‹ Annales statistiques des États-UnisChapitre 33 sur 130 · CZ · texte numérisé non relu

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Ces rapports sorleiit des archives des bureaux de douanes, excepte ceux qui regardent Charleston où ils furent faits par l'inspecteur du port; ils contiennent tous les passagers étrangers arrivés dans les dix ports mentionnés.

La population libre est la seule qui ait pu s'augmenter par les émigrants européens. Nous supposons qu'il en est arrivé annuellement six mille depui> 1790 jusqu'en 1810. En 1790 la population libre des Etats-Unis était dje trois millions deux cent vingt-trois mille six cent vingts neuf personnes, et en 1810 elle montait a six millions quarante-huit mille cinq cent trenteîieuf. L'augmentation dans les vingt années fut donc de deux millions huit cent vingt-quatre mille neuf cent dix. Si on diminue ce noipbre des cent vingt mille émigrants arrivés pendant cette période et que nous accordions à ces derniers une augmentation annuelle de cinq par cent, ou de soixante raille pour les vingt années , faisant un total de cent q;u5tre-vingt mille émigrants, Taugmeulation que notre population a tirée d'elle - même se réduit à deux millions six. cent quarante-quatre mille neuf cent dix personnes. Ainsi le doublement des habitants libres sans aucune arrivée d'étrangers, ne demanderait que quatre-cinquièmes d'année de plus qu'en j corn-

m i)E LA t»OPULATîO?^.

prenant les émigrants d'après un nombre que noua avons supposé plus fort qu'il n'a été réellement. Cette vue nous apprend que pendant vingt ans notre population n'a été augmentée qu'imperceptiblement par l'émigration étrangère,et que sous ce rapport nous sommes indépendants des autres pays. Nous pouvons ajouter que nous n'avons jamais favorisé par des moyens de séduction l'augmentation que leshabitants de la république peuvent recevoir des pays étrangers ; l'arrivée des émigrants a toujours été volontaire 5 l'humanité, notre constitution et nos lois, nous enjoignent com.me un devoir de recevoir ceux qui se transportent dans nos contrées j leur intérêt et le nôtre est de les rendre heureux en les rendant utiles.

Tout étranger étant libre et blanc peut être reçu citoven des Etats-Unis ou d'im des états sous les conditions suivantes :

i» Trois ans au moins avant son admission, il doit avoir déclaré sur serment ou sur affirmation (i) devant ilne cour des archives dans les États-Unis ou dans les territoires, que c'est loyalement et de bonne foi qu'il a l'intention de devenir citoyen des États- Unis ^ et qu'il renonce

(i) Cette disposition est faite pour les sectes qui ue prêten! jataàis serment, telles que les quakers, piêtistes , etc.

( Noie du tiad, )

pour toujours à toute obéissance et fidélité envers tout prince, potentat, état ou souveraineté quelconque, et particulièrement au prince, à l'état ou à la souveraineté, dont il a été sujet à cette époque.

2° Lors de la demande d'admission, il doit déclarer de la manière susdite , qu'il défendra et soutiendra la constitution des États-Unis , et il renoncera de nouveau à toute obéissance et fidélité envers un état ou un prince étranger.

5" Il doit prouver devant la cour dans laquelle il est reçu citoyen, qu'il a résidé cinq ans au moins dans les Etats-Unis , et un an au moins dans l'état ou le territoire où siège la courj que, pendant cette époque , il s'est conduit comme un homme moral , attaché aux principes de la constitution des Etats-Unis, et bien intentionné pour le bon ordre et le bonheur de sa nouvelle patrie. Dans aucun cas on ne demande le serment pour prouver la résidence.

4° Dans le cas où l'étranger qui demande à être reçu citoyen, aura porté quelque titre héréditaire, ou aura fait partie d'un ordre èe noblesse dans f état d'où il vient , il doit renoncer exprès-sèment à ce titre ou à l'ordre de noblesse, devant la cour sus-mentionaée* Aucun étranger, étant sujet d'un pays en guerre avec les États-Unis ait

iiÈ- Î)E LA POPULATION.

nioïïienl de sa demande d'admission , ne peut

être reçu citoyen dans ce moment.

Les enfants mineurs d'une personne naturalisée et qui habitent les États-Unis au moment de la naturalisation de leur parent, deviennent citoyens de facto. Si un étranger, ayant rempli les conditions requises, meurt avant sa naturalisation, sa veuve ou ses enfants , en prêtant le serment requis par la loi, deviennent citoyens des États-Unis (i\

Quoique les observateurs les plus estimés, tels que Franklin et Maltlius, aient déclaré que, sous l'empire de certaines circonstances , les émigrations tendent à accroître la population du pays qui a été abandonné (2), les gouvernements étrangers, et Surtout celui delà Grande-Bretagne, ont regardé avec jalouâie cette disposition de leurs

©(i) Acte du congrès du i^ avril 1802.

(2) Les individus qui se montrent disposes à ëmigrer sont genë-' ralement des ouvriers qui ne trouvent plus dans leur patrie le moyen de se procurer par leur travail une existence tolérable. Si on met obstacle à leur e'raigration , le maiché se trouve trop abondamment fourni d'ouvriers , le salaire baisse et toute la classe ouvrière se trouve dans un t'tat de souJBfrance. La misère cause alors une grande moitalité et la population au lieu de s'accroître reste stationnaire ou diminue. Quant au contraire les Ouvriers surabondants peuvent se transporter ailleurs, le prix du travail hausse dans le pays quMls ont abandonné : les ouvriers qui restent se trouvant plus heure us peuvent éiever des enfants et la population répare des pertes momentanées.

( Note du trad. )

DE LA POPULATION. Sg

sujets, et surtout celle qui les portail à clierclier des établisseitients aux Etats - Unis. C'est une erreur de supposer que ces gouvtrnements redoutent tant la perte de leurs sujets, sous le rapport du nombre de ceux qtii désirent émigrer. Il craignent hieiï plus que leurs arts et leurs manufactures ne se répandent parmi uti peuple si entreprenant et si industrieux que celui des Etats- Unis. Des lois douces et humaines, et la certitude de se procurer une existence par un travail bien dirigé , assureront toute nation contre le danger de l'émigration j mais vouloir retenir par la force un peuple dans un pays où les subsistances ne sont point en raison du nombre de ses habitants, c'est créer utie population vicieuse, dégénérée et misérabie.

Section m.

De la Population des différents Etats.

Le nombre des habitants 5'est accru généralement dans les états de l'Union^ mais la marche progressive n'a point été également rapide dans tous. Déjà on a remarqué que sur quelques points de notre immense territoire, la population aug-

m i)E LA POPULATION.

mente plus rapidement que sur d'antres, quoique la salubrité des lieux soit égale. Les états qui ont été admis les derniers dans l'Union , ont reçu une telle augmentation dans leurs habitants, que l'histoire de notre espèce n'en fournit point d'exemple pareilj mais ces états, comme nos grandes rivières, ont recueilli les tributs de sources très-éloignées. Le Massachussetîs, le New-Hampshire , le Connecticut , Pihode-Island^ New- Jersey, la Virginie et la Caroline septentrionale ont été tributaires à Vermont, New- York, la Géorgie, au Kentuckj, à rOhio et au Tennesee. Les états nouveaux ont reçu en grande partie leur population des anciens. Il est important de considérer de combien la diffusion de notre population peut nous affaiblir, comme puissance, et quels seront les effets des émigrations sur l'agriculture dans les états atlantiques? Un grand nombre de fermes, autrefois très - fertiles et d'un grand rapport , ont été abandonnées après avoir été épuisées par une culture non interrompue 5 et aucune tentative n'a été faite pour leur rendre leur fertilité perdue. Si , dans ces .circonstances , l'émigration continue, quelques districts seront réduits bientôt à la pauvreté d'un désert , et des étendues considérables de terres excellentes resteront incuites au détriment de notre agriculture, de nos manufac*

DELA POPULATION. yi

turcs et de notre commerce (i). Dans plusieurs de ces endroits , l'industrie serait abondamment récompensée ponr le travail et la dépense de renouveler le sol appauvri et épuisé. On suppose que plus de soixante mille personnes émigrent annuellement des états orientaux vers les occidentaux. UOhio et Indiana seront bientôt classés parmi nos états les plus peuplés.

Les états qui profitent de ces émigrations sont en même temps les mieux placés pour la navigation. Le terrain stérile et le climat froid de la Nouvelle- Angleterre, refusent aux habitants des états orientaux le profit de leur travail appliqué à la terre, qu'ils obtienuent de leur industrie exercée dans les champs fertile des états occidentaux ou à bord de nos vaisseaux marchands.

La population totale de New-Hampshire, des Massacliussetts, de Connecticuî, de Rhode-Island, de Ver mont, de New-York, de New- Jersey, de la Pennsylvanie, de Delaware, de Marylaiid, de la Virginie, de la Caroline septentrionale, de la

(i) Il me semble que ceUe crainte de M. Seybert n'est point ifoncle'e. Les personnes qui abandonnent leurs fermes et leurs possessions ne le font point sans avoir la certitude de trouver des propriétés plus productives ailleurs. De leur profit résuite un avantage général. Quand les Etats - Cnis seront plus peuplés, ces tetres, abandonnées maintenant, seront cultivées sans doute par ceux qui ne trouveront point d'avantage à s'établir ailleurs.

( lYoce du traiU >

Caroline méridionale , de la Géorgie et de Ken:tucky, pour lesquels des rapports ont été faits aux trois époques, s'est accrue annuellement de 1790 à 1800 à raison de 4-55 par centj depuis 1800 à 18 10 à raison de 4-59 par cent, et depuis 1790 à 1810 à raison de 4.57 par cent. Quoique nous ne possédions pas les mêmes données pour les états de l'Ohio , de Tennesee, de la Louisiane etd'Indiana, nous ne pouvons douter du rapide accroissement de leur population. La Louisiane présente un grand attrait aux émigranls industrieux j sa position géographique lui donne plusieurs avantages qui doivent contre-balancer toute autre considération dans l'esprit des personnes qui cherchent à faire fortune. La Nouvelle-Orléans doit être pour une grande partie des Etats- Unis ce qu'Alexandrie était pour l'Europe avant la découverte du cap de Bonne -Espérance 5 ce port doit servir d'entrepôt aux immenses terri- ^ toires arrosés par le Mississippi et ses fleuves tributaires (i) : outre cet avantage, il y en a d'autres fondes sur la nature des productions de ce sol, telles que le coton et le sucre.

Dans onze des états sus-mentionnés , la moyenne

(i) « La centrée arrosée par le Mississippi et ses branches orientales forme les cinq-huitièmes du territoire des États-Unis. » Jefferson,, Notes sur la Virginie,

de rangmentation a diminué , quoiqu'il y ait eu accroissement dans le nombre des habitants. Dans quatre états, les Massacbussetîs, Rliode-lsland, NeW'Jersej etDelaware, dont la population est émigranie, la moyenne de Taugmentation a été plus forte en même temps que le nombre des habitants s'est accru. Il est probable que les émigrations mêmes de ces états ont augmenté la moyenne de l'accroissement.

Dans les états ^ à esclaves » il n'y a point eu de régularité dans la marche progressive de la population. Dans le Maryland, les esclaves ont augmenté dans une raison moindre que les habitants libres; dans la Caroline septentrionale le contraire a eu lieu. Dans la Virginie, la Caroline méridionale, la Géorgie et le Kentucky, il y a eu des irrégularités. En général, cependant, la population libre s'est augmentée dans une raison plus forte pendant la dernière période de 1800 à 181 o, que la population esclave. Cette différence doit être attribuée à la demande plus ou moins forte des laboureurs dont l'agriculture de ces états avait besoin aux différentes époques.

Il faut observer encore que, malgré l'augmentation du nombre des esclaves dans quelques états, la moyenne de leur accroissement a toujours été en diminuante

Quant à la population générale des états, nous ne pourrions indiquer le nombre d'années nécessaires à chacun d'eux pour le doublement de ses liabitants : les émigrations annuelles dérangent les calculs qu'on pourrait faire sur cet objet.

En 1 8 1 O5 les habitants de New-York formaient. - \

de la Virginie ~

— > de ia Pennsylvanie. . . ^

des Massachussetts. . . j^

— — ^ de la Caroline septent. j^

, de la Caroline mérid. . —■

du Kentucky -^

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de Maryiand -~ \ lion

> totale

de la Géorsfie.

— de New- Jersey. . . . . ^'9

. dei'Ohio . ^

, — deConnecticut. . • ♦ . 3^

— ^ — — des Tennesee. .... 3^ - — ~— de New-Hanipshire.

^- de E.hod-ïsland.

— de Delaware. . .

des États- Unis.

Section iv.

De la Proportion entre les Seoces.

Les dénombrements faits aux trois époques nous ont donné le moyen de connaître la proportion qui existe entre les individus des deux sexes (i). Dans tous les États-Unis, ceux du sexe masculin sont les plus nombreux; en 1810 il y avait 96. 17 femmes pour 100 hommes, et aux époques précédentes la différence était plus grande encore.

En Europe les observations ont offert un résultat tout opposé. En France, Peuchet compte 17 femmes pour 16 hommes. Humboldt nous apprend que, d'après les calculs faits au ministère de l'intérieur, en France, les hommes étaient aux femmes comme 100 est à io5. En 181 1 il y avait dans la Grande-Bretagne et l'Irlande 7,856,885 hommes et 8,619,818 femmes, ce qui fait 109.99 fêiïiiïiGS pour 100 hommes.

La différence qui existe sous ce rapport entre les Etats-Unis et lEurope nous parait devoir être attribuée aux émigrations. En général ce sont les

(r) Il n'est point question ici des noirs , esclaves ou libres.

gO DE LA POPULAÏION.

iiommes qui changent de pairie , les femmes ne prennent part à ce mouvement de la population que dans le cas où une famille entière va chercher fortune au-delà des mers. Ce qui nous fortifie dans celte opinion c'est que dans les deux derniers dénombrements les femmes de 16 k 26 ans sont len plus grand nombre que les hommes du même âge , quoique néanmoins le nombre total des hommes surpassât celui des femmes. Dans les états à esclaves où les demandés de l'agriculture sont satisfaites par des nègres et n'appellent point les émigrés d'autres contrées , les hommes libres se trouvent en nombre presqu'égal à celui des femmes.

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