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Plancbe 33.* — La bonne Mère; tableau de M, G«nod.
[Hantenr, St pieds; largeur, 1 pied 6 ponces.]
' Depuis quelques années , les intérieurs de cuisine font fortune et se multiplient. Le tableau de M. Drofliiig père représentant un sujet semblable , et qui fit fureur au salon de 1817, a ete placé, depuis la mort de cet artiste , dans la galerie dii Musée, à c&té des chefs-d'œuvre de notre école , et il continue d'y attirer non -seulement la foule des curieux de tous les rangs, maïs encore une certaine classe de peintres qui font profession de fournir .aux amateurs des copies de quelques taUeâux quHIs affectionnent. Aussi la Cuisine de DroIIing est-elte constamment assiégée par trois ou quatre copistes travaillant à Penvi et tous à-Ia-fois , malgré la gène et l'incommodité d'une semblable concurrence. Ils paraissent recommencer sans cesse la même copie , et vouloir éterniser un genre de travail sur lequel ils fondent, sinon leur réputation,, au moins un bénéfice toujours renaissant. Nous sommes loin de blâmer un pareil zèle ; il n'a rien qui doive étonner : mais nous ne pouvons nous empêcher de regretter que les immortels outirrages du Corrége , du Titien et de quelques autres maîtres n'obtiennent pas la même faveur et les mêmes hommages.
Le petit tableau qui fait le sujet de cet article , est du genre de ceux que le public se plaît à distinguer , lorsque les accessoires y sont traités ^ comme dans celui-ci , avec soin et avec goût. Outre ce mérite , on trouve , dans le ta-bleau de la bonne Mère, des figures bien rendues et d'une> expression douce. Si M. Genod^^ élève de M. Révoil ^
(M) on de ce qu'on appeHe improprement l'École de Lyon s si M. Genod, disons- nous , a re'solu de se borner aux scènes familières , en modérant son ambition , il assurera ses succès; et s'il vient apporter iui-mémeà Paris, aux époques du salon , le résultat de ses travaux , nous ne pouvons trop lui recommander de profiter de son séjour dans H capitale pour étudier ies chefs-d'œuvre de Gérard Dow, de Mieris etdeMetzu, ainsi que de plusieurs autres peintres recommandables par la vigueur du coloris et la finesse du pinceau. M. Genod, dont les essais sont d'un bèureux augure et méritent les encouragemens dont ils ont ete honores, verra qu'il lui reste encore beaucoup à faire pour pouvoir suivre , m^me d'assez loin , les traces des artistes célèbres que nous venons de citer.
Satû/i' de aSiç Tome JT.
Gàtod' pÙlûTy^
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Plfuicbe M.^^'^Le petit Malade f tableau dé M, Genod. [ Hauteur, 2 pieds ; largeur, 1 pied 6 ponces.]
Un jeune enfant, accable par le mal, s'est endormi en feuiilelant un livre d'images. La mère pleure ; la petite sœur, à genoux et les mains jointes, prie le ciel pour {a guerison de son frère.
Ce petit tableau, de la même main que le précèdent, n'a pas obtenu moins de succès : il est également soigne; il est même plus piquant de clair-obacur , etia scène qu'il représente est exprimée avec sentiment. La mère du petit malade a eu là précaution de couvrir d'un taffetas vert le bas^ de la croisée , pour adoucir les rayons du leur et ménager la vue de l'enfant : l'effet est fort bien rendu; mais le reflet verd&tre dont la figure du petit malade est frappée, est moins agréable que ne l'eut ete'^ le ton vrai..
Planche 36.^-^ Philippe Lippi esclave en Barbarie; tableau de M, Bergeret.
[Haatenr, 9 pieds; largeur, S pieds 6 ponces. ] ,
PhHippe Lîppi , peintre florentin , ayant ete pris en mer par un corsaire et emmené en Barbarie, gémissait depuis dix-huit mois dans l'esclavage, lorsqu'un jour il s'avisa de prendre du charbon et de tracer sur la muraille le portrait de son maître. La ressemblance frappa si fort ce barbare y qu'il lui rendit la liberté et le combla de presens.
Unft composition franche, une touche facile et un effet piquant ont fait remarquer ce petit tableau, d'un gedre qui convient beaucoup mieux au talent de M. Bergeret que les sujets d'un style plus eleve. Il en a fait la trbte expérience dans le tableau de Renaud et Armîde, expose au même salon. Nous en aurions donne le trait , si nous n'en eussions ete détournes par l'incorrection du dessin et le manque de grâce et de dignité dans l'expression des caractères. Ce dernier sujet avait été commandé par le ministère de la maison du Roi.
Salon/ de^ iSi^ Ihme/JI-
JBûuéff/i' /fthay.
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Planche 36.* — Charles-Edouard; tableau de M, Bouton.
[Hauteur, 4 pieds 6 ponces; largeur, 3 pieds 6 pouces.]
Les .entreprises, les succèa et les malheurs du prince . Charles'Ëdouard en Angleterre, furent peut-être les plus singuliers des evenem^s qui occupèrent l'Europe vers le milieu du dernier siècle. Ce prince, digne d'un meilleur sort, était fils de celui qu'on appelait le Prétendant ou le Chevalier de Saint-George, Son grand-p^e avait ete detrâne par. les Anglais, son bisaïeul cofâNtmne à perdre iatéte sur un echafaud par la faction de Cromwel , sa quatrième aïeule livrée au même supplice par ordre de la reine Elisabeth. Charles-Edouard, ce dernier rejeton de tant de rois et de tant d'infortunes, retire à Rome auprès du Prétendant, avait marque plusieurs fois le dçsir d'exposer sa vie pour remonter sur le trône de ses • pè^es. Accompagne d'un petit nombre d'amis dévoues , il passa en Ecosse, et vit grossir de jour en jour le nombre de ses paartisans. Mais sa tête fut mise à prix : tantôt vainqueur , tantôt défait et fugitif, il fut enfin réduit à chercher un asile dans les montagnes. M.''<^ de Macdonald, fille d'un gentilhomme qui lui était attache, le rencontra , et promit de lui amener du secours. C'est cette dernière anecdote que l'auteur du morceau dont nous donnons ici la gravure , a choisie pour donner de l'intérêt à sa composition. A la rigueur , ce n'est autre chose qu'un tableau d'architecture ou de ruines , pompêu- . sèment décore, comme beaucoup d'autrçs, d'un titrç historique,, ou plutôt, que le peintre a cru pouvoir présenter comme un trait d'histoire , parce qu'il j a introduit
(66) ane on deux figures; mais ces figures sont si petites proportionnement au cadre, eQes y sont offertes d'une manière si secondaire , qu'on voit bien qu'elles n'en sont que Faccessoire, et que rarchitecture en est véritablement le sujet : aussi ces personnages se font à peine remarquer; et, dès qu'on les a aperçus, on ies néglige pour examiner le fond du tableau, dont l'efièt est assez pittoresque : le ton en est suave, argentin, harmonieux. M. Bouton s'est fait une réputation dans ce genre de )>einture : il avait même atteint, dès son début, le degré de talent nécessaire pour s'y. distinguer; ce qui arrive assez ordinairement dans dés compositions semblables, où l'on n'exige qu'une perspective exacte, la vérité du ton local, et des détails soignés. Presque toujours ie pr&> mier tableau d'un peintre de ruines est son meifleur ouvrage, parce qu'alors il se borne à imiter ies objets qu'il a sous les yeux, et travaille, comme on dit, en cons* Cience : il devient ensuite moins scrupuleux , et il finit souvent par peindre de réminiscence et de caprice. Le$ deux premiers tableaux de M. Bouton, dont i'un représente une salie des Petits-Augustins , et l'autre les Thermes de Julien , sont sans contredit ce qu'il a fait de mieux ; dans les autres il s'est montré non moins habile, mais beaucoup n^oins vrai et moins naïf. Le monument gothique dont nous donnons la gravure, n'a point l'air d'avoir été dégradé ou plutât rongé par ie temps; ces Cassures , ces mutilations , sont franches et à vive arête : 'on croit voir un monument tout fraîchement ruiné à coups de marteau , tel qu'on en rencontre quelquefois dans nos jardips pittoresques.
S^kmJ^jâui T^mt.W