‹ Annales statistiques des États-UnisChapitre 32 sur 130 · DE T · texte numérisé non relu

DE T

;4 l>i: là POPlJLiTION.

La population des blancs libres s'est augmentée depuis 1790 jusqu'en 1800 de 36.3o par cent; depuis 1800, jusqu'à 1810, cette augmentation a été de 55.92 par cent, et de 85,26 par cent depuis 1790 jusqu'en 18 10.

Toutes les autres personnes libres , excepté les Indiens non taxés, ont augmenté depuis 1790, jusqu'en 1800 de i85,o5 par cent; depuis 1800, jusqu'en 181 o de 169.29 par cent, et depuis 1790, jusqu'en 181 o de 5 1 5-45 par cent. L'accroissement rapide de cette division de la population est dû en partie à l'émancipation des esclaves par leurs maîtres , et au grand nombre d'esclaves échappés, qui passent pour hommes libres dans

nos cités.

La population libre s^'esl accrue depuis 1790 jusqu'en 1800, df> 3t7.so personnes par cent^ depuis 1800 jusqu'en 1810 de 56.7a par cent, et de 87.63 par cen]; depuis 1^90 jusqu'en 1810.

La population esclave^ depuis 1790 jusqu'en 1800, s'est augmentée de ^^.81 par centj depuis 1800 jusqu'en 1810 de 55.84 par cept, et depuis 1790 jusqu'en 1810 de 70,75 par cent.

La population totale, esclave et libre , s'est accrue dans la période de 17^0 à i8oo, de 55.66 par cent; dans celle de 1800 à 181 o de 56.09 par

cent, et dans celle de 1790 a 181Q de 84-65 par cent.

En 1790, il y avait pour ceoi personnes libres 22.1 5

Escliives,

En 1800, la proportion était de. . . . 20.29

Esclaves par 100 libres.

En i8to, elle était de 1969

Ces résnltals n'appartiennent quh notre république; il est imp(>ssible d'établir une comparaison entre les faits qu'elle fouruit à l'observateur et ceux qui regardent la progression de la population dans d'autres pays.

Sir William Pelty suppose que la population d'un pays peut , dans les circonstances les plus favorables, se doubler en dix ans (i). D'après les tables d'Euler, le doublement est possible en 12 f années ; ces auteurs croyaient que des résultats aussi extraordinaires pouvaient être obtenus par la procréation seule. Les encyclopédistes français nous apprennent que , d'après les calculs de l'abbé Expilly, la population s'était augmentée en France d'un douzième en cinquante ans. Adam Smith suppose qu'en Angleterre et dans la plupart des autres pays de l'Europe, un doublement ne pou-

(i) Ptitlj , Arithmétique politique.

vait se faire qu'en cinq cents ans (i). Colqhoim établit les périodes suivantes pour un doublement: dans la Grande-Bretagne 64 ans 5 dans le Canada s8 ans; dans la Russie 36 ans; dans l'Irlande 46 ans; dans la France 5o ans fa). Ces calculs ne reposent point sur des faits bien établis ; à l'exception de la Grande-Bretagne, nous ne croyons point que des énumératio^TËîient été faites pour les autres pays. D'après les rapports soumis au parlement en 1801 et jStir, quatre-vingts ans suffisent pour doubler la population de la Grande-- Bretagne. Colqhoun estime le nombre des habitants de sa patrie à6,525,ooo âmes en 1700, et en 1800 ce nombre était de 10,817,000, et n'avait point doublé dans un siècle. Si nous pouvons ajouter foi aux calculs de M. Tooke, sur la population en Russie, elle se doublerait en 60 ans; cet auteur dit qu'en 1722 , la population de l'empire montait à 14,000,000 d'âmes ; et en 1782, à 28,000,000 (5); mais nous croyons que ces résultats ne sont point basés sur des recherches faites avec toute Texactltude nécessaire.

(i) Smith , Richesse des nations , tora.-I*'", pag. io6. — Petty suppose que la population en Angleterre devait se doubler en 36o ans , et il dit ^ « qu'on trouve que les pe'riodes de doublement se trouvent depuis 10 ans à 1200 ans. »

(2) Colqîioun , Sur les ressources , richesses et puissance de ty^jigleterre. ^ -^ -

(3) Tooke, Hisioive de Catherine II. .

En général, les calculs faits sur la population européenne n'étant point appuyés sur des archives authentiques , ne sont guère que des hypothèses plus ou moins ingénieuses 5 et il n'est point probable que les suppositions de sir William Petty ou d'Euler soient jamais vérifiées par des faits réels (i). ^sîJ'mcj

Avant les dénombrements prescrits par le congrès, des erreurs ont été également accréditées sur la population des Etats -Unis. Le docteur Franklin a dit que- la population de la république se doublerait en vingt ans. Le docteur Price assure que dans les établissements de l'intérieur quinze ans suffisent pour opérer le doublement, et vingt-cinq dans toutes les colonies du nord, sans y comprendre l'atigmentalion résultant des émigrations de l'Europe. Cet écrivain fonde son opinion sur des TappoYts-qu'il dit avoir été faits

(i) Il est même impossible que dpi pareils calculs se ve'rifîent dans des pays très-peuple's comme l^Angleterfe ou la France. Sî la populadoji pouyaitrd<>)ûM^niÇn 12: ou a5 aiÉs, et qlie les subsistances ne fussent point au^ginçutées dansja tnêmcpToporlion , la famine et les maladies contagieuses diminueraient bientôt cette population exubérante. Ett". général, ce n'est point le nombre des habitants d'un paysqui pçouvc:!^ boftté dèîigouverncment, mais bien la prospérité ei taiii|)€Pl©2^rBt''4ouiss«ut lesolrabitants. Il faut reconnaître néanmoins qtt'uyaB*^ popubtie^a «trtièrement st tionnaire ou décroissant^, cp^^me celle de la Turquie , est une preuve que le gouvernement est oppressif et peu previyint, et que la nation est barbare. W ^smïAîaO ?ï» ?( î^«*^ ^'* ^^'^^^ )

;8 DE LA population:

en 1708 et 1745. Il est probable que ces assertions ont donné Heu à Terreur émise par le duc de la Rochefoucauld-Liancourt , « que la population se double tous les quinze ans dans les États- Unis ; et l'on ne compte pour rien dans ce calcul l'émigration de l'Europe. »

Plusieurs auteurs ont regardé la période de vingtcinq ans , comme devant suffire au doublement de la population des Etats-Unis et de tout pays ou la population n'est point entravée dans sa marche.

Malthus a rapporté un exemple d'un doublement dans les Etats-Unis en moins de seize ans. Son calcul repose sur un prétendu rapport qnil dit avoir été fait au congrès en 1 782. Les procèsverbaux des congrès ne contiennent aucun rapport sur le nombre des habitants, avant le dénombrement fait en 17905 le j6 décembre 1775, le congrès recommanda aux différentes assemblées des états d'adopter des mesures pour savoir le pombre de leurs habitants, et les journaux du premier avril 1785 nous apprennent « que le congrès n'avait point encore obtenu rénumératiori: des habitants des différents états. ^ Au 17 février 1785, il fut résolu de nouveau que la législature de chaque état s'assurerait du nombre des habitants; et le 7 septembre 1 786 , un comité du congrès a déclaré qu il n'avait pu apprendre combien

DE lA POPULATION. y<y

d*élats avalent exécuté les injonctions contenues dans (a résolution du 1 7 février. Il est probable que Malthus s'est réglé dans ses calculs sur les estimations adoptées parle congrès, en 1775, afin de pouvoir asseoir les taxes sur les différents étals* A cette époque on supposa que les habitants des Étals-Unis montaient à 2,589,500 individus, y compris les esciaves.Nous donnons ces détails parce que le résultat, cité dans un ouvrage si estimé que celui de Malthus, est tellement extra ordinaire qu'il exigerait une augmentation annuelle de six et un quart par cent qui est presque le double dé celle qui résulte des dénombrements que nous avons rapportés. Nous n'avons aucune raison de croire que les causes de la progression de la population aient été plus favorables à l'accroissemeBt de 1 782 à 1 790, que dans les années postérieures y La marche progressivede notre population libre a été généralement la plus rapide et celle des esclaves la plus tardive j et cette dernière sera arrêtée encore davantage par la prohibition de l'importation des noirs. Depuis 1800 jusqu'à 181 o, la moyenne de l'augmentation des hommes libres sô trouva diminuée et celle des esclaves augmeniée. La raison de ce fait se trouve dans la non-arrivée des é migrants européens et dans la forte importa*^ tien des nègres depuis 1800 à 1808, et surtout en

8o DE LA POPULATION,

ï8o6 et 1807 dernière aiinée qui précédait la prohibition annoncée du trafic inhumain des esclaves (i). Le nombre des esclaves se trouve encore augmenté par les acquisitions dans la Louisiane, ou ils formaient près de la moitié des habitants.

L'expérience nous a fourni des preuves irrécusables que la population des États-Unis s'augmente dans une progression infiniment plus forte que celle de tout autre pays d'une certaine étendue (i). Depuis 1801 à 181 1 les habitants de de la Grande-Bretagne ont acquis une augmentation de 14 par cent; depuis 1800 à 1 810 la population des Etats-Unis s'est accrue de 56.09 par ceût.

(i) L'importation des esclaves dans les États-Unis fut prohibée dès le I" jativier 1808 , par l'acte du congrès du 2 mars 1807.

(2) L'auteur compare ici la marche progressive de la population américaine à celle de l'Angleterre. Il me paraît que la comparaison avec la Russie aurait été plus juste. La Russie , comme les États-Unis, a des terres immenses qui n'attendent que des habitants pour devenir fertiles ; et c'est cette comparaison qui aurait fait ressortir l'avantage d'un gouvernement libre sur une autocratie militaire, qui laisse aux propriétaires nobles le privilège d'arrêter ou d'accroître la population selon leur bon plaisir. Quoique la vieille Europe puisse contenir le double des habitants qu'elle a actuellement , sa situation sous ce rapport est trop différente de celle de l'Amérique septentrionale, pour qu'on puisse wiger dans l'un* les mêmts résultats que dans l'autre.

( Note du trad, )

Section ii.

Des Emigrations des pays étrangers.

On croit g4n^rf|}e^Tiei^ que la population des Étals-Unis s'augi^ente jçgi^idérablenient par les émigrants europé^^s : il jf a peu (ie documents auth,enti(jLi,es sj^^\jCet.jQl::|ift ,.eç nous ne pouvons qu',éval|:\^ ^|)f IV p^fs ie.Hnoinbre d'habitants que .la république êi acquis de cette manière. Les émigrés venaient pi^incipalement de la Grande- Bretagne, de i'Iiiajj^^e et de rAilemagnej ceux qui sont venus des autres pays sont peu nombreux. En 179^^ les émigrés arrivés dans le cours de l'année furçpt;. ^s^^m,çs a dix mille (i) j et en 1806 M- Blodget a établi, d'après les renseignements les plus authentiques qu'il put se procurer, que les émio^rés arrivés aux Etats-Unis dans les deux années iprécéjdentes ne surpassaiej3,t pas quatre mille individus par an (2). En 1 794 le peuple dans la Gan.de-Breta gne montra beaucoup de disposition pour passer aux États-Unis^ mais cette disposition fut bientôt arrêtée par des actes

(ij Liftoper, Kejiseigrienteîits sur r Amérique. ijondTes 1795. (2) Blodget, manuel statistique, pag. 75.

8a . DE LA POPULATIOl^.

du gouvernement anglais. Quoique nous ad^rieltioDS que dans cette année dix mille étrangers soient venus s'établir en Amérique , il nous paraît constant que dans les années suivantes jusqu'en 1817, le nombre de ceux qui sont arrivés annuellement a été beaucoup moins fort (i). Des obstacles multipliés arrêtaient les émigrants. Plusieurs furent effrayés par des faux bruits sur l'insalubrité de notre climat ; le système britannique de la presse en alarmait d'autres : trente passagers furent pressés à bord d'un seul vaisseau , les plus actifs et les plus vigoureux étaient toujours enlevés^ et ce sont ceuxlà qui généralement vont cherclier un sort moins rigoureux dans d'autres pays 5 des charges pesantes, sous la forme d'amendes , empêchaient les classes pauvres d'émigrer ; les armées et les flottes de l'Europe employèrent un grand nombre d'individus qui dans d'autres circonstances auraient

(i) En 1816, un acte du parlement anglais mitde nouveaux obstacles à l'émigration de la Grande-Bretagne vers les États-Unis. Les vaisseaux anglais et étrangers ne purent, d'après cet acte, transporter des passagers de la Grande-Bretagne et de l'Irlande vers les Etats-Unis, que dans la proportion d'un passager par cinq tonneaux, tandis que les vaisseaux anglais pouvaient en transporter un par deux tonneaux vers d'autres pays. En 1817, les journaux étrangers annoncèrent que le gouvernement hessois avîiit fait arrêter aux frontières et conduire en prison un grand nombre d'Hessois qui s'étaient réunis pour se rendre aux Etats-Unis.

( Note du trad. )-

émigré. En 181 7 les étrangers arrivés dans nos ports pour s'établir aux Etats-Unis, furent bien plus nombreux que dans aucune des années précédentes. Le tableau suivant établit le nombre de passagers arrivés dans dix de nos principaux ports, depuis le i^r janvier jusqu'au 5 1 décembre 181 7.

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