LA MANGROVE ET LES PLANTES MARITIMES
les eaux, où elles flottent, et le flux et le reflux les promènent jusqu'à ce qu elles aient trouvé un coin favorable pour germer. Le mode de dissémination n'est donc pas le même chez les espèces à radicelles à géotropisme négatif et chez les espèces à racines adventives, et ce fait nous semble digne de remarque.
Autre coin de la Mangrove, avec les mêmes racines à géotropisme négatif.
Les espèces de la Mangrove ne se développent bien que sur les boues des estuaires, où les marées se font sentir avec de grandes amplitudes. Aussi cette Formation couvre-t-elle des espaces bien plus étendus sur la côte Ouest que sur la côte Est. En effet, les rivages sont bien plus découpés, les marées beaucoup plus fortes, les côtes en général plus basses sur les rives du canal de Mozambique que sur celles de l'Océan Indien. Sur la côte orientale de l'ile, les lagunes, pourtant si développées, sont toujours séparées de la mer par une dune littorale continue, que franchissent rarement les eaux salées. Aussi les eaux des lagunes sont-elles généralement douces, ou à peine saumâtres, et les espèces de la Mangrove, par
LA VÉGÉTATION MALGACHE
suite, ne s'y développent pas. Leur végétation est d’ailleurs nettement dulcaquicole.
La formation de la Mangrove, qui couvre environ 400.000 hectares dans l'ile, est intéressante au point de vue économique. C’est d’abord une réserve importante de bois à brûler, précieux dans un pays où le bois manque souvent, et admirablement placée pour être exploitée. En outre, les écorces de Rhizophora mucronata ont fait l'objet d'un grand commerce d'exportation en ces dernières années, en tant que matière tannante. Les peuplements de cette essence sont à peu près maintenant détruits en totalité, mais cette espèce a une croissance rapide, sa dissémination est abondante, et ces peuplements se reformeront bien vite, si l'on prend soin de garder de loin en loin quelques pieds adultes pour la reproduction.
Ceriops Boiviniana et Bruguiera gymnorhiza sontégalement riches en tannin.
Une autre production économique de la Mangrove est la soie du landibé ( Borocera madagascariensis) dont la chenille se développe sur les Avicennia. Cette soie fait l'objet d’un commerce assez important entre les indigènes. On trouve aussi sur les Avicennia, en assez grande quantité, une laque de Gascardia ( lokombitsika ), substance peut-être susceptible d'être employée par l'industrie.