‹ Annales statistiques des États-UnisChapitre 48 sur 130 · iol.»x · texte numérisé non relu

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î32 DU COMMERCE.

portée. Généralement c'est le contraire qui a lieu.

Des négociants français, américains, anglais, s'aperçoivent que leur pajs a besoin d'une marchandise soit manufacturée soit brute. lis en font venir dans des vaisseaux de leur nation 5 voilà une valeur ciréée par létransport pour les propriétaires de ces vaisseaux. Les négociants vendent à bénéfice la marchandise importée j ils s'enrichissent; ce n^èst point aux dépens de ceux qui ont acheté d'eux et qui j ont trouvé également leur avantage; ils ont acheté parce qu'ils avaient besoin d@ robjet importé, soit pour leur consommation, s'il est fabriqué, soit pour y ajouter la valeur de la main-d'œuvre si c'est une matière brute telle que le coton, le fer, le bois de construction. Dans ce dernier cas il profitent doublement. Une nation îîe peut évidemment que s'enrichir par de pareilles opérations.

Lorsqu'au contraire, la snéculation a été mau- Yaise, q»ie le négociant a fait importer une marchandise qui se trouve n'avoir point de débit, qu'il est obligé par conséquent de la vendre à perte , il se niihe/ët' rimporlatiôn n'a point été avanlageu s e pour son pays .

Le ïïiê me raisonnement s'applique aux exporlatiorîs. un spéculateur français envoie a 1 étranger

DU C03UlEi;CE. i55

des vins, des objets maimidClarés dans son pays. Si ie voyaG[C est heureux, si ses marchandises trouvent nu bon débit, il s'enrichit, la masse des capitaux s'accroît parce que le sien s'est accru, et l'exportation a été favorable. Si au contraire son navire fait naufrage ou si ses marchandises se vendent à perse, le spéculateur s'appauvrit ou se

ruine, et son pays a perdu par 1 exportation.

Ces faits sont prouvés par l'exemple de l'Angleterre et des Etats-Unis. La première exporte beaucoup yjlus qu'elle niniporte et cela surtout depuis la paix générale. Cependant il ne parait p(jint que ses capitaux s'accroissent ni que le peuple avance en prospérité. Le contraire a lieu si nous pouvons bien juger de sa situation. Les États - Unis importent plus qu'ils n'exportent et il est évident que leurs commerçants augmenlentleurs capitaux, que leur agriculture et leur industrie se perfectionnent et que le bien-être règne de plus en plus parmi toutes les classes de leurs habitants.

Si donc on v(3uiaiî établir vc^ç. balance du commerce entreles nations, il faudrait pourqu'elle ne fut point erronnée, l'établir d'après un qxamen des profits que chaque nation retire de ses exportations et de ses importations. Telle qu'on Fa faite jusqu'à ce jour, elle a fourni des conclusions entièrement opposées à la vérité.

1^4 i)U GOMMEÉCE.

C'est d'après cette vue que nous croyons qu îf faut juger les faits contenus dans cette section ^ nous ne les rapportons même que pour faire connaître la proportion qui a existé pendant plusieurs années entre les exportations et les importations des États-Unis.]

Les résultats suivants ont été observés relativement à notre commerce avec l'étranger depuis le Gommeocement de 1796 jusqu'à la fm de 1801 ^ pendant ces sept années nous jouissions de plusieurs avantages par le monopole du commerce avec les colonies de la France , de la Hollande et de l'Espagne.

Pendant cette période, les importations aux Etats-Unis, de la Russie, de la Suède, des possessions espagnoles, françaises , hollandaises et danoises dans les Indes occidentales, des colonies hollandaises aux Indes orientales, de la Grande- Bretagne et de ses colonies, des Canaries, des îles Philippines , de l'Amérique méridionale, dit Portugal, des lies Aç^ores, et du cap Vert, de la côte du Brésil 5 de la Chine, et des Indes orientales , ont excédé nos importations dans ces pays.

Pendant le même intervalle, les importations des Etats-Unis dans les possessions suédoises , les Indes occidentales, le Daiiemark et la Norvège,,

DU COMMERCE. i35

la Prusse, les Pays-Bas, dans quelques-unes des colonies anglaises, dans l'Allemagne, la France, l'Espagne, la Louisiane et les Fîorides, l'Italie, l'Afrique en général, les Indes occidentales en général, ont surpassé les importations faites de ces pays dans les États-Unis.

Prise collectivement, la valeur importée aux États-Unis pendant les sept ans désignés a surpassé la valeur exportée de 106,609,566 dollars, ou 15,229,909 dollars par an ( environ 85,264,400 francs.)

Par le moyen de notre commerce avec les Indes orientales et occidentales , les colonies américaines , et la Chine , nous avons non-seulement satisfait aux demandas de nos marches , mais nous avons aussi fourni à une grande partie de l'Europe des productions précieuses des colonies espagnoles, françaises et hollandaises. Le surplus réexporté a produit une activité généraledans nos ports de mer; notre tonnage s'est accru avec le nombre de nos marins. Sans nos relations cammerciales avec les colonies et les pays désignés plus haut , nous n'aurions pu étendre notre commerce sur les marchés européens , ni porter de riches cargaisons dans les ports de la France , de ia Hollande j de TEspagne, de l'Allemagne e de l'ïlalie ; et ce fut des profits de ce commerce

î56 DU COBlMEllCE.

que ïioits piîines acqiiiuer nos énormes clette^^ éîî Angleterre. En outre des profits obtenus sur les marchés étrangers , les rée^^portations nous donnèrent des transports doubles en conséquence des restrictions mi^es|^â'rte^puls^^ beliigérante&

sur la navigation dés nations neutres. Les cargaisons venant des colonies étaient dcxhargées souvent pour la forme dans les ports des Et as-Unis; elles étaient rechargées immédiatement et transportées en Europe. Le tonnage américain employé dans le commerce étranger depuis le commencement de 1795 jusqu'à la fm de i8oi, monta en totalité à /^,5/^^^^j/\.lonïï(^3iUTLOii6/\.g,ïS'j tonneaux par an; le profit de ce tonnage, calculé à raison de 5o dollars par tonneau, pour valeur moyenne et annuelle des transports dans les voyages de tout genre , doit avoir produit comme bénéfice sur les transports ;:euls, la somme de 53, 4^9,550 dollars par an : encore nous n'adoptons dans ce calcul que le profit le plus modéré pour les transports ; des négociants expérimentés le portent à 70 dollars par tonneau pour voyages de tout senre. , ,,

Si do.^,iipour nous servir des expressions anciennement usitées, la balance annuelle a été de 1 5 ,2 29,909 dollars à notre desavan tage , cette somme setlJCiOiiiiiDe plus^ ^que xp^pensée par les

DU COMMEFtCE. i$y

profits des chargemenîs. Il est évident d'ailletirs que notre commerce étranger nous a été favorable, puisque le bien-être du peuple a toujoursr élé en auginentaiit, que les villes dans tous les états de FUnioDS^aç^Q^ti enrichies et agrandies, et qoc leprijs eat*i3F.^ vu accroître sa prospérité. Oriîre irs profits perçus par nos négociants sur les trar.:5p<;rts, lis ont reçu des sommes considérables pour les commissions et les chargera en ts, et d'aillruis il a été prouvé que de grands bénéfices s» *r les marchandises ont été faits sur leç iT.arciîés du continent.

Il nous reste à considérer encore une branche de notre commerce, celui avec l'Angleterre et ses dépendances. L'excédent des importati >ns de l'empire britannique sur nos exportations vers ses diverses possessions monte pendant les sept années susdites à 106,118,104 dollars ou à 16,159,745 dollars par an, faisant, à 70,166 dollars par an prés , le total de l'excédent de nos importations de tout le monde. Cet excédent provient de l'achat d'objets manufactui^és ('t), dontla plus grandepartie est consommée aux États-Unis et n'offre rien pour la reproduction; il ddït donc êti^ payé en espèces

(i) Des 106,118,104 dojlars tnentionnës , 92,543,760 forment IVxcédent de notre commerce avec l'Angleterre et l'Ecosse, qui ne nous fomnissent erxge'neVal que dèé^objetS-fibanufâctiirës.

îU ■ BiJ COMMERCE.

ou par îe produit de notre commerce avec Ie#

autres nations.

D'après la moyenne fourme par les dix années commencées au i^^ janvier i8o5 et finissant au 3i décembre , les marchandises payant des droits selon leur valeur, importées annuellement dans les États-Unis, montèrent à 55,629,990 dollars j sur cette somiiie 7,980,528 dollars ou 22.4'^ paï" cent, ont été réexportés; reste donc 27,549,40^ dollars pour la consommation des États-Unis. En 1802, î8o5 et 1804, il a été importé annuelle ment dans les iLtals-Unis, des possessions britanniques en Europe, des marchandises pour la valeur de 27,4^cj><^o^ dollars. Si nous admettons qu'un quart de ce montant, proportion plus forte que celle trouvée dans les dix années susdites, ait été réexporté, il est resté pour la consommation annuelle de notre population une valeur de 20,ô5o,ooo dollars, dont la Grande-Bretagne a gagné les bénéfices (i ), Telles ont été nos contributions pour enrichir une nation, qui pour ks matériaux bruts dépend plus que toute autre de Fétranfi^er. JNotre tribut a « servi considérablement à l'entretien des flottes et armées » delà Grande- Bretagne (2). Dans l'avenir nous serons hors d'état

(i)On caicule généralement que les matériaux bruts e'tant manufacturés doniient unbénéfiee de sept fois leur valeur.

('3) Baring, Hccherclies sur les ordres du cabinet, pag» 9^*

DU COMMERCE* i^

de payer nos dettes en Angleterre, si notre consommation reste la même (2); car notre commerce avec le continent européen sera diminué, et notre embarras sera augmenté par l'envoi des fonds nécessaires pour racheter le principal et pour payer les intérêts de notre dette publique aux capitalistes anglais. Néanmoins nous sommes loin de croire qu'il faut interrompre les relations commerciales, par la raison que quelques-unes de ses ramifications paraissent ^défavorables. La na-* ture de ces ramifications peut changer et offrir des bénéfices, d'après l'expérience même faite dans notre commerce avec les colonies, la Chine et les Indes orientales. Une nation peut avoir besoin de matériaux bruts de l'étranger qu'il faudra payer en argent j si, pour éviter ce paiement, le commerce de ces matériaux est abandonné , les ouvriers perdent leur occupation et tombent dans la misère , tandis que dans le cas opposé les manufactures restent en activité, et qu'un surplus est obtenu, par ce moyen, pour une exportation avantageuse.

Quelques écrivains, et en particulier Beau jour

(i) La consommation ne peut rester la même dès qu'on est hors d'état de payer les marchandises consomme'es. Les ne'gôciants américains ne feront point venir des objets de l'Angleterre dès qu'ils ne pourront point espe'rer de les vendre à profit; s'ilslesvendentà profit, ils se trouveront toujours en état de les payer* ( Note du Trad.)

i4û- hV GOMMERGE.

n Tallejrand , paraissent n'avoir point fait attention à ces faits importants dans leurs vues sur les relations commerciales entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. Ils expriment le vœu que la France ne reçoive les productions américaines qu'en telle quantité qui suffira pour payer les productions de la France qui composent les cargaisons de retour. Or, nous n'avons besoin des productions de la France quen quant'té inféneùre à la valeur des denrées qu elle reçoit de nous j nous lui fournissons des njatériaux bruts; elle nous envoie des objets de mode et de luxe qui sont consommés aux Etats-Unis. INos exportations, an contraire, donnent de l'occupation à îa population française, et lui fournissent un surplus pour la consommation de l'Allemagne, de là Suisse et de l'îlalie. Si l'envoi de nos matériaux bruts était interrompu, et si la France ne les obtenait point d'autres pays , plusieurs de ses manuf^ïctures suspendraient leur activité , et leurs ouvriers sans travail augmenteraient la liste de ses pauvres. Les individus les plus intéressés dans ce commerce sont les juges les plus compétents pour régler la politique de chaque état. Les négociants ne font aucune différence entre les nations j leurs^ielées- sont fondées sur les profits du commerce , el ils sont bien plus en état de mena-

DU COMMEJUCE. 141

ger leurs intérêts que ne pourraient le faire des actes de législature. Le principal objet quese proposaient ies écrivains cités, était de troubler notre commerce avec la Grande-Bretagne et de l'aîtirer dans les ports de la France. Leurs vues ne peuvent s'effectuer par des règlements, des restrictions et des prohibitions. La France doit offrir à nos marchands les avantages dont ils jouissent en Angleterre. A moins qu elle n'accorde un prix plus élevé à nos exportations et qu'elle n'impose moins les denrées que nous importons que ne fait i'Ano^leterre , ne commerce le changera point de direction. 11 est probable que rénorme capital, l'industrie et la perfection des machines de ia Grande - Bretagne , lui assureront pour longtemps les avantages qu'elle possède maintenant. Nous avons raison de croire que nous pourrons suppléer nous-mêmes à nos besoins , avant quime nation quelconque puisse supplanter rAngktierre surnos marchés. ^ v..,,...

Un célèbre écrivain anglais , Adam , Smith , prédisait au moment où la guerre de l'indépendance allait soustraire les états de l'Union au pouvoir du cabinet de Saint- James , que le commerce de l'Angleterre avec l'Amérique septentrionale libre, recevrait un grap4 développement et que

cet événement , regardé comme une calamité par lt:s politiques du temps, serait favorable à ïindustrie et à la richesse de la Grande-Bretagne. ïjf?s fai:s suivants servent de preuve aux prédictions de ce génie pénétrant.

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