C. Collines. Vivace. Disparaîtd’ail
LA VÉGÉTATION MALGACHE
NOMS
VERNACULAIRES
DISTRIBUTION
GÉOGRAPHIQUE
STAT
ET OBSERVATIONS
Pycnoneurum junci/'orine Dcne.
Ptcris aquilina L.
Cyperus sp.
leurs dans les feux trop violents. Localisé, par suite, sur les collines arides.
Rare et localisé dans les endroits arides.
Cosmopolite A perdu dans la
prairie la faculté de produire des sores.
Disparaît à la longue devant les feux.
Vivace.
Il faut ajoutera ces listes, pour chaque région, une centaine d'espèces environ que l'on trouve de temps à autre dans les prairies, où elles tentent de s'établir, mais d'où le feu les déloge toujours après quelques années. Ces espèces, que nous nommerons accessoires, sont, ou des espèces rudérales et des champs cultivés, ou des espèces de la flore autochtone. Elles s introduisent temporairement dans la prairie dans les endroits où, pour une raison ou pour une autre (abri temporaire, canaux, chemin, collines, stérilité trop grande, épuisement du sol, éboulements, etc.), les feux de brousse ont cessé et sont devenus moins violents. Les secondes sont surtout abondantes dans les lieux qui ont été déboisés plus récemment. Elles y persistent longtemps, surtout les espèces pouvant repousser de souche, mais elles finissent toujours par disparaître, les feux les empêchant de se reproduire, sinon de végéter .
Ceci explique les ports divers sous lesquels se montre souvent une même plante malgache. Beaucoup d'espèces présentent, en effet, deux formes très différentes : une forme sylvestre et une forme de dénudation.
Un exemple typique de cette catégorie d'espèces est fourni par Pteris aquilina , qui, malgré sa large distribution, fait bien partie de la flore autochtone. Cette Fougère persiste
LA PRÀIRIK
iy
très longtemps dans la prairie grâce à ses rhizomes presque éternels, mais elle n'y produit jamais de sores; et les rhizomes finissent par périr lorsque le sol est devenu trop compact.
Quelques espèces de la Prairie, surtout les espèces autochtones faisant partie de cette formation, paraissent s’èlre adaptées au régime des feux à l’aide de mutations légères dont l’étude détaillée serait d’un grand intérêt. Mais, à ce
Savane à Meclemïa dans l'Ouest. A la base des stipes sont des cicatrices, et les troncs sont rongés aux trois quarts, ce qui n’empêche pas ces arbres de continuer à végéter.
point de vue, chacune de ces espèces a ses moyens particuliers, son histoire propre, que nous pourrons peut-être un jour raconter en détail. Trop de données nous manquent encore pour qu’il en puisse être question ici.
Les espèces accessoires sont beaucoup plus nombreuses dans la prairie du Centre que dans celle de l’Est ou de l’Ouest, où l’uniformité de la végétation est désolante. Cela tient, pour nous, à deux causes :
1° A l’antiquité plus grande de la Prairie dans le Centre ;
2° A la végétation moins luxuriante et à la stérilité plus
LA yEGÉTATION MALGACHE
grande de cette région, circonstances qui rendent les feux de prairie moins violents, moins destructeurs, et en préservent même certaines collines très dénudées, où quelques plantes autochtones peuvent à nouveau s'installer et prospérer.
Dans l'Ouest, on trouve quelques arbres qui semblent s'accommoder parfaitement du régime des feux et se multiplier malgré eux. Gomme les Graminées ordinaires de la
Collet d'une liane (Rouren orientalis) déformée par les feux de brousse. Face inférieure. Au milieu, racine pivotante primitive.
prairie, ce sont des espèces sélectionnées, triées, choisies par les feux. Ces arbres (arbres, arbustes ou Palmiers) sont, dans les plaines à prairie épaisse et, par suite, à feux particulièrement violents, Sclerocarya Caffra, Medemia no bi lis et Hyphaene Shalan, et, sur les collines à feux moins destructeurs, Acridocarpus excelsus et Celastrus linearis. Sclerocanja Caffra semble résister au feu par suite de son écorce épaisse, et surtout parce que son ombrage est funeste aux Graminées, qui restent chétives tout autour de son tronc. Acrido-