‹ Annales du Musée colonial de MarseilleChapitre 65 sur 140 · I.A VÉGÉTATION MALGACHE · texte numérisé non relu

I.A VÉGÉTATION MALGACHE

de la Mangrove sont très particulières et d’ailleurs bien connues. Le feuillage de ces arbres ou arbustes est coriace et persistant. Us vivent dans une boue bleuâtre, exhalant, à l'état frais, une forte odeur de bitume, très compacte, et imperméable, submergée à chaque marée. Leurs racines, pour pouvoir respirer dans ces milieux, ont adopté des dispositions toutes particulières, variant suivant les espèces. Les unes ( Avicennia , Sonneratia , Carapa), dont les troncs restent cylindriques jusqu’au niveau du sol, émettent sur toutes leurs racines traçantes une quantité prodigieuse de pneumatophores, radicelles simples, à géotropisme négatif, dépassant le sol de S à 20 centimètres. Les autres émettent de longues racines adventives ( Bhizopkùra ) ou dilatent la base de leur tronc en une grosse masse plus ou moins anguleuse ou ailée (. Bruguiera , Ceriops ). On pourrait croire à première vue que ces derniers appareils ont pour but de consolider simplement la plante ; mais ces espèces vivent toujours dans des eaux relativement tranquilles, où la nécessité de tels moyens de consolidation ne se fait nullement sentir. Il suffit d’ailleurs d'empêcher l’air d’arriver à ces appareils, pour faire mourir la plante aussitôt L

Les moyens de dissémination de ces espèces sont aussi variés. Les unes ( Bruguiera , Ceriops , Bhizophora ) ont des fruits qui germent sur les branches qui les portent. Leur grosse radicule se développe, atteint une certaine grosseur, puis la jeune plantule se détache et vient se piquer, telle une flèche, dans la boue au pied de l'arbre. Les autres ( Sonneratia , Avicennia , Carapa) laissent tomber leur graines mûres dans

1. Des appareils respiratoires tout semblables existent aussi sur certaines plantes vivant dans les marais de l’intérieur. Raphia Rufjia, Orchipeda Thouarsii et beaucoup d’espèces de Ludwigia ont des pneumatophores constitués par des radicelles à géotropisme négatif. Les racines adventives des Pandanus et de certains Uapaca sont même, selon nous, des appareils de signification analogue, chez celles de leurs espèces qui sont palustres tout au moins. Chez les espèces humicoles de ces genres, cette disposition permet à la plante de n’avoir de racines que dans la couche très mince d’humus qui recouvre la latérite.

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