‹ Annales ecclesiastiques. 1846-66Chapitre 25 sur 52 · Reconnaissance du royaume dltaliepar le Brésil · texte numérisé non relu

Reconnaissance du royaume dltaliepar le Brésil

11. — Mort de don Pedro V, roi de Portugal, à gui son frère succède sous le nom de Louis P'.

13. — M'' Bialobrzeski, administrateur du diocèse de Varsovie, est arrêté par ordre du général Luders, pour avoir refusé de rouvrir les églises interdites; quoique malade, le prélat est conduit à la citadelle pour être traduit devant un conseil de guerre.

19. — Mort du cardinal Giusto Recanati, de l'ordre des mineurs capucins, né à Camerino le 9 août 1789, créé cardinal dans le consistoire du 7 mars 1853.

19. — Mort de W Nanquette, évêque du Mans, et ancien curé de Sedan (Ardennes).

21 . — Mort, à Sorèze, du R. P. Lacordaire , de Tordre de Saint- Dominique, membre de l'Académie française. Né à Recey-sur- Ource (Gôte-d'Or), le 12 mai 1802, Jean-Baptiste-Henrî Lacordaire se destinait d'abord au barreau. Il entra au séminaire de Saint-Sulpice en 1824 et fut ordonné prêtre en 1827. Aumônier du collège Henri IV en 1830, il était encore inconnu, lorsque Lamennais et M. de Montalembert se l'associèrent pour la fondation du journal l^Avenir, qui ne devait pas tarder à être censuré par le Saint-Siège. Il partagea encore avec M. de Montalembert la lutte pour la liberté d'enseignement, qui le conduisit devant la cour des Pairs. Quand V Avenir fut condamné à Rome, Lacordaire se soumit. En 1835, il ouvrit à Notre-Dame de Paris des conférences qui eurent un très-grand retentissement. En 1840, il prit à Rome l'habit de dominicain avec le nom de Dominique, et publia la vie du patron de son ordre. L'année suivante, il

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reparut avec son habit de religieux dans la chaire de Notre- Dame, où il attira un concours immense d'auditeurs jusqu'en 1848. La révolution de février Tamena à l'Assemblée nationale, où il ne parut que peu de temps, et il fonda VEre nouvelle^ qui ne dura que quelques mois. Un sermon prêché à Saint-Roch en 1853 lui fit interdire la prédication à Paris. Il s'occupa dans les dernières années de sa vie de la fondation d'une école d'enseignement secondaire à Sorëze, et fut reçu à l'Académie française en 1860. Il fut l'un des plus éloquents prédicateurs de notre temps et des plus suivis. Tout le monde a rendu justice à son zèle, à sa piété, à son désintéressement, à son beau caractère; on a pu regretter qu'il ne se soit pas assez affranchi des idées qu'il avait puisées dans son commerce avec Lamennais et qu'il ait trop penché vers les doctrines libérales censurées par le Saint-Siège.

Décembre.

4. -— Arrivée à Rome de M. le marquis de La Valette, nouvel ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, où il remplace M. de Gramont.

. — Mort de W Depéry, évoque de Gap.

lo. — Mort de M*' Menjaud, archevêque de Bourges et premier aumônier de l'Empereur.

16. — M'' Bialobrzeskî, traduit devant un conseil de guerre, est condamné à la peine de mort, et refuse de se pourvoir en grâce, parce qu'il n'a rien fait pour mériter sa condamnation.

19. — Encyclique de Pie IX aux évêques de Belgique. — Il y avait plusieurs années qu'une vive discussion s'était élevée entre les deux grandes écoles théologiques des traditionalistes et des rationalistes. Ceux-ci finirent par en appeler à Rome, en signalant particulièrement quelques propositions des Annales de Philosophie chrétienne^ dirigées par M. Bonnetty, propositions qui pouvaient être interprétées dans un sens trop défavorable à la raison. M. Bonnetty souscrivit aussitôt les contre-propositions formulées par la Congrégation de l'Index; nous reproduisons celles-ci parce qu'elles indiquent avec exactitude les bornes de la raison humaine, et montrent que le Saint-Siège est aussi attentif à sauvegarder les droits de la raison que ceux de l'autorité ; le jugement du Saint- Siège est du 11 juin 1855 :

« 1® Quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamaifl exister entre elles aucune opposition, aucune contradiction, puisque toutes les deux Tiennent de la seule et môme source immuable de la Térité, de Dieu très-bon et très-grand, et qu'ainsi elles se prêtent un mutuel secours (Encyclique de PielX^ du 9 novembre i846).

« 2^ Le raisonnement peut prouver avec certitude l'existence de Dieu, la spiritualité de Tàme, la liberté de Thomme. La foi est postérieure à la révélation ; on ne peut donc convenablement l'alléguer pour prouver l'existence de Dieu contre l'athée, pour prouver la spiritualité et la liberté de l'âme raisonnable contre un sectateur du naturalisme et du fatalisme. (Proposition souscrite par M. Bautain, le 8 septembre 1840.)

« Z^ L'usage de la raison précède la foi, et y conduit l'homme par le secours de la révélation et de la grâce. (Proposition souscrite par M. Bautain, le 8 septembre 1850.)

« 4<> La méthode dont se sont servis saint Thomas, saint Bonaventure et les autres scolastiques après eux, ne conduit point au rationalisme et n'a point été cause de ce que dans les écoles contemporaines la philosophie est tombée dans le rationalisme et le panthéisme. En conséquence, il n'est pas permis de faire un crime à ces docteurs et à ces maîtres de s'être servis de cette méthode, surtout en présence de l'approbation, ou au moins du silence de l'Église. »

Les quatre propositions formulées par la Sacrée Congrégation de rindex éclairaient les théologiens etles philosophes sur les dangers de la controverse, mais leur but n'était pas d'interdire les débats sur la matière. Cependant les rationalistes se flattèrent d'avoir remporté une éclatante victoire, et, en cherchant à en tirer des conséquences qui ne se trouvaient pas dans la décision donnée, ils forcèrent leurs adversaires à les combattre de nouveau. En Belgique, M. le chanoine Lupus publia sous ce titre : Le tradition nalisme et le rationalisme examinés au point de vue de la philosophie et de la doctrine catholique^ un ouvrage qui attaquait vivement le traditionalisme ; M. le chanoine Lupus fut soutenu par le P. Perrone et par le Journal historique de Liège; il fut non moins vigoureusement combattu par la Revue catholique, organe des professeurs de l'université de Louvain. Le i*' février 4860, MM. fieelen et Lefebve, professeurs à la faculté de théologie, et MM. Ubaghs et Laforet, professeurs à la faculté de philosophie et lettres, soumirent la doctrine enseignée dans leurs écrits au jugement de la Sacrée Congrégation de l'Index, qui leur donna une réponse favorable. Mais la controverse ne s'apaisa pas, et, au bout de quelque temps, elle reprit en Belgique un tel caractère de vivacité, malgré les efforts des évoques belges, que Pie IX jugea à propos d'adresser à ces prélats l'Encyclique suivante, des-

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tinée à mettre fin à toute discussion, jusqu'à ce que TEglise portât un jugement définitif sur la matière :

(( Ghers Fils et vénérables Frères, aux nombreuses et accablantes douleurs {ad plurimas gravissimasque) qui nous ont éprouvé môme dès le commencement de notre pontificat, et qui nous affligent surtout en ces temps de détresse, est venu se joindre le chagrin que nous avons ressenti en voyant des opinions divergentes soulever en Belgique une controverse inopportune, à propos de certains principes professés à rUniversité catholique de Louvain dans renseignement de la philosophie et de la théologie. Il nous a été d'une grande consolation, chers Fils et vénérables Frères^ d'apprendre que, fidèles aux avis du nonce de ce Siège apostolique, vous vous êtes appliqués, dans une réunion tenue à Malines, le mois de juillet dernier, pour traiter d'affaires relatives à la môme Université, à prendre une résolution de nature à écarter et à éteindre toutes controverses de ce genre. Cette consolation s'est encore grandement accrue quand nous avons vu votre pensée se traduire dans une lettre adressée de commun accord au Recteur 'magnifique de l'Université. Dans cette lettre brille et domine cet esprit de concorde et de prudence si éminemment nécessaire pour protéger la paix et écarter tout ce qui pourrait faire obstacle au règne de là charité chrétienne et à l'édification des fidèles. Notre joie a été plus grande encore en voyant les professeurs de ladite Université accepter avec respect les conseils et les instructions contenus dans votre lettre et y donner unanimement une adhésion complète et sans restriction aucune. Nous nous réjouissions bien vivement de voir la controverse ainsi terminée, quand nous avons appris, avec une grande douleur, que des articles insérés dans les journaux et d'autres écrits récemment publiés cherchaient à réveiller le débat en se prévalant dans ce but de décisions rendues par nos Congrégations et approuvées par nous, décisions qui, en réalité, n'existent point. Cet incident s'est produit parce que plusieurs personnes ont voulu attribuer à certain document une portée qu'en réalité il n'a en aucune manière. Le contexte et les termes de ce document excluent l'idée d'une décision de Ja Congrégation; aucun indice n'a pu faire supposer que nous ayons interposé notre autorité apostolique, et effectivement nous ne l'avons pas fait. Nous considérons les immenses et précieux avantages attachés à la concorde des âmes, sans laquelle la religion et la science ne peuvent jamais donner d'heureux résultats. Nous avons donc extrêmement à: cœur, chers Fils et vénérables Frères, de supprimer et d'éliminer tout ce qui peut, même le moins du monde, troubler et affaiblir cette concorde. C'est pourquoi, sans rien décider sur le mérite des doctrines qui ont fait surgir le débat et dont l'examen définitif et le jugement appartiennent uniquement à ce Siège apostolique, nous voulons et ordonnons que les partisans ou les adversaires de ces doctrines, jusqu'à ce que le Saint-Siège ait cru devoir rendre sur ces doc-

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trines un jugement définitif, s'abstiennent entièrement d'enseigner^ d'écrire et de publier, de propager et de répandre, soit sous un nom d'auteur^ soit sous le voile de l'anonyme, de professer et de protéger par actes ou par conseils quelqu'une des théories philosophiques en question^ comme étant la seule et vraie doctrine à admettre, et comme, en quelque sorte, propre à l'Université catholique. Nous enjoignons de plus qu'on s'abstienne de soulever sur ce sujet, sous quelque prétexte que ce soit, de nouvelles discussions de cette nature^ si opposées à la charité chrétienne et au sa lut des âmes. Vous aurez soin, chers Fils et vénérables Frères, de notifier aux fidèles confiés à vos soins et que nous avons ici en vue notre décision pontificale et notre volonté. Celte mesure contribuera grandement, nous en avons la confiance, à conserver et à entretenir, avec l'aide de Dieu, la tranquillité et la concorde. Nous sommes assuré que, dans votre infatigable sollicitude pastorale, vous appliquerez toutes vos pensées et tous vos soins à réaliser ce but. Vous mettrez une extrême vigilance, lorsqu'il en sera besoin, à prendre d'un commun accord, avec prévoyance et sagesse, les dispositions opportunes au sujet de la manière d'enseigner de TUniversité de Louvain. Chacun de vous prendra dans son diocèse les mômes précautions. Le clergé belge s'est toujours distingué par sa soumission et sa vénération pour nous et le Saint-Siège; nous avons donc le ferme espoir qu'il recevra en toute obéissance et respect la présente décision, que par les motifs les plus graves, et en consid\îra(ion des circonstances particulières des temps, nous avons cru devoir rendre pour la plus grande utilité de notre sainte religion dans le royaume de Belgique. Enfin nous profitons de grand cœur de cette occasion pour vous témoigner et vous confirmer notre bienveillance particulière envers vous. Nous voulons que notre Bénédiction apostolique en soit le gage. Nous la donnons donc en faisant des vœux pour votre bonheur, du fond de notre âme, et avec toute la tendresse possible, à vous, chers Fils et vénérables Frères, au clergé et aux fidèles confiés à votre vigilance. »

23. — M^' de Mérode, pro-ministre des armes, présente, selon l'usage, au Saint-Père , les officiers de Tarmée pontificale , et exprime les vœux que forme cette armée pour la consolation du Pontife, en môme temps qpe son vif désir de le servir utilement. Pie IX répondit à peu près en ces termes : « En vous c voyant autour de moi, je songe au roi David, qui, lui aussi> fut c dépouillé par son fils, fut lâchement trahi et eut à souffrir « riiypocrisie {ripocr%sia\ le mensonge {la menzogna), la détt loyauté {ladealtà) de ses ennemis. Mais, comme moi, il vit aua près de lui des hommes de cœur qui avaient résisté aux sé- « ductions et qui lui demandaient : Où voulez-vous que nous taillons? Je vous dirai, comme David : Le moment n'est pas «encore venu; mais de môme qu'Absalon périt suspendu par

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«sa tète orgueilleuse aux branches d'un arbre, de môme aussi « les tentatives de Timpiété et de l'hypocrisie actuelles finiront * « par échouer, et nous reviendrons ensemble dans les provinces c< usurpées et tyrannisées par nos ennemis. Ces provinces appar- <( tiennent au Saint-Siège dans leur intégrité, et je n'en céderai «rien, parce qu'il ne m'est pas permis d'abandonner le doce maîne de l'Église, qui est le gage de la liberté et de l'indépen- « dance du Vicaire dé Jésus-Christ. Je dis avec confiance : Nous « reviendrons dans ces provinces. Si je ne suis pas moi-môme a avec vous, ce sera Celui qui s'assiéra après moi sur ce Siège (et « Pie IX indiquait par un geste le trône placé derrière lui), car a Simon meurt, mais Pierre est impérissable. »

26. — Mort de M»^ Guillaume -Elisée Martial, évoque de Saint- Brieuc.

30. — Ms' Régnier, archevêque de Cambrai, adresse aux archiprôtres et doyens de son diocèse une circulaire au sujet des attaques dont la Congrégation de la Sainte-Union de Douai est l'objet.

— Décret impérial relatif aux diocèses de Nice et de la Savoie.

Art. 1*'. Les deux décrets pontificaux, en date du 30 décembre i861^ qui appliquent au diocèse de Nice et aux quatre diocèses de la Savoie les dispositions de l'induit du 9 avril 1802^ relatives aux jours de fôlei en France, sont reçus et seront publiés dans l'Empire, en la forme ordinaire.

Art. 2. Lesdils décrets sont reçus sans approbation des dispositions des deux actes en date des 21 juin 1804 et 1^' septembre 1838, relatés dans les décrets pontificaux, non plus que des clauses^ formules ou ^pressions que ces décrets renferment et qui sont ou pourraient être cou traires à la Constitution, aux lois de l'Empire, aux franchises, libertés et maximes de l'Église gallicane.

Art. 3. Lesdits décrets seront transcrits en latin et en français sur les registres de notre Conseil d'État ; mention de ladite transcription sera faite sur l'original par le secrétaire général du Conseil.

Voici le décret pontifical visé dans le décret qu'on vient de lire :

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