‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 25 sur 264 · LIVRE n. 56 CHAPITRE X. — DE HENRI II, DUC DE LONGUEYILLE · texte numérisé non relu

LIVRE n. 56 CHAPITRE X. — DE HENRI II, DUC DE LONGUEYILLE

1645 La viUe de Soleure s'élant portée caution pour le châtelain de

soîewe paye D^lémont lorsqu'eu 1637 celui-ci fut pris par les Suédois pour ôlage

aux Suédois la des coîilribulions exigées de FEvéché par le duc de Weimar, celte

îS°de Déîé'. ville fut obligée de payer, celte année 1645, la somme de 13,366

mont. livres bernoises pour sa rançon; elle se récupéra par le moyen de

quelques renies qu'elle retira de ce châtelain.

Jacques de ^- Jacqucs de Slavay, seigneur de Mollondin, colonel fun régi-

d'Afhy comme ment suissc au service de S. M. T. C, maréchal de camp (grade

«^*™^^®mflitaire qui jusqu'à lui n'avait élé donné à aucun Suisse), truche-

man du roi et sénateur de la vUle de Soleure, fut choisi par S. A.

le duc de Longueville pour élre gouverneur de Neuchâtel. Il flit

n^ Installé installé le 14 octobre par M. de Caumarim, ambassadeur de France

jMu: lambasse- r% ^

deurduroi de ^n Smsse, lequel fit à cette occasion un très-éloquent discours k ï^*»**- l'assemblée.

M. Jacques de Slavay ayant prêté le serment, suivant b pratique, fit à son tour à toute TassemUée réunie dans le grand poêle du château le discours qui suit:

„ Messieurs, Dlsooan de M. » Je ne saurais assez louer Dieu de ce qu'il m'a feit la grâce d'être insinué legouyenienr „ dans les faveurs de S.A. si avant qu'il m'a déjà fait beaucoup plus d'honneur ason instal- ^ ^^^ j^ ^^^-^ mérité en son endroit; car mon père étant mort, il m'établit capi- „ taine de Colombier en sa place et peu après châtelain de Landeron , et me fit „ être de son conseil ; mais encore, pour comble d'honneur, il me fit capitaine „ de Yalangin et premier conseiller d'état qui était une charge que f avais des- „ sein d'exercer à cette prochaine campagne, et néanmoins étant en France pour „ le service de S. M. il m'a établi son gouverneur pour ses comtés souveraines „ de Neufchâtel et Yalangin, pour lequel effet je lui rends grâce et le remercie „ de tout mon possible et supplie le Seigneur qu'il lui continue de plus en plus „ set faveurs. A la vérité c'est une charge bien pesante pour moi, mais je m'as* „ sure que la bénignité de S. A. couvrira mes défauts et que Messieurs du Coo- „ seil me seront en subside et en aide. Je remercie aussi S. E. Monseigneur „ l'ambassadeur de la peine qu'il a prise, suivant la requête de S. A., d'être „ venu ici pour m'établir, et pour marque de reconnaissance je lui offre mes „ très humbles services, si que je lui serai toute ma vie son très humble ser- „ viteur. Et pour vous, Messieurs, vous êtes tous assurés que j'avancerai la gloire „ de Dieu de toute ma force, que je procurerai le profit de S. A. de tout mon „ possible et conserverai les droits et maintiendrai les statuts qui ont été ap- „ prouvés par lui en ses souverainetés, et ferai prompte justice sans regarder „ plus au riche qu'au pauvre, aux grands qu'aux petits et aux personnes plus „ considérables qu'à la veuve et à l'oiphelin, si que je punirai les malfaiteurs „ et absoudrai ceux qui font bien. Et aussi je vous exhorte à bien vivre, i éviter ^ tous procès et chicanes, desquels plusieurs malheurs surviennent et s'eosniveiit, „afin que par la tranquillité de votre vie et bon comportement ma charge soit „ soulagée et SA. rendue contente.^ Réponse du Le doyeu du conseil d'Etat fit la réponse au nom de tout TEtat

doyen du Con-

sefl d'Etat. ®" ^^^ termes :

„ Monseigneur l'ambassadeur et Monseigneur le gouverneur, „Nous avons sujet d'exalter les faveurs de S. A. à notre endroit, à cause ,, de ses grands bienfaits cfue sa bénignité nous a fait paraître, et premièrement

FRrNCE VE HEUCHATEL. 57 LIVRE II.

„ lorsque la contagion éiait éênê ce pays il n'y a pas longtemps, il loi pTnt 1645

„ d'ouvrir la main de sa libéralité à l'endroil de plusieurs pauvres pour leur

„ soulagement. Et en après il a employé de ses moyens pour notre protection,

„ entretenant les gardes aux frontières de la souveraineté par le gage ordinaire

^ qu'il donnait aux offîciers. Ses bienfaits donc ont été si grands en notre endroit

ff que nous pouvons dire qu'il est le meilleur prince du monde, et pour comble

„ de gréce il nous a maintenant pourvu avec une affection paternelle d'un très

„ sage et totalement vertueux gouverneur, par Fheureux choix de la personne de

Monseigneur Jacques de Stavay ici présent, qu'il a établi en cette charge à la

„ place du défunt Monseigneur d'Affry, avoyer du canton de Fribourg, de gio-

„ rieuse mémoire. Or Dieu ayant inspiré au cœur de S. A. de choisir Monseigneur

„ le gouverneur pour gouverner celle souveraineté, aussi a-t-il été désiré et

„ roahiteuant reçu avec applaudissement. Et nous remercions S. A* en tout et

„ partout de ses faveurs et requérons du Seigneur, qu'il accompagne toutes ses

„ allées et venues de sa favorable bénédiction et qu'il le remplisse de son Esprit,

„ afin qu'il nous puisse toujours conduire à la gloire de Dieu, à son utilité et à

„ notre salut^ et qu'aussi il lui donne lignée masculine, qui soit aussi bien hérî-

„ tière de seê vertus que de ses pays. Mais aussi nous rendons grâce très hum-

A blement à S. E. Monseigneur l'ambassadeur de ce qu'il a daigné rendre service

„ à S. A. d'éire venu jusqu'ici pour installer et prdter serment à Monseigneur le

n gouverneur. Nous voudrions bien avoir tous les moyens de lui faire parattre

„ que nous lui sommes tous ses très humbles et très obéissants serviteurs. Outre

„ plus nous remercions Monseigneur lo gouverneur de ce qu'il a voulu embrasser

„ cette charge pour seconder S. A. en ses comtés souveraines ; et nonobstant

„ qu'il fût employé en France pour S. M. T. C. très avantengeusement, il a bien

„ voulu quitter ses emplois éminents pour tenir la place de S. A. dans cet Etat,

„ et même a voulu célébrer son arrivée dans ce lieu, afin de nous faire jouir

„ tant plus tôt de son agréable présence. Nous prions Dieu qu'il nous remplisse

„ tellement de son Esprit que nous puissions rendre les devoirs et la sujétion

„ obéissante à mon dit seigneur le gouverneur, duquel nous sommes les très

„ humbles et très obéissants serviteurs."

Le 19 janvier 1645 il souffla un vent des plus violents, qui fit vent d'une viobeaucoup de dégât dans la Suisse et à Neuchâtel, où il abattit le ^*^"^J^*' chapiteau de la tournelle de Tescalier de la boucherie et plusieurs Dommages autres toits; il déracina un grand nombre d'arbres, et renversa aussi ^^'^ ^^®* plusieprs maisons. Lorsqu'on redressa ce chapiteau, on trouva dans le bouton les noms de tous les conseillers de la ville qui vivaient lorsque la tour fut bâtie ; on y remit les mêmes noms en la redressant et Ton y ajouta les noms de ceux qui étaient en vie lorsqu'on la remit en état. A Berne, il y eut treize toumelles du grand temple qui forent renversées, ainsi que phisieurs maisons; à Genève plus de 500 cheminées; le cours du Rhône y fut arrêté pendant trois heures; le fond du fleuve parut à sec, et Ton y prit beaucoup de poisson avec la main.

On eut celte année du vin et du grain en abondance, l'été ^J^^^j^® ayant été extrêmement chaud et sec. La vente du vin se fit 32 livres vente du rtn. le muid.

Le 7 janvier 1646 il nftquit à Henri, duc de Longueville (P^n- ^Jj^^^"

Page 1