‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 113 sur 264 · LIVRE n · texte numérisé non relu

LIVRE n

GàAPlTRE XII. — DE L^INTERRiGNE DB 1672.

Troupes à St- Biaise.

Gardes à la

Maigroge an

dessus de St-

Biaise.

s*est troBvé dafis le chAtesH de Neufchfltel, leqael a ftiit assembler beaBca«)i de troupes sous k nom d'Affry et a marché huit jours de châtelaÎDie en châtelainie pour exciter tous les peuples à prendre les armes contre moi, dont la preuve est facile à connaître par le commandement donné k tous les capitaines, lesquels peut-être ont marché sans ordres par écrit. Et pour marque de la dernière violence exercée contre moi, c*est le mandement dont ce gentilhomme est chargé; il en remettra une copie entre les mains de YV. EE. et leur dira que même ils m'ont interdit et à ma suite d*ouïr la messe aux jours de commandement dans une église hors de la ville du Landeron. El quant k la mort du dit St-Micault, qu'ils ont l'imprudence de vouloir imputer à mes gens, W. EE. savent que le dit sieur de St-MicauU était dans la ville du Landeron avec soixante mousquetaires qu'il avait amenés avec lesqueFs il s'éiait rendu maître du dit Landeron, là où ayant posé tous les corps-de-garde et sentinelles pour sa sûreté, il envoya ordre, au lieutenant Lahire de St-Blaise de marcher avec des soldats, lequel lieutenant était arrivé à la tête de ses gens à la seconde porte du Landeron où le dit St-Micault l'attendait et avait fait fermer la grande porte; lui passant le premier par la petite porte lui dit: „ Passe le premier par la petite porte," et lorsqu'il fut entré, il referma la dite petite porte lui disant: „Votts „ êtes bien eflfronté de venir ici après avoir parlé de Madame de Nemours an „ préjudice des défenses qui ont été publiées, et je vous arrête prisonnier,* marque qu'il était maître du dit lieu. Et sur ce les soldats auparavant conduits par le dit lieutenant, qui étaient hors la porte, crièrent: „ Qu'on nous rende „ notre commandant.^ Sur quoi survint le fils du dit d'Affry, qui était hors de la ville, lequel fut pris et arrêté par les dits soldats, et l'échange en fut faite ensuite pour rendre le dit lieutenant à la tête de sel soldats. Sur les quatre à cinq hçures du soir les portes de la ville ayant été fermées et les clefs étant entre les mains du dii St-Micault, il s'est trouvé tué au milieu de se9 soixante mousquetaires^ sans qu'il y ait eu un seul coup tiré ni aucune émotion. Sa mqrt a été infailliblement causée par les menaces qu'il faisait de mettre à feu et à sang la ville^ si les bourgeois ne prenaient les armes contre moi. VV. EE. remarqueront que depuis que le dit St-Micault s'était saisi des clefs des portes, elles n'ont été ouvertes, quoique mort et le fils du gouverneur resté dans la ville, que le lendemain à neuf heures du matin, où étaient survenus les officiers du, château de Neufchâtel. Par où YV. EE. pourront juger de l'imposture de ces gens-là et du peu de fondement qu'ils ont de vous demander du secours eontre moi, qui n'ai que ma suite ordinaire et qui n'ai dans tout mon procédé cherché qu'à observer et maintenir votre ancienne intelligence et alliance, et que je ferai toi^ours paraître, conmie étant toujours, magnifiques et puissants seigneurs,

la très aféctionnée servante

Marie d'Orlbjihs.

De la Neuveville, ce 4/14 mai 1673.

La seigneurie voyant que les troubles allaient en augmentant crut qu'il fallait redoubler de sévérité et donner des ordres très exacts, soit pour empêcher à qui que ce fût de passer par le Landeron et par la châtelainie de Thielle, soit à Madame de Nemours de venir à Neuchâtel, soit aux gens du pays d'aller à la Neuveville. On mit pour cet effet au-dessus de St-Blaise, auprès de la maison qu'on nomme la Maigroge, une compagnie de cent hommes qui étaient de la Brevine, commandée par M. Henri Sandoz, seigneur de Noiraigue Un certain Jonas Petremand, bourgeois de Talengia, voulant passer

cbàpitw xh. -r DB L'iNTCiuiàGW DK 1672. 199 LIVRE n.

pnvlè^ le dimanche 4 mai) y iîiljpé par la sentinelle, ce qui causa 1|S73 une grande émotion dana le viU^ge.de St-Blaiçe, qui prit de là l'oc- Un homme taé casion d'aller se plaindre à M. le gouverneur, s'ofirant de garder passer. ^ ce passage. C'est pourquoi on retira cette compagnie qui en partit \» 5 mai. On congédia même toutes les troupes du Landeron, à la réserva de quatre-cents hommes qu'on y laissa sous le commandement de Jean-François de Neuchâlel, baron de Gorgier. Deux hommes de Corcelles ayant été surpris allant à la Neuveville, furent mis en prison au château de Thielle, ainsi que huit autres encore après lui.

La ville de NeucMtel était, divisée à un point qu'on craignait à DiviBiondea tous moments qu'on ne s'y égorgeât les uns les autres. On y voyait '^^^JJiJef ®"" des frères qui tenaient pour deux partis opposés, des pères et des enfants, des maris et des ftnunes qui étaient d'uu sentiment différent les uns des autres.

Poiff lâcher de remédier à ces maux qui empiraient tous les jours, on enyoye ime le confeeil d'Etat envoya deux députés à la Neuveville auprès de la ^*^e°^^ princesse, qui étaient MM. Jean de HontmoHin, trésorier, et Jean- mou». Michel Bergeon, receveur des quatre maiiries, pour lui représenter avec toute (a civilité possible que si elle voulait avouer la sentence des Trois-Etats et en donner une déclaration par écrit, on lui permettrait d'entrer dans Neuehâtel. Hais la duchesse ne voulut pas y consentir.

Les partisans de cette princesse se servirent dans ce temps d'un stratagème des stratagème pour chercher à fintroduire à Neuehâtel. Deux Tiommes y^î^J^ du Val-de-Ruz en envoyèrent quatre à St-Blaise qui, feignant d'être mou» en rédes Montagnes, y répandirent le bruit qu'il y avait beaucoup de ^^jf^^^ troupes en Franche-Comté, sur les frontières du pays, et qu'il y en avait même qui y étaient déjà entrées, et qu'apparemment c'était le prince de Condé qui venait pour soutenir Madame la duchesse de Longueville, sa sœur, et pour venger l'assassinat de H. de St-Hicatrit envoyé par lui. Ce bruit causa une grande alarme dans tout le pays, et plusieurs personnes s'enfuirent à Cudrefin, à Morat et en d'autres lieux. Les auteurs de ces faux bruits estimaient que toutes les troupes qui étaient au Landeron, seraient obligées de courir sur les frontières, pour défendre le pays ou leurs foyers, et que pendant ce temps-là ils pourraient facilement conduire Madame de Nemours dans le château de Neuehâtel et l'en mettre en possession. Cependant cela n'eut aucune suite, parce que ce bruit tomba par la certitude du contraire.

Le fifouvernement craiirnant le soulèvement du menu peuple et de Lettre du «ou-

- ^ ,, , ,, «« ■ m« Il I. 1 <• • •. !• yemementde

la canaille, à cause de rarisent que H. de Mollondin leur faisait dis- Neuehâtel «ox

' ^ cantoos pour

tribuer, se crut obligé d'écrire aux cantons de Berne, Friboturg et réclamer da

lilVltï; n. 200 CHA?1T1HE XH. -^ m i'iPtTKBBÈom M 187!^.

1673 Soleifre, pour les îAstniire da fiil et Imt demaiMter du seeeon contre la violence dont ils étaient menacés.

Envoi de Ces cantons envoyèrent d'abord des députés; cenx de Friboarg^

^"dwtli^ et Soleure arrivèrent !e 17 mai, savoir, deux de chaque canton,

tons. accompagnés de plusieurs cavaliers; ils furent suivis, le 19 mai, de

ceux de Berne. Ces messieurs jugèrent que Tunique remède pour

apaiser Témotion des esprits et rétablir le calme partout, était de

lu prient Mad. prier Madame de Nemours de s'éloigner des frontières de PEtat,

se reSrer"ee* et comme ils allèrent la trouver à la Neuveville pour le lui con-

K^nsHe sellier, elle répondit „ qu'elle était fort surprise qu'ils fussent venus

^mourt.^*" 7> ftire une semblable proposition ; qu*elle était souveraine et que sa

„ souveraineté ne dépendait que de Dieu; qu'elle n'était pdnt dans

„ leurs états, et qu'elle ne voulait ni fhire ni écouter aucune piHH

„ position; que tout le monde la soutiaitait dans les Etats de Neu-

„châtel; que quatorze communautés s'étaient déclarées poureieel

,, que la ville de Neuchàtel la viendrait quérir; qu'il n'y avait que

„ quelques gens de néant qui s'opposaient à la volonté de ses bons

„ sujets, et qu'elle saurait bien les punir; que ces gens feraient

„ mieux d'implorer sa eléuieace et de lui venir demander pardon à

„ genoux, et qu'elle leur ferait grftce i la prière des députés des

« cantons.^ Elle ajouta ; „ que la meilleur titre des souverains était

„ia possession; qu'elle commencerait p^r s'y mettre, et qu'elle au-

„rait des amis qui l'y maintiendraient; que le roi de France était

,yroi de Navarre, et le duc de Savoip était roi de Chypre, mais

„ qu'ils n'en avaient pas la possession, et que son frère serait de

,, la même manière souverain de Neuchdtel.^

Lettre de Mad. Comme OU avait informé Madame de Longueville des troubles que ^^^^fj^^^f^^ Madame de Nemours causait à NeuchMel, et surtout de l'assassinai xrv. du marquis 4e St-HicauU, cette priaeesse en donna avis fm roi qui était pour lors à Stenay, le priant, par une lettre qu'elle lui écrivit, de vouloir faire cesser ces désordres, en rappelant Madame de Ne^ mours en France, et de leur foire la grâce de juger de leur dif-* férend.

Le roi envole Sur CCS informations, le roi envoya de Stenay en poste le sie v mowreîin de^es ^® Gombault, Un de ses gentilshommes ordinaires, avec une lettre ffentiihommes à Madame de Nemours, laquelle lui ordonnait de s'en retourner en ro!dre"de reve^ P^"^^ ®* ^^ laisser les alÂiires de Neuchfltel comme elle les avait

nlr en France. troUVéeS.

Mad. de Ne- M. Gombault fut ravi de voir à son arrivée, qui eut Keu le 15/25

monrf obéit ^^^^j^ ^^^ Madame de Nemours n'était pas encore à Neuchitel et

établie souveraine, comme it se l'était imaginé; il l'alia voir à la

Neuveville le 16/26 mai et lui présenta la lettre du roi. U élail

accompagné de deux officiers de la seigneurie.

cHAFitiiB xn. -^ Di L'mnRRiGm w 1672. 201 LIVRE IL

Cette lettre t^ovi/A beaneoup les partisans de Madame de Long^e^ 1673 TiBô et aflliirea extrÇmement ceux de Madame de Nemours, qui Effejq^iece

7^ ^ rappel produisit

8 étaient proposés de conduire cette princesse par la force à '^ety- aa moment où châtel, le jeudi suivant 22 mai et 1" de juiq, et de la mettre «ur ^^J^JJ**^^^® le trône. Les l^ourgeois de Neuchâtel qui, à la réserve des officiers mon» prépaet conseillers, étaient presque tous dans les intérêts de Madame de «^«n*»»©*»- Nèmours, avaient prémédité celte entreprise. Ils devaient être soutenus par les habitants du Val-de-Ruz, comme aussi par ceux de la châtelainie de Thielle et de la baronnie du Landeron, qui, à la réserve d*un petit nombre, avaient aussi épousé le parti de Madame de. Nemours, L'arrivée de M. de Gombault fit que ce dessein alla en fîimée. Madame de Nemours ayant été obligée d'acquiescer aux ordres de S, M., puisque d^abord après qu'elle eût lu la lettre, elle déclara qu'elle était prêle d'obéir au roi et qu'elle perdrait plutôt! dix comtés que de le désobliger j; seulement souhaitait-elle qu'on n'usât d'aucune violence à l'égard de ses af&dés et qu'on ne les £Ue recommaltrartât pas pour avoir épousé son parti. M. de Gombault lui fil Viande qn'on

' niiBe dancane

espérer qu'on |uj accorderait ce qu'elle demandait; il excepta seu- violence envers lement les assassins de M. le marquis de Sl-Micault, pour.leàquels «««««dés. il n'y aurait aucune grâce à prétendre.

La princesse répondit d'abord au roi pour lui témoigner sa sôu-* La princesse mission k ses ordres et pouf l'informer des mauvais traitements *^*^^^*'' qu'on lui avait faits à Neuchâtel. Elle envoya la lettre par un courrier, nommé M. de la Tour, qui passa par Bâie et qui devait la porter au roi à Stenay, au devant Mmstriçht.

Madame de Nemours voulait aussi comprendre M. de Mollondin EUe voulait dans la recommandation qu'elle faisaîl ppur ses affidés; mais M. ^'«p^^^J^'de Gombault représenta à la princesse que n'ayant eu ordre du roi MoUondin. que pour le rétablissement de ce qui pouvait* s'être fait depuis qu'elle était arrivée en Suisse, il ne pouvait pas s'occuper du ban-, nissement du dit sieur de Mollondin, le jugement ayant été rendis longtemps auparavant.

La bourgeoisie de Neuchâtel ayant appris que Madame de Nemours La bourgeoisie était sur son départ, lui envoya une députation, le 17/27 mai, pour ^^^yr^dlla complimenter avant qu'elle partit. Il y avait environ seize cava-puutionàMad. liers. Cette députation fut très bien reçue de cette princesse qui *« Nemours, témoigna d^en être fort satisfaite. Le départ de Madame de Nemours son départ de eut lieu le 30 mai par un mardi. Elle alla par eau jusqu'à Cerlier ^ ®°*^' et de là à Arberg pour prendre la grande roule, d'où elle traversa le pays de Vaud et passa à Lyon. Là elle reçut encore ui^e lettre Eiie reçoit nne du roi qui contenait ce qui suit : "^^'în wT"

Ma cousine, j*ai reçu la lettre que vous m*avez écrite par ce ipentilhotnnie» et celle que vous avec encore adressée k M. de Pompone, dont j*ai été fort mUMi voyait votre déféreMe à ce qae j'ai désiré, qui o'a iH>of but que votre

LIVBE n. a02 CHAPITBS JÏU — DE L'iNTBREÈGraS DE 1672.

1673 téritable avantage. Mes aoiQa ne seront pu oubliés pour mettre la perfection

à ces dispositions par un accommodement convenable au bien des deux parties; et J'espère que Dieu les bénira, comme je Ten prie de tout mon cœur, et de vous avoir, ma cousine, en sa sainte garde.

Au camp devant Mestricht, le 12 juin 1^3. Signé LOUIS.

Madame de Nemours, par ie conseil de M. de MoIIondin, avait laissé à la Neuveville M. de St-Cyr qui, conjointement avec lui, devait avoir soin des affaires et rinformer de tout ce qui se passerait. Mais comme son séjour contribuait beaucoup à entretenir les troubles, en quoi il était très propre à seconder H. de MoIIondin, comme en est une preuve indubitable rarrél de mort rendu contre lui au Parlement de Paris pour avoir assassiné sur le Pont-neuf le Trouièmeiettre sieur du Livet , S. M. étant informée du commerce et des conde^îemounwi f^rences fréquentes que St-Cyr avait avec le sieur de MoIIondin et si^et de 8t-Cyr les autcurs de l'assassinat du marquis de St-Micaull, fit écrire à etdeMoUondin. jj^j^^^ de Nemours, le 11 juillet, pour lui ordonner d'éloigner St-Cyr des frontières du comté de Neuchâtel, et de défendre au sieur de MoIIondin de se mêler des affaires de la princesse, en attendant qu'A en eût été jugé. C'est ce qui ne fut exécuté qu*à l'égard de St-Cyr; car le sieur de MoIIondin ne laissa pas que de continuer secrètement ses cabales et de fomenter des divisions.

Madame de Nemours écrivit depuis Lyon au sieur de MoUondin une lettre, datée du 3 juillet, qui contenait ce qui suit :

Lettre de Mad. Monsieur, je trouve q^e les gens du chitean de Neufchâtel continuent tonde Nemours à jours leurs discours accoutumés; mais je n*en trouve point de plus éloigné de M. de MoUon- |'apparence de la vérité que de dire que je demande amnistie au Roi pour ceux qui ont été pour moi, qui n'ont fait que lenr devoir, puisque je ferais mon procès à moi-même, et que j'y perdrais plus que personne; mais j'ai demandé qu'on ne permit point les vengeances et les violences que les gens de Madame de Longueville voudraient faire pendant notre accommodement.

Les affaires ont totalement changé de face à la cour : le Roi a souvent parlé tout haut en ma faveur et a dit qu'il s^éiait toujours douté que les choses n'allaient pas comme on les publiait. J'espère bien qu'il jugera en ma faveur; si bien qu'il est assuré qu'en peu je retournerai en Suisse^ Ui fatigue du chemin ne m'a point dégoûté.

Le gentilhomme du roi me dit qu'il avait ouï dire que nous étions mal ensemble et que nous nous étions très mal séparés; je lui ai répondu que cela n'était pas. Il trouve aussi bien étrange que l'on m'écrivit depuis Paris que je lui avais dit des choses horribles lorsqu'il arriva de la cour; nais surtout une chose m'a attristé, savoir, que Ton a bit croire au Roi que toute la Suisse prenait les armes, sous le prétexte de mon affaire, et que les ayant prises, il y avait plus de 40,000 hommes qui pourraient bien se tourner contre la Bourgogne.

L'on trouva fort étrange les suppositions qu'on a faites contre moi, et l'on n'y voit guère de dévotion. Msstricht est pris, et l'on tient pour assuré que le Roi revient Je lui parlerai mieux moi-même que les autres ne peuvent faire.

Je suis etc.

M. de St*Romaîn, ambassadeur du roi à Soleure, écrivit une lettre

CQAPtTU mi. r- DB L?INTERRiQNB DB 1672. 203 LIVfUS IL

an conseil de la ville de Neuchfttel, datée du 1/11 août 1673, qui 1673 contenait ce qui suit:

Meâsieurs, le congé et passeport que le Roi donna dernièremeut A Madame Lettre de ramàt Nemours, pour se rendre à Neufchâtel et y poursuivre ses intentions par la bassadeur du voie du droit et de la justice, sont des témoignages authentiques que S. M. nef^^ ." voulait pas se mêler de ce différend dont les Trois-Etats ont jugé; et toute la chAtel. Suisse a vu qu'elle ne s'en est mêlée qu'après qu'elle en a été requise et suppliée et entendu que les voies extraordinaires dont Afadame de Nemours se servait avaient causé la mort de M. de St-Micault et mis un grand trouble dans tout TEtat, qui faisait craindre de fâcheuses suites qu'on ne pouvait éviter que par un prompt éloignement de Madame de Nemours. Alors le Roi, pour satisfaire au devoir d'ami et allié de toute la Suisse et des princes et Etats de Neuchâtel, envoya promptement ordre à Madame de Nemours de passer en France, et l'assum qu'il prendrait connaissance de ce différend pour le terminer à l'amiable par son entremise et par l'nvis des parents de cdté et d'autre* Madame de Nemours fit réponse sur l'heure au Roi qu'elle mettait tous ses intérêts entre les mains de S. M. et partit pour retourner en France, où elle est maintenant.

Ce différend ^fi terminera et se réglera au plus tôt qu'il sera possible par les voies que je viens de dire sans toucher en aucune manière à vos franchises, privilèges, lois et coutumes, et j'ai ordre de vous en avertir; que cependant il n'y a plus rien à faire ici pour les intérêts de Nemours et que personne n'y peut rien entreprendre ni rerouer sous ce prétexte contre le repos des comtés, sans manquer de respect à Sa Majesté et mériter son juste ressentiment.

La copie qoe je vous envoyé de l'ordre que le Roi a donné sur ce sujet à Madame de Nemours pour retourner en France et aux sieurs de Mollondin et de St-Cyr en sont de bons témoignages, et je vous conseille de veiller et de tenir la main à ce que chacun de la ville demeure dans le repos et dans son devoir, et de ne rien oublier de tout ce qui dépend de vons pour assurer la traoqûllité publique et affermir l'autorité de la justice.

Dans fassuranoe que vous le feras avec soin et aflîection, je vous assure que* je vous rendrai tons les bons offices dans les occasions que je suis etc.

Datée de Soleure. Signé St-Romam,

Le conseil de ville de Neuchâtel, après avoif reçu la lettre de Le oonseii de M» Fambassadenr avec les copies des deux let^es que S. ML ^i^^i^^ „^J/^^Jon écrites à Madame de Nemours, Tune du 12 juin et Tautre du 11 pou- remercier juillet, envoya trois députés à Soleure pour remercier S. E. de ae$ ^ ^i*^^**"**' bons avis et qu^on désirait de s'y conformer. Cependant cela n'enw pécha pas que les troubles ne continuassent et même n^augmentassent dans Neuchâtel.

Madame de Iiongueville ayant soumis au jugement du roi le dif- Kad.deLonférend qu'elle avait avec Madame de Nemours et craignant que cela ^^^^i^*^' ne préjudiciât aux autorités souveraines du comté de Neuchâtel, écrivit à S. M. la lettre qui suit :

Sire, M'étant crue obligée de recourir à Votre Majesté pour la supplier de prendre connaissance d'un différend dont les voyes de fait auxquelles on en était venp édmialeait lieu d'appréhender de funestes suites, je n'ai point eu d'autre me

LtVt^E tli 204 €HA?ITRR %n. — M L^IFftSRRÈGim M 1672.

166À V^P ^® *^^ soumettre entièrement m jofpemeiit ifu'fiUe en portera saos «mir li moindre pensée de rien excepter de ce qu'Elle croirait y deyoir être cpnpqi.

Je me suis donné Thonneur d'exposer à V. M. les raisons qui m'ont portée à en parler, comme j'ai fait dans mes écritures; mais cette réserve que j'y ai gardée par la considération d'un Etat souverain qui en pounrait être troublé^ si j'avais parlé d'une autre manière, n'a pas pour but de donner des bornes à V. M:, ni de rien soustraire à sa connaissance. Je me suis pleinement remise à Elle de ce qu'Elle croira devoir juger ou ne pas juger, en ne me réservant qu'une inviolable obéissance à tous ses ordres.

C'est, Sire, tout ce que je puis protester k V. M. avec la même sincérité, avec laquelle je continuerai mes vœux et mes prières pour la santé et la prospérité de Votre Majesté.

(Signé) Aims-GBirBTièYB dk Bourbok. 1673.

Mad. de Ne- Madame de Nemours, de son côté, adressa également au roi la

Sire, La communication que j'ai eue, par ordre de V. M., d'un écrit de Madame de Longueville, me fait connaître qu'on n'en peut faire aucun de sa part oii n'y ait quelque chose d'offensant contre moi. Je me contenterai. Sire, sans m'en plaindre, de protester avec toute la sincérité qu'on doit avoir qnand on parle à V. M. que je soumets à son jugement le différend de Neufchâtel et tout ce qu'Elle croira devoir juger ou ne pas juger, sans aucune réserve, n'ayant d'autre vue que celle du respect qu'on doit à V. M. Ce sont les termes dont Madame de Longueville s'est servie pour lui expliquer ses sentiments et que j'emploierai ponr donner i V. M. des marques d'une obéissance parfaite pour tout ce qu'il lui plaira d'ordonner, et de la continuation de mes vœux pour la conservation de sa pefsonne sacrée et pour la prospérité de son Etat.

(Signé) Marfb i>'0RLiA59. 1673.

Les deux prin- Ces deux princesses voulant informer S. M. de leurs droits et

J^J^^^^^; prétentions, S. M. ordonna de remettre leurs mémoires à M. Pom-

moiresetmaiii-mereuil, Conseiller d*Etaf, pour, „après en avoir communiqué avec

'^^^"■„les sieurs Poncet, Marillac, Pusort et Voisin, aussi conseillers

„d'Etat ordinaires, être sur leur rapport, pourvu par le roi wtsi qt'i

^appartiendrait.^ Les prittcesse^ feront imprimer cette amiée leurs

manifestes. If en fut répandu à Neuchâtd et on les a mémo publiés

Ce que dit de dftfls le Joumal du Palais (Tom. IV, dès. la page 184 à la 20SlK

jourala du^Pa- Voici ce quî en est dit page 184 :

Ces qvealions qui ont été agitées dana le différend df Madame U dnelieMe

de Nemours contre Madame la duchesse de Longueville pour la souveraineté de

La q^oestion a Nei^ch^tel, ont fait un si grand éclat dans le monde et sont de soi si illustres

<WtJbeauoonp et importantes, que des personnes d'une dignité relevée dans la robe ayant

jugé à propos da les rendre publiques, en ont fourni les mémoires aux éditeqrs

de ce journal.

Après avoir établi les faits, retracé brièvement Thistofre des comtés de Neuchâlel et rapporté Tabrégé de la procédure de Neuchfltel, les habiles avocats qui ont réduit les diverses écritures des parties, et qui les ont enrichies de plusieurs traits d'histoire et d'exemples, ont décidé que toutes les queitions agitées entre ces

d*éc1at.

CIUPITBE XU. — 08 L'iNTBftRiaillB w 1672. 206 iIVRE V.

dBuK prinoes^eis pouygmH 6lre e^n^nrises cm oes six pFopoaitians 1673 ^ 4éd9tdfis, sdvo^ ;

^. Le jagemetit de Ne^cbâtel e^U val^U« 6$ a-l-il ^ rendu par les juges Question de (Cpmpétenta ? . . ' -^ droltàjuçer

a. De quelle considération doit être la repon'eiaiion faîte par Madame dfe ^"«rinoMseg*" Nemours dans son contrat de mariage, et (piel effet elle peut produire t

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