vaisseaux très inclinés, formant des

BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE

raies poreuses et alternativement unies. Rayons se présentant en tout petits fuseaux pointus d’une hauteur de 0 mm. 5 environ.

Persea gratissima Gaertn., n° 6195.

Synonyme : Laurus Persea Lin. (non Willd).

Préfontaine, p. 144 : Avocat, Ahuaca, Quahuitl, Aouacate (Caraïbes) ; Avocado ou Alligator-pear tree. Bois d’anis.

Aublet, p. 364 : Laurus Persea Lin. Laurier avocat.

Saldanha da Gaina : Lauro abacate (Brésil).

Caractères généraux. — Bois d’un poids moyen et d’une dureté moyenne, de couleur brun rougeâtre, avec raies noirâtres ; surface très mate. La nuance de la coupe transversale est légèrement plus foncée que celle des autres sections.

Caractères physiques. — Densité, 0,640 environ ; dureté, celle du Bouleau.

Structure du bois. — Section transversale. Couches non délimitées. Les zones de bois où les vaisseaux sont moins nombreux pourraient indiquer les limites. Les bandes noirâtres sont excentriques.

Vaisseaux à peine visibles, malgré leur couleur légèrement plus claire que le fond ; ils occupent une grande partie de la surface delà coupe. De grandeur moyenne ; 0 mm. 1 de diamètre ; peu nombreux, de 5 à 10 par mm.q. Ils sont disposés en lignes obliques très nettes qui s’unissent parfois en formant des festons plutôt serrés.

Rayons à peine visibles, fins, de 3 à 5 par mm., écartés les uns des autres d’une distance légèrement plus grande que le diamètre d’un gros vaisseau. Ils sont de couleur brune.

Parenchyme abondant a, entourant les vaisseaux et les unissant souvent aux lignes obliques ; sa couleur est un peu plus claire que celle des rayons.

Section radiale. — Vaisseaux visibles, mais non très apparents ; grain fortement « à rebours ». Bien qu’elles soient étroites, les bandes noirâtres ressortent bien. Rayons très petits, mais, humectés, ils sont très apparents ; de couleur brune .

H. STONE

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons sont à peine visibles à la loupe et les bandes noirâtres deviennent des taches obscures.

Ech. type : N° 15 de la Réunion, Musée Colonial de Marseille.

Icônes lignorum. La figure 4, pl. 68, en couleur, ne ressemble pas trop à notre échantillon ; elle représente un morceau du cœur qui est noir sur l’aubier isabelle, avec de grosses stries.

Ocotea caudata Nees (non Miq.), n° 6198 A.

Synonyme : Oreodaphne caudata Nees. (non Miq.).

Cette espèce se confond beaucoup avec les Cèdres blancs (V. 1156 B et 6200 A et D) et Licaria guianensis (6200).

Gildemeister, d'après Mœller : Linaloe de Cayenne, Likari ; bois dur et lourd, se fendant facilement ; cassure récente jaune ; ancienne, rougeâtre.

L’échantillon n° 54 de la Guyane, Musée Colonial de Marseille, correspond, comme beaucoup d'autres bois, à cette description ; je doute fort de sa bonne détermination.

Ocotea cymbarum H, B. et K, n° 6108 B.

Voir Nectandra cymbarum, n° 6201 D.

Ocotea guianensis AubL, n° 6198 C.

Aublet, p. 781 : Ajou-liou-ha (Garipons) ; écorce grisâtre, ridée et gercée ; bois blanc peu compact.

Sagol, p. 232 : Cèdre blanc, Cèdre à feuille d’argent. Le même', p. 918 ; bois blanc, mou, sans valeur. (V. 6200 D.)

Huber, p,176:Lauro tamanco (Brésil, Amazone), Lauro branco (Para). Tamanqueira (terme gén. : Para).

Pulle, 1907, p. 83 : Basuba pisie.

Ocotea commutata Nees. n° 6198 D.

Synonyme: Aniba guianensis AubL

Préfontaine, p. 166 ; Cèdras, Anhuiba (Caraïbes).

Aublet, p. 327 : Bois de Cèdre (Comté de Gênes) ; écorce épaisse, inégale, ridée et gercée ; bois jaunâtre, aromatique, lourd et devenant léger en se desséchant. Employé pour pirogues.

BOIS L'TILES DE LA GUYANE FRANÇAISE

Guibourt, III, p. 531: Résine Caragne, nonle Caranna (Ind. et Espagn.) ; Arbor insaniæ, le Caragna nuncupatad'Hernandez qui provient de Y lcica Carana H. B. K.

Annales Maritimes, 1826, II, partie 2, p. 422: Cèdre jaune, Guazuma aniba ; bon pour meubles. (Est-ce cette espèce?)

Niederlein, p. 4 : Cèdre cannelle.

Ocotea splendens Meissn., n° 6198 E. (Ne se trouve pas dans l'Index Kew.)

Niederlein, p. 4: Cèdre gris.

Taoub, n°6!98 F.

Sagot, p. 233 : Une Laurinée ; bois très estimé à Para ; léger et de bonne conservation. On n'est pas certain de sa présence à la Guyane.

Roussellet, p. 127 : Le Taoub se trouve surtout au Contesté, où il sert à la construction des tapouyes.

Lanessan : Bois de Taoub jaune ou brun ; densité, 0,848.

Bassières, p. 102 : Propre aux constructions navales; densité deO, 848 à 1,130.

Vu le grand écart de poids, je me demande où Bassières a puisé ses chilFres, surtout pour le second, car le premier, 0,848, paraît avoir été emprunté à Lanessan.

Niederlein, p. 4: Ocotea sp .

Cat. Expos. Univ. 1867, p. 38: Taoub. Laurussp. (Baleo ?) ; densité, 0,848.

Taoub grosse peau, n° 6198 G.

Ce bois n’est ni YOcotea, ni même une Lauracée ; je le place ici à cause de son nom.

Echantillon n° 49, Guyane, Musée Colonial de Marseille.

Caractères généraux. — Bois mou et léger, de couleur acajou ; grain très gros et très « à rebours ».

Caractères physiques. — Densité, 0,420 ; dureté, celle du Saule. Sans odeur ni saveur.

Structure du bois. — Section transversale. Couches non délimitées. (Voir parenchyme.)

Vaisseaux très apparents à cause de leurs bords clairs ; grands, de 0 mm. 2 de diamètre ; peu nombreux, de 1 à 4 par mm. q. Ils sont fortement isolés, simples pour la plupart.

H. STONE

Rayons visibles à la loupe, très fins comme de la soie et légèrement plus clairs que le fond ; uniformes. Ils sont environ 10 par mm. et plus de -deux dans un intervalle égal au diamètre d'un gros vaisseau. Ils s'écartent légèrement au niveau de ces vaisseaux.

Parenchyme a abondant entourant les vaisseaux en larges bords, qui sont parfois légèrement ailés. Ph en très minces lignes concentriques continues, qui simulent les limites des couches, mais sont seulement espacées de 1 à 2 mm. ; la couleur est plus foncée que celle de Pa.

Section radiale. — Vaisseaux très gros. Rayons visibles seulement à la loupe, obscurs, grisâtres. Parenchyme très peu apparent.

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons humectés paraissent en fuseaux très effilés de couleur rouge foncé.

Bois de Licari ou Bois de Rose de Cayenne, n° 6200.

La confusion règne ici plus que partout ailleurs, car c’est le bois qui a été le plus étudié, et sur lequel les discussions sont très nombreuses. Pour ne pas augmenter cette confusion, je me contente d indiquer que je vais décrire plus loin le seul bois qui, parmi ceux que j'ai vus, a l’odeur réelle de l'essence de Licari ou Linaloe de Cayenne. L échantillon était étiqueté Ocotea caudata Nees.

Bassières, dans son article au sujet de ces bois, conclut que le Licaria guianensis (synonyme de Dicypellium caryopliyllatum lide Nees (d'après l'Index Kew. ï ne peut plus être confondu avec Dicypellium, et que ce Licaria se confond avec Ocotea caudata Nees, qui, d'après l'Index Kew., est une espèce différente. Le Docteur Jos. Moeller est du même avis.

Ces bois devraient être étudiés sur place, par un botaniste compétent, depuis la floraison de l’arbre jusqu'à son abatage et à la distillation de l'essence de Licari, sans perdre de vue le sujet d'études.

La description et la figure d'Aublet sont tout à fait insuffisantes.

BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE H

Dumonteil indique quatre sortes : le Bois de Rose mâle, de densité, 1,108 ; le Bois de Rose femelle, 0,648 ; le Sassafras, 0,519 ; et le Cèdre blanc, 0,331. Si, commele prétend Aublet, le Bois de Rose de Cayenne devient le Sassafras avec Page, ces deux sortes pourraient être les mêmes, mais la différence de densité entre le Bois de Rose mâle et le Cèdre blanc ne nous laisse aucun doute sur la réalité de trois espèces différentes.

Sans nous occuper des noms systématiques, nous pouvons dire que le Bois de Rose de la Guyane est de couleur blanéhe, tirant un peu sur le citron. Il flotte sur l’eau à demi submergé ; il a une forte odeur qui tient du citron et de la bergamote (c’est bien celle de l’essence du Licari de Cayenne). Cette odeur passe assez vite, mais la moindre entaille la fait réapparaître. Ce bois doit être le Bois de Rose femelle de Dumonteil, de Guibourt, et celui du Musée Colonial de Marseille, n° 92, Guyane. Au contraire, le bois dur, difficile à fendre, d’une teinte brun foncé, avec ou sans odeur, ou légère odeur de rose, ne flottant pas sur l’eau, serait le Bois de Rose mâle de Dumonteil.

Malheureusement, de tous les échantillons que j’ai examinés, aucun n’était bien déterminé.

Description de l’échantillon, n° 92, Guyane, du Musée Colonial de Marseille, n° 6200 A, d’un jeune arbre.

Caractères généraux. — Bois léger et mou, de couleur blanche ou citron pâle, tirant parfois sur le brun ; très brillant, facile à fendre, cassant et peu compact ; grain moyen et ouvert. La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections.

Caractères physiques. — Densité, 0,451 environ ; dureté, celle du Peuplier ou du Saule blanc, ou encore du Simaruba. Odeur d’essence de Licari ou de Linaloe de Cayenne, forte et pénétrante, passant assez vite. Saveur légèrement aromatique. Le bois brûle assez bien, avec beaucoup de flamme, peu de fumée, et donne un arôme légèrement résineux.

L'échantillon était sans écorce, mais avec un peu de liber rouge foncé et stratifié.

H. STONE

Structure du Lois. — Comme celle de presque tous les Lauracées.

L'aubier n'est pas différent du cœur.

Section transversale. — Couches très apparentes ; les zones de bois plus denses pourraient être les limites.

Vaisseaux très apparents, à cause de leurs bords clairs ; moyens, de 0 mm. 12 de diamètre environ ; peu variables entre les limites de chaque couche, mais augmentant beaucoup de diamètre avec l'àge de l’arbre. Ils sont peu nombreux, de 15 à 40 par mm. q., isolés et distribués irrégulièrement en lignes obliques bien prononcées qui, parfois, changent d'orientation. Ils sont simples pour la plupart, mais beaucoup par paires et plus souvent par groupes de 3.

Rayons visibles à la loupe, tins, uniformes, faibles, irréguliers, à intervalles variant entre une et deux fois le diamètre d’un gros vaisseau, mais ne s'écartant pas au niveau de ces vaisseaux. De couleur rose.

Section radiale. — Couches pouvant à peine être suivies. Parenchyme plutôt obscur. Fibres inclinées et « à rebours ». Rayons facilement visibles en étroites lignes brunes, mais peu apparents lorsqu'ils ne sont pas humectés.

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les vaisseaux sont beaucoup plus apparents, en forme de franges brunes. Rayons visibles par leur effet moiré ; à la loupe, ils se présentent en fines lignes brunes. Au microscope, on les voit étroits, linéaires et pointus. Leur hauteur est de 12 cellules environ sur 1 de largeur.

Le n° 115, série II, Lyon, concorde avec notre échantillon.

Ecorce du Dicypellium caryophyllatum d'après G. Planchon, II, p. 61 .

Cassia caryophyllata , Cortex caryophvllatus, Cannelle

giroflée.

Ecorce (v. 6200 E). Epaisse de 0 mm. 5 à 1 mm., de couleur brun chocolat, parfois presque noirâtre ; face interne de couleur brun rougeâtre, souvent finement striée, à cassure nette. L'écorce est composée de deux couches : l’externe est

BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE

mince et pâle, et l'interne, de couleur brun froncé. Au microscope, on voit cinq couches fibreuses avec les rayons, lorsque l'écorce est en bon état. Odeur prononcée de girolle ; saveur fortement aromatique.

D’après Huber, p. 174, cette écorce est réputée comme succédané de la cannelle et du Cravo d’india.

Ecorce de Licaria guianensis d’après Aublet, p. 313 ; ridée, gercée et roussâtre.

Citations sur Licaria et Bois de Rose femelle :

Aublet, p. 312 : Licaria guianensis, bois de Rose de Cayenne; Licari kanali (Galibis), bois jaune peu compact. Lorsqu’il est jeune, Rôdeur de rose est moins prononcée que dans le vieux bois.

Durand place le Licaria dans ses genres douteux, et non comme synonyme de Dicypellium.

Barrère, p. 10 : Arbor ligno citrino, Rosam spirante, ligno odorato candido.

Moeller J., 1896, p. 34, dit que le bois est dur et lourd, d’une couleur jaune qui devient rougeâtre sur les surfaces qui ont été longuement exposées à l’air. Il se fend facilement. Son odeur est agréable, rappelant celle de rose et de citron. L’auteur donne une description microscopique très détaillée avec plusieurs coupes. Il constate la présence des thylles avec parois très épaisses et pierreuses. J ai trouvé des thylles très curieux dans les bois de Rose mâle et femelle et aussi dans ceux de Sassafras et des autres Lauracées qui seraient peutêtre ceux indiqués par Moeller. Ils ne sont pas désignés dans la figure de Berteau.

Son poids, sa dureté très grande et sa couleur devenant rougeâtre à l’air me portent à croire que Moeller a décrit plutôt le Bois de Rose mâle, mais il est bien possible que ce dernier puisse donner un extrait d essence de Licari en moindre quantité que le Bois de Kose femelle.

Roubo, p. 171 : Bois de citron de la Guyane, Bois de chandelle, Bois de coco, Bois de jasmin; de forte odeur tirant sur celle de citron, ressemblant au Santal par la couleur, etc.

Cette description me semble se rapporter plutôt au Zan-

H. STON’Ë

tlioxylon flavum Vahl., d’autant que l’odeur rappelle celle de la noix de coco. •

Dumonteil, p. 154: Bois de Rose femelle ; densité, 0,648; force, 184; élast., 141 ; p. 160. Classe 3.

Guibourt, II, p. 397 : Bois de Rose femelle, très tendre et très léger, d’un blanc un peu verdâtre, odeur prononcée de citron ou de bergamote. C’est peut-être ïlcica altissima (v. 1156 B) ou Aniba Guianensis (6198).

Bassières, p. 50 : Bois de Rose femelle jaunâtre, très parfumé. La description de Guibourt sur ce bois semble se rapporler au Cèdre blanc [Protium [Icic a) altissimurn Mœnch.), tandis que celle qu’il donne sur le Bois de Rose mâle paraît concorder avec celle du Bois de Rose femelle. Sagol a confondu le Bois de Rose femelle et le Sassafras et les a désignés sous le même nom A' Acrodiclidium qui n’appartient à aucun des deux. Le Licaria donne l’essence de rose de Cayenne.

Sagot, p. 232 : Acrodiclidium, Sassafras ou Bois de Rose femelle; jaune très odorant, de très longue durée, se travaillant bien, excellent pour constructions navales, pirogues et menuiserie.

Bois de Rose mâle, n° 6200 B.

Préfonlaine, p. 50 : Bois de couleur citron avec légère odeur de rose, bon pour poteaux.

Dumonteil, loc. cit. : Densité, 1,108; force, 361 ; élast., 145. Classe 1 (plus lourd que le Chêne).

Sagot, p. 228 : De couleur jaune pâle ; sa dureté n’est pas excessive; grain serré et compact. Le même, p. 232 : un Acrodiclidium non déterminé, beaucoup plus compact et plus dur que le Bois de Rose femelle et d’une odeur plus légère.

Description des échantillons : nos 54 et 1 47 (Mus. Col. Mars.).

Caractères généraux. — Bois très dur et lourd, d’un grain moyen très à rebours. Couleur d'un brun clair à brun foncé uniforme qui fonce beaucoup à l'air. Surface mate ou luisante par place et parsemée de cristaux minuscules qui produisent un effet micacé. Structure bien apparente dans la section transversale dont la nuance est beaucoup plus foncée que dans celle des autres sections.

Caractères physiques. — Densité : 0,825 ; dureté, celle du Chêne. Même odeur que celle du Bois de Rose femelle, mais beaucoup plus faible. Saveur nulle.

BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE 15

Nos échantillons n'ont pas d'écorce, mais sur l'extérieur de la bûche se trouve encore beaucoup de liber brun .

Structure du bois. — L'aubier n'est pas différencié du cœur. La couleur du cœur persiste jusqu'à l'écorce.

Section transversale. — Couches en apparence bien délimitées, les zones denses en sont peut-être les limites. Contour assez régulier.

Vaisseaux visibles à cause de leur couleur claire ; grands, peu de variations, disposés en lignes obliques qui(changent, çà et là, leur orientation dans la même couche et qui, parfois, produisent des angles. Ils sont peu nombreux et fortement isolés, simples ou plus souventparpaires, rarement en groupes radiaux de 3 à 4.

Rayons visibles à la loupe, très fins, presque réguliers en largeur et espacés d'une distance égale au diamètre d’un gros vaisseau, ne s’écartant pas au niveau de ces vaisseaux ; couleur brune.

Parenchyme a visible et abondant, entourant les vaisseaux et les unissant, là où il est bien développé, en lignes obliques. Couleur jaunâtre plus claire que celle des rayons.

Section radiale. — Couches non délimitées. Vaisseaux en sillons incolores grossiers mais peu apparents, étant voilés par le P a ; ils contiennent des cristaux et des thylles très curieux que je n'ai jamais rencontrés dans aucune autre espèce, sauf dans le Bois de Rose femelle. Ces thylles sont blancs et présentent sur leur paroi Line sculpture très délicate visible au microscope (X 10). Cette particularité est peut-être celle dont parle le Dr Joseph Mœller. Rayons à peine visibles, transparents, mais, par leur nombre, ils couvrent une grande partie de la surface.

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons se présentent en petits fuseaux bruns, effilés, d une hauteur de 1 mm. environ.

Sassafras, n° 6200 C.

Thomas, p. 157 : Bon pour bordages d'après la Commission de 1816.

H. STONE

io

Dumonteil, loc. cit. : Densité, 0,577 ; force, 156 ; élast., 156; élast., 153.

Lanessan, p. 138 : Sassafras de l’Orénoque, Nectandra cymbarum.

(Voir 6201 D.)

Description d'un échantillon, n° 142, Guvane (Mus. Col. Mars . ).

Ce bois ne peut pas être le Sassafras d’Aublet, car, d'après cet auteur, il devrait avoir une odeur plus forte avec l’âge, ce qui n'est pas le cas dans notre échantillon. Il correspond bien au Bois de Rose femelle quant à la structure, mais le même fait se produit dans beaucoup d'espèces de la famille des Lauracées.

Caractères généraux. — Bois très léger et mou, grain assez fin, un peu à rebours; couleur écrue ou légèrement jaunâtre uniforme. Surface luisante soyeuse. Structure bien visible en section transversale, où la nuance est un peu plus foncée que dans celle des autres sections.

Caractères physiques. — Densité, 0,510 environ ; dureté, celle du Saule ; presque inodore et saveur nulle.

Echantillon sans écorce, mais sur l’extérieur de la bûche se trouve encore beaucoup de liber brun.

Structure du bois. — Voir Bois de Rose femelle, n° 6200 A.

Cèdre blanc, n° 6200 D.

Dumonteil, loc. cit. : Densité, 0,331 ; force, 63 ; élast., 122; flex, 5, 10. Classe 6.

Icônes : Moeller, pl. II, fig. 24, section transversale. Berteau, figures 1 et 3, sections radiale, transversale et tangentielle.

Références. — Bassières, dans Y Agriculture des pays chauds, 1911, p. 1; Berteau dans le même Bulletin, 1911, p. 265 ; Goldmeister, p. 596 ; Guillenrin, pp. 148 et 154 ; Roussell, I, p. 321 ; Sagot dans la Revue Maritime et Coloniale, 1869, pp. 208, 231 et 918.

Bois de Crabe, n° 6200 E.

Pomel, p. 131 : Cannelle giroflée, Capelet.

Barrère : Cannelle giroflée, Myrtus caryophylli.

Saldanha da Gama, 1867, p. 82 : Palo Cravo, Dicypellium caryophyllalurn.

BOIS UTILES DE LA GUYANE FRANÇAISE

A comparer le nom de Bois de Crabe avec les noms de Cravo de Huber et de Bois de Cannelle giroflée de Planchon. (V. 6200 A, écorce.)

Nectandra, n° 6201.

La Guyane est tellement riche en espèces de ce genre et les bois sont si difficiles à être distingués les uns des autres qu'il me semble inulile de les décrire en détail. La structure est presque uniforme et ne nous aide guère à la détermination. La seule particularité, d’ailleurs très difficile à saisir, est la distribution des vaisseaux, qui varient depuis la régularité remarquable du Nectandra Rodioei, fîg. 12, pi. VI, où ils sont disposés en quinconce, jusqu’aux lignes courbes des autres espèces. Je décris la structure de Nectandra Rodioei , qui est le Cœur vert, comme étant le bois le mieux connu qui puisse servir de modèle, et qui peut être obtenu le plus facilement pour la comparaison. J’ajoute la description du Nectandra cuspidata, qui est bien déterminé et le plus typique du genre.

Nectandra Rodioei Hook, n° 6201 A.

Synonymes: N. Rodier Schk. ; Ocotea Rodiei Miq.

Noms vulgaires: Bibiru, Black Greenheart (Bell). Geelhart (Surinam), Itauba branca (Prov. sept. Brésil), Itauba vermelha (Amaz. Miers). Tugui, Tugul (Kenworthy). Rora ek (dialecte Accawoi. Morris. Est-ce cette espèce ?). Mainop (Laslett). Beeberu (Surinam, Demerary ; Sagot). LipeerifSur. Lanessan (Est-ce Lipeeri ou Sipeeri?). Biberoo (Surinam ; Icônes lignorum). Groenherz (Wiesner). Cœur vert (Guyane Franç.); Greenheart (Angl.). Pakouli (Surinam ; Fuente). Ce n’est pas le Grœnhart ou Grœnhart Stugo de Martin Lavigne. (V. 5474.)

La variété Sipiri (Bell), Sipiera, Yellow Greenheart (Morris) me semble due aux conditions de croissance.

Je me demande si le Tugui de Kenworthy n’est pas le Taigu d’Arnaudon. (Voir l'Ebène verte, n° 5474).

Annules du Musée colonial de Marseille. — 3” série, 8e vol. 1920. 2

H. STONE

Le Cœur vert n'est pas indiqué par Sagot comme indigène à la Guyane Française, mais je le cite, car le Musée Colonial de Marseille possède un échantillon de cette provenance.

L’échantillon de Bell a été déterminé, d’après les feuilles et les fruits, par le Dr. Freeman.

Caractères généraux. — Bois dur, très lourd, de couleur verte, brun verdâtre ou brun. Surface luisante sans être brillante, froide au toucher et fonçant légèrement à l'air ; grain uni et compact, quoique gros. La nuance de la coupe transversale est beaucoup plus foncée que celle des autres sections, car elle est souvent presque noire.

Caractères physiques. — Densité, de 0,938 à 1,200 ; dureté, celle du Balata ou du Quebracho. Odeur, à sec, nulle. Bassières le place parmi les bois odorants ; peut-être a-t-il raison lorsque le bois est à l'état frais. Saveur nulle. Solution aqueuse, de couleur brun clair; alcoolique, incolore. Il brûle bien, et laisse exsuder à la chaleur des gouttes de gomme jaune. Beauverie dit qu'il brûle comme un flambeau, avec odeur de soufre, mais je n’ai jamais remarqué ce caractère. Il se fend facilement mais est résistant.

Caractères de l’écorce. — Épaisse de 3 à 4 mm. environ, dure et ligneuse; brune à l'intérieur, et couverte de petites tubérosités à l’extérieur. « Unie et blanchâtre, d'après Guibourt. » La surface de la bûche est finement striée. Le liber d’un échantillon, n° 126, Guyane, Musée Colonial de Marseille, se présente en minces feuilles comme du papier, de couleur brun jaunâtre clair et tenace.

Structure du bois. — L’aubier, qui n'est pas très bien délimité du cœur, est épais de 12 cm. environ.

Section transversale. — • A comparer avec la figure 12, pl. VI. Couches très rarement délimitées ; la coupe est très uniforme.

Vaisseaux très apparents par leurs bords verts ; grands, de 22 mm. de diamètre, presque uniformes et distribués très régulièrement en quinconce. Ils sont ovales, simples, et plus souvent par groupes subdivisés de 3 à 4 vaisseaux; de 4 à 13 par mm. et contenant des thylles.

BOIS UTILES DE UA GUYANE FRANÇAISE 19

Rayons visibles à la loupe, fins, uniformes, assez équidistants, à intervalles d'une distance moindre que le diamètre d’un gros vaisseau, mais s’écartant à peine au niveau de ces vaisseaux. Ils sont de 4 à 6 par mm.

Parenchyme visible et même très apparent : a entoure les vaisseaux ou, d’autres fois, se présente en petites lignes ou en taches qui ne les entourent pas complètement.

Section radiale. — Vaisseaux très apparents, quoique se présentant en petits sillons le long des bords blanchâtres du parenchyme. Ces sillons sont remplis de thylles et de perles de gomme foncées. Rayons petits, obscurs, mats.

Section tangentielle. — Comme la radiale, mais les rayons sont visibles seulement à la loupe.

Emplois. — Bon pour constructions navales, pour travaux sous l'eau, en général, quais, pilotis, etc. Il éclate s'il est exposé au soleil. Le cœur a souvent des défauts, mais non l’extérieur (Laslett). Il résiste au Limnora tcrebrans et aux tarets, et, après le Teck, c’est le bois qui résiste le mieux aux termites (Oldriéve). Il est attaqué de temps en temps par un ver (Catal. Kew.). 11 était attaqué par les tarets à Boulogne (Beauverie). On dit qu'il devient plus rare (Morris en 1888).

La qualité du bois varie beaucoup.

Ecli. types : 29, 2685 Bibiru, 30, 2686 Sipiri ; Bell. 2312 et 2354 Laslett. N° 81 , Guyane, Musée Colonial de Marseille. La section de Nœrdlinger.

Icônes : Planchon et Collin, fig. 300, section transversale de l’écorce de Beberu. Icônes Lignorum, pl. 64, fig. 4 ; en couleur. Stone, T. of C., pl. IX, lig. 99.

Références : Laslett, p. 270 ; Bell, p. 5 ; McTurk, n° 27 ; Oldriéve, p. 17; Stone et Freeman, p. 29 ; Stone, lmp. Inst. Journal, VII, p. 254 ; Bulletin de Kew., 1893, p. 183 ; Beauverie, p. 369; Bassières, 1911, p. 1 ; Wiesner, II, p. 951.

Nectandra cuspidata Nees et Mart., n° 6201 B.

Synonyme : Ocotea cuspidata Mart.

Noms vulgaires : Burada, Buradeah, Bastard Cirouaballi

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