‹ Annales statistiques des États-UnisChapitre 7 sur 130 · RASSEMBLÉS EN CONGRE · texte numérisé non relu

RASSEMBLÉS EN CONGRE

UAKD, dans le cours des événements, il devient indispensable pour un peuple de dissoudre îes liens politiques quiFattaciiaient à un autre peuple, afin de prendre parmi les puissances de la terre la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent des droits,' le respect convenable pour les opinions des hommes demande qu'il proclame les causes qui le déterminent à cette séparation.

Nous regardons comme évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : que tous les hommes sent créés égaux; qu'ils ont été doués par leur créateur de certaine droits inaliénables; que parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur; que, pour assurer ces droits, les gouvernements sont établis parmi les hommes, et que leur pouvoir, tant qu'il demeure dans les bornes de la justice, émane du consentement des gouvernés; que, lorsqu'une forine de gouvernement cesse d'exister pour ce but, le peuple a le droit de le changer ou de l'abolir, et d'établir un nouveau gouvernement, en plaçant ses bases sur les principes, et en organisant son pouvoir en telle foroie qui lui paraîtra la plus convenable pour produire sa sûreté et son bonheur. La prudence, à la vérité, dictera que les gouvernements établis depuis long-temps ne doivent point ètrs changés

s DECLARAÏION

pour des causes légères ou passagères ; l'expérience à aussi prouvé que les hommes sont plutôt disposés à souffrir, tant que les souffrances sont supportables, qu'à se faire droit à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils étaient accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations tendant invariablement au même but, prouve évidemment le dessein de réduire un peuple sous le joug d'un despotisme absolu , il est de son droit, il est de son devoir ^e se soustraire à ce joug et d'établir de nouvelles sauve-gardes pour sa sûreté future. Telle a été la patience de ces colonies dans leurs souffrances, et telle est maintenant la nécessité qui les force de cbaîîger leur ancien système de gouvernement. L'histoire du roi actuel de la Grande-Bretagne est une histoire d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces Etats. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial.

il a refusé son consentement aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires pour le bien public.

Il a défendu à ses gouverneurs de rendre des lois d'une importance immédiate et urgente, à moins qu'il ne fût sursis à leur mise en vigueur jusqu'à ce que l'on eût obtenu son consentement; et quand elles ont été ainsi suspendues il a définitivement négligé d'y faire attention. li a refusé de rendre des lois pour l'établissement de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n'abandonnât le droit d'être représenté dans la législature ; droit inest'mable pour un peuple, et qui n'est formidable qu'aux tyrans.

Il a convoqué des corps législatifs dans des lieux inusités , incommodes , et éloignés des dépôts de leurs

D'INDÉPENDANCE. t)

Registres publics, dans la seule vue d'obtenir d'eux par la fatigue la sanction de ses mesures.

lia dissons plusieurs fois des chambres de représentants, parce qu'elles s'opposaient avec une noble fermeté à ses empiétements sur les droits du peuple.

Après ces dissolutions il a refusé pendant long-temps de faire élire d'autres chambres de représentants, et par là le pouvoir législatif, qui n'est point susceptible d'être anéanti, est retourné au peuple pour être exercé par lui dans son entier ; l'État restant pendant ce temps là exposé à tous les dangers d'invasions extérieures et de convulsions au-dedans.

Il a cherché à mettre obstacle à l'accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l'exécution des lois pour la naturalisation des étrangers; il a refusé d'en rendre d'autres pour encourager leurs émigrations dans ces contrées, et il a haussé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres.

Il a gêné l'administration de la justice en refusant sort assentiment à des lois pour l'établissement de pouvoirs judiciaires.

Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté pour la jouissance de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.

Il a créé une multitude de nouveaux offices, et envoyé dans ce pays des essaims d'employés pour vexer notre peuple et pour dévorer sa substance.

Il a entretenu parmi nous en temps de paix des armées permanentes sans le consentement de nos législatures.

Il s'est efforcé de rendre le militaire indépendant de l'autorité civile ,et même supérieur à elle.

to DÉCLARATION

Il a combiné ses efîorts avec ceux d'autres personnes (i) pour nous soumettre à une juridiction étrangère à notre constitution et non reconnue par nos lois , en donnant sa sanction à leurs actes de prétendue législation, lesquels actes avaient pour objet ,

« De mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ;

« De protéger les individus de ces corps, par une procédure illusoire, contre la punition des meurtres qu'ils auraient commis sur la personne des habitants de ces États;

» De détruire noire commerce avec toutes les parties du monde;

» D'imposer sur nous des taxes sans notre conscntemeï5t;

» De nous priver, dans plusieurs cas, du bénéfice, de la procédure par jurés;

j) De nous transporter au-delà des mers pour nous y faire juger sur de prétendus délits;

» D'abolir le système libéral des lois anglaises dans une province voisine, d'y établir un gouvernement arbitraire , et de reculer ses limites, afin de l'aire à la fois de celte province un exemple et un instrument propres à introduire le même gouvernement absolu dans ces celonies ;

» D'enlever nos charles , d'abolir nos lois les plus précieuses, et d'altérer jusque dans leurs bases les formes de nos gouvernements;

» De'suspendre nos propres législatures et de se déclarer revêtu du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques, v

(i) Avec le parlement brit amirue. ( Note du Trad.)

D'INDEPE]^DANGE. li

îl a abdiqué le gt)uvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre.

Il a pillé nos vaisseaux, ravagé nos côtes, brûlé ^os Villes et massacré nos concitoyens.

Et maintenant il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers, pour accomplir l'ouvrage de mort, de désolation et de tj^rannie, qui déjà a été commencé avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et tout-à-fait indigues du chef d'une nation civilisée.

Il a forcé nos concitoyens, faits prisonniers sur mer, à porter les armes contre leur pays, à devenir les bourreaux de leurs amis et de leurs frères, ou à tomber euxnaêmes sous les coups de leurs concitoyens.

lia excité parmi nous des troubles domestiques, et il a cherché à détruire les habitants de nos frontières par les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe, ni de conditions.

A chaque époque de cette série d'oppressions nous avons demandé justice dans les termes les pins humbles : nos pétitions réitérées n'ont reçu pour réponse qu'injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par toutes les actions qui peuvent désigner un tyran, est incapable de gouverner un peuple libre.

Et nous n'avons pas manqué d'égards pour nos frères les Bretons. Nous les avons souvent avertis des tentatives faites par leur gouvernement pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de noire émigration et de notre établissement

12 BECXARATION, el<j.

dans ces contrées. Nous en avons appelé à leur justice et à leur magnanimité naturelles, et nous les avons conjurés parles liens de notre origine commune de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement amener l'interruption de nos liaisons et de notre commerce mvituel. Eux aussi ont été sourds à la voix de la justice et de la parenté. Nous devons donc nous prêter à la nécessité qui ordonne notre séparation, et les regarder, ainsi que nous regardons le reste du genre humain , comme ennemis pendant la guerre et comme amis pendant la paix.

En conséquence, nous, les représentants des Étals^ Unis, assemblés en congrès général, appelant au juge suprême de l'univers sur la droiture de nos intentions, nous publions et déclarons solennellement^ au nom et de l'autorité du bon peuple de ces colonies^ que ces colonies unies sont et ont droit d'être des États libres et indépendants y' qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l'Etat de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement rompu ; et que comme États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix , de contracter des alliances, d'établir le commerce et de faire tous les autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire; et pleins d'une fermé confiance dans la protection divine, nous engageons mutuellement au soutien de cette déclaration, nos vies, nos fortunes, et notre bien le plus sacré, l'honneur.

John Hancock, Présidents

Page 1