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A LA PROVINCE DE SAVOIE

Notre très-Saint-Père le Pape Pie IX a accueilli favorablement les demandes réitérées du gouvernement impérial français, tendant à ce que, dans la province de Savoie, qui est comprise depuis peu de temps dans le territoire du môme gouvernement impérial, les fûtes qui doi-

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yeot, de précepte, se garder dans le cours de l'année et les jeûnes ecclésiastiques soient réglés tout à fait de la môme manière qu*ils sont pratiqués et gardés dans la France entière, en yertu de la dispense, apostolique du pape Pie VII, de sainte mémoire, ainsi que de l'induit du cardinal Jean-Baptiste Caprara, d'illustre mémoire, légat a latere en France, du neuvième jour d'avril 1802, et conformément à la réponse donnée subséquemment par le même Cardinal légat, le 21 juin 1804, à M. Forgaur, vicaire-général de Malines.

En conséquence^ Sa Sainteté a voulu que chacun de ces rescrits ainsi que la déclaration émise par la Sacrée-Congrégation des Rites, le jour des calendes de septembre 1838, pour la seule église de Malines, soient annexés au présent décret de sa dispense apostolique, qui devra être communiqué par le révérendissime Cardinal-Archevêque de Chambéry aux évêques suffragants de sa province. Nonobstant toutes choses contraires. Le trentième jour de décembre 1861.

1. — A Rome, M. de Goyon, général en chef de Tarmée française d'occupation, se rend au Vatican, suivi des généraux, de l'état-major et de tout le corps d'officiers des diverses armes. S'inclinant profondément, le général dit au Saint-Père que ce que le temps ne détruisait pas^ le temps le consolidait; que l'armée et lui-môme étaient de plus en plus animés de sentiments de vé* nération et de dévouement envers Sa Sainteté, conformément aux intentions de l'Empereur. Il ajouta à ces paroles les vœux d'usage, sans aucune allusion politique. Sa Sainteté répondit en substance a qu'elle agréait ces vœux ; que le temps aussi confirmait de plus en plus dans son cœur ses sentiments paternels à l'égard de l'Empereur, de l'Impératrice et du Prince impérial, auxquels elle souhaitait la vraie félicité ; que le temps lui avait donné occasion d'admirer encore davantage toutes les qualités de l'armée française, demeurant à Rome, il faut le croire, pour empêcher la consommation d'une monstrueuse iniquité, d'une.injustice, et môme (ajouta Sa Sainteté d'un ton indéfinissable), et môme d'un acte anti-politique. )) Après une pause, le Pape continua à peu près en ces termes : « J'ai toujours admiré la disciapline de cette armée ; je sais son grand courage; mais ces (I choses me tpuchent peu, parce que je dois , chercher ma force a et mon appui plus haut que sur la terre. Mais je donne à cette a portion de l'armée qui est à Rome ma bénédiction; je la donne c surtout à cette portion si nombreuse de la France qui prend de 0 tant de manières la défense de mes intérêts. Je la donne aussi (c à ces bons soldats qui viennent ici presque chaque jour m'en- « tourer, et dont je puis dire, comme saint Paul, qu'ils sont ma « couronne et ma joie. »

Le même jour, à Paris, l'empereur Napoléon III répondait à Son Éminence le cardinal Morlot qui lui offrait ses vœux et ceux du clei^é : (c Je suis toujours fort touché des prières que vous adresn sez au ciel pour l'Impératrice, pour mon fils et pour moi. Le « clergé français, si éminent par sa piété et ses vertus, qui sait

« qu'il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui « est à César, peut compter, donnez-lui-en l'assurance, sur ma (( protection et sur ma vive « sympathie, o

— Promulgation, en Wurtemberg, d'une loi qui rend l'exercice des droits civils indépendant de la confession religieuse.

8. — Circulaire du baron Ricasoli aux agents officiels du Piémont à l'étranger. On y lit:

« En ce qui concerne la question romaine^ la chambre non-seule* ment a confirmé le vote du 27 mars 1861, mais encore elle lui a donné une nouvelle force. Malgré les difficultés que nous avons rencontrées, elle a de nouveau déclaré que Rome est nécessaire à l'unité et à la tranquillité de l'Italie. Mais en môme temps elle a donné son attention aux documents déposés par le gouvernement du roi^ et a déclaré que la nation est sincèrement dévouée à la religion et prête à accorder, avec le plus grand empressement, les garanties les plus sûres que les consciences catholiques puissent désirer pour la dignité et Tindépendance du Saint-Père. »

6.—- A la proposition faite par M. de Persigny, d'autoriser la réorganisation de la société de Saint-Vincent de Paul sous un président nommé par décret impérial, M. Baudon, présidentfgénéral de la société, répond en écrivant au préfet de police, à Paris, les raisons qui l'empêchent d'accepter cette proposition.

6. — Préconisation en consistoire de M*' Félinski comme archevêque de Varsovie.

L'épiscopat napolitain adresse au Souverain Pontife une lettre dans laquelle il proteste a contre cette secte de perdition .'qui n s'est élevée au milieu de l'Europe chrétienne et qui, arrivée à c s'étendre dans la malheureuse Italie, fait tout ce qui lui est don* «né de faire pour anéantir, s'il était possible, une institution di- « vine (la papauté) si indispensable à c la société humaine. i>

Lettres apostoliques de Pie IX, Bornant pontificesy relativement à la création d'une congrégation spéciale pour les affaires du rit oriental.

Pie IX, Pape, Ad perpetuam rei memoriam, — Les Ponttres romains, qui ont reçu du Sauveur dans la -personne du Prince des apôtres la charge et le pouvoir de gouverner l'Église catholique, n'ont jamais cessé de favoriser par leurs conseils et par leurs entreprises la propagation de la sainte foi du Christ, de confirmer leurs frères selon

janvier] CONGRÉGATION POUR LE RIT ORIENTAL. > Ut

le précepte du Sauveur, de soutenir les faibles dans leur défaillance, d'instruire les ignorants^ de ranimer ceux qui se laissent abattre, de rappeler les égarés dans la droite voie , de diriger les uns dans leurs incertitudesyl de guérir chez les autres la contagion du schisme ou de l'hérésie, et de les (reconduire au centre de l'unité; en un mot, de pourvoir aux intérêts spirituels des peuples et de TÉglise. Or, cette Église étant une, et embrassant également et les populations de rOrient et les populations de l'Occident, les souverains Pontifes ont fait des fidèles de l'Église d'Orient l'objet de leurs soins paternels et de leurs préoccupations. L'Orient, d'ailleurs, a produit quantité d'hommes éminents par leur science, par leur érudition, par leur éloquence, par leurs écrits et par la sainteté de leur vie.

Pour maintenir intact et inviolable le dépôt de la foi dans l'Église orientale, rendre la discipline ecclésiastique florissante, et entourer de splendeur et de majesté religieuse les cérémonies liturgiques, ces Pontifes profilèrent de la paix accordée au christianisme, convoquèrent plusieurs Conciles, publièrent plusieurs constitutions ou décrets et travaillèrent ardemment à la prospérité de cette partie du bercail. L'affection toute particulière du Saint-Siège pour les fidèles orientaux ne s'est jamais démentie : c'est surtout quand s'élève une hérésie ou un schisme, qu'on la voit éclater dans foute sa force. Aucun soin n'est alors épargné par les Papes pour sauvegarder et développer l'unité catholique. Loin d'affaiblir l'unité de la foi, la variété de rites permis tourne à la splendeur et à la mcgesté de l'Église. Ainsi s'explique la conduite de nos prédécesseurs, qui, non-seulement, n'ont jamais eu l'intention de ramener les Orientaux au rit latin, mais ont déclaré en termes clairs et précis, toutes les fois qu'ils l'ont jugé opportun, que le Saint-Siège ne demande point aux Orientaux Tabandon de rites vénérables par leur ancienneté et par le témoignage des saints Pères, il n'exige qu'une chose, c'est qu'on n'y introduise rien qui soit contraire à la foi catholique, dangereux pour les âmes ou attentatoire aux vertus ecclésiastiques, comme le démontre péremptoirement un de nos prédécesseurs, Benoit XlVj d'illustre mémoire, dans son Encyclique Allâtes sunt, du 15 juillet 1755, adressée aux missionnaires orientaux. Si donc quelque changement a jamais été introduit dans les rites de rOrient, ce n'est point au Saint-Siège qu'il faut attribuer ces innovations.

Après le schisme à jamais déplorable de Photius, les Pontifes romains déployèrent toute leur sollicitude en faveur des Orientaux et obtinrent le succès si ardenmient désiré : l'union fut rétablie entre les deux Églises au concile de Florence. Lorsque Marc, archevêque d'Éphèse, essaya, en nouveau Photius, d'ébranler l'unité, la grande préoccupation des Papes fut de reconduire les Grecs dans le droit sentier et de pourvoir aux besoins spirituels de tout l'Orient. Us y envoyèrent des missionnaires et nommèrent des commissions de Cardinaux pour examiner mûrement les livres liturgiques des Orientaux et traiter leurs

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causes particulières. Nous voyons, en effet, plusieurs années avant Clément VIII^ établie une congrégation De Rébus Grœcorum^ puis une autre, sous le même Pape, Super nêgotiU fidei et religionis catholicœ; congrégation plus tard appelée Propagande, tantôt des Grecs, tantôt des Orientaux. Cette congrégation avait les mômes attributions que la Propagande moderne , instituée par Grégoire XV par un bref du 23 mai 1622, commençant par ces mots : Inscrutabili ereeta.

Un coup d*œil jeté sur la diversité des rites et des disciplines de l'O rient suffit pour faire comprendre que, même après là création de la Congrégation générale De propaganda fide^ il pouvait arriver que des affaires d*une importance plus capitale dussent être soumises à un plus mûr examen et traitées par quelques Cardinaux de la Congrégation générale. liin conséquence, Urbain YIII, successeur de Grégoire XV, composa avec les membres de la Congrégation générale, deux congrégations particulières, dont l'une super dubUs Orientàlium, et l'autre super correctione Euchologii Grcecorum, Afin de pouvoir termi* ner le travail commencé par cette dernière et de comprendre sous le nom générique d'Euchologe grec tous les livres des Orientaux, Clé* ment XI institua une congrégation tout à fait distincte de la Propagande et composée d*un préfet, d'un secrétaire, de cinq cardinaux, de théolo* giens et d'hommes versés dans la connaissance des rites et des langues de l'Orient. C'est la Congrégation super cxirrectiont Ubrorum Orientàlium, Or, il ressort des actes de la Congrégation de la Propagande, que c'est presque toujours aux éminentissimes Cardinaux qui la composent qu'on a eu recours pour les questions d'importance majeure concernant les Orientaux, par exemple, pour tout ce qui concerne les Grecs melcbites, les Arméniens, les Coptes, les Maronites et les Ruthéniens.

Cette manière si simple et si rationnelle de traiter les affaires nous a induit à publier les présentes: La Providence, dans ses impénétrables desseins, nous ayant, malgré notre indignité, élev^ sur la chaire de Pierre, notre devoir est d'embrasser tous les membres de la grande famille humaine dans une même sollicitude, dans un même amour et dans une môme vigilance ; de faciliter à tous la^connaissance du seul vrai Dieu et du Fils qu*il a envoyé; de les unir tous par les liens de la foi qui assurent la vie éternelle. Dès les premiers jours de notre Pontificat, nous avons jeté les regards sur l'Orieût et conjuré avec ardeur le Dieu clément et miséricordieux de confirmer dans la foi ceux qui croient et sont dans la communion du Saint-Siège, d'augmenter en eux la science de Dieu et la connaissance de Jésus-Christ , afin qu'ils puissent, par leurs bonnes œuvres, aplanir les voies du salut éternel. Nous avons aussi demandé à Dieu de ramener au bercail, hors duquel on ne saurait se sauver, ceux des Orientaux qui en sont éloignés. Nous avons la confiance que ce Dieu si miséricordieux) daignera exaucer nos humbles et ferventes prières. En attendant, vivement ému par la situation actuelle des catholiques d'Orient, et considérant, d'ailleurs, qu'en plusieurs contrées ont disparu les obstacles qui s'opposaient à la

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libre commuoication des fidèles avec Rome^ nous comprenons que notre ministère apostolique nous impose Tobligation de consacrer au bien spirituel de l'Orient notre sollicitude paternelle et nos efforts empressés.

En conséquence, nous ayons confié à une commission composée de cardinaux choisis dans la Congrégation de la Propagande et de prélats de notre cour, le soin de rechercher ce qu'il y aurait de mieux à faire pour la prospérité spirituelle de TOrient. Considérant, d'un côté, la gravité et la multiplicité des besoins de l'Orient et la nécessité de traitera part les affaires orientales, à cause de la différence de langue^ de rit et de discipline ; considérant, d'ailleurs, les innombrables occu-* pations dont la Congrégation de la Propagande est en quelque sorte accablée par suite de l'extension prodigieuse de notre sainte religion dans l'Amérique septentrionale, dans les Indes Orientales, en Chine, en Océanie, en Europe môme, et par suite de l'augmentation du nombre des sièges épiscopaux, des vicariats apostoliques et des missionnaires, cette commission^s'est aisément convaincue que la Congrégation de la Propagande a besoin d'être renforcée pour suffire à l'expédition des affaires d'Orient. Ces cardinaux et ces prélats nous ont donc pro* posé de porter remède à cet état de choses en établissant une congrégation spéciale et stable, chargée exclusivement de tout ce qui concerne le rit, la discipline et la correction des livres liturgiques des Églises d'Orient. Ils sont d'avis que cette nouvelle congrégation se compose de cardinaux choisis dans celle de la Propagande et relève du Cardinal- Préfet de cette dernière, tout en ayant son secrétaire et ses consulteurs particuliers. C'est pourquoi, préoccupé au plus haut point du bien spirituel des Orientaux et prêt à tout entreprendre dans cette intention, de l'avis de nos vénérables Frères les cardinaux de la sainte Église ro-^ maine, nous instituons à perpétuité, par les présentes Lettres apostoliques, une Congrégation spéciale exclusivement chargée des questions orientales, aux clauses et conditions renfermées dans les présentes et dont nous prescrivons la scrupuleuse observation.

Ainsi, toutes les affaires déférées à la Propagande en vertu du Bref Imcrutabili de notre prédécesseur Grégoire XV et des Constitutions d'autres Pontifes, seront désormais scindées en deux catégories : affaires du rit latin , affaires du rit orientaL La nouvelle Congrégation établie par nous pour les affaires du rit oriental aura compétence pour traiter également les questions mixtes où interviennent des personnes ou des choses du rit latin, à moins qu'elle n'aime mieux les déférer à la Con* grégation générale de la Propagande. La nouvelle Congrégation relè» vera du Cardinal-Préfet de cette dernière, se composera d'un nom-^ bre suffisant de Cardinaux pris dans la Propagande, mais aura ses consulteurs et son secrétaire particuliers. Nous avons appelé dans notre bonne ville de Rome quelques ecclésiastiques renommés par leur con. naissance des langues et des choses d'Orient, et dont les lumières seront d'un grand secours à la nouvelle Congrégation, surtout -pour

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les questions de rît, de discipline et pour la correction des itrres.

Cette Congrégation prendra le nom de Congrégation de la Propagande pour les affaires du Rit oriental^ et se servira du sceau de la Propagande. La correction des livres faisant partie de ses attributions, nous supprimons et abolissons à perpétuité, en Tertu de notre autorité apostolique, la Congrégation établie par Clément XI pour s'occuper de cette correction. Nous voulons seulement qu'il soit choisi, parmi les membres de notre nouvelle Congrégation, un Cardinal ponens, nommé par nous et par nos successeurs, et chargé de diriger les travaux nécessaires pour l'examen des canons de l'Église orientale, des livres orientaux de toute nature, des versions de la Bible et de la discipline*

Nous voulons en outre que les Cardinaux désignés dans les présentes pour composer la nouvelle Congrégation se distribuent, dans une séance préparatoire, les diverses affaires d'Orient, de telle sorte que chaque Cardinal soit particulièrement chargé de ce qui concerne une ou plusieurs nations. Comme il peut arriver qu'un Cardinal soit empêché dans l'exercice de ses fonctions, nous voulons que les autres Cardinaux de la Congrégation lui désignent un suppléant chargé d'exposer, au nom de l'absent, ce qui peut concerner les populations dont il était fait relateur.

La nouvelle Congrégation étant une fraction de la Propagande, nous concédons à son personnel les privilèges et les faveurs concédés par nos prédécesseurs au personnel de la Propagande et actuellement encore en vigueur. Le Préfet général de la Propagande, notre cher fils le Cardinal-Prétre Alexandre Barnabe, sera en même temps Préfet de notre Congrégation ; nous désignons, pour la composer^ nos vénérables frères les Cardinaux Constantin Patrizi, évêque de Porto et de Sainte- Ruffioe, et Louis Altieri, évêque d'Albano; les Cardinaux-Prêtres Camille Di Pietro, du titre de Saint-Jean de la Porte-Latine; Charles de Reisach, du titre de Sainte-Cécile; Antoine-Marie Panebianco, du titre des Saints-Apdtres; et les Cardinaux-Diacres Pierre Marini, du titre de Saint-Nicolas in Carcere; Jacques Antonelli, du titre de Sainte-Agathe in Suburra; Prosper Caterini, du titre de Sainte-Marie délia Scala. Nous nommons en outre comme Cardinal ponens, pour diriger la collection des Canons de l'Église orientale et l'examen des livres, le Cardinal Charles de Reisach.

La Congrégation que nous instituons a besoin, plus encore que toute autre, de Consulteurs d'une science éminente pour exposer devant les cardinaux et soumettre à leur jugement sage et prudent les questions à résoudre, attendu la variété des langues et la diversité des rites. Nous voulons, en conséquence, que les Consulteurs soient choisis nonseulement parmi les théologiens, mais encore parmi les hommes versés dans la connaissance des idiomes et des choses de l'Orient. Gomme il peut y avoir une certaine connexion entre les affaires des deux congrégations, le secrétaire de l'une sera Consulteur de l'autre. Afin d'entourer la nouvelle Congrégation de toute la lumière nécessaire, le Cardi-

Janvier.] G0N6RÉ6AÎ10N t»Ôtft LE RIT OiUENTÀL.. 14&

nal-Préfet de la Propagande présentera à nous et à nos successeurs des ecclésiastiques pris parmi les anciens élèves du Collège de la Propagande ou dans les différentes familles de religieux, et [ils seront appelés à Rome. En attendant, nous nommons Consulteurs nos vénérables Frères Alexandre Franchi, archevêque de Thessalonique, et secrétaire de la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires; Joseph Cardoni, évéque de Carysto, et nos chers fils Louis Ferrari, préfet des cérémonies de la Cour pontificale ; Dominique Bartolini, secrétaire de la Congrégation des Rites ; Joseph Fessier, professeur de droit canonique à l'Université de Vienne, tous trois prélats domestiques; Boniface Haneberg, abbé du monastère de Saint-Boniface de l'ordre de Saint- Benoit et professeur d'Écriture sainte à l'Université de Munich ; Louis Vincenzi, professeur d'hébreu, Scapaticci, professeur de syro-chaldéen, De Angelis, professeur de droit canonique à l'Université Romaine; Charles Vercellone, procureur-général de la Congrégation des Clercs réguliers des SS. Paul et Barnabe, apôtres; J .-Baptiste Franzelin, de la Société de Jésus, professeur de théologie au Collège Romain ; Augustin Theiner, de l'Oratoire de Saint-Philippe de Néri; J.-Baptiste Pitra, Pie Zingerle et Bernard Smith, tous trois Bénédictins. Nous voulons que les jeunes ecclésiastiques romains les plus distingués par leurs dispositions et leurs succès dans les études, se consacrent, sous la direction d'un Consulteur, à l'étude des questions religieuses qui concernent l'Orient, afin de pouvoir un jour devenir eux-mômes Consulteurs. Les ecclésiastiques qui réussiront le mieux dans ces études seront préférés dans la collation des bénéfices.

La nouvelle Congrégation aura son secrétaire particulier, qui remplira ses fonctions de la même manière que le secrétaire de la Congrégation latine, en observant les règles et la méthode de la Propagande. Nous nommons à cette charge notre cher fils Jean Simonei, protonotaire apostolique. Pour que les deux secrétaires puissent acquérir une connaissance exacte des affaires de l'un et l'autre rit , ils assisteront ensemble aux séances de chaque Congrégation dans l'ordre suivant : le secrétaire de la Congrégation générale de la Propagande, le secrétaire de la Congrégation pour le rit oriental et le protonotaire apostolique. Les employés de la secrétairerie seront suffisamment nombreux ; les deux Congrégations auront à leur disposition la môme imprimerie, et nous assignons les fonds nécessaires pour indemniser la Propagande de ce surcroit de dépenses.

Nous levons les yeux vers le trône du Dieu de miséricorde, et le conjurons, dans nos humbles et ardentes prières, de répandre l'abondance de ses grflces sur les populations de l'Orient et de rendre à leur antique splendeur tant d'illustres Églises cathédrales établies en Orient par les Apôtres môme, et aujourd'hui, hélas I détachées de la pierre qui sert de fondement à l'Église, et abandonnées dans leur isolement*

Nous avons la confiance que l'Auteur de tout bien bénira nos efforts, et que les Orientaux, qui sont demeurés attachés à la vérité catholique Annales ecclés, 10

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et 8*611 font gloire, n'auront rien tant à cœur que de répondre de plus en plus à notre sollicitude, de resserrer les liens qui les unissent à la Chaire de Pierre, et d'essayer de rappeler au bercail de Tunité leurs frères égarés.

Nous établissons, ?oulons, enjoignons, commandons et ordonnons tout ce qui est établi, voulu, enjoint, commandé et ordonné par les présentes. Le contenu n*en pourra être taxé d'obreption, de subreption, de défaut d'intention ou d'autre vice substantiel en quelque temps et par quelques personnes que ce soit, môme par les intéressés ou par ceux qui prétendraient l'être et se plaindraient de n'avoir pas été appelés, entendus et consultés. On ne pourra suspendre, restreindre, casser les dispositions contenues dans les présentes, les appeler en controverse, leur opposer une décision de restituer en entier, d'ouverture de la bouche, ou quelque autre sentence que ce soit, mais elles sortiront à tout jamais leur plein et entier effet et seront scrupuleusement observées par tous ceux qu'elles concernent ou concerneront. Les présentes Lettres suffiront à perpétuité pour garantir les droits de la Sacrée Congrégation des affaires orientales et des personnes citées dans la teneur. Nul ne pourra être, à l'occasion des présentes, tenu à la vérification du contenu, y être contraint ou obligé judiciairement ou extra-judiciairement et nous déclarons nul et non avenu tout acte commis sciemment ou par ignorance, par quelque personne que ce soit, dans le but d'attenter aux dispositions de notre Lettre apostolique.

Nonobstant la Lettre apostolique de Grégoire XV dont nous avons parlé plus haut et qui commence par le mot Inscrutabili, les Constitutions de Clément XI, des autres souverains Pontifes, nos prédécesseurs, et les nôtres; nonobstant les règles de la Chancellerie apostolique, la confirmation de la Congrégation de la Propagande et tous autres statuts, coutumes^ privilèges, induits ou CQUcessions quelconques, qu'elles qu'en soient d'ailleurs la force, la précision et l'importance, constitutions, règles, statuts et privilèges auxquels nous déclarons déroger expressément dans toute la teneur et la forme de leurs dispositions, et voulons que les présentes Lettres sortent leur plein et entier effet.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous l'Anneau du Pécheur, le six du mois de janvier de Tannée MDCCCLXII, de notre Pontificat la seizième.

G. B. CaRD. PlANBTTU

S. — Mort, à Paris, de M. Samuel Goben^ savant bébraïsant, principalement connu pour la publication faite, de 1831 à 1853, d'une traduction de la fiible avec l'hébreu en regard.

lO. — Mort, à Athènes, de M"^ Néophyte Métaxas, archevêque métropolitain (schismatique) et président du Saint-Synode de Grèce. Ce prélat avait cent ans accomplis ; il avait pris une grande part à l'établissement de l'indépendance hellénique.

Janvier.] DÉPÊCHE Dfi M. THOUVENEL A M. DE LÀ VALETTE. 147

11. M. Rouland propose à l'Empereur la nomination de M. Renan à la chaire des langues hébraïque, chaldaïque et syriaque au collège de France; M. Renan est nommé par décret impérial.

Autre décret impérial qui nomme le maréchal Magnan grand* maître du Grand-Orient (maçonnique) de France.

Dépèche adressée par M. Thouvenel, ministre des affaires étrangères de France, à M. le marquis de la Valette, ambassadeur de France à Rome :

«Monsieur le Marquis, si J'ai cru devoir attendre vos premiers rap-* ports pour vous adresser des instructions destinées à compléter celles qui vous ont été données verbalement avant votre départ, le moment est venu de vous indiquer dans leur ensemble les idées du gouvernement de l'Empereur sur la situation respective du Saint-Siège et de ritalie. Les intérêts de la France se trouvent trop profondément affectés par Tantagooisme de deux causes que ses traditions politiques et religieuses recommandent à titre égal à ses sympathies, pour qu'elle puisse accepter indéfiniment la responsabilité d'un statu quo aussi nuisible à l'une qu'à l'autre^ et renoncer à l'espoir d'ouvrir la voie à un arrangement.

« Le gouvernement de l'Empereur n'a pas à exprimer de nouveau ses regrets des événements accomplis en Italie dans le courant de l'année 1860, et qui devaient inspirer au Saint-Père une vive et légi* time douleur. La marche naturelle des choses humaines, cependant, les amène tôt ou tard à passer de Tordre des sentiments dans l'ordre de la raison, et c'est sous ce dernier aspect que la politique se trouve à la fin forcée de les envisager. La question qui se pose aujourd'hui, monsieur le Marquis, est donc celle desavoir si le gouvernement pon« tifical entend toujours apporter au règlement de ses rapports avec le régime nouveau établi dans la Péninsule l'inflexibilité qui est le premier de ses devoirs comme le plus incontestable de ses droits dans les affaires de dogme, ou si^ quel que soit d'ailleurs son jugement sur la transformation opérée en Italie, il se décide à accepter les nécessités qui dérivent de ce fait considérable.

« En reconnaissant le royaume d'Italie, le gouvernement de l'Empereur a agi dans la conviction que l'hypothèse d'une restauration du passé n'était plus réalisable, et, sans parler des puissances qui ont cessé de rattacher au Saint-Siège le symbole de leur foi, les résolutions successives du Portugal, de la Belgique et du Brésil ont assurément la même signification. Parmi les monarchies catholiques, il n'en est ainsi que trois qui se soient abstenues de renouer des relations officielles avec la cour de Turin : ce sont l'Autriche, l'Espagne et la Bavière, et M est permis de supposer que la position particulière de ces puissances

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à regard des souverains dépossédés de Naples, de Parme, de Toscane et de Modène n'a pas été sans exercer une grande influence sur leur ligne de conduite. Aucun cabinet d'ailleurs ne songe à réagir par la force contre Tordre de choses inauguré dans la Péninsule. Ouverteaient proclamé ou tacitement admis, le principe de non-intervention est devenu la sauvegarde de la paix européenne^ et la cour de Rome n'attend certainement pas d'un secours étranger les moyens de reconquérir les provinces qu'elle a perdues. Je vais plus loin : je me refuse à croire qu'elle consentit jamais à provoquer elle-même, dans un intérêt dont le succès serait au moins douteux, l'une des conflagrations les plus redoutables qu'eût encore enregistrées l'histoire. Les leçons de l'expérience, jointes aux considérations les plus propres à toucher le Saint-Siège, ne lui commandent-elles pas dès lors de se résigner, sans renoncer à ses droits, à des transactions de fait qui ramèneraient le calme dans le sein du monde catholique^ renoueraient les traditions de la papauté, qui a si longtemps couvert l'Italie de son égide, et y rattacheraient les destinées nouvelles d'une nation cruellement éprouvée et rendue après tant de siècles à elle-même?

« Je n'ai pas la prétention , monsieur le Marquis, de demander ici un mode de solution. 11 me suffit de dire que le gouvernement de l'Empereur a conservé à cet égard une complète liberté de jugement et d'action, et que tout ce que nous avons à rechercher maintenant, c'est si nous devons nourrir ou abandonner Tespérance de voir le Saint-Siège se prêter, en tenant compte des faits accomplis, à l'étude d'une combinaison qui assurerait au souverain Pontife les conditions permanentes de dignité, de sécurité et d'indépendance nécessaires à l'exercice de son pouvoir. Cet ordre d'idées admis, nous emploierons nos efl'orts les plus sincères et les plus énergiques à faire accepter à Turin le plan de conciliation dont nous aurions posé les bases avec le gouvernement de Sa Sainteté. L'Italie et la Papauté cesseraient alors de se trouver dans des camps ennemis; elles reprendraient bientôt l'une et l'autre leurs rapports naturels, et, grâce à des obligations d'honneur garanties par la parole de la France, Rome trouverait au besoin un appui nécessaire du côté même où le danger parait la menacer aujourd'hui» Un tel résultat, monsieur le Marquis, exciterait, nous en sommes convaincus, un vif sentiment de satisfaction et de reconnaissance dans la catholicité entière ; et je crois remplir un devoir en vous exhortant à ne négliger aucune occasion de vous inspirer du contenu de cette dépêche dans vos entretiens avec le cardinal Antonelli et le Saint-Père luimême*

« Signé : Thouvenel. »

12» — - La joie causée par la conversion d'une partie des Bulgares et par la consécration de Tarchimandrite Sokolski, n'avait pas tardé à être troublée par la nouvelle de la disparition de l'archevêque, qui fut retrouvé plus tard à Odessa^ où les intrigues

janvier.] LETTRE DU CARDINAL CATERTNI. 149

russes et schismatiques étaient venues à bout de l'attirer. Les Bulgares-unis^ loin de se décourager, redoublèrent de zèle. Des écoles furent fondées à Gonstantinople, à Andrinople et à Kazanlyk, et, le 12 janvier 1862, un prêtre bulgare, M«^ Arabadjiski,^nommé administrateur des uniates^ fut solennellement installé à Galata et officiellement reconnu par la Porte comme chef spirituel et national des bulgares catholiques.

— Dans la chambre de Turin, le baron Ricasoli fait entendre ces paroles :

« Je parle de Rome fort tranquillement, non>seulement parce qu'elle est le couronnement de notre nationalité, mais parce que je crois fermement et clairement que ce couronnement est immanquable : couronnement splendide, car non-seulement il nous donnera la capitale la plus digne qu'un peuple ait jamais eue, mais encore il accomplira les destins que je n'ai pas l'orgueil de vouloir deviner, mais qui sont immanquables dans les secrets de la Providence, et de ces faits sortira une civilisation plus parfaite pour la purification du principe religieux. Peut-être cela effraye-t-il quelques esprits; mais je déclare que, pour moi^ je crois pour notre sainte patrie Tavenir le plus magnifique qu'on puisse imaginer* »

Au Sénat, quelques jours après, le baron Ricasoli parla sur le ton poétique et inspiré ; il déclara qu'on « irait à Rome par le « chemin de la raison et de la persuasion, d'accord avec l'Empe- « reur des Français. » Dans la force de son enthousiasme, il s'écria : a Peut-être, au moment où j'ai l'honneur d'adresser ces paa rôles aux membres du Sénat, peut-être nos destins mûrissentails complètement. » Faisait-il allusion à la dépêche que M. Thouvenei avait adressée le 11 janvier ? C'est possible, mais il se repentit bientôt de s'être tant avancé, et comme le sénateur M. Villamarina lui demandait ce qu'il voulait dire, il ajouta : « Le a sujet est délicat, il ne convient pas d'y revenir deux fois. Je ré- (( pondrai d'ailleurs que j'ai dît que nos destins mûrissent en ce « moment, mais comme ils mûrissaient hier, avant-hier, comme ils mûriront demain. »

17. — Mandement de l'évêque de Culm, qui blâme lestenta- «tives faites en Pologne pour faire servir le clergé et la religion

aux excitations politiques.

18. — En la fête de la Chaire de saint Pierre, Son Éminence le cardinal Caterini, préfet de la Congrégation du Concile, adresse la lettre suivante à tous les évêques catholiques :

160 ANNALES ECGLÉSUSTIQOES. {19^%

« On ne pouvait me donner un ordre plus agréable que d'anooacer au nom du Saint-Père à Votre Grandeur, que Sa Sainteté a résolu de convoquer, pour le mois de mai prochain, des consistoires semi-publics, après lesquels, le jour de la Pentecôte, seront proclamés au nombre des saints les bienheureux martyrs Japonais Pierre- Baptiste et ses compagnons , de Tordre franciscain des Mineurs- Observants ; et le bienheureux Michel de Sanctis, confesseur de Tordre de la Très-Sainte-Trinité de la Rédemption des esclaves. Sa Sainteté donc, suivant l'exemple de ses prédécesseurs, aurait voulu réunir à Rome, sous son autorité, les évoques d'Italie, afin que, dans une affaire de si haute importance, ils pussent donner leur opinion bien réfléchie, et par leur présence augmenter la grandeur de cette solennité. Mais, devant les calamités déplorables dont la majeure partie de Tltalie est affligée, et qui ne permettent pas aux pasteurs de s'éloigner de leurs troupeaux, elle a jugé cette fois convenable de s'écarter de Tusage ordinaire. C'est pourquoi le Saint-Père a daigné m'ordonner d'adresser cette lettre, non-seulement aux évéques d'Italie, mais à ceux du monde catholique, afin de leur donner Theureuse nouvelle de cette affaire, et, en même temps, de leur déclarer que ce serait pour Sa Sainteté une chose très-agréable de voir tous les évoques qui, soit de Tltalie, soit des autres parties du monde, jugeront à propos de faire ce voyage à Rome, sans préjudice pour les fidèles et sans aucun obstacle, afin d'assister au consistoire et à ces grandes solennités. Du reste, ce voyage à Rome, dans le cas où on pourra Taccomplir pour se conformer à Tintention du Saint-Père, sera considéré comme pouvant satisfaire à l'obligation de la visite socromm liminum. »

— Mandement de M*' Laurence, évéque de Tarbes, portant jugement sur Tapparition de la sainte Vierge, qui a eu lieu dans la grotte de Lourdes, au mois de février i856. M^' Laurence déclare que Tapparition est authentique.

— Le marquis de La Valette envoie de Rome la dépêche suivante au ministre des affaires étrangères, en France :

Monsieur le Ministre, j'ai reçu la dépêche que Votre Excellence m*a fait Thonneur de m'écrire sous la date du 11 de ce mois. J'ai trouvé, le lendemain même, l'occasion d'entretenir le cardinal-secrétaire d'État des conditions qui s'y trouvaient développées.

Votre Excellence sait que, pénétré des paroles que j'avais pu recueillir de la bouche môme de TEmpereur, je m'étais attaché, dès ma première entrevue avec le Saint-Père, à me faire auprès de lui le fidèle et respectueux interprète des sentiments d'intérêt dont je devais lui porter l'expression. Sans laisser d'illusions à Sa Sainteté sur une restauration du passé, sans oublier les exigences d'un présent si intimement lié à nos propres intérêts, je n'avais négligé aucune occasion de

Janvier.] DÉPÊCHE BD MARQUIS DE LA VALETTE:. 151

préparer le Saint-Siège, en termes généraux, à une transaction qui répondit à notre désir le plus sincère^ celui de réconcilier Rome avec Tltalie» J'avais trouvé d'ailleurs, dans l'accueil tout bienveillant dont j'étais l'objet, ]e droit de faire appel à la confiance de Sa Sainteté^ et de provoquer de sa part l'expression d'espérances ou de vœux à la réalisation desquels le gouvernement de l'Empereur eût été heureux de pouvoir contribuer.

Votre Excellence sait aussi, par mes précédents rapports, que, tout en m'écoutant avec la plus affectueuse condescendance, le Saint* Père avait constamment conclu par ces mots, qui déguisaient à peine ses refus : o Attendons les événements ; » et que, plus explicite dans ses paroles, le cardinal-secrétaire d'État s'était prononcé contre toute transaction impliquant en fait l'abandon d'une portion quelconque des territoires perdus*

J'ai donc été plus affligé que surpris, lorsqu'à toutes les considérations que j'ai présentées, en m'inspfrant des vues mômes de Votre Excellence, le cardinal-secrétaire d'État n'a cru pouvoir répondre que par la fin de non-recevoir la plus absolue.

« Toute transaction, m'a dit le Cardinal, est impossible entre le Saint-Siège et ceux qui l'ont dépouillé. Il ne dépend pas plus du souverain Pontife qu'il n'est au pouvoir du Sacré-Collége de céder la moindre parcelle du territoire de l'Eglise» »

J'ai fait observer à Son Éminence que j'écartais complètement la question de droit ; qu'en me rappelant ses précédentes affirmations, je ne m'attendais assurément pas à voir transiger avec des principes dont elle m'avait déclaré ne pouvoir se départir. Mon seul but était de l'amener sur le terrain pratique des faits, d'offrir au gouvernement pontifical l'occasion de sortir, en réservant tous ses droits, d'une situation aussi désastreuse pour ses intérêts que menaçante pour la paix du monde chrétien. Le but que j'avais laissé entrevoir, soit au Saint- Père, soit à Son Éminence elle-même, était avant tout celui que poursuivait l'Empereur ; c'était dans ce sens qu'avaient été conçues mes premières instructions, c'était dans le même esprit que le gou vêlement impérial venait de me les renouveler. Je n'avais pas reçu l'ordre, ajoutai-je, de les communiquer textuellement au cardinal-secrétaire d'État ; elles étaient néanmoins trop conformes aux sentiments dont je m'étais si souvent fait l'organe, pour que je ne me crusse pas implicitement autorisé à les mettre sous ses yeux.^Je donnai effectivement lecture au cardinal de la dépêche de Votre Excellence.

« Je retrouve dans cette dépêche, m'a dit Son Éminence, l'expression de l'affectueux intérêt que vous n'avez cessé de nous témoigner. II « n'est pas exact cependant qu'il y ait désaccord entre le souverain « Pontife et l'Italie. Si le Saint-Père est en rupture avec le cabinet de « Turin, il n'a que d'excellents rapports avec l'Italie. Italien lui-même a et le premier des Italiens, il souffre de ses souffrances, il assiste « avec douleur aux cruelles épreuves qui frappent l'Église italienne.

152 ANNALKS ECCLÉSIASTIQUES. 1M2

« Quant à pactiser avec les Spoliateurs, nous ne le ferons jamais. Je tt ne puis que le répéter^ toute transaction sur ce terrain est impossi- « ble; quelles que soient les réserves dont on* l'accompagne, de quel- « ques ménagements de langage qu'on l'entoure, du moment où nous « Taccepterions, nous paraîtrions la consacrer. Le souverain Poutife « avant son exaltation, comme les cardinaux lors de leur nomination^ « s'engagent par serment à ne rien céder du territoire de l'Église. Le « Saint-Père ne fera donc aucune concession de cette nature ; un conu clave n'aurait pas le droit d'en faire ; un nouveau Pontife n'en pour- « rait pas faire^ ses successeurs de siècle en siècle ne seraient pas plus « libres d'en faire. »

Le ton très-calme d'ailleurs du cardinal-secrétaire d'État annonçait une résolution d'autant plus inébranlable qu'elle puisait sa raison d'être dans un ordre d'idées qui échappe à la discussion. Je me bornai à faire observer au cardinal Anlonelli que le caractère même de sa déclaration m'imposait le devoir de lui demander si je pouvais la considérer et la transmettre au gouvernement de l'Empereur comme la réponse définitive du Saint-Siège. Après un moment de réflexion, Son Éminence s'offrit à en référer au Saint-Père, bien que, dans sa conviction, cette démarche fût superflue. C'était le profond sentiment de devoirs et d'obligations sacrés qui avait dicté à Sa Sainteté les déclarations solennelles dont ses encycliques ou ses allocutions avaient si souvent entretenu la catholicité tout entière. Le cardinal n'avait donc pas de peine à prévoir une réponse qu'il s'engageait d'ailleurs à me transmettre le lendemain même, soit par écrit, soit par l'intermédiaire d'un de ses prélats.

J'ai reçu effectivement ce matin, [du cardinal-secrétaire d'État, le billet dont Votre Excellence trouvera ci-jointe la traduction. Après avoir pris les ordres du Saint-Père, Son Éminence me dit n'avoir rien 4 ajouter à ses déclarations de la veille.

En résumé, monsieur le Ministre, Votre Excellence posait cette question dont je reproduis les termes mômes : « Devons-nous nourrir l'es- « ^ir de voir le Saint-Siège se prêter, en tenant compte des faits « accomplis , à l'étude d'une combinaison qui assurerait au souverain « Pontife des conditions permanentes de dignité, de sécurité et d'indé- « pendance nécessaires à l'exercice de son pouvoir ? »

C'est avec un profond regret que je me vois obligé de répondre négativement ; mais je croirais manquer à mon devoir en vous laissant une espérance que je n'ai pas moi-même.

Signé : La Valette.

Annexe à la dépêche précédente. — Copie d'une lettre de S. Ém. le cardinal Antonelii à S. Exe. M. le marquis de La Valette :

« Monsieur et très^cherMarqgis^pour satisfaire à la promesse que je vous al faite hier lors de la visite dont vous m'avez honoré au Vatioan,

Jftnvîerj OUVERTUBK DE LA SESSION LAGISLATIVJS DE FRANGE. 153

je me fais ud devoir de yous déclarer que je n'ai rien ni à ajouter ni à retirer à la réponse que j'ai dû faire à la communication que Votre Excellence m'a adressée en Tentourant des formes les plus courtoises. « Je saisis avec plaisir cette occasion pour vous renouveler l'assurance de l'estime la plus vraie et la plus sincère avec laquelle j*ai Thonneuy d'être, de Votre Excellence^ le serviteur.

Signé: ântonelu.

' 88. — Mort de Salicetti, ex-triumvir de la république romaine en 1849. Il était né dans les Abruzzes, le i6 mai 1804. Compromis dans les troubles politiques du royaume de Naples, où il avait été imposé au roi par le parti avancé pour le ministère de la justice, il se relira à Rome en 1848, se mêla à toutes les entreprises contre le pouvoir pontifical, et, après que Mazzini, Saffi et Armellini se furent retirés du triumvirat, fut élu triumvir avec Galandrelli et Mariani, huit jours avant l'entrée des Français, en 1849. Forcé de quitter Rome, il résida successivement à Londres, à Paris et à Turin.

28. — M<^' Chigi, archevêque de Mire, et successeur, à la nonciature de Paris, de M^' Sacconi, depuis longtemps absent en vertu d'un congé, est reçu par l'Empereur en audience solennelle. Le nouveau nonce ayant parlé des bons rapports existant entre le Saint-Siège et le gouvernement impérial, l'Empereur le remercie et ajoute : « Soyez persuadé que je chercherai toujours « à concilier mes devoirs comme souverain avec mon attache- « ment pour le Saint-Père. »

^4. — Ouverture de la session législative de France. L'Empereur prononce les paroles suivantes à propos de la question romaine : c J'ai reconnu le royaume d'Italie avec la ferme intention de con- (( tribuer, par des conseils sympathiques et désintéressés, à contt cilier deux causes dont l'antagonisme trouble partout les esprits c( et les consciences. »

Dans le projet d'Adresse du Corps législatif, cette phrase est ainsi commentée :

« Votre Migesté a Judicieusement agi en reconnaissant le royaume d'Italie. La France ne pouvait pas avoir sacrifié tant d^hommes et tant d'argent pour laisser compromettre ensuite le résultat politique de ses victoires. La France est catholique et libérale ; elle veut que le Chef de sa religion soit indépendant et vénéré; mais elle favorise toujours la vraie liberté ainsi que le progrès moral et matériel des populations.

154 ANNALES ECCLÉSTASTIQUES. [1862

La satiiifactîon de ses sentiments rencontre en Italie bien des obstacles ; mais notre confiance dans vos loyales intentions est absolue. Ne vous laissez donc décourager^ Sire^ ni par des refus persistants, ni par des aspirations impatientes, et votre volonté parviendra sans doute à concilier ces deux grandes causes dont l'antagonisme trouble partout les esprits et les consciences. »

25. — Mort, à Rome, du cardinal Gaspard-Bernard Pianetti, secrétaire des brefs et grand chancelier des ordres équestres pontificaux. Ce prince de TÉglise, né d'une famille noble, le 7 février 1780, à Jesi, se .fît recevoir docteur in utroquejure^ et^ en 1807, était déjà prélat référendaire des signatures de grâce et de justice. En décembre 1820, il était auditeur de Rote. Préconisé évéque de Viterbe et Toscanella par Léon XII, le 3 juillet 1826, il fut réservé cardinal m petto par Grégoire XVI au consistoire du 23 décembre 1839, et publié dans le consistoire du 14 décembre 1840, avec collation du titre de Saint-Sixte. Son grand âge l'ayant déterminé à renoncer à l'exercice du ministère épiscopal, il s'était fixé à Rome, en 1861, et avait été élevé par Sa Sainteté aux charges éminentes qu'on vient d'indiquer.

FéTrier.

6. — Mort, à Madrid^ de M. Martinez de la Rosa, président de la Chambre des députés d'Espagne, historien et diplomate. 11 fut ambassadeur à Rome^ de 1842 à 1843, puis il entra dans le ministère présidé par Narvaez. Après la chute de ce ministère, au mois de février 1848, il retourna à Rome comme ambassadeur et contribua activement à ménager la fuite de Pie IX à Gaête. Il resta en Italie jusqu'en 185i.

o. — Manifestations révolutionnaires contre le pouvoir temporel du Papeà Livourne, à Gènes, à Napjes et à Milan, où le P. Pantaleo, ancien chapelain des volontaires de Garibaldi, pénètre de force dans le Dôme, s'empare de la chaire et fait entendre à la foule les plus violentes déclamations.

— A Paris, mort, à l'âge de 43 ans, de M. Segretain, ancien maire de Laval, ancien député au Corps législatif, commandeur de l'ordre pontifical de Saint-Grégoire le Grand, ancien rédacteur de VUniverSj et auteur d'un ouvrage estimé sur Sixte-Quint et Henri IV.

la. — Réouverture solennelle des églises de Varsovie, fermées

terrier.] MORT A ROHC, DE M. GLEMEN9, SÂYÂNT CÂTHOlQUe. US

par les autoHtés ecclésiastiques, à cause des profanations commises par les Russes.

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