‹ Annales du Musée colonial de MarseilleChapitre 4 sur 140 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Plan général — Technique

Conformément au but que nous poursuivons ici et que nous venons d'indiquer, nous nous contenterons de décrire brièvement les divers bois que nous étudierons, puisque ce n’est pas là notre principale préoccupation ; mais nous insisterons, au contraire, sur les caractères chimiques et spectroscopiques des matières colorantes de ces bois. Pour un certain nombre d'entre eux nous examinerons en outre leurs propriétés tinctoriales.

Caractères chimiques. — Comme dissolvant de la matière colorante nous avons utilisé : l’eau distillée, l’eau alcaline, l’eau acidulée et l'alcool à 95°.

L’extrait aqueux est obtenu en faisant macérer 3 gr. de la poudre de bois dans 30 cc. d’eau. Nous portons au préalable à l'ébullition et nous laissons en contact pendant une semaine. Au bout de ce temps, après avoir de nouveau porté à l’ébullition, nous filtrons. Cette solution est répartie dans cinq tubes à essai. L'un d’eux est gardé comme témoin et dans chacun des autres nous ajoutons trois à quatre gouttes du réactif indiqué. C’est ainsi que nous avons fait agir un certain nombre d’acides, de bases et de sels : dans la plupart des cas, la coloration primitive présente des modifications qui varient entre d’assez larges limites, sauf avec les réactifs suivants : acide sulfurique, soude caustique, perchlorure de fer et chlorure de chaux. Dans nos recherches nous avons fait usage de liqueurs normales : d’acide sulfurique, de soude caustique et d'ammoniaque. Daufre part, l’extrait alcoolique est préparé en faisant macérer pendant une semaine 0 gr. 90 de la poudre de bois dans 30 ce. d’alcool à 95°. Après avoir réparti la solution dans cinq tubes à essai, l’un d’eux est conservé comme témoin et dans chacun des autres nous ajoutons trois à quatre gouttes du réactif choisi. Les changements de teinte sont surtout marqués avec l’acide sulfurique, l’ammoniaque, le perchlorure de fer (en solution alcoolique) et le bisulfite de sodium.

LA DÉTERMINATION DES BOIS EXOTIQUES COLORÉS

Dans le cas de l'eau alcaline et de l’eau acidulée, 0 gr- 30 de la poudre de bois sont traités par 30 cc. d’eau distillée, additionnée soit de dix gouttes de soude, soit de dix gouttes d’acide sulfurique. Après une semaine de contact nous filtrons-

Enfin nous avons examiné le pouvoir dissolvant de l’étherr du chloroforme, du benzène et du sulfure de carbone. A cet • effet, 0 gr. 30 de poudre sont laissés en contact pendant une semaine avec 10 cc. de dissolvant ; après quoi nous agitons et nous filtrons.

Afin d'éviter les confusions de teintes et de faciliter les recherches — la description exacte d’une teinte étant chose impossible et purement subjective — nous avons rapporté les diverses colorations obtenues à celles que donne le Code des Couleurs de Klincksieck et Valette.

Caractères spectroscopiques. — Nous avons déterminéces caractères en trois séries d’expériences :

1° En poids déterminé, 0 gr. 90 de poudre, est traité par 30 cc. d'alcool à 95°. Après une semaine de contact, la solution obtenue est filtrée et examinée.

Nous avons étudié le spectre d’absorption de la solution alcoolique seule, puis de la solution alcoolique sur laquelle, au préalable, nous avons fait réagir séparément dix gouttes d'ammoniaque ou dix gouttes d’acide sulfurique.

2° Lorsque la matière colorante est plus soluble dans l’eau distillée que dans l'alcool, nous préparons une solution aqueuse que nous obtenons en traitant 3 gr. de la poudre de bois par 80 cc. d’eau distillée, nous portons à l’ébullition et nous laissons en contact pendant une semaine. On porte de nouveau à 1 ébullition, on filtre et on examine. Puis la solution aqueuse est alors additionnée de dix gouttes de soude et on note de nouveau les particularités du spectre d’absorption.

3° Pour chaque bois nous avons préparé deux solutions alcalines, toutes deux avec 30 ce. d’eau distillée additionnée de dix gouttes de soude, mais l’une est obtenue avec 0 gr. 50 de poudre, tandis que l’autre est faite avec 0 gr. 30 de la même poudre : on laisse une semaine, puis on filtre et on examine la solution.

Nos observations ont été faites à l’aide d’un spectroscope à vision obbque. à un seul prisme : une cuve à faces parallèles (distantes de 10 m m) renfermait la solution à étudier.

D'APRÈS leurs caractères chimiques et spectroscopiques 1 i

Propriétés tinctoriai.es . — Nos essais ont été faits avec des écheveaux de laine (0 gr. 30 et de soie (0 gr. 10) préalablement décreusés- Les mordants utilisés ont été : les acétates d’aluminium, de 1er, de chrome, et le chlorure stanneux avec le bitartrate de potassium.

Dans nos expériences sur la laine, nous avons effectué le mordançage en plongeant l’écheveau dans la solution du mordant, qui est ensuite chauffé à l’ébullition6 pendant trois quarts d’heure.

Avec la soie, après un séjour de vingt-quatre heures dans la solution du mordant, on porte à une douce chaleur. On achève en rinçant convenablement.

Laine et soie ainsi mordancéès sont alors mises en contact avec un extrait obtenu en laissant macérer pendant vingt-quatre heures, 3 grammes de la poudre de bois dans 130 cc. d’eau distillée.

Pour la teinture, les deux extraits sont toutefois traités de façon différente. Tandis que pour la laine on porte à l’ébullition que l’on maintient pendant une heure, l'opération avec la soie •est faite à tiède.

Dans les deux cas on rince soigneusement et on laisse sécher. C’est seulement lorsque les teintes obtenues nous ont paru susceptibles d’application que nous avons ensuite procédé aux essais de résis'ance à la lumière et au lavage.

Page 1