mètres
2. C’est-à-dire d’âge très récent, simplement préhistorique, ce qui n’a aucun caractère d’antiquité à Madagascar.
LA RÉGION CENTRALE
égard mais cet examen n'a pas encore é Lé fait, et, pour 1 instant, nous sommes réduit, sur ce point, à faire de simples hypothèses basées sur la végétation palustre actuelle et les rares témoins de la Formation subsistant encore avec tous leurs caractères primitifs.
La végétation des marais à eau plus ou moins profonde est
Lac Alaotra, avec zozoro, Cyperus unerinensis Centre).
sans doute la moins modifiée. Elle est surtout constituée par de nombreuses espèces de Cyperus, de Scirpus et d ' Eleocharis ; et la tourbe, dans ce stat, a dû se former un peu comme dans
1. Ces lignes étaient écrites au moment de la découverte, à Betafo, au milieu d'une région aujourd'hui totalement dénudée à 100 kilomètres à la ronde, des restes d’une forêt ensevelie sur les bords d'une tourbière. Cette forêt était composée des mêmes essences que Ton observe encore dans les endroits humides sur les limites orientales du Centre. Bien que gisant à peine à 1 mètre au-dessous de la surface du sol, ces restes végétaux englobaient des ossements subfossiles, ce qui établit bien que les Epgornis, et les animaux contemporains, ont disparu avec la forêt native et tout récemment Y. Bull. Académie malgache, XII, I, 199).
LA VÉGÉTATION MALGACHE
les lagunes de 1 Est, c'est-à-dire par dépôt lent de matières lipidiques provenant de la décomposition de plantes surnageantes. Dans les autres marécages, quelques espèces des mêmes genres, une Graminée et Nej)hrodiuni Thelipteris ont dû certainement contribuer à la formation de la tourbe ancienne, car ces plantes présentent toutes les caractéristiques des espèces des tourbières. Elles existent d'ailleurs dans les marais où la tourbe continue à se former, c’est-à-dire dans ceux qui se sont conservés avec tous leurs caractères originels. Au surplus, l'étude seule de ces tourbières non modifiées pourra nous donner une idée approximative de ce que pouvait être jadis la végétation de cette Formation, et, comme toujours, puisque nous cherchons surtout à reconstituer la flore native, il ne sera uniquement question ici que de ces marais encore vierges. La présence de la tourbe, à quelques centimètres au-dessous de la surface du sol. dans tous les marécages de la région centrale, indique nettement d’ailleurs que la végétation ancienne de ces stats était bien analogue à celle que nous allons décrire, et, incidemment, nous ferons remarquer que l’existence presque générale de tourbières anciennes dans tout le Centre, et l'arrêt actuel de leur formation, démontrent, d'une façon très claire, l'ampleur des modifications récentes du tapis végétal de cette région.
Les quelques marais à végétation native encore intacte que nous avons pu observer subissent d’assez grandes modifications avec l’altitude. De 800 à 1.700 mètres, ceux qui n’occupent qu’une superficie restreinte ne diffèrent guère de ceux de la région orientale que par une plus grande abondance des Fougères. Ce sont toujours les mêmes marais à sphaignes, remplacés souvent ici par une Mousse de port semblable, parsemés de Pandanus élancés. Deux Fougères, Osmunda regalis et une espèce arborescente à gros stipe couché et ramifié, Alsophila Baroni, leur donnent pourtant un aspect tout autre. Par ordre d importance, les plantes contribuant ici à la formation de la tourbe sont surtout les Fougères, les sphaignes, les Mousses et quelques Cvpéracées. Dans les marais de plus grande étendue, dont, à vrai dire, nous no
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connaissons pas d exemple absolument vierge, les sphaignes et les Mousses paraissent avoir joué un rôle bien plus modeste. Ces plantes étaient sans doute localisées à la base des tiges des Cypéracées et du Nephrodium Thelipteris , qui semblent bien avoir été prépondérants sur les anciennes tourbières de quelque étendue, comme ils le sont encore sur les marais actuels. Une Papilionacée arborescente, le Smithia chamae -
Bords d’un torrent, avec Impatiens salicifolia. Environs'de Betafo, vers 1.600 m. ait.
crista Benth., aujourd'hui localisée dans quelques marais du versant occidental du Centre, était probablement jadis bien plus répandue et devait couvrir d’immenses surfaces. Cette plante, qui forme d'épais fourrés de 1 à o mètres de hauteur, abritant une végétation épaisse de Graminées à tiges grêles et très ramifiées, a certainement contribué, pour une grande part, à la constitution de ces tourbières, auxquelles elle donnait alors un aspect tout spécial.
Plus haut, au-dessus de 1.700 mètres, les tourbières ressemblent bien davantage à celles de nos pays tempérés.
C'est un épais tapis de sp baignes et de Mousses, abrité par une dense végétation de 50 à GO centimètres de hauteur, constituée. suivant les lieux, par des arbustes éricoïdes, Agauria, Philippia , Vaccinium, Helichrysum, ou par une Graminée spéciale, ou par des Cypéracées remarquables par les dômes que constituent leurs feuilles et leurs souches accumulées. 11 y existe aussi parfois des Fougères, mais leur nombre diminue avec l'altitude croissante, tandis qu'augmente, au contraire, un peu celui des espèces accessoires h
La végétation des lacs et des étangs profonds ne diffère en rien, en tant que faciès, de celle qu’on trouve partout sur ces stats. Au-dessous de 1 .400 mètres, le Cyperus imerinensis Bokeler, à port de Papyrus, donne au bord des eaux profondes un aspect analogue à celui des lagunes de la côte orientale. Plus haut, la végétation lacustre devient de plus en plus pauvre.
On aurait pu distinguer, comme Sous-Formation spéciale, les bords des torrents et des ruisseaux, surtout remarquables parce que les types malgaches des climats tempérés y sont presque exclusivement localisés. Mais ces types, Ranunculus, Viola, Géranium , Epilobium, Salix , et la plupart des Carex et des Ombellifères se retrouvent souvent dans les marais vierges ; et les autres espèces, parmi lesquelles abondent les Impatiens , existent aussi souvent ailleurs, soit près des marécages ombragés, soit sur les rocailles humides des forêts voisines.
En résumé, si l'on met à part la Sous-Formation des ruisseaux et des torrents, qui participe plus ou moins à la richesse des bois que ces cours d'eau arrosent, cette Formation est la plus pauvre en espèces de la région, et certaines plantes y dominent sur de vastes surfaces, à l'exclusion de
i. A toutes les altitudes, ces espèces accessoires sont surtout des Orchidées terrestres. Ces plantes, si abondantes dans le Centre, sont, en elTet, presque toutes des espèces palustres. Elles fructifient abondamment dans les marais, tandis que les capsules des espèces voisines, localisées dans la vraie Prairie, avortent, au contraire, presque toujours, indice certain d‘un changement dans les conditions de milieu.
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toute autre. Dans le monde entier, ces caractères sont très habituels aux Formations analogues, mais ici ils étonnent davantage à côté de la végétation environnante, si riche et si complexe.