CHAPITRE V
La Mangrove et les Plantes maritimes.
Ces Formations sont bien autochtones, mais îles conditions de milieu très spéciales y limitent le nombre des espèces, comme dans les Formations modifiées par l'homme. Elles sont très nettement délimitées. La Formation des plantes maritimes ne comprend que des espèces littorales halophiles, communes à toutes les côtes de File ; celle de la Mangrove ne comprend que des espèces adaptées par des moyens divers aux inondations périodiques de la marée. La Mangrove a quelque importance économique, grâce surtout à ses arbres à tanin.
Avant de passer à l'étude de la flore autochtone, nous étudierons à part la Formation des plantes littorales maritimes et la Mangrove, qui sont, pour ainsi dire, intermédiaires entre la végétation autochtone et la végétation modifiée. Elles appartiennent bien à la première, en ce sens que la nature seule a contribué à leur création et qu'on ne peut guère refuser l indigénat à la plupart des espèces qui les constituent, mais elles ont aussi de grandes analogies biologiques avec la seconde, puisque ces espèces ont été néanmoins importées par les flots et que le sel, jouant ici le rôle du feu dans la Prairie, y limite encore le nombre des espèces, en empêchant toutes plantes non adaptées d’y prospérer. Aussi retrouverons-nous dans ces formations le caractère typique de la Prairie, c’est-à-dire un petit nombre d'espèces représentées par un nombre relativement très grand d'individus.
Les limites de ces Formations, par rapport au reste de la flore malgache, sont d'ailleurs excessivement nettes. On ne trouve pas dans l’île, en effet, au voisinage de la mer, les nombreuses mutations ou variations maritimes que l’on observe, par exemple, aux abords des rivages méditerranéens h Les espèces
1. Nous n’avons observé que deux espèces présentant des formes maritimes : un Vernonia et Asyslasia yangelica. Toutes deux sont peu constantes et très répandues dans l ile.