SDR L'ORGANISATION D'UN COURS 6R&TUIT
O'AGRICULTUEB PRIMAIRE THÉORIOUE ET PRATIQUE, DaBft u eoaaiiiM te Bftlat-GlMrutftl-m-Janèi.
Présenté par M. Jacod.
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Messieurs et crers Collègues,
Plusieurs mois se sont écoulés depuis que j'ai eu Thonneur de tous soumettre l'intention que j'avais d'ouvrir gratuitement, t Saint-Christôt-en-Jarrôt pour le bien de mon pays, un cours d'agriculture théorique et pratique ; vous avez accueilli et encouragé mou idée. Messieurs, il aurait été de mon devoir de vous faire connaître plutôt si ce projet avait été mis à exécution ; vous m'excuserez, lorsque vous saurez que ne trouvant aide et protection de personne dans la localité, il a fallu que je fasse tout par moi-même, ce qui m'a pris du temps. Aujourd'hui que ce cours ejt en pleine voie de prospérité, je prends la liberté de vous eu faire connaître la marche.
Le cours a été ouvert le 15 novembre dernier sous votre patronage et celui de M. le Préfet; la petite allocution suivante a été adressée à douze jeunes gens qui se sont présentés pour suivre le cours; étaient présentes plusieurs personnes .venues par curiosité.
Mes jeunes Amis,
Le but que je me suis proposé en fondant à Saint-Christôt un cours gratuit d'agriculture théorique et pratique, est celui de faire
lo bien dans noire pays, et de contribuer à rendre par quelques conseils, la culture de nos champs plus florissante et plus produciive.
Beaucoup de pratiques vicieuses peuvent être remplacées par des méthodes raisonnées, sans être des innovations, et pour connaître l'état de l'agriculture dans un pays, il est indispensable de connaître les principes qui font la base de cette science.
Pour parvenir à ce résultat aucun travail n'est indigne du cultivateur. Il doit avoir constamment en vue Taugmentation de ses produits aOn de tirer du sol le plus grand bénéfice avec le moins de dépenses possibles.
Soyons toujours réservés et prudents, ne rejetons jamais sans un examen sérieux toute pratique ou méthode qui nous pan.tt vicieuse dès le principe; au milieu des préjugés ridicules on peut découvrir quelque chose d'utile.
Les Anglais et les Allemands qui sont nos maîtres en agriculture, ont depuis longtemps introduit dans leurs écoles les notions élémentaires et pratiques de cet art.
En France, dans beaucoup d'endroits les instituteurs communaux commencent à donner quelques notions agricoles; nous sommes redevables de ce bienfait à Tinitiative personnelle de l'Empereur.
Ce grand monarque s'est fait agriculteur; il a le goût des champs, il affectionne aussi les laboureurs. C'est dans ses domaines, sous ses yeux, avec son concours que les méthodes nouvelles sont expérimentées. C'est lui qui a introduit les machines à battre, a moissonner, h faucher. C'est lui qui propage les innovations utiles; il est le patron de tout ce qui peut, en assurant le succès de la culture, améliorer le sort du cultivateur et diminuer ses peines. C'est l'Empereur enîlu qui, pour encourager le travailleur, a multiplié les concours qui éveillent l'intelligence, et par la mise en commun des lumière^ et de l'expérience de tous, préparent les succès de l'avenir. Mes amis, lorsqu'on voit dans les villes celle centralisation au détriment des campagnes, cette masse d'ouvriers sans travail et souvent sans pain, l'on frémit. Autrefois, ils étaient la plupart habitants des campagnes, où ils avaient par leur travail l'abondance et la santé. Ne faisons pas comme eux, mes amis, la carrière agricole est sans contredit celle qui permet l'existence la plus paisible; mais celui qui s'y livre doit s'attacher au paysquil'a vu naître autant que possible, il doit aimer
ion état, le bien connaître et marcher avec précaution. En suivant ces principes, nous arriverons à l'aisance des familles nourricières, à la prospérité de TAgriculture qui trouvera des bras dont qle a tant besoin, à la tranquillité des villes et de l'Etat, en faisant de bons travailleurs, d'honnéter^ ouvriers des champs, au lieu de devenir par les mauvais conseils et les mauvais exemples des artisans de discordes et de révolutions.
je vous laisse juges. Messieurs, de ces quelques observations éaites sous l'inspiration de mon cœur.
Agréez, Messieurs et chers Collègues, l'assurance de mon dénuement et recevez mes bonunages respectueux.
Votre très-humble serviteur,
PROCBAmiE DIU GOCJBS.
Nous traiterons successivement dans l'ordre suivant les branches les plus importantes de l'agriculture.