‹ Annales statistiques des États-UnisChapitre 28 sur 130 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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De imPapulatâ0rf di^s Étati-u^

ouR tout ^lat, la population est un ôfcjéTde la plus haute importance. Les nations civilisées ont de tout temps cherché à connaître le nombre d'individus qui eomposaient leur communauté, et cependant on n a que très-peu de moyens pour acquérir une connaissance exacte sur ce sujet. Les estimations sont en général trompeuses , et varient d'après les opinions de ceux qui les font j souvent même la vanité ou le caprice dictent de fauxrésultate/^'^"" *^:^ \

II n'y a pas long-temps encore qu'en Angleterre , et dans presque tous les pays de l'Europe , les estimations étaient fondées sur le nombre des maisons , en accordant arbitrairement un nombre donné d'habitants à chaque demeure ; quelques écrivains comptaient quatre personnes, et d'autres cinq et trois cinquièmes, quelques-uns même six

(Après la page 58, "n** 2. ) TABLEAU deshabitantsactuels(i) et des habitants membres de la confédération qui se trouvent dans les différents étals de l'Union; des fractions non représentées; du nombre des représentanis paj: rapport à la population, et du nombre des représentants dont se compose la chambre représentative des États-Unis , tant au commencement du gouvernement présent que pour chacune des périodes successives fixées par la loi.

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(.) On trouve le nombre fédcril des habitaats des Etats-TIiùs , eu ajoulant trois

des esclaves au nombre de personnes libres.

Go DE LA ^OPCLATIO^^

pour chaque maison. D'après les rapports fournis au parlement en 1801 , il y avait en xingleterre, dans le pays de Galles et en Ecosse , onze millions neuf cent cinquante-six mille trois cent trois habitants , et deux millions cent soixantetrois mille neuf cent quarante-six maisons, ou 5.52 personnes par habitation. La ville de Londres avec ses faubourgs contenait en 181 1, cent quarante-six mille trois cent neuf maisons, et un million cinquante mille habitants, ou 7.17 habitants par maison (i;.

En 1795, un comité fut nommé dans la ville de Philadelphie, pour surveiller la garde des malades. Le comité fit faire un dénombrement des habitants et des maisons dans la cité et dans les faubourgs; le résultat donna 6.548 personnes par habitation. D'après les rapports des assesseurs principaux, employés en i8i5 , en vertu de l'acte autorisant une taxe directe dans les Etats-Unis, le nombre d'habitants par demeure , dans l'Etat de la Pennsylvanie, fut de huit et une fraction, et dans l'État de New-York ce nombre était de neuf personnes environ par maison.

On a estimé le nombre des habitants d'un pays d'après le relevé du nombre des naissances, multi-

(i) Colqhonn y Sdf* iès^ Tessources , richesse et puissance de l'JiLgleteîre , pag. 45. '

DE LA POPULATION. Ci

pliées par quelque multiplicateur arbitraire. Halley multipliait les naissances par 4^; Kerseboom par 55 ; Messence par 28 pour les grandes villes , et par 24 dans les provinces j Condorcet par ^5, et Simpson par 26. Telles sont les incertitudes de cette méthode, sans parler de ses autres inconvénients. On a voulu aussi connaître le nombre d'individus dans un État, d'après le nombre des décès j l'expérience a prouvé encore qu'on ne peut, sans tomber dans de graves erreurs, se fier à ce calcul j la mortalité de l'espèce humaine varie par plusieurs causes de i à 20 , jusqu'à i à 60. Malthus nous assure qu'en calculant les naissances annuelles en Angleterre et dans le pays de Galles, depuis 1790 jusqu'à 1800, un observateur superficiel pourrait se persuader que la population va toujours en déclinant, tandis que le contraire a eu lieu (i).

Si nous pouvions admettre que les règles suivies jusqu'ici en Europe y ont produit des résultats

(i) Cette opinion de Malthus !> qu'il applique surtout aux pajs déjà très-peuples , est basée sur des relevés que cet auteur avait faits dans toute TEurope et en Russie, des tables mortuaires et des registres de naissance. La population étant bornée nécessairement par les subsistances , la population exçédente qui se crée dans uu pays peu civilisé , par Timprévoyance ou par l'incontinence , se trouve dans une misère qui entraine une grande mortalité , et qui la ramène sans cesse au niveau des subsistances. Quand, au contraire , les hommes ne se marient (jti'avec une certaine certitude

satisfaisants , nous rappellerions les observations faites par le docteur Franklin, il y a plus de soixante ansj il dit, avec raison, que u les tables de la proportion des mariages aux naissances, des décès aux naissances, des mariages au nombre des habitants , formées d'après les observations des registres de baptêmes et de décès , dans les villes très-peuplées , ne peuvent s'appliquer aux campagnes j encore moins ces tables faites dans des pays anciennement peuplés , comme l'Europe , peuvent-elles servir dans un pays nouveau comme l'Amérique (i). »

Il doit donc paraître évident qu'on ne peut avoir de confiance dans aucune méthode, autre que rénumération exacte des habitants. Déjà dans quelques pays de l'Europe , cette méthode a été appliquée. Colqhoun nous apprend que sous le règne de Henri VIII, en Angleterre, on fit un relevé général dans tout le royaume j le nombre des habitants , leur âge , leur profession , leur revenu, et d'autres particularités importantes y étaient mentionnés. Le même auteur ajoute que ce document a été perdu. Pendant le dix-huitième

de pouvoir entretenir leur famille , les naissances sont moindres 5 mais la mortalité' l'est aussi dans un degré' plus fort encore , et la population augmente insensiblement, ( Note du Trad. )

{i) Franklin , Mélanges,

siècle on fit un dénombrement générale en Espagne, par lequel les habitants étaient classés d'après leurs occupations et leurs moyens de subsistances. Ces précédents pourront être appliqués aux Etats-Unis , en 1 820 , époque prescrite par la constitution pour le quatrième dénombrement à&s habitants. Le parlement de la Grande-Bretagne , par les actes du 41"*^ et 5i"^« de George III, a ordonné également l'énumération de la population de l'empire britannique : des calculs ont été faits pour les années j8oi et 181 1.

La force et la richesse d'une nation sont fondées sur le nombre et l'industrie du peuple (i) ; la connaissance du nombre des habitants et de leurs occupations est esseniielle pour un gouvernement libre , où tous les citoyens doivent contribuer à la défense et aux charges publiques , selon leurs moyens ; l'absence de cette connaissance causa beaucoup d'embarras pendant notre révolution ; nos politiques étaient tellement convaincus de l'importance de cet objet que les auteurs d? la constitution actuelle des Etats-Unis décrétèrent dans l'article l^^ , section 2^: «Que les repré-

(1) La force peut être également le re'sultat des institutions et du caractère d'un peupJe. La Hollande avec moins de deux millions d'habitants a résisté à toute la force de l'empire espagnol , et cette république fut long-temps une puissance plus importante que deg ^tats dix fois plus étendus, ( ISote du Trad.)

sentants et les taxes directes seront proportionnés dans les différents Etats de l'Union , au nombre de leurs habitanis , lequel nombre sera déterminé en ajoutant trois cinquièmes de toutes autres personnes au nombre total des habitants libres , y compris les individus tenus à servir pour un certain nombre d'années ,= et non compris les Indiens qui ne paient point de taxe. L'énumération sera faite dans les trois années après la première assemblée du congrès des États-TOis Vot ensuite dans chaque période de dix ans'V d'après la manière qui sera prescrite parla loi. » Le congrès, il faut l'espérer , portera ses vues plus loin que sur une simple énumération^des îlà'Bîtarits ; jusqu'ici il a étendu les distinctions siit la condition politique, le sexe , la couleur et lâgè des individus ; si on y ajoute dés rapports sur les occupations des citoyens , nous pourrons apprécier l'influence des causes qui agissent pui^jHîiiBentsur le bonheur et les progrès deiK)treiôsfiècr(^cet7^^^^^ de la nation nbai ^m alwJ

Les États-Unis, seuls *parmi toutes les puissances de l'univers, prescrivent un dénombrement des habitants à des époques réglées ; l'histoire de l'humanité ne fourait point un second exemple de cette jnesLUÇÊ^i^^^edJêicp ^remarquée et suivie par les autres nations.

Par les lois faites par les congrès, en vertu de la constitution , on a imposé aux maréchaux des Etats, et aux secrétaires des territoires des Etats- Unis , sous la direction jdu secrétaire d'étaî, le devoir de faire, dans la période prescrite par les lois et dans la forme adoptée , i'énumération des habitants de leurs districts.

Les maréchaux et les secrétaires peuvent se faire assister par des personnes qui prêtent serment de s'acquitter fidclemesnt des deroirs imposés par Tacte du congrès. Dans les rapports les différentes familles sont distinguées par l'insertion des noms du maître , de la maîtresse , de l'intendant et des autres perso imes principales qu'elles contiennent. Ces assistants sont punissables dune amende de 200 dollars, si leurs rapports sont inexacts ou s'ils ne sont point faits dso^jj le terme prescrit par la

Les maréchaux étales secrétaires doivent transmettre au secrétaire d'état, dans le temps prescrit, la liste totale des individus de toute espèce qui habitent leurs districts et territoires ; faute de de remplir ce devoir ils sont punissables d'une amende de 800 dollars. Les chefs de famille sont tenus sous peine d'une amende cie 20 dollars, de donner la liste des personaç$ qui appartiennent à la famille. ^iioiJcti <.3^- -

Une copie, contenant les noms des personnes dénombrées , doit être affichée dans une place publique de chaque district, avant de la transmettre au secrétaire d'état : en négligeant ce devoir, les assistants perdent la compensation accordée par la loi à leur service.

Le secrétaire d'état est tenu de transmettre aux ïnaréchaux et aux secrétaires, des instructions d'après lesquelles les rapports sont dressés.

Kous regrettons, sous plusieurs rapports, que trop peu d'attention ait été accordée jusqu'ici à Paugmentation de la population esclave ; le nombre des esclaves est mentionné en somme , sans aucune distinction de sexe ni d'âge ; ils ont été regardés comme une propriété. Si on avait reinarqué avec plus de soin la marche progressive de cette race malheureuse de notre espèce, le législateur et le propriétaire auraient acquis des données utiles sur son augmentation.

Mon intention n'est point d'établir une théorie quelconque sut la population; mon but principal est de déterminer par des faits irrécusables le rééilllatdé tingtans d'texpérirnce dans les Etats-UniSi Le philosophe spéculatif peut faire ses conclusions et lutter avec Wallace, Da venant, Petty, Hume, Price , Malthus et les autres écrivains d'économie politique. Je ferai connaître le nombre dés ha-

iitants des États-Unis aux différentes périodes j leur augmentation ; la moyenne annuelle de cette augmentation, et le temps requis pour leur doublement.

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