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I. A REGION CENTRALE

Au point de vue botanique, nous arrivons à la même constatation. En effet, si la flore du Centre est très nettement caractérisée par l'abondance des Orchidacées, des Composées, des Ericacées et des types de climats tempérés, il n'en est pas moins vrai que beaucoup de types orientaux se retrouvent jusqu'aux plus hautes altitudes. Ainsi, le type Bambou est représenté jusqu’à 2.300 mètres mont Ibity et 2.000 mètres

Albizzia Lebbeck adulte, à Tananarive, vers 1 .200m. d'ail. Hauteur totale. 7 m. Exemple d'espèce ayant pris le port des arbres de la forêt du Centre.

1.600 ; tabac 2.200 mètres ; patate, chanvre, sonjo ( Colocasia anliquorum ) et maïs 2.000 mètres ; riz. néflier du Japon, pêcher 1.800 mètres ; manioc 1.500 mètres. Le manioc, la patate et le sonjo gèlent au-dessus de 1.400 mètres, mais cela ne parait pas nuire à leurs tubercules. La pomme de terre, le chanvre et le tabac peuvent pousser sans doute à des altitudes supérieures, mais nous ne les y avons pas observés.

LA VÉGÉTATION MALGACHE

mont Tsaratanana), le. type Pnndamus jusqu'à 2.400 mètres (mont Tsaratanana), le type Palmier jusqu'à 2.000 mètres (mont Andringitra, à Yavavato) et 2.400 mètres (mont Tsaratanana), le type Dracæna à 2.200 mètres (mont Tsaratanana), et il n'y a guère d'arbres des hautes altitudes qui n'appartiennent pas à des genres représentés sur la côte. Les types des climats tempérés, Ranunculus , Viola , Géranium , Epilobium , Garer, Ombellifères, sont peu visibles dans les formations autochtones ; la dénudation, au lieu de leur nuire, leur a permis de se multiplier davantage, et cette circonstance, jointe à l'étrangeté de leur présence, leur a fait donner une importance exagérée. Leur nombre ne s'accroît pas d'ailleurs avec l'altitude, et l’un d’eux, le genre Garer , est représenté jusque sur les bords de la mer.

L’orientation par rapport à l'alizé, dont l'influence est si grande sur la végétation malgache tout entière, produit, plus encore que l'altitude, de profonds changements dans la végétation et la flore de la région centrale ; et c'est surtout à ces deux causes, orientation et altitude, que sont dues la plupart des Formations *jue nous avons pu y distinguer. Le sol, au contraire, pourtant moins homogène ici que dans la région orientale, ne semble pas avoir une influence bien marquée. C'est encore, en somme, partout des argiles latéritiques, produites, il est vrai, aux dépens de roches métamorphiques ou volcaniques, siliceuses ou calcaires, mais leurs caractères physiques restent les mêmes, et leur diversité d'origine ne paraît avoir, en somme, que peu d’effets sur la végétation. Néanmoins la richesse en espèces s’accroît sur les basaltes récents, et il devait en être de même sur les cipolins ; malheureusement ces derniers sont aujourd'hui totalement dénudés et nous n'avons pu y observer aucun reste de la végétation native qui les recouvrait jadis .

Lorsque la végétation native recouvrait encore le Centre tout entier ', on rencontrait successivement, en traversant

1. Les descriptions qui suivent surprendront certainement ceux qui ne connaissent, de la région du Centre, que les parties habitées, aujourd'hui totalement dénudées. Aussi indiquerons-nous, à titre de

LA RÉGION CENTRALE

cette région de l'Est à l'Ouest : 1°, sur les surfaces balayées par l'alizé saturé d'humidité, quels que soient d’ailleurs leur exposition et leur éloignement du rebord oriental, une forêt très dense à futaie de 13 à 20 mètres, recouvrant un sous-bois extraordinairement épais, souvent constitué de plantes herbacées ; 2°, sur les crêtes et les cimes placées dans les mêmes conditions, une forêt basse, de 6 à 8 mètres, très dense du sol à la cime, à troncs et à rameaux couverts à profusion de Mousses et de Lichens ; 3°, sur les plus hautes cimes, une végétation d arbustes éricoïdes groupés en un seul étage ; i°, sur les pentes occidentales, plus ou moins soustraites à l'action directe de 1 alizé humide, des bois à futaie de 10 à 13 mètres, recouvrant un sous-bois assez clair d’arbustes surtout éricoïdes. Telles sont les quatre Formations que nous distinguerons sous les noms de : 1° Forêts à sous-bois herbacé ; 3° Silve à Lichens des cimes ; 3° Broussailles éricoïdes des hautes altitudes ; i° Bois des pentes occidentales. A ces quatre Formations principales, qui existent du nord au sud de la région, nous ajouterons deux autres plus localisées : la Formation des marais et celle des rocailles à xérophytes .

Comme dans l'Est, toutes ces Formations, sauf celles des marais, sont remarquables par leur richesse en espèces. A peine aurons-nous plus loin à signaler un léger appauvrissement corrélatif à 1 altitude. Comme dans l'Est encore, les associations végétales sont ici excessivement complexes et embrassent toute la Formation. Pourtant nous distinguerons, dans la Formation des pentes occidentales, l'association végétale des tapia , qui a bien tous les caractères de celles observées en Europe, mais qui nous parait néanmoins, ainsi que nous l'expliquerons, n’être qu'une conséquence directe de Faction de 1 homme et des feux.

référence, pour chacune des Formations dont il sera question plus loin, la liste des localités où nous les avons observées.

LA VEGETATION MALGACHE

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