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CHAPITRE II

La Prairie.

La Prairie est une conséquence directe des incendies périodiques. Elle n’est constituée, en effet, que d'espèces aptes â subir annuellement ces feux. Ces espèces, communes à toutes les régions de l’ile, et cosmopolites sous les tropiques, semblent indifférentes aux changements de sol et de climat. Parmi elles se trouvent quelques espèces accessoires, restes de l’ancienne végétation, que des particularité-) biologiques ou la plus grande violence des feux laissent subsister çà et la. La Prairie, grâce au feu, s étend chaque jour davantage et recouvrir bientôt I lie entière, sauf l’Extrème-Sud, où elle ne peut s'établir par suite d une sécheresse trop intense. Elle ne constitue que des pâturages très médiocres, que les feux, à la longue, rendent de plui en pl s mauvais. Pour les améliorer il faudra en changer la composition botanique et les soustraire à l’action des feux.

Décrire laction d'un feu de brousse, c est décrire le mode de végétation des espèces qui constituent la Prairie malgache. En effet, ce feu détruit annuellement, et d une façon a peu près constante, toutes les parties aériennes des végétaux et leurs graines. Par suite, au bout de quelques ann-ies. le feu nécessairement ne laisse plus subsister, sur les surfaces - umises à son action, que les plantes qui sont aptes a supporter sans souffrir la destruction de toutes leurs parties aérienne^, et qui peuvent se multiplier sans graines ou qui sont, du moins, capables de vivre et de se reproduire en ne se re-emant qu à de longs intervalles.

Il n v a guère, pour satisfaire à ces conditions, que les espèces vivaces à tiges annuelles et dont souches ^mettent des rejets. Or. toutes les espèces de la Prairie, sans excepti n. sauf quelques plantes apparaissant accidentellement et bientôt détruites, ont ce mode tout particulier de végétation.

C est là une preuve formelle, absolue, que cette formation de- prairies est bien toute artificielle et quelle a uniquem-nt

LA VÉGÉTATION MALGACHE

Prairie sur calcaire marneux (jurassique supérieur) et bois des terrains arénacés 'crétacé inférieur , aux environs de Stampikv, sur la Mahavavy de l'Ouest.

Çà et là, dans la prairie, au 1er plan, des pieds d Hyphaene Hilde}>randtii. Les sables crétacés du flanc de la colline plus stériles n’ont pas permis au feu et aux Graminées d'y détruire toutes les plantes autochtones, et quelques arbres ou arbustes ont persisté. Vers le sommet, une couche de sable plus stérile encore a protégé la forêt du plateau, qui est restée intacte.

Région de l'Ouest. Prairie dans l’Ouest, avec des îlots déplantés autochtones, protégée par de gros blocs de granit. Phot. Reynier.

LA PRAIRIE

le feu pour cause première. Et nous n’oserions pas insister sur ce fait si manifeste, si logique et si simple, si l'on n’avait

Prairie aux environs du lac Alaotra.

La prairie à Aristidea , qui remplace les savoka , aux environs de Mananjary

(Région Est).

Bois des terrains arénacés, que les feux transforment progressivement en savane à Ilyph&ene S ha tan. A droite, Ad&nson ta

LA l’RAI Kl L

pas prétendu que la prairie, la « steppe » malgache, était une formation naturelle, ayant existé de toute antiquité.

Les espèces de la prairie ont donc été sélectionnées, ou, plus exactement, choisies et triées par le feu. L'incendie a éliminé toutes les espèces non capables de s’accommoder de son action. Lette sélection d espèces a encore été rendue plus sévère par la stérilisation du sol. la destruction de l’humus, 1 affleurement de la latérite, en un mot par l’érosion plus

Bois des terrains arénacés détruits et brûlés sur la lisière d’une route, près de Morondava (Ouest .

rapide, conséquence forcée de feux qui dénudent le sol juste avant les grandes pluies de l’hivernage. Aussi cette Formation est-elle excessivement pauvre en espèces, et les faits, en ce sens, dépassent même tout ce que l’on pourrait imaginer.

^ oici. en effet, la liste des espèces de cette Formation, par région, et avec les indications de stat et distribution géographique de chacune de ces espèces. Les espèces marquées d'un astérisque sont des Graminées k chaumes annuels, avec souches vivaces émettant des rejets ; ce sont les plantes qui constituent k elles seules presque toute la Prairie. Les autres sont plus rares et occasionnelles.

LA YÉGÉTATIC» MALGACHE

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