LIVRE II. 494 GHAPiTBE XV. — DE l'interrègne de
1707 mieux goûté que si Ton proposait la maxime que les Peuples sont faits p&w lis
Princes, Mais que la maxime contraire soit insinuée de la part des prétendants
qui viennent de la Cour de France, c*est ce qui surprend, on l'avoue, et k quoi
apparemment les peuples de ce Pays ne s'attendaient pas. S'il n'y a rien de
snspect pour eux dans toui ce qu'on leur dit pour les prévenir «onlre S. M. P.
et pour les faire pencher du cdté de la domination française, c'est ce qu'on
Le but 8. M. P. leur laisse juger. Quoi qu'il en soit, comme le but de S. M., en faisant valoir
est bien moins son droit à la Principauté de Neufchâtel est bien moins d'y chercher ses pro-
de chercher son avantages que d'augmenter et affermir le bonheur des peuples de cette
intérêt que „ . . .^ *„ . . V „ j - j
d*aagmenter le Principauté, Ion cramt si peu pour ce monarque que rexamen des raisons de
bonheur des politique et d'intérêt de ces mêmes peuples, et l'on est si persuadé que le sue-
peuples. ces de son droit convient en toute manière au bien de levr patfie, que loin
d'empêcher ni les Corps de l'Etat ni les particuliers d'ouvrir les yeux sur ce
qui est de leur intérêt dans cette conjoncture, on déclare que S. H. sera bien
aise qu'ils y fassent de très sérieuses attentions et réflexions.
Pour les y aider, l'on va comparer ce qu'ils peuvent avoir à espérer on é craindre de côté et d'autre. Hais auparavant il jeni bon de poeer la règle i laquelle on pourra mesurer le bien et le mal dont il s'agit
Chacun conçoit sans peine que le bonheur des peuples de Neufchâtel et
Valangin et leur plus grand intérêt consiste à jouir «n paix et dans une pleine
étendue de toutes leurs libertés spirituelles et temporelles, et à les transmettre
à leur postérité: comme au contraire tout ce qui peut troubler et interrompre
Ta fouissance de ces libertés doit être regardé comme un malheur qui ne peet
«fu'en entraîner une infinité d'autres.
Comparaison H "Y > ^onc qu'à voir sous quelle domination il y a le plus à espérer de
entre les pré- ce bonheur, ou le plus à craindre de ce malheur; et comme cela dépend de ce
tendants et le q^^ i^ prince qui dominera aura de vouloir et de pouvoir pour faire du bien
^ ^ * ou du mal à ses siyets, c'est par rapport à ces deux qualités qu'il fout faire la
comparaison que l'on a entreprise.
Pour commencer par la hienveillanee^ on ne se contentera pas d'assurer les peuple de Neufchâtel et Valangin de celle de S. H. le roi de Prusse, et de leur dire que ce grand prince est tout animé d'une affection tendre et paternelle en leur faveur ; car, quoique cela soit très vrai, les autres prétendants pouvant lenr en dire tout autant^ on ne veut pas entreprendre de les surpasser dans la f^roe des expressions. Mais voici ce qui relève la (tenvetAifice du Roi de Prusse audessus de la leur et qui en fait sentir la différence : c'est que celle de S. M. est Ubre et indépendante; elle est à l'épreuve et soutenue d'une infinité d'exemples ; elle est enfin généreuse et désintéressée. Ces trois caractères distinguent si avantageusement S. M. P. de ses concurrents qu'ils ne peuvent pas à tous ces égards entrer en parallèle avec elle.
Les préten- En effet pour ce qui est de ceux qui sont sujets et dépendants d'un maître dantsde France g],goiu^ peut-on dire qu'il leur soit permis de vouloir et de faire autre chose ^^ ^""^ que ce qui plait à leur souverain? Qu'est-ce de toutes les espérances, de toutes
les promesses et même de toutes les assurances qu'ils peuvent donner, si elles n'agréent pas à leur Monarque? A quoi ont abouti celles que Monsieur le prince de Conti donnait aux peuples d'Orange, quand le Roi de France, son seigneur, a voulu les choses autrement?
On ne veut pas presser cet article de la dépendance, sur lequel il y aurait bien des choses à dire, surtout à l'égard des démarches de la Cour de France pendant les derniers troubles de Neufchâtel : on se contentera de faire ces deux observations; l'une que pas un des prétendants français n'aurait seulement osé se dire prétendant^ ni se donner à ce sujet le moindre mouvement, si cela eàt désagréé, pour peu que ce fût, à S. M. T, C, téakoip les soumissions qn'ila