‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 31 sur 264 · LIVRE n. 68 CHAPITRE X. — DE HENRI II, DUC DE LONGUEVOXE · texte numérisé non relu

LIVRE n. 68 CHAPITRE X. — DE HENRI II, DUC DE LONGUEVOXE

1652 haut des montagnes, et le bétail paissait dans la campagne. Les eaux baissèrent et les rivières diminuèrent extraordinairemenU Vente du vin La vente du vin se fit à Nt^uchâtel 64 livres le moid, et l'abri et abri. ^^ ^^.^ ^^ j^ froment à 12 batz Témine, l'orge à 5 batz et 2

gros, et l'avoine à 3 batz et 2 gros.

Leacommu- Les communiers des Ponts-de-Martel ayant obtenu l'année préfon" uT fonds cédcute uuo rente annuelle pour l'enlretien de leur pasteur, contripour la pension huèrent aussi entre eux, chacun selon son pouvoir, pour faire un fonds, comme cela paraît par un acte du 4 janvier 1653; et c'est dès-lors que l'église des Ponts a été séparée de celle de la Sagne ; car jusques là le pasteur de la Sagne y venait faire le service divin dans la chapelle qui avait été bâtie l'an 1614. Temple bâti à La conununauté de Savagnier bâtit aussi cette année un temple; 8ava«nier. y ^,^ ^^^^^ auparavant qu'une petite chapelle où le prêtre de Dombresson el, depuis la réformation, le pasteur de ce heu allaient faire le service divin.

Moulins bAtis Commo il y a uu petit ruisseau qui passe par le Locle et qui ^*«î LocS^" inondait les terres au-dessous de ce village environné de montagnes, les eaux ne pouvant s'écouler que par des ouvertures de rochers qui, étant trop hautes, ne pouvaient les recevoir que lorsqu'elles y pouvaient atteindre, de manière que les eaux qui ne pouvaient pas s'écouler formaient un petit lac qui causait des maladies et gâtait de bons prés, Jonas Sandoz, lieutenant du Locte, entreprit et réussit à couper ce rocher et à abaisser ces ouvertures, jusqu'à ce qu'elles furent assez basses pour recevoir les eaux tant qu'il y en avait; en sorte que le lac se vida entièrement, et il ne resta que le ruisseau qui s'engouffrait dans ces ouvertures. On croit que ces eaux se rendent par des conduits souterrains dans le Doubs, qui Avantage et n'en est pas éloiirné. Ce lieutenant Sandoz retira de grands avantire celui qai les ^^?^^ ^^ ^^^ industrie et de son travail; car il fit bâtir dans la avaitconstruits. concavité de ce rocher, ou plutôt dans ces gouffres, trois moulins l'un sur l'autre, par un merveilleux artifice, qui est d'une très gi'ande utilité aux habitants du lieu. Le ruisseau qui s'y décharge fait tourner les roues du premier moulin; puis les eaux, tombant sur les roues du second moulm, le font également tourner, et, en retombant du second, elles mettent enfin en mouvement les roues du troisième moulin, qui est au fond. Ces lieux sont très obscurs, tellement qu'il y faut de la lumière en plein jour; il n'y a que les meuniers qui y sachent facilement descendre les grains et en re* monter les farines. Ce ne fut pa^ le seul avantage qu'en retira cet habile ouvrier; car, comme il avait acheté pour peu 4e choae les terres que les eaux couvraient, dès qu'elles se retirèrent, il en fit fontfi^dmi^. un très boa domaine qui est présentement d'une grande valeur.

PRINCB DE NEDGHATEL. 69 LIVRE II.

C'est une curioeité p(mr les étrangers de visiter ces moulins; on 1653 les envis»ge;i comme une merveille de la nature et de Part. **®° ^^mf*™"

Au riiois d'avril 1653, Jean Cornu, de Fontaine, bourgeois de BoursreoiB de Neuchâtel, ayant été emprisonné à Valangin, le conseil de ville fit ^^p^^Jî^'^ T" faire ses remontrances au seigneur gouverneur, sur la violation des iinsn d« franchises, en ce que l'on ne pouvait emprisonner aucun bourgeois ^®^^^^®' sans avoir demandé et obtenu une prise-de-corps contre lui, par la Ministmax et connaissance et jugement de messieurs les Qnatre-Ministraux. Celte '®°^'*"^'®représentation étant fondée, la seigneurie relâcha le prisonnier et donna même un revers à la bourgeoisie de Neuchâtel, pour que cet emprisonnement ne f&t pas tourné à conséquence pour l'avenir, et on projeta de faire un règlement sur cettt» matière. CVoy. l'an 1707.)

Ce fat environ dans ce temps que des princes italiens romains, offres pour de la ifeiaison Barberini, se rendirent à Neuchâtel pour s'informer si i^^e i^aci^les Comtés seraient à vendre, étant dans le dessein de les acheter, tel et vaUnghi Ds en offrirent deux millions au duc de Longuevilte, mais il ne ^^uauens. voulut pas les leur vendre.

Comme on avait décrié en Suisse les batz de Berne, de Fribonrg souièyement et de Soleure, ce qui causa une perte dans le canton de Berne qui co^tiS^BOTe, allait à 10,460 livres bernoises, les paysans se soulevèrent en divers Luceme et lienx. Ils se plaignaient de ce que les bourgeois des villes souve- ^"^' raines, sachant qu'on allait décrier cette monnaie, l'avaient répandue parmi eux, afin qu'Us en portassent toute la perte, outre qu'ils avaient été nhaltraités par frfusiem's baillis, tellement qu'ils demandaient : r Qu^n les dédommageât de hi perte que le déeri de orieft dee pajcelte monnaie leur avait causée; 2* qu'on punît certains baillis qu'ils "^' nommaient et qu'ils assuraient les avoir tyrannisés; 3'' et enfin qu'on mît si bon ordre pour l'avenir, que les baillis ne pussent plus les maltraiter. Les habitants de FEntlibuch, dans le canton de Luceme, Lesçaysai^du commencèrent la rébellion; ils allèrent assiéger la ville de Luceme ceme commW et firent plusieurs actes d'hostilité. Les sujels de Berne, Bâie etuon, lu awié- Soleure se soulevèrent aussi, en faisant une alhance entre eux qu ils sont suivis par

les Daysans de

jurèrent auprès de Hulwyl. Ils établirent pour leur chef Nicolas Berne, de Bâie Leuenberger, cabaretier à Schœnholz, baillage de Trachselwald, mais et font alliance! qui avait de grands biens; et pour son lieutenant, un nommé Christ Leuenber|erj Schibi, d'Eschlismatt dans l'Entlibuch, auxquels ils obéissaient ponc- im» jJJ^^^o^*^ tuAllement.

Le canton de Luceme, étant le premier attaqué et se voyant dans Luceme dele danger, demanda du secours à celui de Berne. Celui-ci envoya ^^^^^ *^^^^ aussitôt un courrier à Neuchâtel, qui y arriva le 6 mars, à dix heures et Beme à du soir, jour des bordes, pour demander du secours, qui devait par- NeuchâteL tir incessamment. Dès le lendemain, il partit, au nom des Quatre- Dépandestrou- Ministraux, une compagm'e de cent bourgeois, sous le commande- ^^chfttei.

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