SUR LA MARCHE PROGRESSIVE DES ÉTATS UNIS
L'ÉTAT dans lequel se trouve une société civilisée et, en général, les ressources des nations, sont les pierres de touche auxquelles on peut reconnaître le caractère des gouvernements. C'est aussi dans l'état des peuples , sous le rapport de leur accroissement, de leur situation morale et physique, de leur bonheur et de leur aisance ^ de leur iiistruction et de leur industrie , que nous devons chercher les faits qui prouvent qu'un gouvernement est libre et doux, ou cruel et despotique. Là 011 fleurissent l'agriculture , les arts et les manufactures ; où les améliorations domestiques sont encouragées ; où les branches les plus utiles de l'éducation ont été cultivées au plus haut degré ; où le commerce et la navigation s'étendent sans cesse ; où les constitutions civiles sont fondées sur la justice , l'humanité et l'égalité ; où le caractère des lois est la douceur , et où leur exécution
est inflexible : là enfin, où existent la liberté de conscience, la liberté de la parole et de la presse 5 là, noii5 pouvons trouver un peuple dont le -bonheur et la prospérité ne sont point des problèmes. C'est dans la mesure où ces principes ont été adoptés et mis en pratique , qu'une nation jouit du bien-être, de la puissance et de la gloire.
On a droit d'attendre des Etats-Unis , dans leur position particulière , des progrès plus rapides que des autres pays. Nous avions l'avantage de pouvoirpro(]ter de l'expérience de toutes les autres nations. Nous avons vécu dans un pays où rien n'a été forcé, où l'on n'a mis obstacle à rien , si ce n'est aux crimes. Sur tous les points de notre pays ce sont les efforts spontanés des individus qui ont tout fait. Notre Gouvernement est libres les lois sont douces, et elles sont obligatoires pour chaque citoyen : nous ne reconnaissons aucune espèce. de torture, et la constitution proscrit v toute punition cruelle et inaccoutumée j » iious n'avons pas vu des sacrifices humains faits en vertu d'un Code criminel , dicté par des sentiments sanguinaires ; nous n'avons pas même un seul exemple de punition capitale pour crime de trahison envers les États-Unis (1). Un étranger,
(1) Discours ÎDangural du président Monroë, 4 iï>f>i"S 1817.
qui cependant est loin d'être prévenu en notre faveur, a dit de notre Gouvernement, que « semblable à la main de la Providence , il gouverne sans être senti , et presque sans être aperçu (i). -» En 1794 ce même Gouvernement, selon M. Fox, M ne pouvait courir aucun danger, parce qu'il conservait la confiance et l'attachement de ses sujets; attachement qui, dans cette occasion, n'a point été placé aveuglément; confiance qui n'a point été donnée implicitement, mais qui provient de la conviction de rexcellence de cette forme de gouvernement, et de fhabitude d'éprouver les bienfaits qui en découlent (2). » Un principe conservateur est attaché à notre contrat politique; la constitution sous laquelle nous vivons est Vouçrage du peuple ; elle peut être corrigée ou perfectionnée dès que l'autorité légitime le juge nécessaire. Chaque Etat et chaque citoyen jouissent de privilèges égaux; nos droits sont émanés du gouverneur de l'univers, ils ne sont point fondés sur une déclaration de droits ou sur des chartes y accordées par un individu pour apaiser une multitude irritée.
Notre expérience dément l'assertion de Montesquieu , qu'un goiivernement républicain est
(i) Beaujour, Esquisse des États-Unis , pag. QS. (2) Discours tenu au parlement en I794'
toujours agité. Nous pouvons opposer à celle déclaration le témoignage d'un étranger distingué, qui est également Français, et dont l'opinion est d'autan! plus respectable qu'il a résidé pendant plusieurs années dans notre pays ; il dit « qu'il n'a aperçu que fort peu d'agitation et d'inquiétude en Amérique (:). » Nous n'avims ni castes établies ni classes privilégiées , la constitution ne reconnaît point des monopoles en faveur de quelquesuns, au préjudice du grand nondire. Les progrès des sciences et des arts utiles sont les seuls objets d'un encouragement qui consiste à accorder à leurs inventeurs ou auteurs, pour un temps limité, la propriété exclusive de leurs inventions et de leurs écrits. Une comparaison, fondée sur des communications étendues avec les autres pays, et sur la connaissance* parfaite de leurs gouvernements, doit toujours porter un citoyen américain à conclure que son état politique est préfé- X rable à celui de tous les autres peuples. Peut-il, dans celte position , ne point être tranquille?
Dans les Etat-Unis il n'existe aucune restriction à la liberté religieuse j les chrétiens de toute secte et les Juifs sont également en possession de tous les droits de leur conscience. Ce principe agit dan3
(i) Talleyraud , Essai sur les avantages qu'offrent les nouvelle^ Colonies.
toute l'Union. C'est là que se trouve une grande consolation pour le philantrope et l'opprimé de toutes les nations. Notre constitution fournit le baume qui peut guérir les blessures faites aux cœurs des hommes; elle les garantit d'oppression religieuse et de persécution. Le congrès ne peut faire « aucune loi relative à l'établissement d'une religion , ni pour prohiber son libre exercice. Aucun serment religieux ne peut jamais être requis comme nécessaire pour posséder une place ou office public dans les Étals-Unis (i). »
Heureusement pour les citoyens de notre patrie, l'autorité suprême dans les Etats-Unis n'a point le pouvoir de faire des règlements sur un objet qui partout devrait être abandonné seulement à la conscience des individus , sous la direction du grand Être qui dispose de toutes choses : déjà l'expérience de tout ce qui s'est fait depuis le commencement de notre Gouvernement fournit des réponses à ceux qui mettraient en question la politique que nous avons adoptée. Les résultats que nous pouvons produire n'ont point échappé à l'ingénieux observateur que nous avons déjà cité. Après avoir rapporté que toutes les sectes religieuses de l'Europe se retrouvent aux États-Unis , il remarque « qu'il paraîtrait au premier abord
(i) Constitution des États-Unis , amendements , art, I'*". et IV.'
que ces sectes conservant après leur transmigration leur caraclère primitif, il serait iiatarel de craindre qu'elles ne troublassent aussi la tran^ quillité de l'Amérique. Mais combien est grande la surprise du voyageur quand il les voit existant toutes dans ce calme parfait qui paraît ne jamais devoir êlre troublé; quand dans la même maison le père, la mère, les enfants suivent chacun paisiblement et sans opposition la croyance qu'ils préfèrent! J'ai été plus d'une fois témoin oculaire de ce spectacle auquel rien de ce que V avais vu enEurope n avait pu me préparer. Le jour consacré à la religion , tous les individus de la même famille sortent ensemble ; chacun se rend à l'église de sa secte , et retournés ensuite dans leur maison, ils se réunissent dans leurs occupations domestiques. La diversité d'opinions religieuses n'en produisait aucune dans leurs sentiments ou dans leurs autres .habitudes : il n'y avait point de disputes sur ce sujet, dont même on ne faisait jamais mention (i). ■» ^^-h û ■ -'y ^
11 est généralement admis que : «f La preuve la la ^lus décisive de la prospérité d'un pays est raccrpissement du nombre de ses habitants (2). »
( i) Talleyraud , Mémoire sur les relations commerciales de l'Angleterre auec les États-Unis-^ ^àg. 24.
(3} Smith , ^ Richesses de^ imUfiù^^è . .
PRÉLIMINAIUES. 49
Dans la suite de cet ouvrage il sera prouvé que dans le cours de vingt années, depuis 1790 jusqu'en 1810, la population des États-Unis a acquis une augmentation de près de quatrevingt-cinq sur cent. Quand un accroissement si considérable est accompagné d'un bien-être général ; quand un degré très -ordinaire d'industrie assure à chaque individu les commodités et même le su{ erllu qui sont propres aux sociétés civilisées ; quand la mendicité est bannie , il ne peut plus rester de doute sur la prospérité de l'État. Nous aimons à trouver les expressions qui prouvent notreheureusesituation dans les ouvrages dfS étrangers ; il a été reconnu : « Que l'individu le plus pauvre dans les Etats-Unis, même, le simple laboureur , est mieux nourri et logé que dans tout autre pays, on n'y rencontre point de malheureux couverts de lambeaux ; le moindre paysan est bien vêtu (i\ »
Le nombre immense de grandes villes et de villages qui s'élèvent dans notre vaste empire sont des monuments de l'industrie du peuple. Nous ne possédons point de documents autlientiques assez détaillés pour établir le montant des propriétés nouvelles crééesannuellement; mais nous pouvons juger combien cette augmentation doit être consi-
(i) Beaujour , Esquisse des États-Unis ^ pag. 106-
5o OBSERVATIONS
dërable , d^iprès l'étendue de pays défrichés et mis en culture chaque année, d'après les routes et las ponts dont le nombre va sans cesse en augmentant» et d'après les constructions innombrables élevées chaque jour pour servir d'ateliers et de manufactures. En 1794 , des troupes étaient postées à des stations régulières pour protéger les voyageurs contre les sauvages , sur les routes depuis le Kentucky jusqu'aux Etals que borde l'Océan atlantique. A cette époque les bâtiments qui portaient des passagers sur TOhio étaient également armés ; maintenant les ans fleurissent dans ces pays ; des bateaux à vapeur y ont été mis en activité pour transporter des passagers et des marchaindises avant que cette invention eût été pratiquée en Europe. En 17 /O , le pays qui porte actuellement le nom d'Etat du Kentucky fut exploité pour la première fois j les habitants blancs ne s'y établirent qu'en 1776 (i). En ! 810 cet Etat contenait une population de 406,61 1 âmes: ce qui naguère était un désert dans le véritable sens du mot , fournit maintenant les preuves d'une augmentation de la valeur des propriétés, qui n'a point été surpassée dans îes pays les plus anciennement peuplés de l'Europe. Un terrain de deux ares et trois quarts environ dans la ville de Louis-
(i) Ge'o^/'fl/a/ue de Morse, pag, içjS.
PRÉLIMINAIRES. 5î
ville , sur les bords de l'Obio , lut vendu en i '798 pour la somme de trois cent cinquante dollars. En 181 5 la même propriété fut acquise pour la somme de clioc mille dollars ! Ce fait est loin d*être unique , il se retrouve dans tous les États- Unis. En 1 794 , huit lots de terre , chacun d'un are environ , furent achetés à Pittsbourg , en Pennsylvanie , pour dix-sept cent soixante- cinq dollars et soixante-quatre ce/i^j. En 1 814 l'acquéreur de cette propriété me raconta qu'il avait refusé pour sa terre une rente annuelle de trois mille dollars. En 1 794 toute la contrée dans lÉlat de New-Yorck , située à l'ouest de la ville d'U lica , n'avait, d'après sa population, qu'un seul représentant dans la législature de l'Etat. En 1810 les habitants du même terrain envoyaient quarante députés à cette assemblée! En 1791 les troupes américaines furent repoitssées et défaites par les Sauvages dans le pays au nord-ouest de la rivière rOhio. Plus récemment encore on regardait comme une preuve d'une intrépidité plus qu'ordinaire de tenter de pénétrer dans celte contrée ; le voyageur était accompagné dans tous ses pas par les hurlements des bétes féroces , uu par les cris des Sauvages. Il ne pouvait marcher qu'anué, et cherchait toujours à ne voyager qu'en nombreuse compagniepour assurer sa vie. D'une partig
52 OBSERtATIONS
de ce même territoire nous avons formé cleiijc Etats , rOhio et l'indiana, dont les représentants siègent au congrès de l'Union, et deux territoires (i) qui y ont été établis, et qui jusqu'ici n'ont qu'un gouvernement provisoire, jouiront sous peu du même droit. L'État de l'Ohio, dans lequel notre armée était obligée de combattre des habitants sauvages , comptait déjà en 1810 une population libre de deux cent trente mille sept cent soixante hommes. Là, les vestiges des Sauvages ont été effacés par les scènes actives qu'offre la société civilisée ; le bruit des bêtes de proie a fait place à celui de la bêche et de la charrue (2) ; les huttes des Sauvages ont disparu j des maisons élégantes , des villages et des villes les remplacent. En 181 5 les terres ctdtivées , les constructions de toute espèce , dans l'État de rOhio 5 étaient estimées soixante-un millions trois cent quarante-sept mille deux cent quinze dollars. Notre agriculture a donné non-seulement Fabondance aux habitants des États-Unis , mais elle a contribué en outre, par leur superflu, aux
(e) LlUinoîs et le Michigan.
(3) La guerre avec les Indienâ fut terminée par un traite' fait à Greenville en 1795. En 1810, les rapports des mare'chaux e'tabîirent qi^ii y avait ïo,526 machioes à filer dans FGhio , et 23,550 dans le-Keatiick^r. ^ î^ ^ . -
FFtELiriiïNAÎRES. 55
besoins des autres nations. En 1791 les exportations des Etats-Unis étaient estimées en tout 19,01 2,041 dollars. En 1795 le produit exporté, qui t nu était du sol et des manufactures américaines , s'élevait à la valeur de 40,764,097 dollars^ et en 181 7 les exportations d'origine domestique se sont augmentées jusqu'à la somme énorme de 68,5i5,5oo dollars.
INotre navigation a suivi la marche du com« merce. En 1790 le tonnage enregistré des États- Unis consistait en 546,254 tonneaux. En 1816 il s'élevait à 800,769 tonneaux • en 1 790 le tonnage de tout genre était de 47^,577 tonneaux j en i8i6 de i,57:2f,2 18 tonneaux.
Les manufactures n'ont attiré l'attention publique dans les Étals-Unis que depuis peu de temps ; maintenant déjà elles sont d'une haute importance , tant par leur nombre que sous le rapport des individus innonibrables qu'elles emploient et des capitaux qui y sojpt engagés. Au dehors, ces établissements ont excité la crainte de leurs compétiteurs ; leurs progrès et les succès avec lesquels nos ouvriers ont exécuté les procédés les plus difficiles ont augmenté encore ces craintes. Les ateliers se répandent dans tout ce pays , leur nombre est considérable sur les bords de la mer, et à l'ouest des montagnes on en rencontre à tout pas.
â4 OBSERVATIONS
Les faits que nous avous pu rassembler sur les manufactures des États-Unis sont très-imparfaits et très-bornés. Eu 1810, le Gouvernement fit un essai pour obtenir une notion exacte sur cet objet. Les maréchaux des différents Etats , et les secrétaires des territoires et leurs adjoints, reçurent des inscracdons du secrétaire du trésor, pour envoyer des rapports sur les manufactures de leurs districts, territoires et divisions respectives j ces rapports envoyés au secrétaire du trésor devaient être soumis au congrès. Une partie de ces documents était bien travaillée et est fort précieuse; mais le plus grand nombfè' était évidemment ré* digé d'une manière confuse et incomplète. Ceux qui venaient des Massachussetts, de Connecticut^ de New-York, de la Pennsylvanie et de la Virginie étaient les moins défectueux. Des instructions plus détaillées, accompagnées de la forme à donner à cet important travail par \e^ personnes qui en seront chargées, éviteront dans l'avenir les fautes qui accompagnèrent le premier essai. Les rapports n'étaient point uniformes. Chaque agent suivait ses propres vues ; et on ne peut avoir confiance dans les résultats.
Malgré la défectuosité de ce travail, il fournit toutefois des raisons pour nous féliciter de l'heureux Succès obtenu par nos manufactures, et pour nous
flatter que ce succès ira toujours en croissant. Les rapports des marécliaux et des secrétaire s nous donnent en argent la somme de 127,694,602 dollars comme valeur produite en 1810 aux Etats-Unis \ ar les manufactures proprement dites. M. TenchCoxe auquel le secrétaire du trésor avait confié la rédaction des rapports, porte cette valeur à 1 72,762,676 dollars d'après des évaluations plus exactes qu'il a été à même de faire. Si on ajoute à cette somme celle de 25,85o, 796 dollars produite par les manufactures qui ont un rapport direct avec l'agriculture , telles que les moulins de toute espèce, la valeur totale produite en 1 8 1 o par les manufactures des Etats-Unis se trouve monter à 198,615,471 dollars.
En 179 1 , le total des sommes payées dans le trésor des Etats-Unis, s'élevait à 4,77 1 ,^^^ dollars ; en 181 5, quand la guerre avait nécessité des dépenses énormes, le trésor a reçu 40,549,116 dollars. De ce fait on peut juger de la prospérité de la nation, puisque, de notre connaissance, au- Clin individu n'a souffert par les taxes qui ont été imposées , et que faisance générale a plutôt été augmentée que diminuée.
Les receltes du trésor en i8i5 provenaient de toutes les branches des revenus , a'emprunts , de droits d'entrée sur les marchandises et d'autre.^
55 OBSERYATÎONS
taxes autorisées par le congrès, ainsi que de îa vente des terres publiques j malgré l'énormité de îa somme, elle n'était qu'en proportion de 5 dollars et soixante cents pour chaque habitant des États-Unis, en supposant que leur nombre ne soit pas augmenté depuis 1810 ; ce qui est loin d'être le fait, d'après l'accroissement régulier de la population dans ce pays. En 181 5, les demandes du trésor pour les besoins de l'année s'élevaient à 50,061,871 dollars; si on estime la population dans cette année à huit millions sept cent soixante mille âmes, on demandait pour chaque habitant 5 dollars et 72 cents.
En 1791, la dette publique des Etats-Unis montait à 75,465,476 dollars; elle fut augmentée dans les années suivantes; en 1804 cette augmentation fut de 1 5,000,000 de dollars par la création des rentes pour l'achat de la Louisiane. ]Ncanmoins au premier janvier 181 2, la dette publique était réduite à 45,21 1,981 dollars. La dernière guerre la porta en 1816, à i25,o55,026 dollars; les années suivantes elle fut dlininuée de nouveau, et au premier janvier i8iij8 ,Melle fut estimée à 99,106,825 dollai's et 58 cents.
Le tableau suivant donne le résumé des remarques précédentes, concernant la marche progressive des États-Unis, par rapport à la population,
les exportations, le tonnage, les revenus, les dépenses et la dette publique.
Nombre des habitants
Ey 1791.
; Valeur des exportât., en dollars.
Tonnai^e, tonneaux.
Revenus, en (jfoUars,
4,7,7 is342
Dépenses , id. . . .
Dette publique , ùL...
On ne peut ineltr<B.^n doute la durée du Gouvernement actuel des Etals-Unis, ni la tranquillité de la république, aussi long-temps qu'on respectera le principe d'égalité sur lequel l'un et Tautre sont fondés. jXotre union politique est basée en sorte qu'elle bannit toute cause de jalousie entre les différents Etats; ell6»n est partiale pour aucun d'eux. Notre Gouvernement n'offre aucun des errements de la politique coloniale^ nous n'avons point de provinces subordonnées et dépendantes de la métropole. Le mode d'admission dans l'Union, des territoires qui se peuplent , est déjà fixé , et dès que cette opération est conforme aux vœux et aux intérêts des habitants, elle devient Tobjet de la pressante sollicitude du congrès. Tous les Etats Oi]t un grand intérêt commun, leur union leur
58 OBSEÏIYATÎONS Î^ÊÉLÎMÎNAÎIIES* donne îa force de résister aux attaques de l'étranger j séparés, chacun d'eux succomberait facilement aux agressions des puissances ennemies. Nos citoyens ont hagement adapté leurs occupations à la na'iure des localités, du sol et du climat. Le bien-être général est le fruit de leur prévoyante industrie. Aussi l©ng-temps que les principes (Je la constitution présente seront pratiqués et révérés, la confédération bravera tous les dangers , et son existence restera assurée.
D'après les expressions de M.Carnot(i). «C'est dans la nature de leurs gouvernements que nous devons caercher les causes de l'instabilité des grandes républiques; s'étant formées ordinairement au milieu des convulsions civiles, l'enthousiasme préside toujours à leur organisation. Une seule a étf l'ouvrage de la philosophie. Organisée dans le calmé de la pdfœ cette république subsiste remplie de sagesse et de vigueur; ce sont les ÉtatSrUnis de FAmérique du nord qui présentent ce phénomène, et leur prospérité s'accroît sans cesse et excite rétonneiiient et l'admiration des autres nations. Ainsi , il était réservé au nouveau monde d'apprendre au vieux, que les nations peui^ent exister tranquUJsSuSOUs le règne de la liberté et de F égalité. ;>
(i) Carnet , Dùcokrsii^imhn^mUon du ccnsnlat à vie pour
TABLEAU de
au congrès ; dans le année , l'exception
conires
( Après la, page 58, n° i.)
lombre de leurs représentants
du tonnage enregistré employé
dans chaque état dans une
estiisqu'en 1809 inclusivement, à
ToifNAGE
Revenu
Valeur
enregistre
net des
des objets
emploie ]^ dans le Commerce
douanes.
manufact.,
d''après le rapport
des
e'tranger.
mare'chaux, en 1810 (4).
dollars.
dollars (5).
New-Hampshir 19,898
Vermont aaC
Massaclmssetts 363,oi6
Rhode-Island. . 1 5,353
Connecticut. . . 26,5^8
New-York 1 22,6o3
New- Jersey. .. 2.586
Pennsylvanie.. 86,736
Delaware 1,718
Maryland 65,761
Virginie 36,i45
Caroline sep ten 2ijo56
meridi 4*^>3l92
Géorgie 9,879
Keutucky 241
Tennesee
Ohio 1 28
(r) Les états dest calculée sur la. moyenne des dix admis dans rtJniotusivement.
pu en faire meutioures, on n'a point compte les manar
(2) Trois millesans les entreprises d'agriculture, île Fraûce. Six mil,:ent.
( Aptes la.page 58, n" I.}
T\BLEAI) do l'étendue du territoire des États-Unis en milles carrés; de leur population ; du nombre de leurs représentants
coiicrts ; de la valeur des marchandises domestiques et étrangères exportées ; du montant du tonnage enregistré employé
dans le commerce extérieur; du revenu net des douanes ; de la valeur des objets manufacturés dans chaque état dans une
année, estimée sur la moyenne produite par les évaluations de dix ans, depuis 1800 jusqu'en 1809 inclusivement, »
l'exception dis années mentionnées expressément.
ÉTATS (0
Ncw-Ilampsliirc
\'LTmoIit
M.issacliussotls
Ilhock-Mnnd
Conurctictit
Ncw-Vork
Novî-Jorscy
Ponnsylvaiuc
DcJawaro
Nfdrjinnd
Cai'ulinc septcntrioiiitl — mL-iidioualç.
i.fiSo
810,091 76,074 380,540 974,6a2 555,500 4. 5... 5 a5a,43î 406,5 ti 2Gi.7a7
represent.
,u congrès,
Bo.yH.
S)7,ojo 3,385,3-8
626,488 4.-1. 253 i.'T'.SËy
ToKSACE
employé dnns le commerci étranger.
aaG, a63,oi6 1 5,353 26,5j8
122,Go3
3,586 80,736 l,7iS
Kevexu nel dos
Valeur des objets manufact.,
d'après le rapport
6,553,597 ii,447,fio5
lais de la LouisÏMie, d'Indiano et do Mississipi n'ii l'Union que poslMeuremènt il l'imnée i8io,nou,
iiirnlion d.ins ce tableau. -f '
milles amérieaiiis ou anglais font UD peu plus qu'l
?i.\ milles l'out un mviiaiuèlru.
(;î) La \aict!r des exportations , est caleulèe sur la, moyenne des dix ans , depuis i8o3 jusqu'en iSia inclusiveiueut.
(4} Dans le produit des manufactures, ou n'a point compté les mauBr factures qui peuvent être rangées dans les entreprises d'agriculture.
(5) Le dolbr vaut 5 francs et 5o cent.
(Après 1 TABLEAonvent dans ies différents états de l'Union; des fractions non nmbre des représentants dont se compose la chambre repreneur chacune des périodes successives fixées par la loi.
Ji
NOMBRE
Fractions
ETi
uou
représent.